Sommaire
- Une page racine vide, un formulaire pour seule adresse
- Un nom déposé en février 2026 chez Spaceship, verrouillé jusqu’en février 2027
- Sous Cloudflare, un serveur LiteSpeed et un formulaire signé par le framework Symfony
- Aucune société, aucune mention légale, aucun contact publié
- Un indice de confiance de 25 % et la note la plus basse d’un second service
- Ce qu’il faut garder, et par où commencer
- Trois questions posées sur ce portail
Une page racine vide, un formulaire pour seule adresse
Interrogé ce 24 septembre 2026, le nom dblock-inv.com ne sert plus qu’une chose : une porte. Sa page racine répond bien, mais le document qu’elle renvoie au navigateur ne contient rien. Pas de titre, pas de texte, pas d’image, pas même une mention de chantier : uniquement une structure HTML sans contenu, reproduite à l’identique sur l’adresse « www. ». Tout le domaine tient donc dans une seule page, servie sur le sous-domaine web.dblock-inv.com, intitulée « Mon espace » et réduite à un formulaire d’identification : un champ « Login », un champ « Mot de passe », une case « Rester connecté(e) », un bouton de validation et une photographie de fond.
Ce montage n’est pas isolé. Le 28 août 2026, nous documentions un portail bâti exactement de la même manière : web.wise-gestion.com présentait déjà une racine sans contenu et un accès unique à un formulaire d’identification, sans page de présentation pour l’accompagner. Quelques mois plus tôt, c’est sous la forme log.interface-or.com qu’un autre dossier laissait la même signature : une porte de connexion tenant lieu de présence publique. Les trois noms font le même choix : rien à montrer, mais une entrée à proposer aux personnes déjà démarchées.
Pourquoi une porte sans façade ? Parce que l’essentiel se joue ailleurs. Les personnes visées ont été contactées par téléphone, par messagerie ou par courriel, et c’est là qu’on leur a remis l’adresse du portail, avec un identifiant. Une fois la vitrine commerciale retirée, la page continue de faire croire qu’un compte existe, qu’un solde y dort, et qu’il suffira de patienter pour le retirer. Le portail n’a donc pas à convaincre : il a seulement à durer.
Dernière mise à jour : 24/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par web.dblock-inv.com, réalisée le 24 septembre 2026. Y figurent le formulaire d’identification, ses deux champs et l’option « Rester connecté(e) » : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Un nom déposé en février 2026 chez Spaceship, verrouillé jusqu’en février 2027
Le dossier d’enregistrement est court et cohérent avec ce que le portail laisse voir. Le nom dblock-inv.com a été déposé le 19 février 2026 à 14 h 58, puis modifié pour la dernière fois trois minutes plus tard, à 15 h 01. Il court jusqu’au 19 février 2027. Le bureau d’enregistrement déclaré est Spaceship, un service américain à bas coût, et les deux serveurs de noms appartiennent au réseau de Cloudflare. Le registre porte un verrou de transfert qui empêche le déplacement du nom vers un autre bureau sans intervention de son titulaire : une précaution fréquente lorsqu’un exploitant veut conserver la maîtrise de son adresse jusqu’au terme de l’opération.
L’échéance mérite d’être notée : à la date de cet article, il reste moins de cinq mois de validité au nom. Interrogés, les services publics de conservation de pages ne restituent aucune copie de ce domaine, ni de sa racine, ni de son portail : ce nom n’a jamais été relevé par ces services, ce qui est cohérent avec un usage strictement réservé à des personnes déjà contactées ailleurs.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Sous Cloudflare, un serveur LiteSpeed et un formulaire signé par le framework Symfony
Derrière le portail, l’infrastructure est celle d’un site banal, et c’est précisément ce qui la rend utile. Cloudflare occupe toute la chaîne : résolution des noms, réseau de diffusion, hébergement, statistiques de fréquentation et journalisation des erreurs. Cette configuration masque l’hébergeur réel, qui reste inconnu. Le serveur web qui répond se présente comme LiteSpeed, et les réponses portent une empreinte de PHP en version 7.4, une branche qui n’est plus maintenue depuis plusieurs années.
Le certificat installé est un certificat générique couvrant le nom et tous ses sous-domaines, délivré gratuitement et valable environ trois mois, du 15 août au 13 novembre 2026. Depuis l’ouverture du dossier, vingt-quatre certificats ont été émis pour ce seul nom, par rotation régulière : une infrastructure entretenue, pas un projet abandonné. Un cookie de session est posé à chaque visite, marqué comme inaccessible au script et réservé aux connexions chiffrées.
Le formulaire, lui, porte la signature d’un cadre de développement très répandu : jeton anti-falsification inséré dans la page, traitement des connexions sur une adresse dédiée qui n’accepte que les envois, champs techniques reconnaissables. La mise en forme repose sur une version bêta de Bootstrap 5.2 livrée par un réseau de diffusion public, une bibliothèque d’icônes servie par un second réseau, et une police de caractères chargée depuis les serveurs de Google. Les adresses sans objet renvoient toutes la même page d’identification, tandis que les chemins réservés à l’administration rendent une erreur 404. Aucun icône de site n’accompagne le nom, et aucun plan de site n’est publié : il n’y a rien à référencer.
Aucune société, aucune mention légale, aucun contact publié
La vérification la plus simple est aussi la plus parlante. En parcourant ce que le portail expose, on ne trouve nulle part le nom d’une société, un numéro d’immatriculation, une adresse de siège, une page de conditions générales, une politique de confidentialité, un formulaire de réclamation, une adresse de courriel ou un numéro de téléphone. Le formulaire demande un identifiant et un mot de passe, et rien d’autre n’est proposé au visiteur : ni création de compte, ni récupération d’accès, ni bulle d’assistance.
Un établissement authentique publie d’ordinaire un moyen de le joindre et un document juridique, même sommaire. Ici, la seule fonction de l’adresse est de faire entrer des identifiants. Cette absence n’est pas un oubli de rédaction : elle correspond à la façon dont ces opérations se déroulent, avec une relation qui ne passe jamais par le site, mais par des canaux privés. Quiconque a saisi ses identifiants doit en tirer la conséquence immédiate.
Ce dossier rejoint, par un autre détail, celui du portail log.interface-or.com : le même bureau d’enregistrement à bas coût, la même racine laissée sans contenu, et un nom maintenu enregistré bien après que la page a cessé de répondre.
Un indice de confiance de 25 % et la note la plus basse d’un second service
Rien dans le dossier ne relève d’une décision de justice ou d’une inscription officielle : le portail ne figure sur aucune des listes de sites non autorisés que nous avons interrogées. Ce sont les évaluations publiques qui objectivent le doute. La fiche ScamDoc de web.dblock-inv.com attribue au portail un indice de confiance de 25 %, accompagné de deux points négatifs explicites : un nom de domaine récent et une faible espérance de vie restante. Elle constate également qu’aucune donnée technique sur le titulaire n’a pu être récupérée.
Un second service public d’évaluation d’adresses web, consulté le même jour, va plus loin et place le site à 1 sur 5, en relevant à la fois le caractère minimaliste du contenu, l’absence de mentions légales et l’absence de toute description du service proposé.
Ce qu’il faut garder, et par où commencer
Pour une personne qui a ouvert un compte sur ce portail, l’urgence n’est pas de réclamer, mais de figer ce qui existe encore. Trois ensembles doivent être rassemblés sans attendre : les échanges avec ceux qui ont remis l’adresse, qu’il s’agisse de messages, de courriels ou d’appels notés; les justificatifs des sommes versées, avis de virement, relevés de compte ou paiements par carte; et la copie de ce que le portail affiche aujourd’hui, page de connexion comprise, avant toute modification du site. Si des pièces d’identité ou des relevés ont été transmis, il faut en conserver la liste exacte et la date.
Ces documents constituent la base de tout dossier. Les étapes du dépôt d’une plainte pénale sont détaillées sur le guide du dépôt de plainte, qui décrit la constitution du dossier, les pièces attendues et le déroulement de la procédure.
Maître Michel Orsini, avocat exerçant sous le barreau de Paris, intervient sur les dossiers d’escroquerie et de responsabilité. Dans l’entretien qui suit, il revient sur les voies de droit ouvertes aux victimes, sur la recherche des responsables et sur la réparation du préjudice subi après un investissement détourné.
Trois questions posées sur ce portail
Non, pris isolément, un portail d’identification peut servir à une activité légitime. Ce qui change tout ici, c’est la combinaison : la page racine du nom ne sert aucun contenu, le portail ne publie ni société ni mentions légales ni contact, le nom a été déposé en février 2026 et son échéance tombe en février 2027, et l’ensemble est bâti sur le même squelette qu’un portail déjà documenté. Une plateforme qui collecte de l’argent laisse normalement une trace vérifiable de son exploitant. L’absence de cette trace, sur un site qui demande des identifiants, est un signal fort.
Ne versez plus rien, et surtout aucun frais présenté comme nécessaire pour débloquer un retrait. Un solde affiché sur un portail ne prouve rien : il est écrit par ceux qui exploitent le site. Conservez la copie des pages, des messages et des justificatifs de versement, notez les dates, et faites vérifier le dossier avant d’engager une démarche. Demander un complément de frais est le procédé le plus courant pour obtenir un second versement sans jamais libérer le premier.
Oui, sur le plan pratique. Un nom qui approche de son échéance peut disparaître rapidement, et avec lui la page qui servait de repère. C’est pourquoi les captures de la page de connexion, aujourd’hui disponibles auprès de nos services, prennent de la valeur : elles datent l’existence du portail et son apparence au moment où la victime le consultait. La disparition du site ne fait pas disparaître les droits, mais elle complique l’identification de l’interface à laquelle on a eu affaire.
Le portail web.dblock-inv.com ne ressemble à rien parce qu’il ne cherche à convaincre personne : sa clientèle lui est amenée, un identifiant à la fois, par des canaux privés. Cette absence de façade n’est pas un défaut de conception, c’est le mode opératoire. Pour ceux qui ont versé des fonds après avoir été mis en relation, le temps joue contre eux : le nom court jusqu’en février 2027, et rien ne garantit que la page sera encore là pour être décrite.
BrokerDefense examine chaque dossier avant toute démarche, pour identifier ce qui peut encore être établi et ce qui peut être corrigé.


