investingesxpert.co arnaque : la FINMA avait averti, le nom n’est plus enregistré

Le 26 octobre 2021, trois jours avant la publication de notre enquête, la FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, inscrivait « InvestingExpert » sur sa liste d’avertissement : la prétendue plateforme de trading, domiciliée avenue de la Paix 19 à Genève, n’était pas inscrite au registre du commerce. Cinq ans plus tard, la fiche du régulateur reste consultable, mais les deux noms de domaine sous lesquels le site se présentait, investingesxpert.co et investingexpert.co, ne sont plus enregistrés : l’interrogation de la base du registre des .co ne renvoie plus aucune fiche pour l’un ni pour l’autre.

Dernière mise à jour : 31/08/2026

Le registre des .co ne recense plus aucun des deux noms

Nos contrôles menés le 31 août 2026 ont porté sur les deux variantes orthographiques utilisées par la plateforme : investingesxpert.co, qui figure dans l’URL de notre enquête originale, et investingexpert.co, la forme sans le « s » intercalé. L’interrogation de la base du registre des .co, géré par GoDaddy Registry, ne renvoie aucune fiche d’enregistrement pour l’un ni pour l’autre. Les deux noms sont également inconnus des serveurs de noms : aucune adresse IP ne leur est associée, et aucune fiche technique ne peut être extraite. La disparition est donc totale à tous les niveaux de la chaîne d’identification d’un site.

Il convient de distinguer cette situation d’une simple mise hors ligne. Lorsqu’un exploitant coupe son hébergement, le nom de domaine subsiste dans la base du registre et reste propriété du titulaire jusqu’à l’expiration de son bail. Ici, les deux noms ont été retirés de cette base : ils sont de nouveau proposables à l’enregistrement par n’importe quel tiers, ce qui signifie qu’un autre opérateur pourrait les acquérir demain et y déployer un contenu entièrement nouveau. C’est une issue plus définitive pour les victimes qui chercheraient à retrouver la trace de la plateforme, mais aussi un risque potentiel si un acteur malveillant décidait de réutiliser ces noms pour profiter de leur notoriété négative.

La chronologie reconstituée grâce aux archives web éclaire la trajectoire du site. Notre enquête date d’octobre 2021 ; investingexpert.co affichait encore un contenu réel dans les captures de janvier 2022, avant de ne proposer qu’une coquille vide en juin 2024. Passé cette date, les archives ne trouvent plus rien. Quant à investingesxpert.co, il n’a jamais figuré dans aucune archive consultable : le nom semble n’avoir servi que de variante de redirection ou d’erreur typographique sans existence propre sur le web indexé. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Un avertissement de la FINMA toujours consultable cinq ans après

Le 26 octobre 2021, la FINMA publiait une fiche d’avertissement visant expressément « InvestingExpert », avec pour adresse avenue de la Paix 19, 1202 Genève. Le libellé retenu par le régulateur est sans ambiguïté : « Not entered in commercial register », soit une absence totale d’inscription au registre du commerce suisse. En droit helvétique, toute entité qui exerce une activité commerciale ou financière à titre professionnel est tenue de figurer dans ce registre. Son absence signifie que la structure se prévalait d’une domiciliation genevoise sans disposer de la moindre existence légale vérifiable dans le pays. Fait notable, la FINMA a agi trois jours avant la publication de notre propre enquête, ce qui montre que les signalements avaient déjà atteint le régulateur au moment où nous finalisions nos vérifications.

Consultée le 31 août 2026, la fiche d’avertissement publiée par la FINMA est toujours accessible en ligne. Sa persistance sur le portail du régulateur n’est pas anodine : elle garantit que toute personne qui rechercherait aujourd’hui le nom « InvestingExpert » via un moteur de recherche trouvera rapidement cet avertissement officiel. Aucune inscription équivalente n’a été retrouvée sur les listes noires française ou chypriote. La FINMA demeure à ce jour le seul régulateur à avoir formellement documenté la plateforme.

Une société présentée comme créée en 2009, un domaine enregistré en 2021

La vitrine d’InvestingExpert affirmait que la société avait été fondée en 2009, soit plus d’une décennie avant notre enquête. Cette ancienneté revendiquée visait à inspirer confiance : un opérateur en activité depuis douze ans semblerait disposer d’un historique solide, d’une clientèle établie et d’une relation de longue date avec les marchés financiers. Or les données d’enregistrement du domaine investingexpert.co révèlent une création le 14 juin 2021, soit à peine quatre mois avant la publication de notre article. L’écart entre la date de fondation revendiquée et la date réelle de création du nom de domaine représente plus de onze ans, une incohérence impossible à expliquer par une quelconque migration technique.

Une société véritablement fondée en 2009 et dont l’activité principale repose sur le trading en ligne n’attend pas onze ans avant de se doter d’un site internet dédié. La page « mentions légales » du site, qui aurait dû lever le doute en fournissant un numéro d’immatriculation, ne contenait aucune référence de ce type. Ni le registre du commerce suisse ni aucun autre registre européen ne mentionnait d’entité dénommée InvestingExpert correspondant aux caractéristiques affichées. Ces deux constats combinés, domaine récent et absence de numéro d’immatriculation, constituent les marqueurs classiques d’une vitrine montée à la hâte pour duper des investisseurs.

Des promesses de trading sur l’or, le pétrole et le bitcoin

La plateforme proposait un éventail d’instruments censés couvrir les marchés les plus attractifs du moment : la paire EUR/USD, l’or, le pétrole brut, le bitcoin, des actions individuelles et des paniers d’actions. Trois formules tarifaires baptisées Starter, Premium et Business structuraient l’offre, accompagnées de bonus d’entrée et d’outils de calcul présentés comme professionnels, dont un calculateur de pips et un convertisseur de devises. Un « WebTrader » était accessible depuis le navigateur, et des boutons « Open Your Account », « Client Portal » et « Make a Deposit » jalonnaient chaque page pour inciter à l’engagement financier immédiat.

Les promesses de spreads fixes et de leviers variés, associées à la rhétorique de conditions « haut de gamme » et d’un environnement « professionnel », visaient à reproduire l’apparence d’un courtier régulé. Pourtant, aucun document contractuel n’était accessible avant le dépôt de fonds, aucune information sur la conservation ou la ségrégation des dépôts n’était fournie, et aucun interlocuteur vérifiable, responsable conformité, adresse e-mail professionnelle enregistrée ou numéro de téléphone rattachable à une entité réelle, n’était identifiable. La façade commerciale était soignée ; le fond juridique et opérationnel était inexistant.

Pour comprendre les recours ouverts aux victimes d’une arnaque à l’investissement, Me Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon, revient dans cette vidéo sur une victoire judiciaire obtenue pour des victimes d’une arnaque à l’or et aux métaux précieux : après dix-huit mois de procédure, le tribunal judiciaire de Perpignan a reconnu leur préjudice et leur a accordé des dommages-intérêts, avec récupération d’avoirs.

Les démarches pour les personnes ayant versé des fonds à InvestingExpert

La priorité absolue pour toute personne ayant effectué un virement vers InvestingExpert est de rassembler l’intégralité des traces écrites laissées par les échanges avec les prétendus conseillers de la plateforme : courriels reçus et envoyés, captures d’écran de l’espace client, relevés bancaires détaillant les ordres de virement, confirmations de dépôt et tout historique de conversation par messagerie instantanée. Ce corpus documentaire constitue la base indispensable de toute procédure ultérieure ; sans lui, la reconstitution du préjudice est considérablement fragilisée.

Il est ensuite recommandé de déposer une plainte pénale avec constitution de partie civile, ce qui permet au plaignant de suivre l’instruction et de demander réparation devant la juridiction pénale. Parallèlement, il est utile d’interroger sa banque sur le devoir de vigilance qu’elle était tenue d’exercer au moment de valider les virements vers une entité non identifiée : certaines banques ont engagé leur responsabilité pour défaut de contrôle. BrokerDefense peut être contacté pour évaluer la situation et orienter vers les professionnels adaptés au dossier.

Le 27 août 2026, notre analyse de dysart-capital.com montrait un autre portail suisse, « Dysart Capital AG », promettant jusqu’à 4,45 % d’intérêts par an sur des dépôts d’épargne au nom d’une société réelle inscrite au registre du commerce du canton de Schwyz, dont l’activité ne permet pas de recevoir de tels dépôts. Le même jour, l’enquête sur aellensassets.ch décrivait une « Aellen Assets AG » installée à Kastanienbaum, louant des garanties bancaires et des lettres de crédit standby, une société que les registres publics suisses ne mentionnent nulle part.

FAQ : investingesxpert.co peut-il reparaître sous un autre nom ?

investingesxpert.co et investingexpert.co désignaient-ils la même plateforme ?

Les deux noms renvoient à la même entité frauduleuse : investingexpert.co était la forme principale, utilisée dans la communication commerciale et référencée par la FINMA, tandis qu’investingesxpert.co, avec le « s » intercalé, semble avoir fonctionné comme variante typographique ou adresse de redirection. Aucun contenu propre à investingesxpert.co n’a été retrouvé dans les archives web, ce qui confirme qu’il n’avait pas d’existence indépendante.

Pourquoi la FINMA a-t-elle inscrit InvestingExpert sur sa liste d’avertissement ?

La FINMA a retenu le libellé « Not entered in commercial register » : InvestingExpert se présentait comme établie à Genève sans figurer au registre du commerce suisse, ce qui constitue une violation de la réglementation helvétique applicable aux entités exerçant une activité financière à titre professionnel. L’inscription a été publiée le 26 octobre 2021 et reste consultable sur le portail du régulateur au 31 août 2026.

Les fonds confiés à la fausse plateforme InvestingExpert sont-ils récupérables ?

La récupération dépend de la traçabilité des virements et de la réactivité des démarches engagées. Une plainte pénale avec constitution de partie civile, appuyée sur des relevés bancaires et des échanges écrits complets, offre les meilleures perspectives ; dans certains cas, la responsabilité de la banque émettrice peut également être invoquée. BrokerDefense conseille de ne pas tarder, les délais de prescription et les possibilités de gel d’avoirs étant limités dans le temps.

Que faire si l’on a été démarché par la fausse plateforme InvestingExpert ?

Il faut conserver sans délai tous les documents liés au démarchage : courriels, scripts téléphoniques enregistrés, captures d’écran et coordonnées des interlocuteurs. Ces éléments doivent ensuite être remis à un professionnel du droit ou transmis à BrokerDefense pour évaluation, avant de déposer une plainte pénale et, le cas échéant, de signaler le démarchage à la FINMA ou à l’AMF selon le pays de résidence.

Les victimes d’investingesxpert.co ont versé des fonds pour trader sur l’or, le pétrole ou le bitcoin : aucun compte n’a été crédité de gains réels, aucun retrait n’a abouti, et les fonds engagés ne leur sont pas revenus. Avant d’engager des capitaux sur toute plateforme d’investissement en ligne, il est indispensable d’en vérifier l’existence légale, l’agrément et la cohérence des informations affichées. BrokerDefense peut réaliser cette vérification sur demande.

Article réécrit le 31/08/2026

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