Le domaine growth-xpert.com, qui promettait jusqu’à 100 % de rendement en dix jours, ne répond plus depuis la fin juin 2026 : OwnRegistrar, le registraire chez lequel il a été enregistré en octobre 2025, l’a placé sous le statut client hold le 28 juin 2026, vingt-trois jours après la publication de notre enquête. Le nom a ensuite été retiré du DNS : aucune requête A, NS ou MX ne répond désormais. Le même scénario s’est déjà joué pour kolipfet.com, nexacapitalz.com, pinexfinancechain.com, dexofinanceglob.com et helimotglobal.com, cinq autres fausses plateformes documentées par BrokerDefense et enregistrées chez le même registraire.
Sommaire
- Un nom recyclé en octobre 2025, un domaine éteint depuis juin 2026
- Des promesses de 30 à 100 % en dix jours
- Une implantation néo-zélandaise introuvable et une régulation FCA inventée
- La FAQ trahit la copie : un autre site frauduleux cité par erreur
- Récupérer des fonds versés en cryptomonnaie : mode d’emploi
- FAQ : Growth-xpert et le gel de son domaine
Un nom recyclé en octobre 2025, un domaine éteint depuis juin 2026
Le registre public du domaine apporte une information que l’enquête initiale de juin 2026 ne pouvait pas encore connaître : le nom growth-xpert.com a été enregistré le 2 octobre 2025 chez OwnRegistrar, Inc., avec une expiration fixée au 2 octobre 2026. Or, nos premières observations du domaine remontaient à septembre 2024. Le nom a donc connu deux vies : une première apparition en 2024, puis un abandon, puis un ré-enregistrement en octobre 2025 pour héberger la vitrine frauduleuse que nous avons analysée. Ce mécanisme de recyclage est une signature fréquente des montages de ce type : l’opérateur reprend un nom déjà connu des moteurs de recherche pour donner une apparence d’ancienneté à sa nouvelle arnaque.
Le gel du 28 juin 2026 est confirmé par les données actuelles du registre : le domaine porte le statut client hold, accompagné des verrous client delete, client renew, client transfer et client update prohibited, et ses serveurs de noms déclarés sont NS1.MY-CONTROL-PANEL.COM et NS2.MY-CONTROL-PANEL.COM. Le 11 août 2026, le domaine était totalement injoignable, aussi bien en HTTP qu’en HTTPS. La coïncidence est frappante : le registre a été modifié le 28 juin 2026, soit vingt-trois jours exactement après la mise en ligne de notre enquête du 5 juin 2026. Comme pour les cinq autres domaines du réseau, le registraire a figé le nom après la diffusion de nos conclusions, sans qu’aucune autorité financière n’ait eu à intervenir. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 11/08/2026
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Des promesses de 30 à 100 % en dix jours
Au moment de notre analyse, la plateforme se présentait comme un gestionnaire de patrimoine international revendiquant plus de 153 000 investissements, plus de 5 milliards de dollars d’actifs et onze récompenses sectorielles. Aucune source indépendante ne confirmait ces chiffres. Le site proposait trois plans d’investissement en cryptomonnaie : le plan « Basic » promettait 30 % de rendement en dix jours, le plan « Silver » 60 % en dix jours et le plan « Platinum » 100 % en dix jours. De tels rendements sont économiquement impossibles et caractéristiques d’un système de Ponzi : les fonds déposés ne sont jamais investis, ils servent à payer les promesses faites aux premiers entrants.
Les dépôts n’étaient acceptés qu’en Bitcoin, ce qui rend chaque transaction définitive et difficile à tracer. Le système de parrainage avec bonus, mis en avant sur la page d’inscription, complétait le dispositif : chaque nouvel adhérent devenait à son tour un canal de recrutement. Les témoignages affichés — « Osman », « Nora Woodward », « Temara » — étaient invérifiables, tout comme les dirigeants présentés sur la page « À propos », notamment « John M. Champagne II, CAIA » et « Ian Greenstreet ».
Une implantation néo-zélandaise introuvable et une régulation FCA inventée
Le site affichait une localisation en Nouvelle-Zélande et prétendait opérer sous la régulation de la FCA britannique. Nos vérifications dans les registres français et au registre Companies House du Royaume-Uni n’ont révélé aucune société portant ce nom, et les registres de la FCA ne confirmaient aucune autorisation. Le numéro de téléphone affiché en pied de page se résumait à « 00 », un contact fictif. Le copyright « © 2017 – 2026 » visait à créer une ancienneté artificielle : le domaine n’avait été observé pour la première fois qu’en septembre 2024, puis ré-enregistré en octobre 2025, comme nous l’avons montré plus haut. L’analyse du site est consultable sur ScamDoc, qui documente également les critères d’évaluation de growth-xpert.com.
La FAQ trahit la copie : un autre site frauduleux cité par erreur
Notre analyse technique a mis en évidence une particularité révélatrice : la page FAQ du site mentionnait par erreur le nom d’une autre plateforme frauduleuse, « Bluegate Investments », dans un texte de présentation qui n’avait manifestement pas été réécrit. Cette trace de copie est cohérente avec les autres indices relevés par nos outils, notamment la présence d’un logiciel d’aspiration de sites web dans l’historique technologique du domaine : la vitrine a très probablement été reproduite à partir d’un modèle existant, puis personnalisée sommairement.
Les technologies détectées racontent un montage précipité. Le domaine pointait vers une adresse IP hébergée au Luxembourg chez un prestataire d’hébergement bas de gamme, sans service de protection CDN en frontal : le serveur était directement identifiable. Le certificat SSL, délivré par une autorité de certification gratuite, couvrait le domaine et ses sous-domaines via un certificat wildcard. Le contenu textuel présentait les caractéristiques d’un texte généré par intelligence artificielle. Cinquante et une technologies au total ont été identifiées : des bibliothèques JavaScript courantes (jQuery, Popper.js, Select2, Fancybox, OWL Carousel, Font Awesome), un widget de cours de cryptomonnaies TradingView, un service de chat en direct, des outils de traduction Google, un module de protection reCAPTCHA, ainsi que des régies publicitaires. Cette combinaison de composants gratuits et de widgets de démonstration est typique des vitrines montées en quelques heures.
Le voisinage technique renforçait la suspicion : l’adresse IP du site était partagée avec d’autres noms de domaine suspects, dont albridiinvestment.ae, formula.academy et mmauto.ae, hébergés sur la même infrastructure. Le rapprochement avec les cinq domaines déjà documentés du réseau OwnRegistrar — tous pourvus de serveurs de noms de la famille MY-CONTROL-PANEL.COM et tous gelés par le même registraire — confirme que growth-xpert.com n’était pas un cas isolé, mais un maillon d’un ensemble plus vaste.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient sur les recours des victimes de fausses plateformes d’investissement : elle y évoque la condamnation d’une banque étrangère, manquant à son devoir de vigilance, à indemniser intégralement des épargnants devant le tribunal judiciaire de Paris. Retrouvez sa présentation sur la page qui lui est consacrée sur BrokerDefense.
Récupérer des fonds versés en cryptomonnaie : mode d’emploi
Si vous avez versé des bitcoins à Growth-xpert, dans l’espoir d’obtenir les 30, 60 ou 100 % promis en dix jours, il est essentiel d’agir rapidement : les transactions en cryptomonnaie sont irréversibles, et la disparition du site ne rend que plus urgente la constitution d’un dossier. Conservez toutes les preuves : captures d’écran de la plateforme, historiques des dépôts en Bitcoin, identifiants des transactions sur la blockchain, échanges avec le support du site et justificatifs des paiements. Signalez le dispositif sur la plateforme officielle Pharos, puis déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Contactez également votre banque et votre prestataire d’échange de cryptomonnaies pour tracer les flux. Enfin, rapprochez-vous de BrokerDefense pour constituer un dossier utilisable en justice : consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes, du dépôt de plainte à l’action en indemnisation.
FAQ : Growth-xpert et le gel de son domaine
Oui. Depuis le 28 juin 2026, le domaine est placé sous le statut client hold par son registraire OwnRegistrar, et aucune requête DNS ne répond désormais. Le nom reste techniquement enregistré jusqu’au 2 octobre 2026, mais la plateforme est totalement injoignable.
Les transactions en Bitcoin sont irréversibles, ce qui rend la récupération directe très difficile. Des recours juridiques existent néanmoins : conservez toutes les preuves (captures, identifiants de transactions, échanges avec le site), déposez plainte et contactez BrokerDefense pour constituer un dossier solide utilisable en justice.
Non. Aucune société portant ce nom ne figure dans les registres français ou britanniques, et l’affirmation d’une régulation par la FCA n’était confirmée par aucun registre. Les rendements promis, jusqu’à 100 % en dix jours, sont économiquement impossibles et caractéristiques d’un système de Ponzi.
Growth-xpert ciblait des épargnants en quête de rendements rapides, attirés par des promesses de 30 à 100 % en dix jours et par des dépôts en Bitcoin présentés comme discrets. Ceux qui ont investi se retrouvent aujourd’hui face à une plateforme éteinte et à des fonds partis dans des transactions définitives. La disparition du domaine, vingt-trois jours après notre enquête, constitue une nouvelle confirmation du mode opératoire du réseau : les vitrines sont montées rapidement, exploitées le temps de la collecte, puis gelées par le registraire. Comme pour chaque dossier, BrokerDefense procède à une évaluation préalable de la situation avant de recommander la constitution d’un dossier : contactez-nous pour étudier votre cas.
Article réécrit le 11/08/2026


