En août 2026, les deux domaines broker-justice.com et broker-justice-avocat.com ont disparu totalement du registre du .com, trois ans après que BrokerDefense a dénoncé la fraude qu’ils dissimulaient.
Résumé : Broker Justice et Broker Justice Avocat étaient deux vitrines d’une seule et même arnaque à la fausse récupération de fonds, ciblant des victimes de courtiers en investissement sous prétexte de leur obtenir un remboursement par rétrofacturation. BrokerDefense a établi leur caractère frauduleux dès le 29 septembre 2023. La preuve la plus forte de leur fin est aujourd’hui matérielle : interrogé le 22 août 2026, le registre Verisign ne renvoie aucun enregistrement pour l’un ou l’autre nom, les deux domaines ayant été effacés du registre du .com. L’enquête actualisée d’août 2026 confirme le verdict : arnaque, sans réserve.
Dernière mise à jour : 22/08/2026
Sommaire
- Les deux domaines Broker Justice rayés du registre du .com
- Un « faux justicier » qui promettait de récupérer les fonds des victimes
- Six bureaux, 1 200 salariés et des avocats sans visage
- L’aveu de la page 4 : Forex Justice, l’escroquerie précédente
- Les victimes de la fausse récupération : conserver les preuves et agir
- FAQ : ce qu’il faut savoir sur la disparition de Broker Justice
Les deux domaines Broker Justice rayés du registre du .com
Le 22 août 2026, nos recherches ont porté sur l’état exact des deux noms de domaine utilisés par cette fraude. Le résultat est sans ambiguïté : le registre Verisign, qui administre l’ensemble des adresses en .com, répond « No match for « BROKER-JUSTICE.COM » » et « No match for « BROKER-JUSTICE-AVOCAT.COM » ». L’interrogation RDAP du registre retourne une erreur 404 pour les deux noms. Ce n’est pas un simple arrêt de serveur, ni un site hors ligne derrière une adresse qui subsiste : les noms eux-mêmes ont été supprimés du registre. Le domaine a disparu des registres de façon totale, et le nom ne mène plus nulle part, sans aucun enregistrement DNS susceptible de répondre.
Cette disparition est la plus radicale qu’un domaine puisse connaître. Pour comprendre l’ampleur du contraste, il faut rappeler que les archives web conservent environ une centaine de captures des deux sites, la première datée du 17 février 2023, la dernière du 9 décembre 2024. Autrement dit, les vitrines sont restées accessibles plus d’un an après la publication de l’enquête BrokerDefense de septembre 2023, avant de s’éteindre progressivement, puis d’être effacées du registre. Entre la première apparition publique et la suppression définitive, les opérateurs auront donc exploité ces adresses pendant près de deux ans.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
À la date de cette mise à jour, aucun des deux noms ne figure sur les listes noires publiées par l’AMF, l’Autorité bancaire européenne ni la CySEC. Le signal d’alerte le plus fort n’est donc pas réglementaire : c’est l’effacement pur et simple des deux domaines, qui constitue en lui-même un aveu de fuite. Il n’est pas inutile de noter que d’autres faux services de récupération de fonds continuent d’opérer sous des habillages différents : Legalrestitution, dénoncé par BrokerDefense en juin 2026, reprend un modèle très proche de celui de Broker Justice, ciblant les mêmes profils de victimes avec les mêmes promesses.
Un « faux justicier » qui promettait de récupérer les fonds des victimes
Le positionnement de Broker Justice et de Broker Justice Avocat reposait sur une promesse simple et efficace : aider les personnes ayant perdu des fonds auprès d’un courtier à les récupérer grâce à la « rétrofacturation », connue en anglais sous le terme chargeback. Les deux sites se présentaient comme des alliés naturels des victimes de « brokers », jouant sur la colère et le désarroi de personnes déjà lésées.
Le problème est que la rétrofacturation est une procédure bancaire très précise, réservée à la contestation de transactions frauduleuses au sens strict du terme, c’est-à-dire des paiements effectués sans le consentement du titulaire de la carte. Dans le cas d’un litige avec un courtier, le client a lui-même autorisé les virements ou les paiements en saisissant son code de sécurité : les banques opposent systématiquement cette preuve de consentement pour rejeter la demande. La promesse de rétrofacturation vendue par Broker Justice était donc inopérante par construction, ce que ses opérateurs savaient parfaitement.
L’objectif réel des formulaires de rappel présents sur les deux sites n’était pas d’instruire un dossier : c’était de collecter les coordonnées de victimes potentielles, numéro de téléphone et adresse électronique en tête, pour amorcer un démarchage. La personne qui remplissait le formulaire en croyant solliciter une aide juridique offrait en réalité une prise de contact à des opérateurs dont le seul intérêt était de lui soutirer de nouveaux fonds sous forme de « frais de dossier » ou de « frais d’activation de la procédure ».
Six bureaux, 1 200 salariés et des avocats sans visage
Les deux sites affichaient des chiffres destinés à inspirer confiance : six bureaux répartis en Europe, 1 200 salariés, et la qualité d’« une des sociétés de rétrofacturation les plus anciennes » du secteur. Nos outils ont parcouru les deux vitrines et retrouvé les archives de leurs pages : aucune de ces affirmations n’était vérifiable.
Une seule adresse physique était indiquée, à Courbevoie. Aucune société enregistrée sous le nom de Broker Justice ne figurait à cette adresse dans les registres du commerce consultés à l’époque de l’enquête. Les 1 200 salariés annoncés étaient introuvables sur les réseaux sociaux professionnels. Les avocats présentés comme « les plus réputés du secteur » n’étaient identifiés par aucun nom, aucun numéro de toque, aucun barreau de référence. Aucun numéro de téléphone de contact n’était publié : seuls les formulaires de rappel permettaient de laisser ses coordonnées. Chaque élément censé rassurer était, à l’examen, un mensonge ou une information invérifiable.
L’aveu de la page 4 : Forex Justice, l’escroquerie précédente
Le détail le plus révélateur de toute l’affaire se trouvait en page 4 des sites, dans les mentions légales et conditions générales d’utilisation. L’adresse de Courbevoie indiquée pour Broker Justice était celle de « Forex Justice », une escroquerie antérieure opérée par les mêmes personnes, dénoncée et mise hors ligne avant 2023. Pire encore : les conditions générales mentionnaient explicitement l’ancien nom « Forex Justice », preuve que le contenu du site précédent avait été réutilisé tel quel pour créer les deux nouvelles vitrines, sans même prendre la peine de corriger toutes les occurrences du nom d’origine.
Cette erreur de copier-coller est un aveu involontaire du mode opératoire : les opérateurs recyclent une arnaque vers une autre lorsque la précédente est brûlée, en changeant le nom et l’habillage graphique, mais en conservant les textes, les structures et parfois les adresses. L’histoire de Broker Justice est donc directement celle de Forex Justice, prolongée sous un nouveau masque.
Pour les victimes qui espèrent récupérer leurs avoirs après une arnaque à l’investissement, la voie judiciaire peut aboutir : Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon, revient dans la vidéo ci-dessous sur une victoire obtenue devant le tribunal judiciaire de Perpignan dans un dossier d’arnaque à l’or et aux métaux précieux, conclue par des dommages-intérêts et un règlement amiable après 18 mois de procédure. Retrouvez la présentation de Maître Denitza Gueorguieva sur sa page dédiée.
Les victimes de la fausse récupération : conserver les preuves et agir
Si vous avez rempli un formulaire sur broker-justice.com ou broker-justice-avocat.com, communiqué vos coordonnées bancaires à un prétendu conseiller de ces sites, ou versé des frais dans l’espoir d’activer une procédure de rétrofacturation, vous êtes victime d’une fraude documentée. La première priorité est de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : courriels reçus des prétendus conseillers, relevés des virements effectués, captures d’écran des échanges, contrats ou devis signés dans le cadre de cette prétendue procédure. Ne détruisez aucun document, même s’il vous semble sans valeur.
Cessez tout échange avec les interlocuteurs qui se sont présentés sous l’enseigne Broker Justice ou Broker Justice Avocat, et ne donnez pas suite aux relances, qu’elles portent ou non un nom différent : les opérateurs de ce type de fraude recontactent fréquemment leurs victimes sous une nouvelle identité pour tenter une seconde ponction. Rapprochez-vous d’un avocat spécialisé dans les fraudes financières et consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour comprendre les démarches à engager, notamment le dépôt de plainte auprès du parquet ou de la brigade financière. Signalez également les faits à la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur et à l’AMF via son outil Épargne Info Service. Si vous avez été approché par un autre service de récupération depuis lors, consultez les alertes de BrokerDefense avant tout engagement, notamment la fiche consacrée à Recovery Agency, fausse agence de récupération dénoncée de longue date.
FAQ : ce qu’il faut savoir sur la disparition de Broker Justice
Interrogé le 22 août 2026, le registre Verisign ne renvoie plus aucun enregistrement pour l’un ou l’autre nom : le WHOIS indique « No match » et l’interrogation RDAP retourne une erreur 404. Les deux domaines ont été supprimés du registre du .com, ce qui est plus radical qu’un simple arrêt du site : plus aucun enregistrement DNS ne répond et les noms ne mènent plus nulle part.
Le site se présentait comme un faux justicier venu en aide aux victimes de courtiers, promettant de récupérer leurs fonds par la « rétrofacturation ». Cette procédure bancaire de contestation ne s’applique pas aux litiges commerciaux avec un courtier : la promesse était inopérante et servait surtout à capter les coordonnées des victimes via des formulaires de rappel, avant de leur réclamer des frais.
Non. Le site annonçait six bureaux européens pour une seule adresse à Courbevoie, 1 200 salariés introuvables et des avocats « les plus réputés du secteur » sans aucun nom ni barreau. Aucune société n’était enregistrée sous ce nom, et les mentions légales révélaient le recyclage d’une précédente arnaque, Forex Justice.
Conservez toutes les preuves : courriels des prétendus conseillers, relevés des virements, captures d’écran des échanges. Ne répondez plus aux sollicitations, rapprochez-vous d’un avocat spécialisé en droit pénal financier pour évaluer les recours, et signalez les faits à la plateforme Pharos ainsi qu’à votre banque.
Broker Justice et Broker Justice Avocat illustrent un risque réel et croissant : après avoir perdu des fonds auprès d’un courtier, les victimes sont démarchées par des structures qui prétendent les aider, mais qui cherchent uniquement à capter de nouveaux fonds ou des informations bancaires sous couvert d’une procédure inexistante. Aucune société de récupération sérieuse ne sollicite ses clients via des formulaires anonymes, ne refuse de mentionner le nom de ses avocats, et ne réclame des frais d’avance avant tout résultat. Face à une sollicitation non vérifiée, une évaluation préalable par BrokerDefense permet d’éviter de tomber une seconde fois dans le même type de piège.
Article réécrit le 22/08/2026


