Le 10 août 2026, cryptotrade-espace.com a cessé de répondre. Cinq jours plus tard, le domaine existe toujours sur le papier, mais l’infrastructure a été entièrement vidée.
Ses serveurs DNS pointent désormais vers les serveurs de parking de Registrar.eu (ina1.registrar.eu, ina2.registrar.eu, ina3.registrar.eu). Le serveur web ne répond plus sur aucun port. Aucun enregistrement MX, aucun enregistrement TXT ne subsiste. En clair, l’opérateur a effacé toute présence technique tout en conservant le nom de domaine jusqu’au 18 décembre 2026. Ce détail n’est pas anodin. Conserver un domaine actif après avoir abandonné l’infrastructure est une pratique courante chez les opérateurs de fraude : elle leur laisse la possibilité de réactiver le dispositif, ou simplement de brouiller les pistes.
Par ailleurs, ce site n’a jamais proposé de véritable plateforme de trading. Sa seule page fonctionnelle était /pincode.php, une interface réduite à la saisie d’un code PIN. Exploitée, puis abandonnée. Ce schéma est caractéristique d’une opération de fraude financière menée à court terme.
Dernière mise à jour : 15/08/2026
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Sommaire
- Un domaine enregistré pour un an, désormais réduit à une coquille vide
- Une seule page, un seul objectif : soutirer un code PIN
- Ce que l’infrastructure technique révèle sur les opérateurs
- Un réseau de domaines générés algorithmiquement
- Ce que les victimes doivent faire maintenant
- Cryptotrade-espace.com a disparu, mais ses victimes restent
Un domaine enregistré pour un an, désormais réduit à une coquille vide
Les données d’enregistrement du domaine révèlent une durée de vie planifiée très courte. Cryptotrade-espace.com a été créé le 18 décembre 2025 auprès du registrar Hosting Concepts B.V., opérant sous la marque Registrar.eu. Son expiration est fixée au 18 décembre 2026, soit exactement un an. La dernière modification enregistrée remonte au 27 mars 2026, date à laquelle l’opérateur a probablement ajusté sa configuration technique.
Le statut actuel du domaine est « client transfer prohibited ». Cela signifie qu’aucun transfert vers un autre registrar n’est possible sans action explicite du titulaire. En pratique, ce verrou empêche toute reprise du domaine par un tiers pendant la période d’abandon. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une seule page, un seul objectif : soutirer un code PIN
Cryptotrade-espace.com ne ressemblait à aucune plateforme de trading sérieuse. Son contenu se résumait à une unique page, accessible à l’adresse /pincode.php, affichant un simple message « Enter PIN: » accompagné d’un clavier numérique. Aucune mention légale. Aucune identité d’entreprise. Aucun numéro de régulation, aucune adresse physique, aucune description de service.
Ce type d’interface sert un objectif précis. Les victimes, contactées au préalable par téléphone ou messagerie, recevaient un code PIN présenté comme une clé d’accès à leur « espace de trading ». En réalité, cette saisie validait une action frauduleuse, qu’il s’agisse d’un virement, d’une autorisation de prélèvement ou d’un transfert de cryptomonnaies. Or, aucun régulateur financier ne reconnaît ce type d’interface comme un accès légitime à un service d’investissement.
Ce que l’infrastructure technique révèle sur les opérateurs
Notre analyse des technologies déployées sur cryptotrade-espace.com dresse un portrait technique instructif. À l’origine, le domaine utilisait les DNS de Hostinger. Les opérateurs ont ensuite migré vers une configuration différente, avec un serveur Apache dans un premier temps, puis nginx détecté lors d’une phase ultérieure. L’adresse IP associée, 185.53.179.136, est localisée en Allemagne et enregistrée au nom d’Andreas Lunz, sous le handle TIA27-MNT.
Le site s’appuyait sur Amazon CloudFront comme réseau de diffusion de contenu, ce qui lui permettait de masquer partiellement son hébergeur réel et d’améliorer ses temps de réponse. Les certificats SSL provenaient de Let’s Encrypt, avec redirection HTTPS par défaut. Ces éléments donnaient une apparence de légitimité technique, sans en constituer une.
Côté tracking, les technologies identifiées incluaient Google Global Site Tag, Cheq et AdBlock Acceptable Ads. Ces outils de suivi publicitaire suggèrent que le site achetait du trafic ciblé pour attirer des victimes potentielles. De plus, le fichier robots.txt bloquait explicitement Googlebot, Bingbot, Yandex, Baidu, Yahoo Slurp, Sogou, Soso, Alexa et Google Media Partners. Ce blocage systématique des robots d’indexation visait à empêcher toute trace dans les moteurs de recherche, et donc à retarder les signalements.
Un réseau de domaines générés algorithmiquement
Notre enquête a permis d’identifier plusieurs domaines liés à la même infrastructure. Parmi eux : fibon.ac, lsce.ac, ainsi qu’une série de domaines en .academy portant des identifiants numériques, 11041.academy, 13517.academy, 14752.academy, 16015.academy, 19485.academy et 23652.academy. Ces noms ne correspondent à aucune entité commerciale identifiable.
Cette technique de génération algorithmique de noms de domaine est bien documentée dans les opérations de fraude à grande échelle. Elle permet de déployer rapidement de nombreuses interfaces similaires, chacune ciblant un segment de victimes différent. Ainsi, si l’une des adresses est signalée et bloquée, les autres continuent d’opérer. Cela indique que cryptotrade-espace.com n’était probablement pas une opération isolée, mais un élément d’un dispositif plus large.
Ce que les victimes doivent faire maintenant
Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, intervient régulièrement sur les dossiers de faux investissements et d’escroqueries financières en ligne. Dans la vidéo ci-dessous, elle détaille les démarches concrètes pour les victimes : comment porter plainte, comment agir au tribunal, et quelles voies permettent d’envisager une indemnisation.
Les victimes de cryptotrade-espace.com ont tout intérêt à agir rapidement. La disparition du site ne met pas fin aux poursuites possibles. En France, un dépôt de plainte auprès du procureur de la République reste la voie la plus efficace pour déclencher une enquête pénale. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille chaque étape, des pièces à rassembler jusqu’à la transmission du dossier.
Conserver toutes les preuves disponibles est indispensable : captures d’écran de la page /pincode.php, historique des échanges avec les opérateurs, relevés de virements ou de transactions en cryptomonnaies vers la plateforme. Ces éléments constituent le socle de tout dépôt de plainte solide. Par ailleurs, la fiche ScamDoc de cryptotrade-espace.com affiche un indice de confiance de seulement 25 %, ce qui confirme les signalements déjà enregistrés par d’autres utilisateurs.
Ce site fait l’objet d’un signalement international pour activité frauduleuse dans le secteur des investissements. D’autres plateformes au fonctionnement similaire ont suivi le même chemin : netixos.com, tradopex.com et primextradeglobal.com ont chacun vu leur domaine geler ou disparaître après avoir collecté des fonds auprès de leurs victimes.
Cryptotrade-espace.com a disparu, mais ses victimes restent
Le domaine cryptotrade-espace.com est vide depuis le 10 août 2026. Cependant, les fonds envoyés par les victimes, qu’il s’agisse de virements bancaires ou de transferts en cryptomonnaies vers cette interface de code PIN, ne se sont pas évaporés avec le site. Ils ont transité quelque part, vers des comptes identifiables dans le cadre d’une enquête judiciaire.
BrokerDefense dispose d’un rapport de recherches complet sur cryptotrade-espace.com, couvrant l’ensemble des éléments techniques, les domaines liés et l’historique de l’infrastructure. Le présent article n’en présente qu’une fraction. Ce rapport peut accompagner utilement un dépôt de plainte ou la constitution d’un dossier juridique. Toute personne ayant interagi avec cette plateforme peut nous contacter pour en savoir plus sur les options disponibles.
Oui. Le site a cessé de répondre le 10 août 2026. Le domaine reste toutefois enregistré jusqu’au 18 décembre 2026, mais son infrastructure a été entièrement vidée : ses serveurs DNS pointent désormais vers les serveurs de parking du registrar et plus aucun serveur web ne répond.
C’était l’unique page fonctionnelle du site. Elle affichait un message « Enter PIN: » accompagné d’un clavier numérique, sans aucune mention légale ni identité d’entreprise. Cette interface servait à recueillir des codes de sécurité présentés comme des clés d’accès à un espace de trading.
Cessez tout contact avec les opérateurs et rassemblez vos preuves : captures d’écran de la page /pincode.php, historiques d’échanges, relevés de virements ou de transactions en cryptomonnaies. Contactez votre banque pour tenter un rappel de fonds, déposez plainte auprès du procureur de la République et méfiez-vous des faux intermédiaires de récupération.
Article réécrit le 15/08/2026


