Sommaire
- Une deuxième adresse pour une enseigne déjà documentée
- Chaque page transmet ses inscriptions à un même domaine tiers
- Un nom déposé le 12 août 2026 chez un hébergeur lituanien
- Cette construction repose sur un certificat émis dès le lendemain
- Des compteurs et six témoignages que rien ne corrobore
- Les pièces à réunir après un versement à cette enseigne
- Réponses aux questions que l’on nous adresse sur Aimex Trade
Une deuxième adresse pour une enseigne déjà documentée
Le 5 octobre 2026, nos outils ont visité aimex-trade.com. La page se présente en français comme la vitrine de « Aimex Trade », une plateforme de trading algorithmique sur les cryptomonnaies. C’est le nom d’une enseigne que BrokerDefense a documentée le 18 septembre 2026 sur une autre extension, dans le dossier consacré à aimex-trade.sbs. Le titre annoncé par la page d’accueil reprend d’ailleurs les mêmes mots : plateforme de trading, site officiel.
Un second rapprochement pèse plus lourd. La page charge trois fichiers dont le contenu est identique, octet pour octet, à ceux que sert obligoria-ai.fr, autre vitrine documentée le 18 septembre 2026 : le même fichier de suivi de conversions, le même script de client chargé depuis un domaine tiers, et le même chargeur différé de formulaire. Nos relevés ne désignent pas un exploitant nommé ; ils montrent que ce nom a été monté avec des pièces déjà décrites ici, à trois semaines d’intervalle.
Le calendrier va dans le même sens. Le nom aimex-trade.com a été déposé le 12 août 2026 ; obligoria-ai.fr l’a été la veille, chez le même bureau d’enregistrement. Deux noms voisins, déposés à un jour d’écart, partageant les mêmes fichiers de suivi : la coïncidence est trop précise pour être fortuite, sans qu’il soit possible d’en déduire une identité d’exploitant.
Dernière mise à jour : 05/10/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par aimex-trade.com, réalisée le 5 octobre 2026. Y figurent le bandeau de marque, les quatre compteurs de fréquentation, la bande des plates-formes d’échange citées comme sources et le formulaire d’accès : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Chaque page transmet ses inscriptions à un même domaine tiers
Le formulaire d’accueil ne demande que quatre informations : prénom, nom, adresse électronique et numéro de téléphone. Le code qui l’accompagne en transporte davantage. Nos outils y ont relevé cinq emplacements libres et deux identifiants de session, portant le total à onze champs transmis. Chaque envoi reste ainsi rattaché à la campagne qui l’a produit.
La page charge par ailleurs un dispositif de suivi dont la configuration est inscrite dans ses propres balises, sous une forme encodée. Déchiffrée, elle livre deux adresses sur un domaine tiers, hetrsir.info : la première sert à signaler la visite et l’inscription, la seconde à notifier la conversion aboutie. Le script client correspondant est récupéré au même endroit, sous le nom k.min.js.
Un détail achève de décrire le montage : le formulaire déclare un nom de partenaire, « aerolith », à côté du champ destiné à porter l’identifiant de campagne. Autrement dit, l’inscription n’est pas traitée par la vitrine pour son propre compte ; elle est transmise à un tiers, sous une étiquette de partenaire. La page n’est donc pas le service annoncé, elle en est le point d’entrée.
Ce domaine tiers n’est pas propre à ce dossier. Le même hetrsir.info figurait déjà dans le dossier consacré à obligoria-ai.fr, publié ici en septembre 2026, et dans celui consacré en mai de la même année à un autre faux placement. Le nom change, le raccordement à ce même intermédiaire ne bouge pas.
Un nom déposé le 12 août 2026 chez un hébergeur lituanien
Le registre du domaine est plus sobre que la promesse. aimex-trade.com apparaît comme réservé le 12 août 2026, pour une échéance portée au 12 août 2027. Un statut de blocage des transferts verrouille le nom chez son déposant, Hostinger operations, dont le siège se trouve à Vilnius, en Lituanie. La résolution passe par deux serveurs de noms de Cloudflare, qui relaie l’ensemble du trafic sans dévoiler l’adresse réelle du serveur.
La vitrine, elle, revendique une version majeure, « Aimex Trade 2.5 », et une infrastructure analytique présentée comme éprouvée. Le nom qui la porte n’a pas encore deux mois. Cet écart entre l’ancienneté affichée et l’âge réel du domaine est le premier indice qu’un lecteur attentif peut vérifier lui-même.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Cette construction repose sur un certificat émis dès le lendemain
Le chiffrement du nom s’appuie sur un certificat à large périmètre, délivré par Google Trust Services par l’intermédiaire de son autorité WE1, du 13 août 2026 au 11 novembre 2026. Il couvre aimex-trade.com comme tous ses sous-domaines. Un périmètre aussi étendu, accordé le jour qui suit le dépôt, annonce une mise en service préparée à l’avance, sur une infrastructure où plusieurs vitrines peuvent cohabiter.
Derrière cet habillage, nos relevés ne rencontrent qu’un serveur d’application ordinaire, dont l’en-tête annonce une version récente de PHP, et aucune des protections qu’impliquerait une activité financière. Nos outils y ont compté une trentaine de briques logicielles réparties sur une quinzaine de familles : un socle de diffusion de contenu, des bibliothèques d’usage courant, des gabarits de données structurées qui décrivent une application, une note d’avis et une marque, et un texte que nos relevés signalent comme produit par une machine. Aucune de ces briques ne désigne une société.
Le gendarme boursier français ne recense, à notre passage du 5 octobre 2026, aucune entrée à ce nom dans les fichiers publics où il rassemble les intermédiaires dépourvus d’autorisation. Cela décrit l’état de ces fichiers ce jour-là, rien de plus : l’absence de signalement n’est pas une autorisation. L’indice de réputation attribué au domaine est en revanche qualifié de faible, à 25 %, un repère qui porte sur son comportement et ne vaut pas agrément ; il est consultable à l’adresse du rapport public d’évaluation du nom.
Des compteurs et six témoignages que rien ne corrobore
La page d’accueil aligne les chiffres : 368 000 comptes créés dans 30 pays, 14,3 millions de signaux analysés chaque jour, un délai moyen de traitement annoncé à 9,2 minutes et une satisfaction moyenne de 4,86 sur 5. Un peu plus bas, la même page annonce une note de 4,7 sur 5 fondée sur 3 120 avis. Ces deux mesures de satisfaction coexistent à quelques écrans d’intervalle sans que rien ne les relie.
Six témoignages signés de prénoms et de villes françaises accompagnent ces compteurs. Aucun n’est daté, aucun ne renvoie à un profil, et rien ne permet de confirmer qu’ils décrivent une expérience réelle. Les mentions légales, elles, désignent le site comme un support « exclusivement dédié à des fins informatives, pédagogiques et marketing », qui ne constitue « en aucun cas une offre de services de courtage, d’investissement ou de trading ». La page ajoute que les données personnelles peuvent être transmises à des partenaires à des fins commerciales.
Le parcours, enfin, se resserre sur un point précis. Les quatre étapes décrites conduisent à un dépôt minimum de 250 €, présenté comme le capital de trading et non comme des frais. Avant cela, la promesse est explicite : un responsable en charge des clients français doit contacter l’inscrivant dans les vingt-quatre heures. Dix logos de plates-formes d’échange, dont Binance, Coinbase et Kraken, sont alignés sous un intitulé qui les présente comme des sources reconnues. Ces entreprises existent, mais aucune pièce publiée par la vitrine ne les rattache à un accord.
Les pièces à réunir après un versement à cette enseigne
Si de l’argent a déjà été envoyé à Aimex Trade, trois séries de documents gagnent à être mises de côté aussitôt : les ordres de virement et les relevés qui les accompagnent, les messages échangés avec celui qui a vanté la plateforme, et les copies d’écran montrant la promesse puis le formulaire d’inscription. Il faut y joindre l’intitulé exact du compte bénéficiaire et l’adresse du portefeuille en cryptomonnaies qui a encaissé les fonds, recopiés tels qu’ils ont été fournis. Rassemblés, ces documents datent chaque mouvement et retracent l’enchaînement entre la première offre et la sollicitation suivante.
Le dépôt d’une plainte compte parmi les voies accessibles. Notre page consacrée au dépôt de plainte retrace les étapes et les pièces que les enquêteurs réclament. Devant le juge civil, il est également possible de rechercher la responsabilité de la banque qui a exécuté les virements, lorsqu’un examen normal des mouvements aurait dû éveiller ses soupçons.
Pour éclairer ces démarches, nous avons interrogé Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, sur une décision rendue à Créteil dans une affaire d’escroquerie et de placements inexistants, et sur la somme que les victimes ont pu obtenir, la juridiction ayant aussi relevé la carence de la banque dans sa surveillance des flux. Son intervention est filmée ci-dessous :
Réponses aux questions que l’on nous adresse sur Aimex Trade
Les deux adresses portent le même nom d’enseigne, Aimex Trade, et la seconde reprend le même dispositif de suivi de conversions que celui relevé sur obligoria-ai.fr, autre vitrine documentée le 18 septembre 2026. Le nom aimex-trade.com a par ailleurs été déposé le 12 août 2026, un jour après ce dernier, chez le même bureau d’enregistrement. Ces éléments établissent des choix techniques et un calendrier communs ; ils ne permettent pas, à eux seuls, de nommer un exploitant.
Elle n’est pas conservée par la vitrine pour son propre usage. Le code de la page transmet chaque envoi à un domaine tiers, hetrsir.info, avec un identifiant de campagne et un nom de partenaire déclaré, « aerolith ». Le suivi est configuré pour notifier la conversion une fois l’inscription aboutie. Ce type de raccordement fait de la page un point d’entrée, non le service annoncé.
La vitrine ne rend pas les fonds : son formulaire n’a d’autre fonction que de recueillir des coordonnées. L’essentiel se joue sur les relevés des versements et sur ce qui établit que l’engagement n’a pas été tenu. Deux pistes s’ouvrent alors : une plainte pour escroquerie visant les auteurs, et un recours contre l’établissement qui a laissé filer les virements sans réaction.
Quand des fonds ont déjà rejoint la vitrine aimex-trade.com, le bon réflexe n’est pas d’en demander le remboursement via le formulaire, mais de rassembler les ordres de virement, les relevés et les messages reçus de la plateforme Aimex Trade. Quiconque a rempli le formulaire d’accès gagne à garder la trace de cet envoi, point de départ du parcours. L’équipe de BrokerDefense peut examiner les pièces avant toute action, afin de trier, parmi elles, celles qui serviront et celles qu’il reste à compléter.


