Aayokx.com ne répond plus. Ce faux exchange de cryptomonnaies, qui copiait l’identité visuelle de la plateforme OKX, a cessé d’exister sur le web au début du mois d’août 2026 : nos outils techniques, qui vérifient l’état des domaines surveillés, constatent que le nom ne résout plus dans le DNS depuis plusieurs jours. Les données du registre RDAP, consultées le 9 août 2026, apportent une précision décisive : le domaine est toujours enregistré, jusqu’au 24 septembre 2026, mais il a été placé en « clientHold » par son registrar, la société Gname.com Pte. Ltd., le 9 juillet 2026. Autrement dit, l’opérateur n’a pas laissé le nom expirer : c’est le registrar qui a suspendu le domaine de cette fausse plateforme présentée comme « The Most Trusted, Secure Cryptocurrency Exchange ».
Dernière mise à jour : 09/08/2026
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Sommaire
Un typosquatting d’OKX : aayokx.com et ooyokx.com
Le nom aayokx.com est une variante typographique d’OKX, l’une des plateformes d’échange de cryptomonnaies les plus connues au monde. Cette technique, le typosquatting, vise les internautes qui se trompent en saisissant l’adresse d’un site : une lettre doublée, une faute de frappe, et l’on atterrit chez les escrocs au lieu de la vraie plateforme. La page d’accueil reprenait le logo d’OKX, ses couleurs et la promesse d’un « exchange » sécurisé, alors qu’aucune entreprise identifiable ne se cachait derrière le service.
L’élément le plus parlant de l’enquête menée en mai 2026 reste le certificat SSL du site : il couvrait à la fois www.aayokx.com et www.ooyokx.com, un second domaine construit sur la même variation orthographique d’OKX. Deux noms, deux coquilles différentes du même modèle, émis sur un certificat unique : c’est la signature d’un réseau de faux exchanges opérés par les mêmes personnes, qui multiplient les déclinaisons d’une marque connue pour capter le maximum de victimes. Le certificat, délivré par Let’s Encrypt, ne comporte aucune vérification d’identité du titulaire : un cadenas HTTPS ne prouve donc rien ici, sinon que les escrocs ont su mettre en place une apparence technique rassurante.
Le pied de page ajoutait une incohérence supplémentaire : la mention « YCoin ©Copyright 2021 » alors que le domaine a été enregistré en septembre 2025. Cette confusion volontaire sur l’identité de l’exploitant, entre OKX, YCoin et le domaine aayokx.com, visait à brouiller les pistes pour les victimes et les enquêteurs.
Enregistrement et gel : le rôle du registrar Gname
Les données d’enregistrement, vérifiées le 9 août 2026, montrent un domaine créé le 24 septembre 2025 chez Gname.com Pte. Ltd., un registrar basé à Singapour, avec une expiration fixée au 24 septembre 2026. Le titulaire est masqué, comme c’est souvent le cas pour ces montages : seul un email générique du registrar apparaît dans les données publiques. Les serveurs de noms, A.SHARE-DNS.COM et B.SHARE-DNS.NET, appartiennent à l’infrastructure DNS de Gname.
Le point nouveau de cette mise à jour est le statut actuel du domaine. Le registre indique deux états : « clientHold » et « clientTransferProhibited ». Le « clientHold », posé le 9 juillet 2026, signifie que le registrar a suspendu le nom : le domaine ne peut plus être utilisé, d’où sa disparition du DNS constatée début août. Le gel est intervenu environ sept semaines après la publication de notre enquête du 20 mai 2026, qui avait exposé le mécanisme d’usurpation. Cette séquence, enquête puis suspension du nom, se retrouve dans plusieurs dossiers que nous avons documentés : lorsqu’un site frauduleux est dénoncé, le registrar finit souvent par agir, même si le signalement n’émane pas d’une autorité financière. Aayokx.com n’était inscrit sur aucune liste noire de régulateur (AMF, ABE, CySEC) au moment de nos vérifications.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une infrastructure dispersée entre trois continents
Au moment de l’enquête, la plateforme était hébergée sur l’adresse IP 45.192.98.110. Les recherches techniques ont identifié Dingfeng Xinhui, une société basée à Hong Kong, ainsi que DXTL Tseung Kwan, un hébergeur asiatique peu connu, parmi les acteurs de l’hébergement. Le serveur web utilisé était nginx, une technologie courante, mais l’emplacement géographique déclaré du serveur se situait en Afrique du Sud. Cette dispersion entre Hong Kong, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique du Sud est inhabituelle pour une plateforme d’échange légitime, qui s’appuie généralement sur des infrastructures de premier plan, clairement identifiées.
L’infrastructure révélait également des connexions vers un équilibreur de charge Amazon Web Services situé en région Asie-Pacifique (ylyl-01-08-558433608.ap-east-1.elb.amazonaws.com). Cette architecture complexe, qui multiplie les relais entre plusieurs fournisseurs et plusieurs continents, est caractéristique des plateformes frauduleuses qui cherchent à compliquer les poursuites et à disparaître sans laisser de traces. Nos outils ont par ailleurs relevé des réponses en erreur 403 sur certaines parties du site, signe d’une volonté de bloquer l’accès à certaines ressources.
Les indices d’une vitrine frauduleuse
La façade présentait tous les marqueurs d’une arnaque montée rapidement. Le site proposait des sections Market, Exchange, Contracts, Option, Gold mining, My Assets et My Center, donnant l’illusion d’une plateforme complète de trading. Mais le contenu trahissait l’imposture : on pouvait y lire « earn cryptocuuencies » au lieu de « cryptocurrencies », une faute typique des pages créées en toute hâte, sans relecture.
Les chiffres affichés étaient tout aussi douteux. Le volume de trading mis en avant, 536 866 236,36 dollars, ainsi que la revendication de « millions d’utilisateurs dans plus de 130 pays », ne reposaient sur aucune donnée vérifiable. Une plateforme d’échange légitime publie des rapports d’activité et des informations légales : ici, aucune adresse, aucun numéro d’enregistrement, aucune société identifiable. Les recherches dans les registres de sociétés britanniques n’ont renvoyé aucun résultat lié au nom du site, et aucune licence de prestataire de services sur actifs numériques n’a pu être présentée.
Dans une vidéo consacrée aux arnaques en cryptomonnaies, Maître Irina Georgieva, avocate au barreau de Sofia, détaille les mécanismes des faux investissements en actifs numériques et les recours qui permettent aux victimes de demander une indemnisation, y compris lorsque les fonds ont transité par des plateformes d’échange ou des transactions en cryptomonnaies.
Récupérer ses fonds après l’extinction d’Aayokx
Si vous avez déposé des cryptomonnaies ou effectué des virements sur aayokx.com, la fermeture du site ne signifie pas qu’il faut renoncer. L’urgence est de préserver toutes les preuves : captures d’écran des pages, historiques de transactions, adresses de portefeuilles crypto utilisées, courriels échangés avec les prétendus conseillers. Ces éléments permettront de reconstituer le parcours des fonds, étape indispensable pour toute démarche.
Cessez immédiatement tout versement : les opérateurs de faux exchanges multiplient les prétextes, frais de déblocage, taxes ou « validation de compte », pour soutirer encore de l’argent à des victimes déjà lésées. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie et signalez le site sur la plateforme Pharos ainsi qu’à l’AMF, qui centralise les signalements d’arnaques financières. Si vous avez effectué des virements bancaires, contactez votre banque sans délai pour tenter un contre-ordre ou une opposition. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes d’un dépôt de plainte efficace. L’évaluation de la plateforme par ScamDoc est disponible sur la fiche ScamDoc de aayokx.com.
Ce mode opératoire, un faux exchange copiant une marque connue pour capter des dépôts en cryptomonnaies, rappelle d’autres dossiers documentés par BrokerDefense, comme 81ex, qui usurpait plusieurs marques du secteur, ou Walletservice, une autre fausse plateforme crypto. Ces similitudes confirment que les victimes font face à des schémas organisés, et non à des incidents isolés.
Vos questions sur le sort d’Aayokx
Non. Aayokx n’a jamais eu aucun lien avec OKX. Le domaine aayokx.com était une variante typographique du nom de la plateforme, un typosquatting destiné à piéger les internautes qui se trompent en saisissant l’adresse. Le site copiait le logo et l’identité visuelle d’OKX, tandis que le certificat SSL couvrait aussi un second faux domaine, ooyokx.com, preuve d’un réseau de sites frauduleux.
Le domaine a été placé en « clientHold » par son registrar, Gname.com Pte. Ltd., le 9 juillet 2026. Cette suspension, décidée par le registrar, empêche le nom de fonctionner : le DNS ne résout plus depuis début août 2026. Le domaine reste techniquement enregistré jusqu’au 24 septembre 2026, mais il ne peut plus héberger la plateforme.
Conservez toutes les preuves : captures d’écran, adresses de portefeuilles crypto, historiques de transactions et courriels. Déposez plainte, signalez le site sur Pharos et auprès de l’AMF, et contactez votre banque si des virements ont été effectués. Pour un accompagnement dans la constitution d’un dossier utilisable en justice, les victimes peuvent contacter BrokerDefense via notre service d’assistance.
La disparition d’aayokx.com clôt une courte existence frauduleuse, mais elle laisse derrière elle des victimes qui ont déposé des fonds en cryptomonnaies sur une plateforme qui n’était qu’une copie d’OKX. Les dépôts effectués dans l’espoir de rendements sur un « exchange » sécurisé se sont évaporés avec le domaine, gelé par son registrar après la diffusion de notre enquête. Avant tout investissement sur une plateforme d’actifs numériques, une évaluation préalable par BrokerDefense permet de vérifier l’existence légale de l’opérateur, ses licences et les signalements qui le concernent : un réflexe qui évite de devenir la victime suivante de ces faux exchanges montés en quelques semaines.
Article réécrit le 09/08/2026.


