L’adresse www.financiere.diamonds porte, depuis le 20 mars 2026, une inscription sur les listes de sites non autorisés du régulateur français sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs », avec une mention rare : elle est « sans lien » avec la société Financière Diamond, victime d’une usurpation d’identité. Le pied de page de la vitrine affichait pourtant le numéro SIREN de cette société bien réelle.
Le site www.financiere.diamonds se présentait comme une plateforme de trading en crypto-actifs et en CFD, agréée AMF et CySEC, forte de vingt-cinq ans d’expérience. Nos recherches établissent qu’il s’agit d’une vitrine frauduleuse construite sur l’identité d’une société tierce, sans aucun agrément réel. La preuve la plus forte tient en deux sources officielles qui se répondent : le régulateur français nomme explicitement l’usurpation, et l’annuaire des entreprises confirme que le numéro SIREN reproduit en pied de page appartient à une société cessée, sans lien avec l’exploitation de ce site. Le présent dossier est arrêté au 24 septembre 2026.
Sommaire
- En pied de page, le numéro d’une société immatriculée en 2016
- Aucun renouvellement à l’échéance du 25 juillet 2026
- Vercel, Lovable et un certificat de trois mois
- 98 % de satisfaction, deux milliards de volume : des chiffres sans source
- Un versement vers cette vitrine : les pièces à garder
- Ce que les victimes de cette adresse nous demandent
En pied de page, le numéro d’une société immatriculée en 2016
Le pied de page de chaque page de la vitrine reproduisait ce texte : « FINANCIERE DIAMOND, votre partenaire de confiance pour vos investissements en crypto, CFD et actions. Société holding spécialisée dans les services financiers. SASU au capital de 66 805 833,60 € SIREN : 821 866 845 | RCS Versailles ». Un identifiant de TVA français construit sur le même numéro figurait également dans ces mentions.
Le numéro SIREN 821 866 845 correspond, dans l’annuaire des entreprises, à la société FINANCIERE DIAMOND, immatriculée le 12 juillet 2016 sous le code d’activité 64.20Z (activités des sociétés holding), avec un siège social aux Mureaux, dans les Yvelines. Cette localisation relève bien du registre du commerce de Versailles, ce qui correspond exactement à la mention « RCS Versailles » affichée. La société est enregistrée comme cessée : son établissement est fermé depuis le 15 août 2025 et elle ne compte plus aucun établissement ouvert. Quant au capital de 66 805 833,60 € revendiqué par la vitrine, il n’est corroboré par aucune source publique consultée.
Le régulateur français a tiré la même conclusion. La fiche consacrée à cette adresse porte un commentaire sans ambiguïté : « www.financiere.diamonds est sans lien avec la société Financière Diamond qui a été victime d’une usurpation d’identité ». La société FINANCIERE DIAMOND est donc la victime de cette manoeuvre, jamais son exploitante. Le même fichier de liste comporte, à la même période, d’autres adresses du même lot : finconnect.fr, inscrite le 16 mars 2026, et finovexpro-app.com, inscrite le 27 février 2026. Nos recherches auprès de l’autorité chypriote des marchés et du registre britannique des sociétés n’ont dégagé aucune correspondance liée à ce nom.
Le même mécanisme d’usurpation d’identité d’une société réelle, désignée comme victime par le régulateur, se retrouve dans d’autres dossiers que nous avons ouverts, notamment financiere-st-gabriel.com, dont la structure est identique à celle qui nous occupe ici.
Dernière mise à jour : 24/09/2026
Aucun renouvellement à l’échéance du 25 juillet 2026
Le nom financiere.diamonds a été créé le 25 juillet 2025, pour une durée d’un an, avec GoDaddy comme bureau d’enregistrement. L’échéance du 25 juillet 2026 n’a pas été renouvelée. Une dernière modification de la fiche d’enregistrement a été enregistrée le 5 septembre 2026. Au moment de nos relevés, le nom se trouvait en période de rédemption, sans aucun serveur de noms déclaré : il n’existe plus de zone de résolution active. Ni financiere.diamonds ni www.financiere.diamonds ne rendent d’adresse IP. Nos trois tentatives de connexion, en HTTPS et en HTTP, n’ont obtenu aucune réponse.
Les copies publiques conservées attestent treize relevés de la page racine entre le 9 août 2025 et le 19 avril 2026, le dernier ayant renvoyé un code 200 le 19 avril 2026. La vitrine a donc cessé de répondre entre cette date et l’échéance du nom. L’absence du nom ne constitue pas une protection pour les personnes qui ont déjà effectué des versements : les fonds transférés vers cette adresse l’ont été lorsque le site fonctionnait, et cette disparition ne clôt aucun dossier.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Vercel, Lovable et un certificat de trois mois
L’examen du dossier révèle une infrastructure typique des vitrines frauduleuses montées rapidement. La diffusion passait par Vercel, avec deux adresses IP relevées dans nos constats. Le certificat TLS avait été émis par Let’s Encrypt, via l’autorité R13, pour une durée d’environ trois mois : il couvrait www.financiere.diamonds du 30 mars 2026 au 28 juin 2026. HSTS était activé, ce qui donnait l’apparence d’un site sécurisé.
La vitrine avait été construite avec un générateur de sites assisté par intelligence artificielle : les images étaient servies depuis un dossier nommé « lovable-uploads/ ». L’ensemble du code formait une application monopage en React, tenu en un unique fichier de 428 Ko. Le service de noms et l’enregistrement du domaine provenaient de GoDaddy. Le courriel du domaine transitait par Microsoft, avec SPF et une politique DMARC en rejet, ce qui lui conférait une apparence technique soignée. Un balisage Schema.org de type service financier était intégré, ainsi qu’un widget d’avis Trustpilot, un fond de carte Google et des flux de cours de crypto-actifs et de données boursières appelés depuis des services tiers.
Le formulaire de contact était présent sur cinq pages, avec des champs pour le prénom, le nom, le courriel, le téléphone et un message. Aucun de ces champs ne portait d’attribut de nom ni d’action de traitement déclarée : le formulaire ne transmettait rien de façon identifiable. Les pages de mentions légales, conditions générales, politique de confidentialité et une page intitulée « démenti » renvoyaient toutes une erreur 404. Fondesia.com, inscrite dans le même fichier de liste, présente une architecture comparable dans sa façon de soigner la surface technique tout en laissant les documents légaux inexistants.
98 % de satisfaction, deux milliards de volume : des chiffres sans source
La vitrine avançait des arguments destinés à inspirer confiance : « Fondée en 1998 », « 25+ Ans d’Excellence », « Plateforme régulée AMF et CySEC », « Fonds clients ségrégés et protégés », « Assurance jusqu’à 500 000 € », « Gestionnaire de compte dédié ». Aucun de ces éléments n’est corroboré par aucune source publique consultée.
Les chiffres affichés renforçaient cette mise en scène : « 98 % Satisfaction client », « 15K+ Clients actifs », « 2B+ Volume traité », « 24/7 Support expert ». Aucune méthodologie, aucune source, aucun rapport audité ne venait appuyer ces données. La mention « Fondée en 1998 » contredit la date d’immatriculation de la société dont le numéro était repris : FINANCIERE DIAMOND a été immatriculée en juillet 2016, soit dix-huit ans après la date revendiquée. La vitrine proposait du Trading Crypto, des CFD et des Actions, du Conseil Expert, de la Formation, des évènements présentés comme des salons financiers internationaux, ainsi que des « Marchés en Temps Réel ». Une FAQ intégrée répondait à des questions sur la régulation, le trading CFD, l’effet de levier et le support client, accentuant l’illusion d’un service établi.
Un versement vers cette vitrine : les pièces à garder
Quiconque a adressé un virement à cette vitrine, ou a acheté des crypto-actifs pour l’y déposer, après avoir rempli son formulaire de contact et reçu des relances, doit réunir et conserver les pièces en sa possession : relevés de compte ou historiques de transactions montrant les montants et les dates, captures d’écran des pages de la vitrine, copies des échanges de courriels ou de messages reçus après soumission du formulaire, et tout document remis au nom de financiere.diamonds.
Ces pièces sont utiles pour saisir les mises en garde du régulateur français et pour documenter un dépôt de plainte. Sur ce dernier point, notre page consacrée à ce que suppose une plainte devant le juge pénal en expose le déroulement et les pièces à réunir.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, dont Paris est le ressort du barreau, commente une décision où la justice a relevé la carence d’un établissement bancaire devant des ordres de virement anormaux, et expose ce que ce type de jugement ouvre aux personnes trompées par une fausse plateforme.
Ce que les victimes de cette adresse nous demandent
Non. Le régulateur français indique explicitement que www.financiere.diamonds est « sans lien » avec la société Financière Diamond et que cette société a été victime d’une usurpation d’identité. La société FINANCIERE DIAMOND, immatriculée sous le numéro SIREN 821 866 845, est une holding créée en 2016 dont l’établissement est fermé depuis août 2025 : elle n’a pas exploité ce site et n’en est pas responsable. Son identité a été reprise sans son accord afin de crédibiliser une vitrine frauduleuse.
Le nom a été créé le 25 juillet 2025 pour une durée d’un an. Il n’a pas été renouvelé à l’échéance du 25 juillet 2026. Au moment de nos relevés du 24 septembre 2026, il se trouvait en période de rédemption, sans aucun serveur de noms actif. Le site ne répond plus à aucune requête. Les copies publiques conservées attestent que la dernière réponse valide remonte au 19 avril 2026.
La disparition du nom ne ferme aucun recours. Les personnes ayant effectué des versements vers financiere.diamonds, par virement bancaire ou en crypto-actifs, peuvent déposer une plainte pénale, saisir le médiateur bancaire si la banque a exécuté les ordres sans alerter, et soumettre leur dossier à BrokerDefense pour une première évaluation. Il convient de rassembler tous les justificatifs de versement, les échanges reçus après soumission du formulaire de contact et toute communication adressée au nom de la vitrine.
Financiere.diamonds illustre un montage dans lequel des personnes, après avoir rempli un formulaire de contact et reçu des relances présentées comme du conseil personnalisé, ont déposé des fonds sur un compte de trading en crypto-actifs et en CFD, auprès d’une plateforme dépourvue de tout agrément. L’identité d’une société tierce a été usurpée pour rendre ces versements crédibles. Si vous avez transféré des fonds vers cette adresse, BrokerDefense peut ouvrir votre dossier et vous préciser les démarches qui s’offrent à vous.
Article réécrit le 24/09/2026


