En septembre 2026, la plateforme de trading Dragon-Trade, connue sous le nom de domaine drg-t.com et promue fin 2024 comme un courtier international « primé » faisant confiance à plus de deux millions d’épargnants dans le monde, n’affiche plus qu’une page d’attente vide de son hébergeur. La vitrine qui se vantait d’une existence remontant à 2011 a disparu, mais le nom de domaine, lui, est toujours enregistré.
Sommaire
- Dragon-Trade : la vitrine des « dragons traders » réduite à une page d’attente
- Un « award-winning broker » installé sur un domaine né en février 2024
- Forex, actions, cryptomonnaies : l’étalage de produits de la fin 2024
- Un numéro britannique pour toute identité, aucune société ni licence
- D’autres fausses plateformes de trading documentées fin 2024
- DRG-T : les recours des personnes ayant versé des fonds
- DRG-T : les questions des épargnants
Dragon-Trade : la vitrine des « dragons traders » réduite à une page d’attente
Nos vérifications du 6 septembre 2026 le confirment sans ambiguïté : drg-t.com répond encore sur le plan technique, le nom de domaine est actif et les serveurs de noms fonctionnent, mais la plateforme Dragon-Trade, elle, n’existe plus. En ignorant l’avertissement lié au certificat HTTPS, dont la validité n’est plus assurée, le serveur retourne une page titrée « Under construction » (soit « en construction »), logo d’hébergeur, sans la moindre page de connexion, sans formulaire d’ouverture de compte, sans aucune trace de la vitrine dénoncée en novembre 2024. Le domaine drg-t.com reste enregistré jusqu’en février 2027, avec un statut qui interdit tout transfert et des serveurs de noms pointant vers SiteGround : la structure administrative est maintenue, mais le contenu a été retiré.
Ce constat n’est pas anodin. Une plateforme qui cesse de répondre après avoir sollicité des dépôts de fonds laisse ses interlocuteurs sans recours immédiat côté contact. Les captures publiques les plus récentes remontent à janvier 2025, date à laquelle certains visiteurs se heurtaient déjà à un message de blocage géographique. Depuis, aucune archive utile ne documente un retour en ligne. La vitrine des « dragons traders » a été éteinte au cours de l’année 2025, sans annonce ni explication.
Dernière mise à jour : 06/09/2026
Un « award-winning broker » installé sur un domaine né en février 2024
La contradiction la plus probante entre les affirmations de la vitrine et la réalité documentée tient à une date. La page d’accueil de Dragon-Trade indiquait, en toutes lettres, une activité « since our launch in 2011 », soit quinze années d’existence présentées comme un gage de sérieux, associées à la formule « award-winning broker » et à l’affirmation d’une communauté de plus de deux millions d’utilisateurs. Or les données d’enregistrement du domaine racontent une toute autre histoire : drg-t.com a été (ré)enregistré le 9 février 2024. Le nom de domaine n’avait donc que quelques mois d’existence lorsque BrokerDefense a documenté la plateforme, fin novembre 2024, et la prétendue ancienneté « depuis 2011 » est incompatible avec cet état du registre.
L’histoire antérieure du domaine renforce ce décalage. Les archives publiques montrent qu’en 2013, drg-t.com hébergeait le site institutionnel de DRGT Ltd, une société pharmaceutique britannique opérant sous le nom « Druggability Technologies », et présentant des projets liés à une plateforme NanoActive, un pipeline de molécules et une section investisseurs. Cette société n’entretient aucun lien avec une activité de courtage financier : l’exploitant de la fausse plateforme de 2024 et cette ancienne entité pharmaceutique sont des acteurs entièrement distincts, le seul point commun étant la réutilisation du nom de domaine. Entre 2014 et 2019, drg-t.com ne servait qu’à rediriger les visiteurs, avant de retomber dans l’inactivité jusqu’à son (ré)enregistrement en février 2024.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Forex, actions, cryptomonnaies : l’étalage de produits de la fin 2024
Une capture du 26 décembre 2024 préserve l’intégralité de la vitrine telle qu’elle se présentait à l’époque de l’enquête. La page d’accueil affichait une accroche soignée, « Leading the way in online trading », et listait une gamme étendue d’instruments financiers : forex (marché des changes entre devises), indices boursiers, actions, matières premières, CFD (contrats sur la différence, des produits dérivés permettant de spéculer sur la variation d’un actif sans le détenir) et cryptomonnaies. L’ambition affichée était celle d’un courtier universel, couvrant l’ensemble des marchés accessibles aux particuliers.
La section « Education » complétait ce tableau. Elle proposait quatre rubriques : « What is Forex? », « How to trade currencies », « Fundamental analysis » et « Technical analysis ». Ces intitulés, identiques à ceux que l’on retrouve dans de nombreuses vitrines frauduleuses, ne s’accompagnaient d’aucun contenu substantiel : il s’agissait de pages décoratives, destinées à donner une apparence de pédagogie sans rien apporter à l’utilisateur. Un calendrier économique et une section « Trading Signals » complétaient la mise en scène, sans que l’on puisse vérifier leur alimentation réelle en données. Des captures ultérieures, datant des semaines suivant l’enquête, montrent que certains visiteurs se heurtaient à un message « Access is blocked for this country » : la plateforme pratiquait un filtrage géographique, ce qui peut indiquer qu’elle ciblait des zones spécifiques tout en s’évitant une exposition trop large.
Un numéro britannique pour toute identité, aucune société ni licence
Sur l’ensemble des pages archivées de Dragon-Trade, un seul jeu de coordonnées apparaissait en bas de page : un numéro de téléphone britannique (+44 203 540 8929) et une adresse électronique ([email protected]). Rien d’autre. Aucune raison sociale, aucun numéro d’immatriculation, aucune adresse physique, aucune mention de la juridiction dans laquelle la société serait enregistrée, aucune référence à un régulateur financier ni à un numéro d’agrément. Le site disposait bien de pages « Privacy Policy » et « Terms and Conditions », rubriques habituellement garantes d’une transparence minimale, mais leur contenu ne renseignait pas davantage l’identité de l’opérateur.
Pour un courtier qui prétendait être « award-winning » et gérer les fonds de plus de deux millions d’épargnants, cette opacité totale est en elle-même un signal d’alarme majeur. En Europe, tout prestataire de services d’investissement est tenu d’afficher un agrément délivré par une autorité nationale compétente (en France, l’Autorité des marchés financiers) et de publier des mentions légales permettant de l’identifier. Dragon-Trade ne satisfaisait à aucune de ces obligations. La recherche effectuée sur les outils disponibles n’a permis de retrouver ni société ni dossier d’agrément correspondant au nom « DRG-T » ou « Dragon-Trade ».
D’autres fausses plateformes de trading documentées fin 2024
Le procédé utilisé par Dragon-Trade, domaine récent, design soigné, affirmations d’ancienneté et de récompenses invérifiables, absence totale de mentions légales, n’était pas isolé à la fin de l’année 2024. La plateforme GPTAI Quantify, documentée le 30 novembre 2024, reposait sur le même schéma : une vitrine financière adossée à une prétendue intelligence artificielle, sans information légale, sans contact fiable ni régulation, dont le nom de domaine datait du 15 octobre 2024, soit six semaines seulement avant sa mise en ligne. De même, le dossier Robofund.net, publié le 8 décembre 2024, concernait une fausse plateforme de trading inscrite sur la liste noire de l’AMF le 29 novembre 2024, dont le nom a depuis été effacé du registre des .net. Ces dossiers sont distincts de celui de Dragon-Trade ; aucune preuve ne permet d’affirmer qu’ils impliquent le même opérateur ; la similitude tient au procédé et à la période.
DRG-T : les recours des personnes ayant versé des fonds
La disparition de la vitrine ne clôt pas les recours pour les personnes qui auraient transféré des fonds vers Dragon-Trade. La première démarche consiste à rassembler l’ensemble des preuves disponibles : échanges par e-mail ou messagerie, captures d’écran de l’interface, relevés de compte montrant les virements ou les paiements effectués par carte. Ces éléments doivent ensuite être transmis à la banque ou à l’émetteur de la carte, qui peut engager une procédure de remboursement en cas de paiement frauduleux ; les délais sont stricts, il convient d’agir sans attendre. En parallèle, le signalement aux autorités compétentes reste essentiel : la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF recense les plateformes identifiées comme frauduleuses ; il est utile d’y signaler tout acteur non encore référencé. Pour les démarches pénales, la page dédiée aux plaintes pénales de BrokerDefense détaille les étapes à suivre, du dépôt de plainte au choix de la juridiction.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Quand une plateforme de trading disparaît sans laisser d’adresse ni de société identifiable, les victimes peuvent avoir le sentiment que toute voie de recours est fermée avec elle. Ce n’est pas le cas. Une procédure judiciaire menée pour des épargnants victimes de placements frauduleux a abouti devant le tribunal judiciaire de Perpignan, avec condamnation à des dommages-intérêts à l’issue de dix-huit mois de procédure, preuve qu’une action en justice peut aboutir même lorsque la structure adverse est opaque et les coordonnées réelles difficiles à établir. Cette affaire, qui concernait une escroquerie à l’investissement dans des métaux précieux, a été suivie par Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon et avocate partenaire de BrokerDefense, qui revient sur le déroulé de cette procédure dans la vidéo ci-dessous.
DRG-T : les questions des épargnants
Le site ne présente plus aucun contenu de la plateforme : drg-t.com répond par une page d’attente générique titrée « Under construction », sans aucune page de trading, de connexion ou d’ouverture de compte. Le nom de domaine reste néanmoins enregistré, avec une expiration affichée en février 2027 : la vitrine a disparu, mais le nom est conservé.
Rien ne l’indiquait. L’enquête de novembre 2024 relevait l’absence de toute régulation, de toute mention légale et de toute information sur une société propriétaire, avec pour seuls contacts un numéro de téléphone britannique et une adresse électronique. Le site se présentait comme un courtier « primé » actif « depuis 2011 », alors que les données d’enregistrement du domaine drg-t.com montrent un (ré)enregistrement en février 2024.
Rassemblez l’ensemble des échanges avec la plateforme et les justificatifs de versement (relevés, captures d’écran), signalez les opérations à votre banque dans les plus brefs délais, puis envisagez le dépôt d’une plainte et les recours décrits sur la page dédiée aux plaintes pénales de BrokerDefense. Notre service d’aide aux victimes peut évaluer gratuitement votre situation et vous orienter vers les démarches adaptées.
Dragon-Trade aura existé le temps d’une vitrine : quelques mois de présence en ligne, un design soigné, des chiffres invérifiables et une ancienneté fabriquée, avant une disparition silencieuse. Le domaine drg-t.com subsiste dans les registres, mais la plateforme, elle, appartient au passé. Pour quiconque a eu affaire à cette structure, les recours décrits dans cet article restent ouverts et méritent d’être engagés sans délai.
Article réécrit le 06/09/2026


