CryptosMarket arnaque : un même nom porté par deux domaines

CryptosMarket.com est un site douteux qui ressemble à une escroquerie
Le logo de CryptosMarket

Un nom porté par deux domaines : cryptosmarket.com et cryptosmarket.org

Quatre mois après la publication de notre enquête de janvier 2024, un second nom de domaine, cryptosmarket.org, a été enregistré le 13 mai 2024 auprès du bureau Hostinger, avec une identité de titulaire dissimulée derrière un service de protection des données. À l’été 2024, ce second nom servait une version française de la même vitrine, accompagnée d’un sélecteur de langues couvrant également l’italien, l’anglais, l’allemand et l’espagnol. Le pied de page affichait un numéro de téléphone britannique (+44 8903 7465) et un courriel distinct, [email protected], avec un Copyright 2024. La marque CryptosMarket n’a donc pas été portée par un seul nom : elle a été reprise sur un second nom alors que le premier fonctionnait encore. L’enquête consacrée à la fin de la vitrine historique documente comment cryptosmarket.com a cessé d’être servi et quel sort son enregistrement a connu. Ce que le présent dossier ajoute, c’est ce que révèle la coexistence de ces deux noms : deux adresses distinctes, deux coordonnées de contact distinctes, et pourtant la même marque, le même gabarit, la même revendication d’identité britannique. Aujourd’hui, cryptosmarket.com conduit à une page de mise en vente de nom de domaine ; cryptosmarket.org, dont l’échéance de mai 2025 n’a pas été honorée et qui a été ré-enregistré en septembre 2025, mène au même résultat. Aucune société exploitante n’apparaît derrière l’un ou l’autre des deux noms.

Dernière mise à jour : 12/09/2026

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Une autorité inexistante et une société dont le nom avait changé

La vitrine de cryptosmarket.com revendiquait une licence « Class 3 Virtual » délivrée par la « UK Services Authority ». Ce nom ne correspond à aucune autorité de régulation britannique : au Royaume-Uni, la supervision des services financiers relève de la Financial Conduct Authority. Aucun numéro de régulation vérifiable n’était fourni, et les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, consultées le 12 septembre 2026, ne contiennent aucune entrée au nom de cryptosmarket.com.

Le numéro de société britannique repris par la vitrine, 14488617, renvoie au registre à une société immatriculée le 16 novembre 2022 sous le nom CRYPTO SERVICES UK LTD. Cette société a été renommée CLEARTOKEN SERVICES UK LIMITED le 4 mai 2023, soit plus de huit mois avant la publication de notre enquête. Au moment où la vitrine reprenait ce numéro, le nom qu’elle affichait ne correspondait donc plus à la société enregistrée. Par ailleurs, les codes d’activité déclarés au registre relèvent des services informatiques et du soutien aux entreprises, sans aucun lien avec des services financiers. Le siège déclaré a lui-même changé plusieurs fois depuis 2022 et se situe aujourd’hui à Londres, 1 Bow Churchyard, une adresse sans rapport avec celle qu’indiquait la vitrine : 14 Mallow Street, Flat 1, London, EC1Y 8RQ.

Ce que le constat de janvier 2024 a figé sur la vitrine

Au moment du constat, en date du 8 janvier 2024, la page d’accueil de cryptosmarket.com présentait une offre articulée autour de quatre gammes de comptes, désignées par des noms de savants : Galileo (accessible à partir de 250 euros), Newton (1 000 euros), Einstein (25 000 euros) et Michelangelo (100 000 euros). Chaque gamme annonçait les mêmes avantages, sans différenciation réelle : spreads fixes, mêmes types d’ordres, service client par courriel, SMS, appel téléphonique et messagerie. Les moyens de financement annoncés comprenaient les cartes bancaires, les virements, PayPal et Bitcoin. Deux bonus étaient affichés : 40 % à l’ouverture du compte et 25 % au titre du parrainage. La plateforme se présentait comme utilisée par plus de six millions de personnes dans plus de 175 pays, et les fonds étaient décrits comme conservés sur des comptes ségrégués détenus auprès de banques dites régulées.

Un détail trahissait l’inachèvement de la construction : un bloc entier de la page d’accueil, intitulé « WHAT DO YOU GET WHEN YOU TRADE WITH US? », n’affichait que du texte de remplissage, la séquence latine « Lorem ipsum dolor sit amet… » que les gabarits web laissent en place faute d’avoir été complétés. Le gabarit n’avait jamais été finalisé. Ce type de lacune se retrouve dans d’autres dossiers que BrokerDefense a instruits, notamment le cas Bitazalium, dont les deux noms sont restés enregistrés sans servir, où la structure technique était davantage soignée mais l’identité de l’exploitant tout aussi opaque.

Les vestiges techniques : espace client et administration

Le nom de domaine cryptosmarket.com a été enregistré le 22 novembre 2016, avec une échéance annoncée au 22 novembre 2026 au moment où la rédaction de ce dossier est finalisée. Le titulaire de l’enregistrement a changé, et les serveurs de noms sont désormais ceux d’une place de marché de noms de domaine. Le domaine était hébergé derrière le réseau de diffusion Cloudflare, avec comme adresse réseau 188.114.96.2, localisée en Allemagne au moment du constat.

Les certificats relevés pour cryptosmarket.com couvraient, outre l’adresse principale et son équivalent en www, deux adresses distinctes : client.cryptosmarket.com, correspondant à l’espace client de la plateforme, et backoffice.cryptosmarket.com, utilisée pour l’administration. Ces deux adresses sont aujourd’hui les seuls restes techniques d’une infrastructure qui servait à recueillir des identifiants et à gérer les comptes des personnes qui avaient déposé des fonds. Le site reposait sur WordPress, avec des serveurs de noms Cloudflare (adele.ns.cloudflare.com et chance.ns.cloudflare.com) et un bureau d’enregistrement Namecheap au moment du constat initial ; le titulaire était masqué par un service de confidentialité domicilié à Reykjavik, en Islande. La situation n’est pas sans rappeler la vitrine Trade Credit Global, privée de société derrière son habillage britannique, où les composants techniques persistaient eux aussi sans que l’on puisse identifier d’exploitant.

Les pièces à rassembler après un paiement vers CryptosMarket

Lorsqu’une personne a viré des fonds vers une plateforme dont l’espace client ne répond plus et dont l’adresse conduit désormais à une page de mise en vente de nom de domaine, mieux vaut rassembler sans attendre ce qui documente l’opération, avant que les pièces ne deviennent difficiles à retrouver. Cela signifie conserver les relevés bancaires et les confirmations de virement, les captures des écrans traversés pendant l’inscription et le financement, l’intégralité des messages avec les interlocuteurs de la plateforme, ainsi que les justificatifs de chaque dépôt et de chaque retrait demandé. Ces pièces ne remplacent pas une procédure, mais elles en constituent la matière première. La page consacrée au dépôt d’une plainte pénale détaille les étapes de cette démarche, y compris les voies ouvertes du côté de l’établissement bancaire qui a exécuté les virements.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Le second domaine cryptosmarket.org a été mis en ligne alors que la vitrine du .com fonctionnait encore, ce qui signifie que des paiements ont pu transiter par l’un ou l’autre des deux noms dans des périodes distinctes. Une fois les deux adresses hors service, ce sont précisément ces traces de paiement qui permettent de reconstruire un dossier. Maître Denitza Gueorguieva, dont le cabinet est inscrit au barreau de Lyon, illustre dans la vidéo ci-après comment ce travail de reconstitution peut déboucher sur un résultat concret : le dossier qu’elle y présente porte sur une escroquerie à l’investissement dans les métaux précieux, instruite devant le tribunal judiciaire de Perpignan, soldée en dommages-intérêts après dix-huit mois de procédure, en combinant des éléments de procédure civile et un règlement amiable obtenu en cours d’instance.

FAQ : le dossier CryptosMarket en questions

Pourquoi CryptosMarket apparaît-il sur deux noms de domaine différents ?

Parce que la marque n’est pas restée attachée à un seul nom. Le domaine historique, cryptosmarket.com, a été enregistré en 2016 ; un second nom, cryptosmarket.org, a été enregistré le 13 mai 2024, soit quatre mois après notre première enquête, et servait encore à l’été 2024 une version française de la même vitrine, avec un numéro de téléphone britannique et son propre courriel de contact. Les deux adresses conduisent aujourd’hui à des pages de mise en vente de noms de domaine.

La licence et la société affichées par CryptosMarket étaient-elles vérifiables ?

Non. La vitrine attribuait sa licence « Class 3 Virtual » à une « UK Services Authority » dont le nom ne correspond à aucun régulateur britannique, alors que la régulation des services financiers au Royaume-Uni relève de la Financial Conduct Authority. Le numéro de société qu’elle reprenait, 14488617, renvoie au registre britannique à une société immatriculée en novembre 2022 sous le nom CRYPTO SERVICES UK LTD, renommée CLEARTOKEN SERVICES UK LIMITED le 4 mai 2023, donc plus de huit mois avant notre enquête : le nom affiché n’était déjà plus celui de la société.

Que faire si l’on a versé des fonds après un contact avec CryptosMarket ?

Il faut d’abord rassembler tout ce qui documente l’opération : les confirmations de virement et les relevés bancaires, les captures des écrans traversés à l’inscription comme au moment du financement, la correspondance échangée avec les interlocuteurs du site, et les justificatifs de chaque mouvement, dépôt comme retrait. Les deux noms n’étant plus servis, ces pièces constituent désormais le socle de toute action. La page consacrée au dépôt d’une plainte pénale en détaille les étapes, et BrokerDefense peut, à partir de ces éléments, indiquer les orientations à envisager, notamment à l’égard de la banque qui a exécuté les virements.

CryptosMarket a ciblé des personnes souhaitant investir dans les cryptomonnaies ou les CFD, qui ont viré des fonds vers une vitrine sans société identifiable derrière elle. La marque a été portée par deux domaines distincts, dont aucun n’est aujourd’hui servi, les deux restant enregistrés mais mis en vente. L’identité britannique mise en avant, qu’il s’agisse de l’autorité citée ou du numéro de société repris, ne résiste pas à la vérification du registre. Avant de confier des fonds à un intermédiaire proposant des placements, vérifier son identité réelle, son enregistrement et son autorisation effective auprès des autorités compétentes est le réflexe que BrokerDefense applique systématiquement dans chacune de ses enquêtes.

Article réécrit le 12/09/2026

2 Comments

  1. Rabillé Daniel dit :

    Bonjour ! Contacté par un traideur de Londres travaillant avec cryptosmarkek.com ,à l adresse suivante ; tricorne suite 4th floor, 50Mark Lane, London, United Kkingdom.
    J’ai investi de l argent .
    Le 1er virement a été bloqué, et ils ont demandé un autre virement, bloqué et un 3ème . Comment récupérer mon argent ? Cordialement !

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