Le 14 octobre 2026, nos vérifications établissent un constat sans ambiguïté : po-t.cc, déposé le 20 août 2024 pour deux années pleines, n’a pas été reconduit à son échéance du 20 août 2026. Sa fiche de registre porte désormais deux mentions successives, une interdiction de transfert et une période de rédemption, la dernière inscription datant du 29 septembre 2026. Un nom enregistré pour deux ans, jamais renouvelé, dont la zone ne répond plus depuis plusieurs systèmes de noms indépendants : voilà l’état de la vitrine qui servait, il y a un an, de porte d’entrée à une plateforme de trading en marque blanche.
Sommaire
- Deux ans d’enregistrement, aucun renouvellement demandé
- La zone confiée à ParkLogic, et plus une seule adresse publiée
- Derrière la page de connexion, la marque blanche « profindit » relue dans les archives
- Une pile technique de série, aucune société déclarée
- Ce qu’il reste à produire pour un dépôt effectué avant la fermeture
- FAQ : le sort de po-t.cc en trois réponses
- Ce que la fermeture du portail ne clôt pas
Deux ans d’enregistrement, aucun renouvellement demandé
Le nom po-t.cc a été déposé le 20 août 2024 à 12 h 09, pour une durée de deux années, auprès du bureau d’enregistrement NameSilo, LLC, établi aux États-Unis et identifié sous le numéro IANA 1479. L’échéance tombait donc le 20 août 2026, à la même heure. Aucun renouvellement n’apparaît au dossier. La fiche WHOIS complète sur DomainTools restitue la chronologie exacte de ces deux années sans activité de reconduction.
La fiche de registre se lit aujourd’hui en deux mentions qui se succèdent : une interdiction de transfert, puis une période de rédemption. Cette dernière désigne la fenêtre pendant laquelle le titulaire peut encore restaurer un nom non renouvelé avant qu’il ne redevienne libre pour n’importe quel demandeur. Le registre n’a plus bougé depuis le 29 septembre 2026. Le contraste avec l’été est net : la vitrine d’attente servie à cette période appartenait encore à quelqu’un, alors que le nom chemine désormais vers sa sortie du registre.
Le titulaire n’apparaît nulle part dans les données publiques. Son identité est couverte par un service de confidentialité, et l’adresse de signalement d’abus est gérée directement par le bureau d’enregistrement. Le seul contact public est [email protected].
Dernière mise à jour : 14/10/2026
La zone confiée à ParkLogic, et plus une seule adresse publiée
Du temps de l’exploitation, la résolution du nom était entièrement déléguée à Cloudflare. Les serveurs de noms déclarés étaient coby.ns.cloudflare.com et princess.ns.cloudflare.com. Le nom s’appuyait sur le réseau de diffusion, la gestion du trafic chiffré et la journalisation des erreurs du même prestataire.
Ce n’est plus le cas. Les deux serveurs de noms rattachés au nom appartiennent désormais à ParkLogic, prestataire spécialisé dans les noms laissés sans site actif. Le nom est donc passé d’une infrastructure opérationnelle à une simple page d’attente, avant même que la période de rédemption ne se referme.
Interrogée depuis plusieurs résolveurs indépendants, la zone reste muette : aucune adresse de machine, aucun alias, aucun serveur de courrier et aucun enregistrement de texte ne remontent, que la requête porte sur le nom ou sur son préfixe www. La messagerie professionnelle repérée pendant l’exploitation, adossée à Google, a elle aussi disparu. Un opérateur qui renonce à son nom ne garde ni résolution, ni courrier, ni page : seule subsiste l’inscription au registre, jusqu’à la fermeture de la fenêtre de récupération.
Derrière la page de connexion, la marque blanche « profindit » relue dans les archives
Notre enquête de septembre 2025 décrivait une interface minimaliste : fond sombre, deux champs de saisie, un bouton bleu « Sign In », deux liens « Reset password » et « Sign Up Now », l’ensemble rédigé en anglais. Aucun logo, aucune mention légale, aucune adresse physique, aucun téléphone, aucun régulateur cité. La page collectait des identifiants sans exposer le moindre élément permettant d’identifier son exploitant.
Les appels d’interface lus dans le code pointaient vers la route « brand/profindit/webtrader-public-config », révélant une interface de trading en marque blanche vendue sous le nom commercial « profindit ». Ce type de solution permet à n’importe quel opérateur, agréé ou non, de déployer une interface de trading clé en main, sans développement propre.
Aucune société correspondant à ce nom n’a été retrouvée au registre britannique des sociétés. La plateforme n’apparaît ni sur les listes de mise en garde de l’Autorité des marchés financiers, ni sur la liste noire de la CySEC, ce dernier statut valant « non trouvé » et non « non blacklisté ». Deux dossiers de notre rédaction documentent un procédé proche : netixos.com, faux courtier dont le nom a été gelé puis abandonné, et konilabs-courtage.com, vitrine disparue après une inscription sur la liste de l’ABE.
Une pile technique de série, aucune société déclarée
Côté serveur, la vitrine tournait sous nginx, sur une distribution Ubuntu, depuis une machine située aux États-Unis. La façade était écrite en React, complétée par jQuery 3.2.1, Moment.js pour les dates et les fuseaux horaires, lodash pour les utilitaires, et Decimal.js pour les calculs à précision arbitraire. Sentry remontait les erreurs applicatives depuis le navigateur. Font Awesome fournissait les icônes, et les fichiers statiques arrivaient par les réseaux de diffusion jsDelivr et BootstrapCDN.
Le certificat venait d’une autorité de délivrance gratuite, et les protocoles récents étaient tous activés, le visiteur étant redirigé d’office vers la connexion chiffrée. Rien, dans cette liste, n’exige un savoir-faire particulier ni un budget notable. Le même assemblage permet d’ouvrir une façade, de la faire vivre quelques semaines, puis de la laisser à l’abandon sans qu’aucune société n’apparaisse au grand jour.
Un espace public de notation recense par ailleurs le nom, à partir des retours déposés par ses visiteurs. La note affichée atteint 86 %. Le détail se lit ici : le score attribué à po-t.cc. Un tel chiffre porte sur les signaux techniques observables et sur l’avis des internautes ; il ne vaut pas agrément.
Ce qu’il reste à produire pour un dépôt effectué avant la fermeture
Deux ensembles de pièces méritent une attention immédiate. Le premier concerne les identifiants saisis sur la page de connexion de po-t.cc : toute personne ayant entré une adresse de courrier et un mot de passe sur cette interface doit considérer ces données comme exposées et les modifier partout où elles ont été réutilisées.
La seconde concerne les dépôts effectués sur la plateforme « profindit » pendant les mois où elle tenait encore debout. Rassembler ce qui documente l’échange reste la priorité : messages et courriels reçus des exploitants, captures de l’interface de connexion, adresses de portefeuilles utilisées, extraits de compte où figurent les paiements. Signaler sans tarder l’opération à l’établissement qui a exécuté le virement est une démarche à ne pas différer : si sa vigilance a manqué au moment de traiter l’ordre, une réclamation peut être engagée contre lui.
la page des mises en garde de l’Autorité des marchés financiers recense les acteurs déjà épinglés : un moyen de repérer d’éventuels prolongements de ce dossier. Pour la suite judiciaire, notre page détaillant les étapes d’un dépôt de plainte détaille les démarches à suivre selon la situation.
Maître Goce Novakov, avocat près le barreau de Paris, commente ci-après une décision d’escroquerie de la cour d’appel de Paris, qui a donné raison aux victimes.
Non. Interrogée depuis plusieurs résolveurs indépendants, la zone ne renvoie aucune adresse de machine, aucun serveur de courrier, aucun enregistrement de texte, ni pour le nom, ni pour son préfixe www. Les serveurs de noms rattachés au nom relèvent désormais de ParkLogic, et aucune page active n’est servie.
La période de rédemption est la fenêtre ouverte après l’échéance d’un nom non renouvelé, pendant laquelle son ancien titulaire peut encore le restaurer en acquittant des frais majorés. Une fois cette fenêtre fermée, le nom redevient disponible pour n’importe quel demandeur. La dernière inscription au dossier de po-t.cc remonte au 29 septembre 2026 ; la fenêtre n’est pas encore refermée à la date de cet article.
Rassemblez tous les éléments qui documentent vos échanges avec les exploitants : messages reçus, captures de l’interface, adresses de portefeuilles, relevés de paiement. Signalez la situation à votre banque sans attendre, car un défaut de contrôle dans le traitement de l’ordre peut ouvrir une réclamation. Consultez ensuite les mises en garde de l’Autorité des marchés financiers et les étapes d’un dépôt de plainte détaillées sur BrokerDefense.
FAQ : le sort de po-t.cc en trois réponses
Ce que la fermeture du portail ne clôt pas
La fermeture du portail po-t.cc ne referme pas le dossier des personnes qui ont confié leurs identifiants à cette page de connexion, ni celui de celles qui ont viré des fonds vers la plateforme « profindit » sans jamais rencontrer ni entreprise, ni adresse, ni régulateur. Les documents rassemblés, échanges, captures, relevés et références de portefeuilles, gardent leur valeur devant les autorités, quelle que soit la date à laquelle ils ont été obtenus. Quant au nom lui-même, il figure encore au registre tant que la fenêtre de récupération reste ouverte, et rien n’interdit qu’il repasse un jour sous un autre titulaire : la veille conserve donc son intérêt. BrokerDefense propose un examen préalable à toute personne qui souhaite faire évaluer sa situation avant d’engager une démarche.
Article réécrit le 14/10/2026


