Fortune Maker Engine arnaque : l’usurpation de Bernard Arnault

En mai 2025, BrokerDefense dénonçait Fortune Maker Engine, une fausse plateforme d’investissement en cryptomonnaies adossée à un faux article imitant Le Monde et à un montage vidéo détournant l’image de Bernard Arnault et de l’émission « C dans l’air » : quatre mois plus tard, un podcast de la cellule d’enquête montrait que les mêmes ressorts continuaient d’être utilisés.

Fortune Maker Engine est une arnaque. Cette fausse plateforme d’investissement en cryptomonnaies s’appuie sur l’usurpation de l’image de Bernard Arnault, PDG de LVMH, et détourne l’image de médias reconnus comme Le Monde et France Télévisions pour crédibiliser un dispositif frauduleux. L’enquête initiale de BrokerDefense, publiée le 31 mai 2025, a établi l’absence totale d’existence légale de la plateforme : aucune société enregistrée, aucun agrément de l’AMF, aucun marché réel derrière les gains affichés. La preuve la plus forte de la gravité de ce phénomène est sa récurrence documentée : dénoncé en mai 2025, le même procédé d’usurpation de l’image de Bernard Arnault était encore actif quelques mois plus tard, comme l’a établi le podcast BrokerDefense du 18 septembre 2025, qui recensait des faux articles usurpant CNews, Le Monde, Le Figaro et France info. Cet article est à jour des vérifications effectuées en août 2026.

Dernière mise à jour : 29/08/2026

L’image de Bernard Arnault recyclée : une usurpation documentée

Ce qui distingue le dossier Fortune Maker Engine des arnaques d’investissement ordinaires, c’est sa persistance. L’enquête publiée par BrokerDefense le 31 mai 2025 décrivait avec précision le montage mis en place : un faux article imitant Le Monde, des captures d’écran de l’émission « C dans l’air » falsifiées dans leur contexte, des citations inventées et attribuées à Bernard Arnault, et une journaliste présentée à tort comme Anne-Sophie Lapix. La notoriété de l’homme d’affaires, figure de proue de l’un des groupes de luxe les plus puissants au monde, constituait le carburant principal de la fraude : les escrocs pariaient sur le fait que son nom suffisait à suspendre l’esprit critique des internautes.

Ce pari s’est avéré suffisamment rentable pour que la manœuvre soit reconduite. Notre podcast consacré à l’usurpation de Bernard Arnault, publié le 18 septembre 2025, soit environ quatre mois après l’enquête initiale, documentait la poursuite du phénomène : de nouveaux faux articles, imitant cette fois CNews, Le Monde, Le Figaro et France info, utilisaient toujours l’image du PDG de LVMH pour orienter des épargnants vers des plateformes frauduleuses. La structure du dispositif n’avait pas changé. Seuls les habillages médiatiques variaient, preuve que les opérateurs de ces arnaques ajustent leur production au fil des signalements sans jamais abandonner le fond de leur méthode.

Que la même personnalité soit usurpée sur plusieurs mois et au travers de plusieurs médias différents dit quelque chose de précis sur la rationalité économique de ces fraudes : tant qu’un nom attire suffisamment de clics pour alimenter le flux de victimes potentielles, il sera exploité. La respectabilité de Bernard Arnault n’est pas un détail de mise en scène ; elle est la matière première de l’arnaque.

Le faux article du Monde : l’appât médiatique

L’entrée dans le dispositif Fortune Maker Engine passe par un faux article de presse conçu pour ressembler à une page du Monde. Le logo du quotidien est copié, la mise en page reproduite, la typographie imitée avec soin. Le titre accrocheur retenu par les escrocs est le suivant : « La Banque Centrale de France poursuit Bernard Arnault pour ses déclarations en direct à la télévision ». Cette phrase est fausse de bout en bout. Aucune poursuite de ce type n’a jamais été engagée, aucune déclaration officielle ne l’étaye, aucune source fiable ne peut en attester l’existence.

L’internaute qui clique sur ce titre est ensuite exposé à des images présentées comme des extraits de l’émission « C dans l’air », diffusée sur France 5. Bernard Arnault y apparaît en plateau, aux côtés d’une journaliste présentée comme Anne-Sophie Lapix. Les captures d’écran utilisées sont réelles, tirées de séquences effectivement diffusées par France 5 ; c’est le contexte qui est intégralement falsifié. Des citations sont fabriquées de toutes pièces et attribuées à l’homme d’affaires : il aurait « dévoilé accidentellement un outil financier réservé à l’élite », aurait « confirmé que n’importe qui pouvait désormais accéder à ce système ». Aucune de ces phrases n’a jamais été prononcée.

Plus bas dans la page, dans un lien discret intégré au texte du faux article, apparaît le nom du service vers lequel tout ce dispositif converge : Fortune Maker Engine. La construction est délibérée : faire voyager l’internaute depuis un habillage journalistique crédible vers une plateforme de trading entièrement fictive, en utilisant la reconnaissance instantanée du nom et du visage de Bernard Arnault comme passerelle.

Fortune Maker Engine : une plateforme fictive sans existence légale

Fortune Maker Engine se présente comme une plateforme d’investissement en cryptomonnaies. Elle n’en est pas une. Aucune société portant ce nom n’est enregistrée auprès d’une autorité compétente. Aucune équipe n’est identifiée. Aucun numéro d’agrément de l’Autorité des marchés financiers n’est mentionné, car aucun n’existe. Le site est une coquille construite pour simuler une interface de trading : graphiques animés, compteurs de gains, tableaux de bord à l’apparence professionnelle. Derrière cette façade, il n’y a aucun marché, aucune transaction réelle.

Le lexique utilisé sur la plateforme est symptomatique des arnaques de ce type. On y promet des « gains quotidiens garantis », une « technologie primée par les experts mondiaux de la finance » et une « application révolutionnaire déjà adoptée par des millionnaires dans 47 pays ». Chacune de ces affirmations est sans fondement vérifiable.

Le parcours d’une victime type commence par un formulaire : nom, numéro de téléphone, adresse e-mail. Ce formulaire est la porte d’entrée dans le dispositif d’extraction. Très peu de temps après sa soumission, un appel téléphonique est passé par une personne se présentant comme un « conseiller » ou un « coach financier personnel ». L’objectif de cet appel est d’obtenir un premier dépôt, généralement fixé à environ 250 euros, présenté comme la somme minimale pour « activer l’algorithme ». Une fois ce virement effectué, la plateforme affiche des gains progressifs. Ces gains sont simulés : aucun fonds n’est placé sur aucun marché. Les sommes versées sont perdues dès le premier virement.

Le site ne comporte aucune mention légale, aucune adresse physique, aucune référence à un statut de prestataire de services d’investissement. Il n’apparaît ni dans les registres de l’AMF ni dans ceux de la Financial Conduct Authority britannique. La liste noire et mises en garde publiées par l’AMF constituent un point de vérification systématique à consulter avant tout engagement financier en ligne. Le domaine utilisé par Fortune Maker Engine était hébergé à l’étranger, de création très récente, et ce type de site disparaît généralement au bout de quelques semaines pour réapparaître sous un nom différent.

Des témoignages inventés et des logos détournés

Pour renforcer l’illusion de légitimité, Fortune Maker Engine affiche des témoignages de prétendus utilisateurs satisfaits. « Marc, Paris : Gains : 10 987,98 € » et « Fabrice, Lyon : Gains : 6 109,09 € » figurent parmi les exemples relevés lors de l’enquête. Ces identités sont fictives. Les photographies associées sont tirées de banques d’images commerciales ou extraites de profils de réseaux sociaux sans le consentement des personnes représentées. Les montants affichés ont été choisis pour paraître précis et donc crédibles, sans jamais correspondre à aucune réalité.

Le site affiche également les logos de CNN, Forbes, FT.com et Time, laissant entendre que ces médias ont couvert ou cautionné la plateforme. Aucun de ces logos ne renvoie à un article existant. Les logos de sécurité informatique McAfee et Norton sont utilisés dans les mêmes conditions, sans autorisation et sans signification technique réelle dans ce contexte.

La mécanique de Fortune Maker Engine s’articule en cinq temps : l’appât médiatique, c’est-à-dire le faux article et le montage vidéo, produit une première impression de crédibilité ; la fausse autorité, via les logos de France 5, de la Banque de France, de CNN et des solutions de sécurité informatique, consolide cette impression ; la capture de données, par le formulaire, déclenche le contact direct ; l’appel commercial du faux conseiller pousse au premier versement ; l’extraction d’argent se poursuit ensuite par des appels répétés, des demandes de « frais de déblocage » ou de « commission de retrait », et des techniques de manipulation psychologique destinées à maintenir la victime dans le dispositif le plus longtemps possible. Les fausses interviews de Vincent Lagaf documentées par BrokerDefense reposent sur le même procédé d’usurpation de l’image d’une personnalité médiatique pour alimenter un schéma d’extraction financière.

Après avoir versé des fonds : les bons réflexes

Si vous avez rempli le formulaire du site Fortune Maker Engine ou si vous avez effectué un virement vers cette fausse plateforme de cryptomonnaies, plusieurs réflexes s’imposent sans délai.

En premier lieu, cessez tout versement supplémentaire, quelle que soit la nature de la demande formulée par le faux conseiller qui vous a contacté. Les demandes de « frais de déblocage », de « taxes de retrait » ou de « caution de vérification d’identité » qui surgissent après un premier dépôt d’environ 250 euros sont des mécanismes supplémentaires d’extraction : elles ne permettront jamais de récupérer les fonds déjà versés. Ne répondez plus aux appels ou messages provenant des numéros utilisés par les escrocs.

Conservez l’intégralité des preuves disponibles : captures d’écran du faux article imitant Le Monde, copies des pages du site Fortune Maker Engine, relevés de virements, courriels reçus, notes des échanges téléphoniques avec le faux conseiller. Ces éléments constituent la base de tout dossier judiciaire ou de toute procédure de remboursement auprès de votre banque.

Signalez les faits à votre banque dès que possible, en précisant que le virement a été effectué à la suite d’une sollicitation frauduleuse. Les établissements bancaires disposent de procédures spécifiques pour les virements vers des plateformes frauduleuses d’investissement en cryptomonnaies.

Méfiez-vous des services qui se présentent comme spécialisés dans la « récupération de fonds perdus dans les arnaques crypto » : beaucoup d’entre eux sont eux-mêmes frauduleux et ciblent précisément les victimes déjà identifiées. Pour porter plainte, vous pouvez vous adresser à votre commissariat ou gendarmerie, ou directement en ligne via les plateformes prévues à cet effet. BrokerDefense recommande de faire évaluer toute plateforme d’investissement avant d’y engager des fonds.

Dans le cadre de sa mission d’accompagnement des victimes de faux investissements, Maître Caroline Willm, avocate au barreau de Paris, accompagne les victimes dans la constitution de leur dossier, l’évaluation des recours civils disponibles et les procédures judiciaires à engager contre les opérateurs de ces dispositifs. Les dossiers liés à des plateformes hébergées à l’étranger présentent une dimension internationale qui requiert une expertise spécifique, notamment sur la question de l’extranéité, que la vidéo présentée ci-après permet de mieux comprendre. Elle souligne également l’importance d’une vigilance accrue des banques sur les virements à destination de structures non régulées et les possibilités d’indemnisation pour les victimes.

FAQ : Fortune Maker Engine est-il une arnaque ?

Fortune Maker Engine est-il une arnaque ?

Oui, sans ambiguïté. La fausse plateforme d’investissement en cryptomonnaies reposait sur un faux article imitant Le Monde et sur un montage détournant l’image de Bernard Arnault et de l’émission « C dans l’air » : aucune société enregistrée, aucun agrément, aucun marché réel derrière les « gains » affichés.

Comment les escrocs de Fortune Maker Engine contactaient-ils leurs victimes ?

Le site invitait à remplir un formulaire (nom, téléphone, e-mail), puis un faux « conseiller » rappelait par téléphone pour inciter à un premier dépôt d’environ 250 €, avant d’afficher des « gains » simulés destinés à faire verser davantage.

Que faire si j’ai versé des fonds à Fortune Maker Engine ?

Cessez tout versement, ne répondez plus aux sollicitations, conservez toutes les preuves (captures d’écran du faux article, relevés de virements, courriels, échanges téléphoniques) et déposez plainte. Notre service d’aide aux victimes peut vous accompagner pour constituer un dossier.

Les épargnants qui ont versé des fonds à Fortune Maker Engine l’ont fait dans un contexte précis : un faux article de presse, une mise en scène impliquant Bernard Arnault, un faux conseiller téléphonique habile, et une interface de plateforme conçue pour simuler des gains. Ce contexte a été fabriqué de toutes pièces pour susciter la confiance et déclencher un premier dépôt. Les sommes ainsi « investies » n’ont jamais atteint aucun marché. Elles ont été captées dès le premier virement, et les victimes contactées ensuite à plusieurs reprises pour en extraire davantage, sous prétexte de frais ou de conditions de retrait.

La leçon transversale que ce dossier illustre est simple : vérifier l’existence légale d’une plateforme avant tout engagement financier n’est pas une précaution accessoire, c’est la première étape indispensable. BrokerDefense propose une évaluation préalable des plateformes d’investissement en ligne : consulter nos analyses avant de verser des fonds est le moyen le plus direct d’éviter de se retrouver dans la situation des victimes de Fortune Maker Engine.

Article réécrit le 29/08/2026

5 Comments

  1. Hut dit :

    Bonjour je me suis fait avoir malheureusement et j’ai versé 250 euros, il m’ont demandé ma carte identité. Il devait me rappeler et c’est avec du retard que j’ai compris. Il n arrete pas de m’appeler donc j’ai tout bloqué. J’ai porte plainte auprès demandé banque.

  2. iian gautier dit :

    Bonjour,

    J’ai commencé aussi avec un montant de 500 euros parce qu’ils ont été très convaincants. Ils m’ont expliqué comme indiqué ici sur ce site. Une semaine plus tard, on m’a montré une énorme somme sur mon compte de trading, une somme qui m’a vraiment surpris. Ensuite, ils ont réussi à me soutirer encore 5000 euros, puis d’autres sommes que je ne peux même plus énumérer.

    Est-ce que vous pouvez m’aider à récupérer mes fonds ?

    Je vous remercie par avance pour votre aide.

  3. Berthoux dit :

    Dès que les gains promis sont nettement supérieurs à ceux réels que vous propose votre banquier, ce sont des arnaques. Alors fuyez.

  4. […] Retrouvez notre article : Fortune Maker Engine : l’arnaque qui usurpe Bernard Arnault et détourne l’image de France Tél… […]

  5. Arnaud dit :

    Encore et toujours Bernard Arnault. Je me suis faite arnaquer par UPVEST.fr avec le nom de B. Arnault. L’arnaqueur a même usurpé l’identité d’un vrai personnel de Upvest.com. à Berlin. Il s’agit d une bande franco-bulgare … et d’une banque de dépôt au Luxembourg. Fuyez ces sites mais nos banques sont fautives de ne poser aucune question si le transfert est important.

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