Le 9 mars 2024, BrokerDefense documentait l’usurpation de l’image d’Élise Lucet par une fausse vitrine de trading dont les liens sortants menaient à « Profit Rex », une plateforme de cryptomonnaies sans autorisation d’aucun régulateur financier reconnu ; ce nom résonnait déjà avec le réseau Immediate Bitwave, dénoncé par BrokerDefense dès janvier 2024, et l’enquête publiée en juillet 2026 a porté le bilan du réseau Immediate à 149 domaines frauduleux confirmés, répartis sur 23 registrars et pilotés par 10 comptes opérateurs identifiés.
Dernière mise à jour : 27/08/2026
Sommaire
- Profit Rex : l’image d’Élise Lucet recyclée dans une fausse interview
- La fausse interview d’Élise Lucet : le scénario du million en onze semaines
- Profit Rex, une vitrine rattachée au réseau Immediate
- Des célébrités recyclées en série : d’Élise Lucet à Vincent Lagaf
- Après une fausse interview : les bons réflexes pour protéger vos fonds
- FAQ : Profit Rex est-il une arnaque ?
Profit Rex : l’image d’Élise Lucet recyclée dans une fausse interview
Élise Lucet, journaliste de France Télévisions et présentatrice de l’émission d’investigation « Cash Investigation », jouit d’une réputation d’intégrité et de rigueur qui en fait, précisément, une cible de choix pour les escrocs. Son image a été détournée sans son accord par une fausse plateforme de trading : un site douteux, sans nom d’entreprise ni visage identifiable, dont l’unique fonction était de rediriger les visiteurs vers « Profit Rex », présentée comme une opportunité d’enrichissement rapide en cryptomonnaies. Le procédé est délibéré : associer la crédibilité d’une journaliste d’investigation au discours d’une plateforme frauduleuse pour court-circuiter la vigilance des épargnants.
Ce cas ne constitue pas un incident isolé. Il s’inscrit dans une nébuleuse d’escroqueries financières que BrokerDefense suit depuis plusieurs années, et dont notre enquête sur le réseau Immediate, qui recense les 149 domaines frauduleux confirmés, mesure désormais toute l’ampleur. Derrière des noms de marque différents et des vitrines renouvelées à chaque vague, le mécanisme reste identique : usurper l’image d’une personnalité réputée pour inciter des épargnants à confier leurs fonds à une entité sans agrément.
Dès la publication de l’article original en mars 2024, plusieurs signaux pointaient vers un réseau organisé plutôt que vers un opérateur solitaire : l’absence totale de transparence sur l’identité de la société, des pages de vente rédigées selon un modèle standardisé, et des liens sortants systématiquement orientés vers Profit Rex. L’enquête de juillet 2026 a depuis fourni la preuve structurelle de cette organisation.
La fausse interview d’Élise Lucet : le scénario du million en onze semaines
Le contenu frauduleux prenait la forme d’une interview fabriquée de toutes pièces, dans laquelle une image trafiquée d’Élise Lucet illustrait une promesse explicite : « le fameux coup du million en 11 semaines ». Le récit construit autour de cette image empruntait tous les codes du journalisme d’investigation pour mieux les détourner : un témoignage présenté comme personnel, un enrichissement spectaculaire décrit en quelques semaines, un langage excessivement promotionnel tranchant avec le style mesuré de la journaliste. La société à l’origine de Profit Rex n’était identifiée par aucune raison sociale vérifiable, aucune mention de conformité réglementaire et aucune coordonnée de contact authentique.
La diffusion de cette fausse interview s’effectuait en masse sur X (anciennement Twitter), Facebook et Instagram, au travers de posts sponsorisés allant de la simple image trafiquée d’Élise Lucet jusqu’à des publicités complètes reprenant sa notoriété. Pour précipiter les décisions et empêcher toute vérification, les pages de destination recouraient à plusieurs tactiques de pression documentées : limitation artificielle du nombre de places disponibles, présentation d’opportunités décrites comme sensibles au temps, et témoignages de clients manifestement douteux ou fabriqués. Chacun de ces éléments est conçu pour empêcher l’épargnant de s’accorder le temps de vérifier l’existence légale de la plateforme avant de verser ses fonds.
Profit Rex, une vitrine rattachée au réseau Immediate
Dès la publication de l’article original de mars 2024, le nom « Profit Rex » résonnait avec un réseau d’escroquerie que BrokerDefense avait commencé à documenter deux mois plus tôt : nous avions déjà dénoncé le réseau Immediate Bitwave dès janvier 2024, relevé les mêmes recettes visuelles, le même modèle de formulaire de capture et la même promesse de rendements élevés. Profit Rex était vendue comme un système de trading en cryptomonnaies dopé à l’intelligence artificielle, sans détenir d’autorisation d’aucun régulateur financier reconnu, qu’il s’agisse de la FCA britannique ou de toute autre autorité compétente.
L’enquête publiée en juillet 2026 a fourni la démonstration structurelle de ce que les premiers articles pressentaient : 149 domaines frauduleux confirmés, 23 registrars distincts répartis sur trois continents, et 10 comptes opérateurs identifiés par leur G-ID chez le registrar dominant MainReg INC, preuve directe d’une propriété commune derrière des façades multiples. D’une vague à l’autre, les recettes ne varient pas : des noms de marque évocateurs de technologie (« Immediate », « AI », « Quantum », « Edge », « Trade »), de faux témoignages de célébrités, des compteurs d’urgence artificiels et des formulaires de capture conçus pour collecter les coordonnées des victimes en quelques secondes.
Des célébrités recyclées en série : d’Élise Lucet à Vincent Lagaf
Élise Lucet n’est pas la seule personnalité dont l’image a été instrumentalisée par la nébuleuse. Vincent Lagaf a vu ses fausses interviews documentées à plusieurs reprises, y compris lors de vagues enregistrées en 2025. Thomas Piketty a été associé à Immediate 700 NeuPro, Angie Best à Immediate Evex Pro, Anne-Claire Coudray à Immediate Bitwave, et les Miss France au site Trade 500 Eurax. Aucune de ces personnalités n’a jamais donné son accord pour apparaître dans ces publicités : toutes ont publié des démentis, certaines ont engagé des démarches juridiques, mais les fausses interviews continuent de circuler sur les réseaux sociaux, relancées à chaque nouvelle vague de posts sponsorisés.
Le mécanisme de collecte qui suit l’exposition à ces fausses interviews est documenté avec précision par l’enquête réseau : la victime laisse son nom, son adresse électronique et son numéro de téléphone sur le formulaire de la page de destination ; ces données sont transmises en temps réel à un centre d’appels dont les agents contactent la personne dans les minutes qui suivent pour la convaincre de déposer un minimum de 250 euros. Un « gestionnaire de compte » prend ensuite le relais pour pousser à des versements croissants. Lorsque la victime demande à récupérer ses fonds, des prétextes successifs retardent tout remboursement : frais de vérification à régler, impôts prétendument dus avant tout retrait. Les fonds ne sont, dans les faits documentés, jamais restitués.
Pour comprendre les recours possibles après un faux investissement, Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient dans la vidéo ci-dessous sur un jugement d’escroquerie : condamnation de banques étrangères ayant reçu des fonds de victimes, décisions de cour d’appel et de Cour de cassation, et indemnisation des victimes.
Après une fausse interview : les bons réflexes pour protéger vos fonds
Si vous avez été exposé à la fausse interview d’Élise Lucet diffusée via des posts sponsorisés sur les réseaux sociaux, la première démarche est de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de la fausse interview telle qu’elle apparaissait dans votre fil d’actualité, historiques des échanges avec les faux conseillers qui vous ont contacté après avoir rempli le formulaire, relevés de tous les virements effectués vers la plateforme Profit Rex, et courriels reçus depuis l’inscription. Ces éléments constitueront le socle de toute démarche ultérieure, qu’elle soit pénale ou civile.
Il est impératif de ne plus verser aucun fonds supplémentaire et de refuser catégoriquement les demandes de frais de vérification ou d’impôts prétendument dus avant tout retrait : ces exigences ne sont pas des conditions réglementaires, elles font partie intégrante du mécanisme d’escroquerie et visent uniquement à extraire davantage d’argent. Avant tout placement sur une plateforme en ligne, vérifiez systématiquement qu’elle figure dans les registres des autorités compétentes. L’Autorité des marchés financiers publie ses listes noires et mises en garde, où figurent régulièrement les sites de ce type.
Déposez plainte auprès des services compétents sans attendre : chaque semaine de délai réduit les chances de traçabilité des fonds virés vers une plateforme sans agrément. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes, de la rédaction de la plainte à son dépôt auprès du parquet ou des services de police spécialisés dans la cybercriminalité financière.
FAQ : Profit Rex est-il une arnaque ?
Non. Profit Rex est une fausse plateforme de trading en cryptomonnaies sans autorisation d’aucun régulateur financier reconnu, qu’il s’agisse de la FCA britannique ou de toute autre autorité compétente. BrokerDefense la rattache au réseau Immediate, dont l’enquête de juillet 2026 a recensé 149 domaines frauduleux confirmés pilotés par des comptes opérateurs communs.
Non. Élise Lucet n’a jamais recommandé Profit Rex ni participé à aucune interview en lien avec cette plateforme. Son image a été utilisée sans son accord dans une interview entièrement fabriquée, diffusée via des posts sponsorisés sur les réseaux sociaux afin de donner une légitimité fallacieuse à cette arnaque.
Rassemblez immédiatement toutes les preuves disponibles : captures d’écran de la fausse interview, historiques d’échanges avec les faux conseillers et relevés des virements effectués vers Profit Rex. N’effectuez plus aucun versement, signalez la plateforme à l’AMF et déposez plainte en vous appuyant sur notre guide de la procédure pénale ; notre service d’aide aux victimes est également disponible pour vous accompagner dans ces démarches.
Les victimes de Profit Rex ont versé leurs fonds sur la foi d’une fausse interview mettant en scène Élise Lucet, diffusée en masse sur les réseaux sociaux sous forme de posts sponsorisés : le dépôt initial de 250 euros n’était qu’un point d’entrée, les « gestionnaires de compte » poussant ensuite à des versements croissants vers une plateforme sans agrément, dont les fonds n’ont jamais été restitués. Avant de confier la moindre somme à un site d’investissement en ligne, faites-le vérifier : BrokerDefense analyse gratuitement les plateformes suspectes pour vous permettre de prendre votre décision en connaissance de cause.
Article réécrit le 27/08/2026


