Le 22 août 2026, nos vérifications techniques ont établi un fait sans équivoque : le nom cyberreclaim.com a été intégralement rayé du registre du .com, comme si cette entité n’avait jamais existé.
Sommaire
- Le nom cyberreclaim.com rayé du registre du .com
- Une promesse de récupération de fonds sans aucune preuve
- Des victimes d’arnaques déjà fragilisées comme cible
- Les personnes qui ont confié un dossier à Cyber Reclaim : conserver les preuves
- FAQ : les questions essentielles sur la disparition de Cyber Reclaim
Le nom cyberreclaim.com rayé du registre du .com
La consultation du registre Verisign via le protocole RDAP renvoie une réponse sans ambiguïté : « No match for CYBERRECLAIM.COM ». Ce résultat ne signifie pas que le site est simplement hors ligne ou que le serveur ne répond plus. Il signifie que le nom lui-même a été supprimé du registre central des domaines en .com. Une telle suppression est irréversible tant qu’une nouvelle demande d’enregistrement n’est pas déposée : le nom n’appartient plus à personne, ne figure dans aucune base de données d’enregistrement active, et n’est associé à aucune adresse dans le DNS.
La chronologie de cette disparition mérite d’être reconstituée avec précision. BrokerDefense avait publié son enquête initiale sur Cyber Reclaim le 16 avril 2024. À cette date, le site était opérationnel et continuait d’attirer des personnes cherchant à récupérer des fonds perdus dans des escroqueries. Les archives web montrent que cyberreclaim.com était encore accessible le 16 juin 2025, avec une page archivée exploitable. À partir de cette date, aucune capture significative n’a pu être constituée. En août 2026, la vérification finale confirme l’effacement complet du registre.
Il existe une ironie saisissante dans ce dénouement : un service qui se présentait comme spécialiste de la récupération de fonds perdus, qui prétendait retrouver ce que des escrocs avaient dérobé, a lui-même disparu sans laisser la moindre trace administrative. Aucune adresse de contact résiduelle, aucun transfert de domaine, aucun successeur déclaré. Le nom cyberreclaim.com s’est évaporé du registre aussi discrètement qu’un compte offshore.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 22/08/2026
Une promesse de récupération de fonds sans aucune preuve
Le site Cyber Reclaim affichait un discours soigneusement calibré pour inspirer confiance aux personnes déjà victimes d’arnaques financières. La promesse centrale était simple et séduisante : récupérer l’argent perdu grâce à une « expertise professionnelle ». Pour appuyer cette crédibilité, une statistique était mise en avant, présentée comme un bilan officiel : le « Total des fonds récupérés en 2023 », accompagné d’un chiffre présenté sans aucune source vérifiable, sans aucun document justificatif, sans aucun témoignage nominatif.
Le site ne fournissait aucun numéro d’enregistrement légal, aucun agrément délivré par une autorité de régulation financière, aucune mention de collaboration avec des organismes officiels tels que l’AMF, l’ACPR ou leurs équivalents européens. Lors de nos vérifications du 22 août 2026, aucune inscription de cyberreclaim.com ou d’entité associée n’a été retrouvée sur les listes noires AMF, ACPR ou CySEC. Ce vide réglementaire n’était masqué que par la forme : un marketing visuel soigné, des photographies évoquant la confiance, des graphiques représentant des courbes financières ascendantes, des images de documents et de contrats destinés à simuler un processus rigoureux.
Le recours à l’usurpation d’identité aggrave considérablement le tableau. Cyber Reclaim affichait des informations directement associées à TILVEST, une entreprise française parfaitement légitime. Le site indiquait des bureaux à Puteaux et un siège social à Levallois-Perret, accompagnés d’un numéro de téléphone et d’une adresse e-mail, sans jamais mentionner clairement le nom de la société opératrice ni aucun numéro d’immatriculation. Cette appropriation des coordonnées d’une entité existante et sérieuse visait à contourner les vérifications élémentaires qu’une victime désespérée aurait pu effectuer.
Des victimes d’arnaques déjà fragilisées comme cible
Le modèle de Cyber Reclaim répond à une logique précise dans le milieu de la fraude financière en ligne : la « recovery room ». Le principe consiste à cibler des personnes qui ont déjà subi une première arnaque, souvent une perte financière significative, et qui cherchent activement un moyen de récupérer leurs fonds. Ces personnes se trouvent dans un état de vulnérabilité particulier : elles ont perdu de l’argent, elles se sentent souvent honteux de leur situation, et elles sont prêtes à saisir toute main tendue qui leur semble crédible.
En promettant d’intervenir là où les victimes se sentaient sans recours, Cyber Reclaim récoltait en réalité quelque chose de plus précieux que de nouveaux honoraires : des informations personnelles et financières détaillées. Une personne qui soumet un « dossier » à un tel service fournit typiquement ses coordonnées complètes, les détails de ses comptes bancaires, les relevés de transactions frauduleuses, les noms des plateformes impliquées dans la première arnaque, voire des documents d’identité. Ce corpus de données constitue, entre de mauvaises mains, un instrument d’exploitation ultérieure.
Ce schéma n’est pas isolé. BrokerDefense a documenté des cas similaires, notamment UNFRA 0112.be, une fausse agence de récupération rayée du registre belge, et Capital-Recovery.fr, un autre faux service de récupération de fonds documenté par notre rédaction. Dans chaque cas, la structure est identique : des victimes déjà fragilisées, une promesse de réparation, et une collecte de données personnelles et financières au profit des opérateurs du site.
Pour illustrer ce que peut être un vrai recours après une escroquerie financière, nous donnons la parole à Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon. Elle revient sur une victoire judiciaire obtenue devant le tribunal de Perpignan pour une victime d’arnaque à l’or : après dix-huit mois de procédure civile, sa cliente a obtenu gain de cause et la récupération de ses avoirs. Un parcours qui montre l’écart entre les promesses des faux services de récupération comme Cyber Reclaim et une action en justice menée par un professionnel.
Les personnes qui ont confié un dossier à Cyber Reclaim : conserver les preuves
Si vous avez contacté Cyber Reclaim via le site internet, par téléphone ou par e-mail, et que vous avez transmis des informations personnelles, des documents ou des données financières, plusieurs démarches s’imposent sans délai.
La priorité absolue est de constituer un dossier documentaire complet : rassemblez tous les échanges par e-mail avec les opérateurs du site, les captures d’écran des pages auxquelles vous avez eu accès, les relevés bancaires correspondant à d’éventuels versements, ainsi que les numéros de téléphone qui vous ont contacté ou que vous avez utilisés pour joindre le service. Ces éléments constituent des preuves directement exploitables dans le cadre d’une procédure, et leur valeur diminue avec le temps.
Il est impératif de ne verser aucun frais supplémentaire à quiconque se présente comme un intermédiaire capable de récupérer vos fonds en échange d’un paiement préalable. Cette demande de frais initiaux est précisément le signal d’une nouvelle arnaque, souvent orchestrée par les mêmes opérateurs qui vous ont sollicité une première fois. Ne répondez pas aux relances téléphoniques ou par e-mail, quelle que soit l’urgence prétendue invoquée.
La disparition du nom cyberreclaim.com du registre ne met pas fin aux risques : les données que vous avez transmises existent toujours quelque part, et peuvent être réutilisées par d’autres entités malveillantes. Contactez notre service d’aide aux victimes pour une évaluation de votre situation. Un dépôt de plainte reste envisageable même lorsque le site a disparu : notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre, les services compétents à saisir et les éléments nécessaires à la constitution d’un dossier recevable.
FAQ : les questions essentielles sur la disparition de Cyber Reclaim
La disparition totale de Cyber Reclaim du registre des domaines soulève des questions légitimes pour toute personne qui a eu affaire à ce service. Les réponses à ces questions figurent ci-dessous.
Non. Le nom cyberreclaim.com a été rayé du registre du .com : il n’est associé à aucune adresse dans le DNS, ne figure dans aucune base d’enregistrement active et aucun successeur n’a été désigné. Aucune infrastructure ne subsiste derrière laquelle un service de récupération pourrait encore fonctionner. Si une personne ou un site se réclamant de Cyber Reclaim vous recontacte, il s’agit d’une nouvelle tentative d’escroquerie : ne répondez pas et ne versez aucun fonds.
Constituez immédiatement un dossier documentaire : échanges par e-mail, captures d’écran des pages du site, relevés bancaires et numéros de téléphone utilisés. Ne versez aucun frais à un intermédiaire qui promet de récupérer vos fonds contre un paiement préalable : c’est le signal d’une nouvelle arnaque. Contactez notre service d’aide aux victimes pour une évaluation de votre situation, et envisagez un dépôt de plainte : notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre même lorsque le site a disparu.
La réponse « No match » du registre Verisign signifie que le nom a été supprimé du registre central des domaines en .com : il n’appartient plus à personne et peut seulement être ré-enregistré par un tiers. Cette suppression totale intervient généralement quand les opérateurs abandonnent leur infrastructure et cessent de payer le renouvellement, volontairement ou non. Dans le cas de Cyber Reclaim, elle clôt deux ans d’activité opaque : le site usurpait l’identité de TILVEST, affichait des statistiques de récupération invérifiables et ne présentait aucun agrément réglementaire.
Cyber Reclaim illustre, avec une netteté particulière, la mécanique des faux services de récupération de fonds : des personnes ayant déjà subi une première arnaque ont pu confier leurs informations personnelles et financières à un site qui usurpait l’identité d’une entreprise française légitime, affichait des statistiques de récupération invérifiables et ne présentait aucun agrément réglementaire. Le nom cyberreclaim.com a fini par disparaître du registre du .com en 2026, deux ans après l’enquête initiale de BrokerDefense, sans qu’aucun successeur légal ne soit désigné, sans qu’aucune explication ne soit fournie aux personnes lésées. Ce dénouement rappelle qu’un service qui prétend récupérer l’argent des autres tout en restant dans l’opacité la plus totale ne mérite aucune confiance, et que la vérification préalable d’un tel service est une étape indispensable. C’est précisément cette évaluation que BrokerDefense pratique avant toute recommandation : croiser les données d’enregistrement, vérifier la présence dans les registres réglementaires, examiner les contenus archivés et confronter les promesses affichées aux réalités juridiques du secteur.
Article réécrit le 22/08/2026


