Le 21 février 2024, l’Autorité des marchés financiers a inscrit l’adresse [email protected] sur sa liste noire avec la qualification « Usurpation », soixante secondes avant l’inscription de crypto.ntefrp.com, autre copie de la plateforme d’échange crypto.com. En 2026, le nom gestion-crypto.com ne figure plus dans le registre .com et le site est injoignable : BrokerDefense actualise ici l’enquête publiée le 26 février 2024.
Dernière mise à jour : 29/08/2026
Sommaire
- L’AMF a inscrit [email protected] une minute avant crypto.ntefrp.com
- Que disent les données d’enregistrement de gestion-crypto.com en 2026 ?
- Une vitrine qui copiait les codes de crypto.com
- Le mécanisme de l’arnaque : promettre des gains, encaisser, disparaître
- Victimes de gestion-crypto.com : conserver les preuves et engager les recours
- FAQ : le site gestion-crypto.com peut-il réapparaître ?
L’AMF a inscrit [email protected] une minute avant crypto.ntefrp.com
Le 21 février 2024 à 14h41, l’Autorité des marchés financiers a enregistré l’adresse [email protected] sur sa liste noire via le portail ABE Infoservice, qui centralise les listes noires de l’AMF et de l’ACPR. La qualification retenue est sans ambiguïté : « Usurpation ». Ce libellé désigne les entités qui empruntent frauduleusement l’identité d’un acteur financier reconnu pour inspirer une confiance qu’elles n’ont pas légitimement acquise. La fiche de [email protected] sur la liste noire de l’AMF demeure consultable en ligne et constitue la trace officielle de cette inscription.
Une minute plus tard, à 14h42, le régulateur inscrivait crypto.ntefrp.com sur la même liste, avec la même qualification. Cette simultanéité n’est pas fortuite : les deux sites copiaient la marque crypto.com et s’adressaient vraisemblablement aux mêmes publics cibles. Notre enquête sur crypto.ntefrp.com, publiée le 28 février 2024, documente ce second cas en détail. Le rapprochement des horodatages laisse penser que le régulateur avait identifié les deux plateformes dans le cadre d’une même opération de surveillance.
Le 12 avril 2024, une seconde adresse rattachée au même domaine, de la forme pré[email protected], a été inscrite à son tour sur la liste noire, toujours avec la qualification « Usurpation ». Cette seconde inscription confirme que les opérateurs du site disposaient de plusieurs identités de contact, ce qui est fréquent dans les dispositifs conçus pour éviter les signalements groupés. BrokerDefense avait publié son enquête initiale le 26 février 2024, soit cinq jours après la première inscription : le régulateur avait donc devancé notre alerte publique.
Que disent les données d’enregistrement de gestion-crypto.com en 2026 ?
Nos contrôles effectués le 29 août 2026 établissent une situation sans équivoque. La base du registre Verisign ne contient plus aucune fiche pour gestion-crypto.com : la requête renvoie « Domain not found ». Les données d’enregistrement publiques ne retournent que « No match », le nom n’est associé à aucune adresse IP et aucun serveur ne répond à la moindre sollicitation. Le domaine n’est pas simplement hors ligne ou suspendu : il a disparu de l’infrastructure qui organise le réseau .com.
La distinction est importante pour les victimes qui chercheraient encore à retrouver une trace du site. Une mise hors ligne ordinaire laisse subsister la fiche d’enregistrement, les données de l’opérateur et parfois un serveur inactif. Ici, le nom est ré-enregistrable par n’importe quel tiers : c’est une suppression totale du registre. Quiconque rechercherait aujourd’hui gestion-crypto.com ne trouverait donc plus ni vitrine, ni formulaire de contact, ni la moindre infrastructure technique susceptible d’identifier les anciens exploitants.
La chronologie est éloquente. L’enquête BrokerDefense a été publiée en février 2024. Les archives de la Wayback Machine montrent que le domaine était encore accessible le 21 janvier 2025, avant de rediriger vers une page vide le 11 mars 2025. Entre cette dernière capture et nos vérifications de 2026, le silence s’est installé, puis le nom lui-même a cessé d’exister dans le registre. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une vitrine qui copiait les codes de crypto.com
La mécanique d’imitation mise en œuvre par gestion-crypto.com était particulièrement soignée. Le logo reprenait les codes visuels de crypto.com, plateforme d’échange mondiale réelle et largement connue. Le slogan affiché en vitrine, « La meilleure plateforme de cryptomonnaies au monde », était conçu pour prolonger l’illusion d’une légitimité empruntée. Un visuel de course de Formule 1 accompagnait cette promesse, associant le site à la vitesse et à la performance sans que le moindre document contractuel ne vienne étayer ces affirmations. La page de connexion était accessible à l’adresse https://www.gestion-crypto.com/login, reproduisant ainsi l’arborescence attendue d’une vraie plateforme d’échange.
Pourtant, derrière cette façade, rien de vérifiable. Le site ne communiquait aucun numéro de régulation, aucun pays de régulation, aucune mention légale et aucune page de contact exploitable. L’opérateur demeurait totalement anonyme. C’est précisément pour cette raison qu’une marque mondiale connue constitue une cible idéale pour les usurpateurs : son nom inspire une confiance que les escrocs n’ont pas construite et qu’ils s’approprient sans effort, au détriment des épargnants qui font confiance à ce qu’ils croient reconnaître.
Le mécanisme de l’arnaque : promettre des gains, encaisser, disparaître
Le schéma suivi par gestion-crypto.com est celui que BrokerDefense documente régulièrement dans les fausses plateformes de cryptomonnaies. Les visiteurs étaient attirés par des promesses de richesse rapide, présentées comme accessibles à tous grâce aux cryptomonnaies. Aucun document contractuel ne précisait les conditions de dépôt ni les modalités de retrait. Aucune information sur la conservation des fonds n’était fournie. Aucun interlocuteur vérifiable ne pouvait être sollicité en cas de litige : les adresses de contact conduisaient vers des boîtes aux lettres sans responsable identifiable.
La qualification « Usurpation » retenue par l’AMF confirme que l’emprunt frauduleux de la marque crypto.com était l’argument central du dispositif. Les opérateurs misaient sur la notoriété d’une plateforme réelle pour franchir le seuil de méfiance des épargnants. La blacklist de février 2024 n’a cependant pas fait disparaître la vitrine immédiatement : les archives montrent que le site est resté visible jusqu’en mars 2025, soit plus d’un an après l’inscription officielle. Ce délai illustre la limite des inscriptions sur liste noire lorsqu’elles ne s’accompagnent pas d’un retrait technique forcé du nom de domaine. La suppression totale constatée en 2026 est intervenue bien après que les éventuelles victimes eurent effectué leurs dépôts.
Victimes de gestion-crypto.com : conserver les preuves et engager les recours
Pour quiconque a transféré des cryptomonnaies vers gestion-crypto.com, la priorité est de constituer un dossier de preuves avant que les traces numériques ne s’effacent davantage. Il faut conserver toutes les captures d’écran de la fausse plateforme réalisées au moment des faits, les historiques de transactions en cryptomonnaies exportés depuis le portefeuille ou l’échange utilisé pour effectuer les virements, ainsi que l’intégralité des courriels échangés avec le prétendu service de support. Ces éléments seront indispensables pour toute procédure ultérieure.
La démarche suivante consiste à porter plainte avec constitution de partie civile auprès du procureur de la République compétent, en mentionnant explicitement les qualifications d’escroquerie et d’usurpation d’identité. Il est également utile d’interroger par écrit l’établissement bancaire ou la plateforme d’échange qui a traité les ordres de virement, afin de vérifier si le devoir de vigilance a bien été respecté : cette question peut ouvrir une voie d’indemnisation complémentaire. BrokerDefense peut être contactée pour accompagner les victimes dans l’organisation de leur dossier et l’identification des recours les plus adaptés à leur situation.
La plateforme Tadeero, dénoncée par BrokerDefense en 2024, promettait elle aussi des gains faciles sur le trading avant que l’AMF ne l’inscrive sur sa liste noire ; son nom ne figure plus dans le registre .com. Immediate Momentum, autre arnaque au trading documentée par BrokerDefense, misait sur un faux robot pour attirer les dépôts avant de s’éteindre sans laisser de traces.
Pour comprendre les recours ouverts aux victimes d’une fausse plateforme de cryptomonnaies, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient dans cette vidéo sur les arnaques aux cryptomonnaies, les transactions en cryptomonnaies et les recours judiciaires qui permettent l’indemnisation des victimes de faux investissements.
FAQ : le site gestion-crypto.com peut-il réapparaître ?
Non. Nos vérifications du 29 août 2026 confirment que le nom gestion-crypto.com ne figure plus dans la base du registre Verisign et qu’aucun serveur ne répond à ce nom. Le domaine est ré-enregistrable par un tiers, ce qui signifie que la suppression est totale et non un simple retrait temporaire.
Oui. L’adresse [email protected] a été inscrite le 21 février 2024 sur la liste noire accessible via le portail ABE Infoservice, avec la qualification « Usurpation ». Une seconde adresse rattachée au même domaine a été ajoutée le 12 avril 2024, toujours avec la même qualification.
Rassemblez immédiatement toutes les preuves disponibles : captures d’écran de la plateforme, historiques de transactions en cryptomonnaies et courriels échangés avec le support. Déposez ensuite une plainte pénale avec constitution de partie civile et contactez BrokerDefense pour être orienté vers les recours les mieux adaptés à votre situation.
Les fonds versés en cryptomonnaies à gestion-crypto.com n’ont, selon toute vraisemblance, jamais été restitués à leurs propriétaires : la plateforme a exploité la notoriété de crypto.com pour capter des dépôts avant de disparaître sans laisser d’interlocuteur joignable. Cette situation rappelle qu’aucune plateforme d’investissement, aussi familière que puisse sembler son habillage visuel, ne doit être utilisée sans une vérification préalable de son agrément réglementaire. BrokerDefense propose de réaliser cette vérification pour tout épargnant qui souhaite s’assurer de la légitimité d’un site avant d’y engager des fonds.
Article réécrit le 29/08/2026



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