En août 2024, l’enquête BrokerDefense sur CNI Group relevait un fait troublant : le nom « Coiny Group », déjà dénoncé deux mois plus tôt, réapparaissait sur la même vitrine. Cette observation, consignée dès la publication originale du 10 août 2024, constituait le premier indice documenté d’une signature recyclée sous plusieurs appellations successives, toutes construites sur les mêmes ressorts.
Sommaire
- CNI Group : un nom déjà dénoncé réapparu sur la vitrine en août 2024
- Une plateforme multi-actifs, des slogans séduisants et aucun détail vérifiable
- FSC de l’île Maurice et ASIC d’Australie : des autorisations affichées sans numéro
- Derrière la vitrine, aucune société, aucune adresse, aucun contact exploitable
- De juin 2024 à mai 2025 : la même signature sous plusieurs noms
- CNI Group : les démarches après un versement de fonds
- CNI Group : les questions des épargnants
CNI Group : un nom déjà dénoncé réapparu sur la vitrine en août 2024
Lorsque l’enquête BrokerDefense a porté sur CNI Group en août 2024, un détail a immédiatement retenu l’attention : le nom « Coiny Group » apparaissait sur la page, sans que rien ne l’annonce ou ne l’explique. Cette présence simultanée des deux noms sur une même vitrine constituait un indice de recyclage, celui d’une présentation antérieure réutilisée pour en construire une nouvelle.
L’analyse de juin 2024 consacrée à Coiny Group, aussi désigné sous le nom Coiny Trade, avait déjà documenté les mêmes caractéristiques : références aux mêmes autorités de régulation, absence d’identité légale, impossibilité de vérifier quelque autorisation que ce soit. Retrouver ce nom sur la vitrine de CNI Group, deux mois à peine après cette première publication, suggérait qu’une mise en page antérieure avait simplement été reprise et rebaptisée.
Il convient toutefois de maintenir une prudence rigoureuse sur ce point : l’apparition du nom « Coiny Group » sur la page de CNI Group est un indice relevé par l’enquête, non une preuve établissant l’existence d’un opérateur unique derrière les deux vitrines. Aucun élément documenté ne permet d’affirmer une telle identité.
Dernière mise à jour : 10/09/2026
Une plateforme multi-actifs, des slogans séduisants et aucun détail vérifiable
CNI Group se présentait comme une plateforme de trading couvrant un spectre large : CFD, ETF, actions et cryptomonnaies. Le slogan affiché, « transformer vos opportunités en profits », promettait un accès simple et rentable à plusieurs marchés à la fois. Cette formulation vague n’était assortie d’aucune explication sur les conditions d’accès, les frais appliqués, ni les risques associés à chaque catégorie d’actifs.
Pour renforcer l’apparence de sérieux, la vitrine affichait les logos Visa et Mastercard. Ces logos, reconnaissables et associés à des systèmes de paiement légitimes, n’impliquent pourtant aucune relation contractuelle avec les réseaux concernés : leur présence sur une page ne constitue pas une garantie de traitement sécurisé des fonds. Leur utilisation relevait d’un procédé purement décoratif, sans mention d’un accord ou d’une accréditation vérifiable.
FSC de l’île Maurice et ASIC d’Australie : des autorisations affichées sans numéro
CNI Group revendiquait des autorisations délivrées par la FSC de l’île Maurice et par l’ASIC d’Australie. Ces deux régulateurs existent et disposent de registres publics permettant de vérifier les agréments accordés. Or, la vitrine n’indiquait aucun numéro d’autorisation, aucun identifiant, aucune référence permettant de confronter cette affirmation aux registres officiels.
Une autorisation sans numéro ne peut pas être vérifiée : elle n’a, dans les faits, aucune valeur probante. L’affichage des noms de la FSC et de l’ASIC fonctionnait donc comme un élément de décor destiné à rassurer, sans que quiconque puisse contrôler la réalité de la déclaration. L’enquête de juin 2024 sur Coiny Group avait déjà relevé ces mêmes références, prétendument en vigueur depuis 2020, elles aussi dépourvues de tout numéro vérifiable.
Derrière la vitrine, aucune société, aucune adresse, aucun contact exploitable
L’examen de la vitrine CNI Group ne permettait d’identifier ni société enregistrée, ni adresse physique, ni numéro de téléphone, ni adresse électronique. Aucune mention légale, aucune page de contact n’était accessible. Cette absence totale d’identité d’exploitant n’est pas anodine : elle prive toute personne ayant versé des fonds de tout interlocuteur légal à qui adresser une demande de restitution.
Sans société identifiée, il n’existe aucune adresse pour une mise en demeure formelle, aucun représentant légal à désigner dans une plainte, aucun siège social vers lequel orienter une démarche judiciaire. Pour une personne qui aurait confié des capitaux à cette vitrine, cette configuration signifie concrètement que les voies de recours ordinaires se heurtent à un vide d’interlocuteur dès les premières démarches.
De juin 2024 à mai 2025 : la même signature sous plusieurs noms
La chronologie des publications BrokerDefense dessine une séquence cohérente. En juin 2024, l’analyse de Coiny Group documentait une vitrine revendiquant les mêmes régulateurs, avec la même absence d’identité légale. En août 2024, l’enquête sur CNI Group retrouvait la mention de Coiny Group sur la nouvelle page, indice d’un contenu recyclé. En mai 2025, une nouvelle mise en garde consacrée à CNI Group constatait que le nom continuait de circuler selon les mêmes procédés, plusieurs mois après la première alerte.
Cette succession ne constitue pas la preuve d’un opérateur unique agissant derrière toutes ces vitrines. Elle illustre un mode de fonctionnement : des appellations différentes, des vitrines rebaptisées, mais une même architecture de présentation, avec les mêmes autorités de régulation citées sans numéro et la même impossibilité d’identifier un exploitant. Aucun élément documenté ne permet d’aller au-delà de ce constat de similitude.
CNI Group : les démarches après un versement de fonds
Pour les personnes qui ont versé des fonds à CNI Group, la première priorité est de rassembler et de conserver l’ensemble des preuves disponibles : captures des pages de la vitrine, courriels échangés, relevés bancaires faisant apparaître les virements, justificatifs de tout versement. Ces éléments constituent la base documentaire de toute démarche ultérieure et leur valeur dépend de leur conservation immédiate.
Il est important de contacter sans délai son établissement bancaire pour signaler les opérations concernées. Un établissement qui a laissé transiter des virements vers un dispositif dont aucun exploitant ne peut être identifié peut voir sa responsabilité engagée : certaines banques ont ainsi été condamnées pour manquement à leur obligation de vigilance. Cette démarche auprès de la banque est donc une étape à ne pas différer, indépendamment de toute autre action.
Le dépôt d’une plainte pénale est une étape importante pour les victimes d’une vitrine de trading sans identité d’exploitant, notamment une vitrine qui promettait des placements multi-actifs sans fournir aucune information vérifiable sur la société qui l’opérait. Les modalités pratiques de cette démarche sont détaillées sur la page dédiée aux plaintes pénales publiée par BrokerDefense. Par ailleurs, la consultation des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, menée en septembre 2026, ne fait apparaître aucune inscription au nom de CNI Group. Cette absence ne constitue pas un gage de légitimité : elle signifie seulement que l’autorité française n’a pas encore publié d’avertissement spécifique sous ce nom.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Rien, dans ce que montrait la vitrine de CNI Group, ne désignait un interlocuteur à qui s’adresser : ni société, ni siège social, ni moyen de contact. Des procédures comparables, engagées pour des personnes ayant versé des fonds à des placements frauduleux, ont pourtant abouti. Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon et avocate partenaire de BrokerDefense, expose dans la vidéo ci-dessous le déroulement d’une de ces affaires, jugée au tribunal judiciaire de Perpignan, conclue par une décision favorable aux épargnants et l’octroi de dommages-intérêts après dix-huit mois de procédure.
CNI Group : les questions des épargnants
L’enquête BrokerDefense d’août 2024 a documenté une vitrine qui ne permettait d’identifier ni société enregistrée, ni adresse physique, ni contact d’aucune sorte. Les autorisations revendiquées auprès de la FSC de l’île Maurice et de l’ASIC d’Australie n’étaient assorties d’aucun numéro vérifiable, rendant tout contrôle impossible. Ces caractéristiques sont incompatibles avec le fonctionnement d’une plateforme de trading régulée et fiable.
La première démarche consiste à rassembler toutes les preuves disponibles : captures d’écran de la vitrine CNI Group, courriels, relevés bancaires et justificatifs de virement. Il faut ensuite contacter sa banque sans délai pour signaler les opérations concernant cette plateforme multi-actifs sans exploitant identifiable. Le dépôt d’une plainte pénale est également conseillé ; les modalités sont détaillées sur la page dédiée aux plaintes pénales de BrokerDefense.
La consultation des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, menée en septembre 2026, ne fait apparaître aucune inscription au nom de CNI Group. Cette absence n’est pas un gage de légitimité : une vitrine peut opérer sans avoir encore fait l’objet d’un avertissement publié par l’autorité française, et l’absence d’inscription ne dispense pas d’une évaluation attentive de ses caractéristiques.
CNI Group a attiré des personnes avec une promesse de trading multi-actifs couvrant CFD, ETF, actions et cryptomonnaies, sans jamais permettre d’identifier l’exploitant de la vitrine, ni de vérifier la moindre des autorisations affichées. Ceux qui ont versé des fonds dans ces conditions se retrouvent sans interlocuteur légal clairement désigné et sans adresse vers laquelle orienter une démarche de restitution. BrokerDefense est disponible pour évaluer la situation de chaque personne concernée et orienter vers les démarches adaptées à son cas.
Article réécrit le 10/09/2026


