Fondesia.com arnaque : blacklisté par l’AMF, un portail client dissimulé sur un domaine tiers

Le 4 septembre 2026, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a inscrit fondesia.com sur sa liste noire des acteurs non autorisés à proposer certains services ou placements financiers en France, dans la catégorie « produits dérivés sur crypto-actifs ». Trois jours plus tard, le 7 septembre, le site de présentation « Fondesia » était toujours accessible, avec ses promesses de trading moderne, et son portail d’inscription toujours opérationnel. Particularité du dispositif : ce portail, celui par lequel passent la création de compte et, plus tard, les dépôts, n’est pas hébergé sur fondesia.com mais sur un nom de domaine sans aucun rapport apparent, webtrader.unfaileryx-worlmeix.com, enregistré le lendemain de la vitrine. Notre enquête a été menée le 7 septembre 2026.

Dernière mise à jour : 07/09/2026

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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil du site fondesia.com. Retrouvez son apparence originale même après sa fermeture : utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la page d’accueil de fondesia.com

L’avertissement de l’AMF du 4 septembre vise fondesia.com

La page consacrée à ce nom sur le site de l’AMF reprend la formulation habituelle des mises en garde : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. » La catégorie retenue est celle des produits dérivés sur crypto-actifs et la date de mise en ligne de l’avertissement est le 4 septembre 2026. La fiche complète est consultable sur le site du régulateur, à la rubrique des listes noires et mises en garde : voir la mise en garde de l’AMF.

Cette salve du 4 septembre a également inscrit quantiumax.one et d’autres noms de plateformes de trading dont BrokerDefense a publié les enquêtes le jour même, comme webtrader.nuxeros.app, un portail de connexion dont le nom principal n’héberge aucun site. Aucun élément technique ne permet d’affirmer que fondesia.com et ces autres noms sont exploités par la même équipe : les données d’enregistrement ne présentent pas de point commun évident. En revanche, la concomitance des mises en garde témoigne d’une même vague de signalements par le régulateur.

Le site d’analyse ScamDoc consacre une fiche à fondesia.com : elle affiche un indice de confiance de 1 %, parmi les plus bas possibles, et relève le jeune âge du nom de domaine et l’absence d’informations identifiables sur son propriétaire.

Un domaine de six mois, enregistré chez Onamae, adossé à un serveur loué

Les données d’enregistrement, interrogées dans le registre du .com, montrent une création du domaine le 4 mars 2026 chez le registrar japonais GMO Internet Group, qui opère sous le nom Onamae.com. L’échéance est fixée au 4 mars 2027 et les serveurs DNS désignés sont ceux de Cloudflare. Le nom n’avait donc que six mois lorsque l’AMF l’a inscrit sur sa liste noire. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

L’analyse technique montre une infrastructure légère, cohérente avec un déploiement rapide : le site répond depuis une seule adresse IP, hébergée chez un loueur de serveurs économiques, derrière un serveur nginx. Le certificat SSL, un certificat wildcard couvrant fondesia.com et ses sous-domaines, a été émis par Sectigo six jours seulement après la création du nom, le 10 mars 2026. Le site lui-même est une application « single page » en React : la page HTML initiale ne contient pratiquement aucun texte et l’ensemble du contenu est chargé ensuite par des scripts, à partir d’une interface de programmation interne qui délivre les pages, le menu et les traductions. Un service de traduction en ligne assure les versions anglaise et espagnole.

Le pied de page affiche « Copyright © 2025 Fondesia », une date antérieure de plusieurs mois à l’enregistrement du nom de domaine : une mention qui n’a visiblement jamais été mise à jour par les concepteurs du gabarit. Surtout, ce pied de page ne renvoie vers aucune page de mentions légales, aucune politique de confidentialité, aucun document d’information précontractuelle : la vitrine ne désigne aucune société, aucune adresse, aucun moyen de contact.

Des paliers de 10 000 à 500 000 euros et des bonus promis jusqu’au million

Le contenu de la page « Accounts » décrit cinq paliers de « comptes » présentés comme des enveloppes de gestion : ACCESS à partir de 10 000 euros, PLUS à 25 000 euros, EXECUTIVE à 100 000 euros, PREMIUM à 250 000 euros et SUPREME à 500 000 euros. Chaque palier affiche un effet de levier croissant, de 1:10 jusqu’à 1:100 pour le plus élevé, ainsi qu’une colonne « Credit/Bonus » dont les montants doublent presque l’enveloppe : 5 000 euros pour le premier palier, 1 000 000 d’euros pour le dernier. Des frais de gestion (de 3,5 % à 1,5 % selon le palier) et des frais de performance (de 10 % à 3 %) complètent le tableau, avec des « récompenses mensuelles » allant jusqu’à 19 000 euros, des « sessions de trading » trimestrielles et des rapports périodiques.

La promesse de bonus crédités atteignant le double du dépôt est l’un des signaux les plus parlants de ces dispositifs : sur les plateformes frauduleuses, ces montants sont des crédits d’affichage, jamais des sommes retirables, qui servent à inciter le nouvel inscrit à verser toujours davantage pour « débloquer » des avantages. La page vante en outre un « gestionnaire de portefeuille » dédié, une surveillance des comptes 24 h/24 et des comptes « islamiques » sans frais de swap, un habillage soigné pour une structure qui ne révèle pourtant aucune identité légale. Le reste du site se limite à des formules commerciales génériques : « Welcome to Our Trading World », « rejoignez-nous en quelques minutes, vérifiez votre compte et approvisionnez-le en toute sécurité ».

Le portail de connexion vit sur un autre domaine, enregistré le lendemain de la vitrine

Le point le plus caractéristique de ce dossier se trouve dans les boutons de la page d’accueil. Le lien « log in » et le bouton « Join Now » ne mènent pas vers fondesia.com : ils conduisent vers un portail intitulé « Webtrader » installé sur webtrader.unfaileryx-worlmeix.com. Ce nom de domaine, qui n’a aucune ressemblance avec la marque « Fondesia », a été enregistré le 5 mars 2026, soit le lendemain de la création de la vitrine, chez le registrar singapourien Gname.com Pte. Ltd.

Là encore, l’organisation du nom est révélatrice : le domaine principal unfaileryx-worlmeix.com ne répond sur aucune adresse IP, et son préfixe « www » n’existe pas. Seul le sous-domaine webtrader est actif, et il pointe vers la même adresse IP que le site vitrine fondesia.com : les deux faces du dispositif, la présentation et la collecte, sont techniquement reliées, mais le nom qui reçoit les inscriptions est volontairement dépourvu de tout lien apparent avec la marque présentée au public. Une configuration du même type a été observée dans d’autres dossiers documentés par BrokerDefense, où les opérateurs isolent le portail de dépôt sur un nom séparé afin de compliquer l’identification du dispositif.

Le portail « Webtrader » propose une page de connexion classique (adresse électronique ou compte de trading, mot de passe) et un formulaire d’inscription qui réclame prénom, nom, adresse électronique, pays, devise, numéro de téléphone avec indicatif, mot de passe et un éventuel code de parrainage. Lors de notre visite, le formulaire affichait d’emblée la France comme pays et l’indicatif +33, une orientation manifeste vers une clientèle française. Une case « j’accepte les conditions générales » est cochée sans que le portail ne désigne la moindre société. Les éléments techniques relevés sur le portail, notamment ses passerelles séparées pour l’authentification, l’exécution des ordres et la gestion des comptes, correspondent aux suites de trading louées clés en main, déployées en quelques heures par des opérateurs qui n’ont aucune des obligations d’un prestataire d’investissement agréé.

Des dépôts déjà effectués sur le portail Fondesia : les premiers réflexes

Les personnes qui ont créé un compte sur le portail « Webtrader » de fondesia.com puis versé des fonds, souvent après avoir laissé leurs coordonnées sur la page d’accueil ou répondu aux sollicitations d’un interlocuteur se présentant comme un gestionnaire, doivent d’abord rassembler toutes les preuves : courriels, captures du portail, justificatifs des virements et relevés bancaires. Il est essentiel de signaler rapidement les opérations à sa banque et de ne répondre à aucune demande de « frais » destinés à débloquer un retrait ou à « sécuriser » les gains : ce scénario est l’un des plus fréquents une fois les dépôts collectés par ces plateformes.

Un dépôt de plainte peut être envisagé, en s’appuyant sur notre guide complet sur la procédure pénale. Le site peut également être signalé sur la plateforme ScamDoc, dont la fiche consacrée à fondesia.com existe déjà. BrokerDefense reste à la disposition des personnes concernées pour évaluer gratuitement leur situation et les orienter vers les démarches adaptées.

L’inscription de fondesia.com sur la liste noire de l’AMF constitue un repère officiel utile pour les personnes lésées, mais elle ne restitue pas les fonds déjà versés : elle ouvre en revanche la voie à des démarches structurées, de la contestation des opérations auprès de la banque jusqu’à la plainte pénale. Maître Julie Younes, avocate au barreau de Paris, détaille dans la vidéo ci-dessous les recours concrets ouverts aux victimes de fausses plateformes d’investissement : constitution d’un dossier de preuves solide, négociation d’un protocole transactionnel, plainte pénale ou action devant les juridictions civiles, et conditions dans lesquelles chacune de ces voies peut être engagée.

Les interrogations les plus courantes après la mise en garde sur fondesia.com

fondesia.com est-il autorisé à proposer des services de trading en France ?

Non. L’AMF a inscrit fondesia.com sur sa liste noire le 4 septembre 2026, dans la catégorie « produits dérivés sur crypto-actifs », en précisant que cet acteur n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Trois jours après cette mise en garde, le site de présentation et le portail d’inscription étaient toujours accessibles.

Pourquoi le portail de trading est-il installé sur un autre domaine que la vitrine ?

Les boutons de connexion et d’inscription du site fondesia.com renvoient vers un portail « Webtrader » hébergé sur webtrader.unfaileryx-worlmeix.com, un nom de domaine enregistré le 5 mars 2026, le lendemain de la vitrine. Le domaine principal de ce portail ne répond sur aucune adresse IP et seul le sous-domaine webtrader est actif, sur la même adresse IP que fondesia.com : cette séparation vise à isoler la collecte des fonds sur un nom sans lien apparent avec la marque présentée au public.

Les bonus affichés, jusqu’à un million d’euros, peuvent-ils être retirés ?

La page « Accounts » de fondesia.com annonce des « crédits » et bonus atteignant le double du montant de l’enveloppe choisie, par exemple 1 000 000 d’euros pour le palier à 500 000 euros. Sur les plateformes frauduleuses, ces sommes sont des crédits d’affichage jamais retirables, qui servent d’appât pour inciter à verser toujours davantage : aucun document du site ne décrit les conditions réelles d’un retrait de ces montants.

J’ai versé des fonds après une inscription sur ce portail : que faire ?

Conservez toutes les preuves : courriels, captures du portail, justificatifs des virements et relevés bancaires. Signalez les opérations à votre banque rapidement, ne répondez à aucune demande de frais pour débloquer un retrait et déposez plainte si des fonds ont été versés. Notre service d’aide aux victimes peut étudier gratuitement votre situation.

Conclusion : trois jours après la mise en garde, la vitrine oriente toujours vers le portail

fondesia.com cumule les marqueurs des plateformes de trading frauduleuses : un nom de domaine de six mois enregistré chez un registrar japonais sans aucune identité de titulaire apparente, une vitrine sans mentions légales ni société désignée, des paliers d’investissement assortis de bonus crédités atteignant le double du dépôt, et un portail d’inscription volontairement dissocié de la marque, installé sur un nom de domaine aléatoire enregistré le lendemain et relié à la vitrine par la seule adresse IP de son serveur. La chronologie est accablante : inscrit par l’AMF le 4 septembre 2026, le dispositif était toujours pleinement opérationnel trois jours plus tard, prêt à accueillir de nouveaux inscrits et de nouveaux dépôts. Les personnes qui ont versé des fonds après avoir répondu aux offres de « Fondesia » ne doivent verser aucun montant supplémentaire, quelle que soit la raison invoquée. BrokerDefense recommande de rassembler les preuves et de faire évaluer sa situation avant d’engager toute démarche : notre équipe reste à la disposition des victimes pour les accompagner.

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