Le site biticodes.com n’existe plus. La page ne charge pas, le service client ne répond pas, et les fonds des traders qui s’y étaient inscrits restent introuvables. Ce scénario, nous l’avions déjà documenté des dizaines de fois sur BrokerDefense. Pourtant, chaque cas mérite son autopsie complète, car les traces laissées dans les registres de domaines racontent une histoire que les escrocs auraient préféré effacer avec le site.
Sommaire
- Un domaine enregistré dans l’opacité la plus totale
- ScamDoc confirme les soupçons
- La mécanique du réseau Immediate
- Les sites sœurs : Astral Edge et Coin Kong
- La vidéo de Goce Novakov : un visage pour une arnaque
- Que faire si vous avez déposé des fonds sur biticodes.com ?
- FAQ — Questions fréquentes sur biticodes.com
Un domaine enregistré dans l’opacité la plus totale
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture d’écran horodatée du site biticodes.com, avec son filigrane de protection.
Pour une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane auprès de notre service juridique.
Le domaine biticodes.com était enregistré depuis le 4 mai 2022. Il expira le 4 mai 2025 sans renouvellement, ce qui coïncidait parfaitement avec la mise hors ligne du site. Le registrar utilisé était GRANSY S.R.O, opérant sous la marque commerciale SUBREG.CZ, identifié sous l’IANA ID 1505. Ce registrar tchèque apparaît de manière récurrente dans notre base de données sur le réseau Immediate, et nous y reviendrons.
Le revendeur mentionné dans le WHOIS était Securest Ltd., une entité qui revient systématiquement dans les enregistrements liés à cette nébuleuse d’arnaques financières. Le pays associé au registrant était le Monténégro, code pays ME, bien que toutes les informations personnelles du propriétaire aient été masquées derrière le service de protection de vie privée [email protected]. Nom, adresse, téléphone, organisation : chaque champ affichait la mention « Not Disclosed ». Cette opacité délibérée rendait toute tentative d’identification du propriétaire réel pratiquement impossible sans recours judiciaire.
Les serveurs de noms utilisés étaient logan.ns.cloudflare.com et yolanda.ns.cloudflare.com, un choix classique pour masquer l’hébergement réel derrière l’infrastructure de Cloudflare. Le DNSSEC n’était pas activé. La dernière mise à jour du WHOIS datait du 10 juin 2024, et une modification avait été enregistrée le 2 avril 2024. Vous pouvez consulter l’analyse WHOIS complète de biticodes.com pour vérifier ces données par vous-même.
ScamDoc confirme les soupçons
L’identifiant ScamDoc associé à biticodes.com était le numéro 1004007. La plateforme ScamDoc analysait les signaux de confiance d’un site web en croisant plusieurs sources : ancienneté du domaine, transparence des informations, signalements d’utilisateurs, cohérence des données d’enregistrement. Dans le cas de biticodes.com, le score obtenu était particulièrement bas, reflétant l’accumulation de signaux négatifs que nous venons de décrire. Un domaine anonymisé, un registrar associé à des réseaux frauduleux, une durée de vie limitée : tous ces éléments contribuaient à un profil de risque maximal.
La mécanique du réseau Immediate
Biticodes.com ne fonctionnait pas de manière isolée. Il s’inscrivait dans un réseau structuré que nous avons baptisé réseau Immediate, en référence aux nombreux sites portant ce terme dans leur nom. Notre enquête sur le réseau Immediate avait identifié au moins 22 sites, 9 registrars différents et des opérations réparties sur 3 continents. La combinaison GRANSY S.R.O avec Securest Ltd. comme revendeur constituait l’une des signatures techniques les plus reconnaissables de ce réseau.
Le schéma opérationnel était toujours identique. Un site se présentait comme une plateforme de trading automatisé basée sur l’intelligence artificielle ou les cryptomonnaies. Des promesses de rendements extravagants attiraient les investisseurs débutants. Un premier dépôt modeste était demandé, souvent autour de 250 euros. Les « profits » affichés sur le tableau de bord encourageaient des dépôts supplémentaires. Puis, au moment où le trader tentait de retirer ses fonds, les obstacles se multipliaient : frais de déblocage, vérifications d’identité interminables, silence du service client. Finalement, le site disparaissait.
Les sites sœurs : Astral Edge et Coin Kong
Deux sites partageaient avec biticodes.com des caractéristiques techniques et organisationnelles suffisamment proches pour être considérés comme des sites sœurs au sein du même réseau. Le premier était Astral Edge, une plateforme de trading qui utilisait une infrastructure similaire et ciblait le même profil de victimes. Le second était Coin Kong, autre déclinaison du même modèle frauduleux, avec une présentation différente mais des mécanismes identiques.
Cette multiplication de sites sous des noms différents répondait à une logique précise. Lorsqu’un site accumulait trop de signalements négatifs ou que son nom commençait à apparaître dans les résultats de recherche associés aux termes « arnaque » ou « escroquerie », les opérateurs basculaient vers un nouveau domaine. Les victimes du premier site ne reconnaissaient pas le second, et le cycle recommençait. La durée de vie limitée de biticodes.com, à peine trois ans, s’inscrivait parfaitement dans cette logique de rotation.
La vidéo de Goce Novakov : un visage pour une arnaque
Parmi les éléments promotionnels associés à biticodes.com figurait une vidéo identifiée par l’identifiant YouTube 0d-_YiZHcc4, mettant en scène un personnage nommé Goce Novakov. Cette technique de mise en scène avec un présentateur nommé était courante dans les arnaques de type broker. Elle visait à humaniser la plateforme, à créer un sentiment de confiance et de proximité avec un « expert » qui semblait cautionner le service.
Dans la plupart des cas que nous avions documentés, ces présentateurs étaient soit des acteurs recrutés sur des plateformes de freelance, soit des personnages entièrement fictifs dont l’identité était fabriquée de toutes pièces. L’objectif était simple : donner un visage humain à une opération qui n’en avait pas, et rendre plus difficile la détection automatique du contenu frauduleux par les algorithmes des plateformes.
Que faire si vous avez déposé des fonds sur biticodes.com ?
Si vous aviez effectué un dépôt sur biticodes.com avant sa fermeture, plusieurs démarches restaient possibles. La première consistait à contacter immédiatement votre banque ou votre émetteur de carte de crédit pour signaler une transaction frauduleuse et demander un chargeback. Cette procédure était plus efficace dans les 120 jours suivant le dépôt, mais certains établissements acceptaient des demandes plus tardives selon les circonstances.
La deuxième démarche consistait à déposer une plainte auprès des autorités compétentes : en France, l’AMF et la DGCCRF recevaient ce type de signalements. En Belgique, la FSMA disposait d’une liste noire régulièrement mise à jour. Ces signalements ne garantissaient pas un remboursement, mais ils contribuaient à documenter l’ampleur du phénomène et à faciliter d’éventuelles enquêtes judiciaires.
Méfiez-vous également des services de « récupération de fonds » qui vous contactaient après votre perte. Ces services étaient très souvent eux-mêmes frauduleux, ciblant spécifiquement les victimes d’arnaques financières déjà fragilisées.
FAQ — Questions fréquentes sur biticodes.com
Biticodes.com était-il régulé par une autorité financière ?
Non. Biticodes.com n’apparaissait dans aucun registre d’autorisation d’une autorité financière reconnue, ni en France, ni en Belgique, ni au Royaume-Uni, ni dans aucun autre pays de l’Union européenne. Opérer une plateforme de trading sans agrément constitue une infraction pénale dans la plupart des juridictions européennes.
Pourquoi le site biticodes.com a-t-il fermé ?
Le domaine biticodes.com n’a pas été renouvelé à son expiration du 4 mai 2025. Cette fermeture programmée correspondait au cycle de vie habituel des sites du réseau Immediate : opérer pendant deux à trois ans, collecter des fonds, puis disparaître avant que les signalements ne deviennent trop nombreux ou que des enquêtes judiciaires ne se concrétisent.
Qui se cachait derrière biticodes.com ?
L’identité réelle des opérateurs restait inconnue. Le WHOIS masquait toutes les informations personnelles derrière le service [email protected]. Le pays associé au registrant était le Monténégro, mais cela ne signifiait pas nécessairement que les opérateurs s’y trouvaient physiquement. Le revendeur Securest Ltd. et le registrar GRANSY S.R.O constituaient les seules pistes techniques disponibles.
Peut-on récupérer les fonds perdus sur biticodes.com ?
Les chances de récupération directe auprès des opérateurs étaient quasi nulles. La voie la plus réaliste restait le chargeback bancaire pour les paiements par carte, à condition d’agir rapidement. Les dépôts effectués en cryptomonnaies étaient en pratique irrécupérables, les transactions blockchain étant irréversibles.
Article rédigé par la rédaction BrokerDefense sur la base des données WHOIS publiques, de l’analyse ScamDoc et de notre enquête indépendante sur le réseau Immediate. Si vous avez été victime de biticodes.com, utilisez notre formulaire de contact pour nous transmettre votre témoignage.


