Sommaire
- Le nom figure au fichier des autorités sous un libellé d’usurpation
- Cedre Invest, la société de gestion dont le nom a été repris
- En 2021, la vitrine se réclamait d’un négociant en grands crus
- Ce qu’il subsiste du nom en 2026
- Après un versement, ce que les pièces conservées permettent d’engager
- Interroger la banque qui a exécuté les virements
- Ce que ce dossier enseigne sur les vitrines qui reprennent un nom réel
Le nom figure au fichier des autorités sous un libellé d’usurpation
Le 9 août 2021, le nom cedre-invest.com a été inscrit au fichier consolidé des listes noires des autorités françaises sous la qualification « Usurpation Professionnel ». L’inscription est antérieure à notre article d’origine, publié le 16 août 2021, qui ne la mentionnait pas. Consulté le 20 septembre 2026, le fichier des listes noires des autorités restitue toujours cette inscription, et l’interrogation d’un second nom, lui aussi présent dans ce fichier, s’est comportée normalement le même jour.
Cette inscription ne date pas de la découverte de nos vérifications de 2026. Notre enquête du 1er mars 2024 consacrée à la fausse plateforme Financière Meriguet relevait déjà, à cette date, que la brochure commerciale adressée aux prospects et le contenu du site de cette plateforme étaient identiques à ceux de plusieurs vitrines déjà inscrites aux listes noires de l’Autorité des marchés financiers, et citait dans ce relevé « Cedre Invest » avec la date du 9 août 2021. Le nom partageait ainsi, dans ce relevé, la même date d’inscription avec d’autres vitrines à thème vitivinicole.
Il convient de préciser ce que cette date commune signifie et ce qu’elle ne signifie pas. Ces listes sont diffusées par vagues, et rien ne rattache mécaniquement deux noms qui y apparaissent le même jour. La prudence s’impose donc avant d’y voir l’empreinte d’un exploitant unique. Le seul lien de série que nos recherches permettent d’établir repose sur le nom repris dans notre enquête de mars 2024 et sur la brochure commune que cette enquête a identifiée.
Quant à l’état actuel du nom : cedre-invest.com ne résout plus du tout depuis nos vérifications du 20 septembre 2026, et il ne figure plus au fichier des enregistrements des .com. La vitrine a donc quitté l’espace accessible, mais l’inscription sous le libellé d’usurpation, elle, demeure.
Dernière mise à jour : 20/09/2026
Cedre Invest, la société de gestion dont le nom a été repris
Cedre Invest est une société immatriculée sous le numéro SIREN 833 649 718, créée le 10 novembre 2017 et toujours active sur le plan administratif au moment de nos vérifications. Son siège est situé à Paris, dans le 1er arrondissement, et son activité déclarée correspond au code 64.30Z, soit « Fonds de placement et entités financières similaires ».
Cette société n’est en rien mise en cause dans ce dossier : ses données publiques et sa dénomination ont été reprises sans son accord par la vitrine pour lui conférer une apparence de légitimité. Ses responsables statutaires n’ont aucun lien établi avec les opérations décrites ici.
Le décalage entre la réalité de l’entreprise et ce que la vitrine en disait est pourtant frappant. Une société dont l’activité déclarée est la gestion de placements n’a pas vocation à tenir commerce de grands crus. C’est précisément ce décalage que notre article d’origine du 16 août 2021 avait mis en lumière : la vitrine présentait cette société de gestion comme une maison de négoce de vins d’exception, une description sans rapport avec ce que le registre indique.
En 2021, la vitrine se réclamait d’un négociant en grands crus
En 2021, la vitrine cedre-invest.com affirmait appartenir à la société Cedre Invest et la décrivait comme une maison de négoce de grands crus offrant à ses clients un accès privilégié à des bouteilles d’exception. Notre article du 16 août 2021 relevait aussitôt que cette présentation ne correspondait pas à l’activité déclarée de la société, laquelle relève de la gestion de placements et non du commerce du vin.
Plusieurs indices techniques renforçaient le constat. Les données d’enregistrement du nom étaient masquées, rendant impossible l’identification du titulaire réel. Le site affichait une date de création en 2021, alors que la société Cedre Invest existait depuis novembre 2017 : un écart de quatre ans qui trahissait le montage.
Le mécanisme décrit dans notre article d’origine suivait un schéma précis. Un inconnu prenait contact et se présentait comme un gestionnaire, promettant un placement exceptionnel dans le domaine du vin. Après un premier versement, il communiquait des identifiants donnant accès à une plateforme présentée comme privée et réservée à quelques initiés, renforçant ainsi l’illusion d’un produit exclusif inaccessible au grand public.


Ce qu’il subsiste du nom en 2026
Ce que nos vérifications du 20 septembre 2026 établissent sur l’état technique du nom est sans ambiguïté. Cedre-invest.com ne résout plus : aucune adresse de machine ne lui est attribuée, aucun serveur ne porte plus ses zones, et rien ne subsiste de sa messagerie. La base des noms en .com ne comporte plus rien à cette adresse, et il n’y a plus de bureau d’enregistrement, ni de date d’échéance, ni de serveur de noms à y lire. Pour écarter l’hypothèse d’une panne, un second nom enregistré dans ce même registre a été sollicité comme point de comparaison : il a répondu sans difficulté.
Deux certificats ont été journalisés sous ce nom, tous deux délivrés par l’autorité de certification de Cloudflare. Le premier a été émis le 15 juillet 2021. Le second, distinct, a été émis le 14 juin 2022 et était valable jusqu’au 14 juin 2023. Ces deux périodes sont séparées et ne forment pas une plage continue.
Cinq copies publiques ont été conservées sous ce nom, toutes datant de novembre et décembre 2021, sans aucun relevé postérieur à cette période. Aucune ne restitue une page du site : l’adresse d’entrée répondait par une redirection, et le seul fichier renvoyé avec du contenu est un fichier de consignes destiné aux robots d’indexation.
Les vérifications menées auprès d’autres régulateurs complètent le tableau : les autorités chypriotes ne recensent pas ce nom, et une recherche au nom cedre-invest dans le registre britannique des sociétés ne rend aucune société. Pour les lecteurs souhaitant consulter l’historique d’enregistrement complet, nos recherches renvoient vers la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Après un versement, ce que les pièces conservées permettent d’engager
Après un versement consenti sur la foi d’une approche par courriel ou par messagerie, la disparition du nom cedre-invest.com ne referme aucune des pistes ouvertes. Les ordres de virement conservés par l’épargnant sollicité restent des pièces exploitables : ils désignent la banque où les fonds ont abouti et ouvrent une discussion sur sa part de responsabilité.
La correspondance échangée avec cet interlocuteur, courriels, messages d’application ou documents remis pour accéder à la plateforme présentée comme privée, forme elle aussi un socle utile à une plainte. Le moment des premières prises de contact, les coordonnées bancaires alors communiquées et les relevés retraçant les débits méritent d’être figés au plus vite.
Ce type de dossier, où un nom réel est usurpé pour crédibiliser une plateforme d’investissement fictive, n’est pas isolé dans nos enquêtes. Notre dossier d’août 2021 consacré à fmo-partners.com documente un cas où le nom a lui aussi été retenu par le régulateur au titre d’une usurpation, avec des mécanismes de démarchage comparables.
Faux investissement, jugement d’escroquerie, indemnisation des personnes trompées et part de responsabilité d’une banque qui laisse filer des virements : voilà ce qu’aborde Maître Goce Novakov, avocat exerçant sous un barreau dont la capitale est le siège, dans la séquence qui accompagne ces lignes, et ce que des pièces bien gardées rendent encore possible.
Interroger la banque qui a exécuté les virements
La première démarche utile est de réclamer à la banque qui tient le compte les justificatifs des virements passés vers les coordonnées que cet interlocuteur avait communiquées. Ces pièces permettent de dater les opérations, d’identifier le bénéficiaire réel des fonds et d’évaluer si l’établissement disposait de signaux suffisants pour s’interroger sur la nature de ces mouvements.
Il importe de conserver l’intégralité des échanges écrits reçus dans le cadre de ce démarchage : les messages présentant la plateforme comme privée, les documents transmis après le premier versement, les promesses de rendement, et toute communication portant les coordonnées de la contrepartie. Ces éléments forment le socle d’un dossier cohérent.
Fixer les dates est une étape qui ne souffre pas de report. Relevés bancaires, horodatages des messages, captures des pages de la plateforme si elles avaient été effectuées à l’époque : chaque pièce datée réduit la marge de contestation. Si l’établissement n’a rien signalé alors que les indices d’une opération anormale étaient visibles, la question de sa responsabilité peut être portée devant le juge.
Les épargnants sollicités qui souhaitent situer ce dossier dans le cadre réglementaire peuvent consulter la page dédiée de l’Autorité des marchés financiers. Pour les personnes trompées qui envisagent une action pénale, nos explications sur le parcours d’une plainte pénale détaillent les étapes à suivre.
Ce que ce dossier enseigne sur les vitrines qui reprennent un nom réel
Le mécanisme documenté ici repose sur un principe simple : emprunter la dénomination d’une société réelle et active pour lui substituer une vitrine d’investissement fictive. La société Cedre Invest existait depuis 2017, son numéro SIREN était vérifiable, son siège parisien pouvait être trouvé. Ces éléments authentiques servaient de caution à une présentation entièrement fabriquée, celle d’une maison de négoce de grands crus réservée à des initiés.
La qualification retenue par les autorités françaises, « Usurpation Professionnel », traduit précisément ce montage. Elle ne vise pas la société dont le nom a été repris, elle vise le nom de domaine utilisé pour cette reprise. L’inscription au fichier consolidé, datée du 9 août 2021, a précédé de quelques jours seulement la publication de notre article d’origine le 16 août 2021, et elle subsiste aujourd’hui alors que le domaine n’est plus enregistré.
Pour les personnes démarchées dans des conditions similaires, qu’il s’agisse d’une approche par courriel, d’une promesse de placement dans un secteur valorisé ou d’identifiants transmis après un premier versement, l’enjeu est de ne pas laisser passer le délai pendant lequel les pièces restent exploitables. Une lecture du dossier par BrokerDefense, en amont de toute action, montre quelles pièces tiennent encore.
Non. Au 20 septembre 2026, le nom ne résout plus : les serveurs qui portaient ses zones ont disparu et sa messagerie ne répond plus. Il n’est plus enregistré auprès d’aucun bureau d’enregistrement.
Non. La société Cedre Invest, immatriculée sous le numéro SIREN 833 649 718 et dont le siège est à Paris dans le 1er arrondissement, n’est en rien mise en cause. Son nom et ses données publiques ont été repris sans son accord par la vitrine pour lui donner une apparence de légitimité. L’inscription aux listes noires vise le nom de domaine, pas la société.
La disparition du nom ne ferme pas les recours. Les ordres de virement, la correspondance reçue de l’interlocuteur qui se faisait passer pour un gestionnaire, et les coordonnées bancaires alors communiquées constituent des pièces exploitables. Il convient de les rassembler et de contacter sans attendre l’établissement qui a exécuté les virements, puis d’envisager une plainte pénale.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 20/09/2026



1 Comment
Bonjour
QUe pensez -vous du groupe SOLVENTIS QUI FAIT DU NÉGOCE DE GRANDS CRUS (apparement). Pour investir il faut passer par des banques en espagne
et quand je veux récupérer mon capital c’est bloqué!LAMF l’a blacklisté!
je suis une victime