81ex.com arnaque : inscrit au relevé de l’AMF depuis mars 2026

Le nom figure au relevé de l’AMF depuis le 16 mars 2026

Le 16 mars 2026, l’Autorité des marchés financiers a inscrit www.81ex.com sur la « liste noire des sites non autorisés » qu’elle publie au titre du forex. Notre article d’origine, publié le 21 avril 2026, soit cinq semaines plus tard, ne mentionnait pas cette inscription alors qu’elle était déjà publique. C’est ce silence que cette mise à jour vient corriger en premier.

L’inscription par le régulateur français est la pièce la plus lourde du dossier. Elle signifie que l’Autorité des marchés financiers a examiné le nom et conclu qu’il opérait sans autorisation sur un secteur qu’elle contrôle. Le régulateur a publié ce constat près de cinq semaines avant que nous ne publiions notre premier article, ce qui rend le fait d’autant plus grave rétrospectivement.

Cette inscription entre en contradiction directe avec le slogan que la vitrine affiche toujours au 6 octobre 2026 : la plateforme se présente comme un établissement à la conformité mondiale, arborant l’accroche « Global Compliance, Rock-Solid Security » dès sa page d’accueil. L’Autorité des marchés financiers dit l’inverse depuis mars. La tension entre ces deux affirmations est au cœur de ce dossier.

Nos recherches du 6 octobre 2026 confirment que la vitrine répond, que la page d’accueil pèse 143 771 octets et affiche le titre « 81EX: Crypto Exchange With Top Futures Trading | BTC & Altcoins ». Le site est donc actif pendant qu’il figure sur la liste noire du régulateur.

Dernière mise à jour : 06/10/2026

Ouvert en 2017 chez Dynadot, le dossier court jusqu’en 2028

Le dossier d’enregistrement du nom 81ex.com a été ouvert le 29 octobre 2017. Le dossier court jusqu’au 29 octobre 2028, ce qui représente encore deux années de couverture au moment de nos relevés. La dernière modification du dossier remonte au 5 janvier 2026, soit dix semaines avant l’inscription au relevé de l’AMF.

Le bureau d’enregistrement est Dynadot Inc. Le dossier porte la mention « client transfer prohibited » : le nom ne peut pas être transféré vers un autre bureau sans une levée explicite de ce verrou. Les deux serveurs de noms du domaine, kyree et lila, sont opérés par Cloudflare, ce qui place la résolution du nom sous son contrôle.

Aucune adresse d’entreprise, aucune raison sociale et aucun numéro d’immatriculation n’apparaissent sur la vitrine. Le nom lui-même ne livre aucune indication sur l’identité de l’exploitant : l’ancienneté du dossier, ouverte en 2017, contraste avec l’absence totale de transparence sur la personne morale ou physique qui le contrôle.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Huit adresses mobiles servies depuis deux noms frères

Le code source de la page d’accueil référence deux noms frères : 81ex02.com et 81ex06.com. Chacun est décliné sur quatre sous-domaines, wap, mb, mobile et h5, ce qui produit huit adresses au total. Nos relevés du 6 octobre 2026 confirment que ces huit adresses répondent toutes et servent exactement le même document, d’un poids de 6 521 octets.

Ce document est une application construite avec l’outil de compilation Vite, référençant notamment un fichier js/index-fZPQOb7n.js et des fichiers de traduction locales_en_US. Il s’agit d’une interface mobile unifiée, identique sur les huit points d’entrée. En revanche, les deux noms frères eux-mêmes, 81ex02.com et 81ex06.com, ne résolvent plus : seuls leurs sous-domaines restent actifs, servis derrière Cloudflare.

Ce dispositif révèle un mode d’exploitation orienté vers le canal mobile : l’exploitant multiplie les portes d’entrée mobiles tout en maintenant un nom principal pour la vitrine de bureau. La dispersion sur plusieurs noms rend plus difficile le repérage et le blocage de l’ensemble.

La page référence également un capteur distant dont l’adresse est app-sensor.janapw.com, un nom qui ne résout plus au moment de nos relevés. Elle pointe vers un espace de stockage distant chez Amazon, baptisé hospital-prod-bucket, déployé dans les régions de Singapour et de Tokyo, ainsi que vers deux distributions de diffusion CloudFront. L’infrastructure réelle est donc distribuée sur plusieurs prestataires et plusieurs zones géographiques, derrière un masque Cloudflare.

L’écran de cotation est alimenté par un tiers régulé

Pour afficher les cours des cryptomonnaies sur sa page d’accueil, 81ex.com interroge directement l’interface publique d’OKX consacrée aux cours du marché au comptant. OKX est une place d’échange réelle, régulée, qui n’a aucun lien avec ce dossier et ne saurait être mise en cause ici.

Ce que nos recherches établissent, c’est que les données de marché produites par OKX sont reprises sans autorisation par 81ex.com pour simuler une activité de cotation en temps réel. Le visiteur voit défiler des cours qui proviennent d’un tiers, sans que la vitrine ne le signale ni ne détienne les droits nécessaires pour cette reprise.

81ex.com n’entretient donc aucun flux de marché propre : l’écran de cotation est alimenté par un tiers, sans contrat public ni mention sur la vitrine. Cette façon de faire, nous l’avons retrouvée dans notre dossier consacré à Okxtrade.net, un autre nom construit sur l’image d’OKX sans partenariat établi.

Huit marques affichées sans partenariat établi

La vitrine sert depuis son propre domaine les logos de huit entreprises : Binance, Bitfinex, Bitget, Bybit, Coinbase, KuCoin, OKX et Revolut. Les fichiers image sont hébergés directement sur le domaine 81ex.com, par exemple binance-D3aWBsJm.png ou revolut-B-5gMkoq.png. Ces entreprises sont des acteurs réels du secteur financier et des cryptomonnaies ; aucune n’est mise en cause dans ce dossier.

Ce qui est en cause, c’est l’usage de leur image sur une plateforme inscrite à la liste noire de l’AMF, sans qu’aucun partenariat ne soit documenté nulle part sur la vitrine. La plateforme propose par ailleurs un jeton maison nommé WXT, une section OTC, une section « Proof of Reserves », un programme VIP et un programme d’affiliation, ainsi qu’une rubrique « Copy Trading ».

L’enveloppe technique renforce l’apparence de sérieux. Le certificat de sécurité, émis par Google Trust Services sous le sigle WE1, est valable du 19 août 2026 au 17 novembre 2026 et couvre 81ex.com et ses sous-domaines. La couche de diffusion appartient à Cloudflare, qui masque l’hébergement réel derrière deux de ses adresses (188.114.97.3, 188.114.96.3).

La page charge deux identifiants de mesure d’audience Google, UA-231792992-1 et G-VJ1TZQ4HKS, ainsi que les scripts de connexion Google et un mécanisme d’authentification sans mot de passe reposant sur WebAuthn. Nos relevés techniques recensent 89 technologies réparties en 20 familles, ce qui témoigne d’une infrastructure construite avec soin, sans que cela ne modifie en rien la qualification du régulateur.

Une application servie, des fonctions inaccessibles

Au moment de nos relevés du 6 octobre 2026, la racine du site affiche bien l’application. En revanche, les adresses /login, /register, /dashboard, /legal, /about, /terms et /privacy renvoient toutes une erreur 404 au niveau du serveur. Les fonctions d’accès au compte, d’ouverture de compte, de suivi de portefeuille et les documents contractuels sont donc hors d’atteinte, ce qui rend impossible toute vérification des conditions générales ou de la politique de confidentialité depuis l’extérieur.

Un court script placé dans la page empêche son affichage dans un cadre posé sur un autre site, mesure technique qui limite certaines formes d’analyse externe. L’historique du nom révèle des évolutions significatives : des serveurs Apache en 2017, nginx de 2019 à 2024, IIS et ASP.NET en 2019 et 2020, PHP, puis une bascule vers une application JavaScript moderne à partir de décembre 2025. Des services de noms chinois étaient utilisés en 2017 et 2018, et des outils de mesure chinois, dont CNZZ, Baidu et 51.la, étaient actifs jusqu’en janvier 2025.

Le contraste entre une vitrine soignée, affichant des slogans de conformité et des logos de marques connues, et des fonctions de compte totalement inaccessibles depuis l’extérieur est l’un des signaux les plus nets de ce dossier. Une plateforme réellement opérationnelle n’aurait aucune raison de servir une erreur 404 sur ses pages d’inscription et de tableau de bord.

Pour toute personne ayant effectué un dépôt, le recours pénal reste une voie à envisager. Notre page consacrée à la procédure pénale et au dépôt de plainte détaille les étapes à suivre auprès du tribunal compétent. Nous avons également documenté un fonctionnement comparable dans notre dossier sur Aayokx, où des victimes ont rencontré les mêmes impossibilités de retrait après dépôt.

Ce que permet une plainte déposée à temps, c’est ce qu’explique Maître Anne Bernard-Dussaulx, du barreau de Paris, dans l’entretien ci-dessous : elle revient sur l’arrestation puis l’emprisonnement d’un escroc poursuivi, et sur les conditions concrètes dans lesquelles une plainte formulée rapidement peut aboutir à une mise en cause effective.

Après un dépôt, les démarches à engager

Quiconque a transféré des fonds vers 81ex.com en croyant confier son épargne à une plateforme conforme doit d’abord réunir l’intégralité des preuves disponibles : relevés des virements effectués, coordonnées bancaires ou adresses de portefeuille communiquées par les interlocuteurs de la plateforme, messages reçus par courriel ou messagerie, et captures d’écran des interfaces de dépôt et de retrait telles qu’elles apparaissaient au moment des opérations. Ces éléments constituent le socle de toute démarche.

Il convient ensuite de signaler les faits à l’Autorité des marchés financiers, dont la page des mises en garde aux épargnants permet de retrouver l’inscription de www.81ex.com et de comprendre les voies de recours disponibles. Déposer plainte auprès du tribunal compétent reste la démarche la plus efficace pour mettre les faits au dossier pénal.

Les personnes qui ont versé des sommes sur 81ex.com en faisant confiance à ses slogans de conformité mondiale, qui ont vu s’afficher des écrans de compte présentés comme un service actif, et dont les demandes de retrait n’ont abouti à aucun remboursement, se trouvent dans une situation que la procédure pénale peut prendre en charge, à condition d’agir sans attendre.

81ex.com figure bien sur la liste noire de l’AMF : comment est-ce que je le vérifie moi-même ?

Le relevé est publié directement par l’Autorité des marchés financiers sur son site officiel, dans la rubrique consacrée au forex. L’entrée www.81ex.com y est datée du 16 mars 2026. Vous pouvez consulter ce relevé à tout moment depuis la page de listes noires de l’AMF, sans avoir besoin d’un compte ou d’un abonnement.

J’ai fait un dépôt sur 81ex.com et mon retrait est bloqué depuis plusieurs semaines : que dois-je faire en priorité ?

Rassemblez immédiatement toutes les preuves : captures d’écran de votre espace de compte, confirmations de virement, adresses de portefeuille qui vous ont été communiquées, et l’ensemble des messages échangés avec les interlocuteurs de la plateforme. Déposez ensuite une plainte auprès du tribunal compétent sans tarder, car le délai entre les faits et le dépôt de plainte pèse directement sur les chances d’identification des auteurs.

Les logos de Binance, Coinbase et Revolut affichés sur 81ex.com signifient-ils que ces sociétés sont impliquées ou partenaires ?

Non. Binance, Coinbase, Revolut et les autres marques présentes sur la vitrine sont des entreprises réelles qui ne sont en aucun cas mises en cause dans ce dossier. Leurs logos sont servis depuis le domaine 81ex.com sans qu’aucun partenariat ne soit documenté sur la plateforme. L’affichage de ces marques relève d’un usage non autorisé de leur image, destiné à renforcer une apparence de légitimité.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 06/10/2026

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