Un escroc se présentant sous le nom d’« Antoine Faure » comme conseiller-gestionnaire de la banque SEB contactait des épargnants français par courriel pour leur proposer un placement soi-disant garanti : un épargnant a signalé en juillet 2021 avoir confié des fonds pour un placement à durée déterminée, sans jamais les récupérer.
Dernière mise à jour : 01/09/2026
Sommaire
- La banque SEB, une identité de confiance détournée
- Antoine Faure, le faux conseiller de la banque SEB
- Un signalement de victime dès juillet 2021
- Le domaine des courriels frauduleux a disparu
- Après un contact avec un faux conseiller : les bons réflexes
- FAQ : Antoine Faure et la banque SEB sont-ils une arnaque ?
La banque SEB, une identité de confiance détournée
La Skandinaviska Enskilda Banken, connue sous le sigle SEB, est un établissement bancaire scandinave dont l’existence remonte à plusieurs décennies. Solidement implantée en Suède avec plus de cent agences, elle est également présente en Lettonie, en Russie, en Ukraine, en Estonie, en Allemagne, au Danemark et au Luxembourg. Cette notoriété internationale en fait précisément une cible de choix pour les usurpateurs d’identité : le nom inspire confiance, les épargnants peu familiers du secteur bancaire nordique ne songent pas à vérifier, et la distance géographique complique les recoupements.
Il convient de le rappeler clairement : la banque SEB ne dispose pas des autorisations nécessaires pour proposer ses services aux épargnants français et ne démarche pas les particuliers en France. Tout contact non sollicité se réclamant de cette banque doit donc être considéré avec la plus grande méfiance. Les épargnants qui reçoivent ce type de sollicitation peuvent consulter la liste noire et les mises en garde de l’AMF pour vérifier si un acteur ou une offre fait l’objet d’une alerte officielle.
Antoine Faure, le faux conseiller de la banque SEB
L’escroc opérait sous le pseudonyme « Antoine Faure » et se présentait comme conseiller-gestionnaire rattaché à la banque SEB. Le canal de contact était le courriel, ce qui lui permettait de soigner la mise en scène : en-têtes imitant la charte graphique de la banque, formules professionnelles, ton rassurant.
L’offre mise en avant portait le nom de « SEB Premium » et promettait un taux annuel garanti de 3 %, quel que soit le montant placé. Ce type de promesse constitue un signal d’alarme caractéristique : aucun établissement sérieux ne garantit un rendement fixe indépendamment des conditions de marché. Pour accentuer la pression, le faux conseiller affirmait que la banque s’apprêtait à supprimer l’offre, incitant ainsi sa cible à prendre une décision rapide sans prendre le temps de vérifier. Cette technique d’urgence artificielle est l’un des ressorts classiques de l’escroquerie financière.
Un signalement de victime dès juillet 2021
Le 27 juillet 2021, un signalement a été publié sur la plateforme Signal-Arnaques (signal-arnaques.com/scam/view/379739). Un épargnant y décrit avoir été contacté par ce prétendu conseiller-gestionnaire et avoir confié des fonds pour un placement à durée déterminée d’un mois, sans jamais les récupérer. Le signalement mentionne deux éléments d’identification précis : l’adresse courriel [email protected] et le numéro de téléphone 09 70 72 78 36.
Le même signalement fait apparaître un second nom dans la manœuvre : « Philippe Marchand », qui pourrait constituer un autre pseudonyme utilisé par le même escroc, soit pour rassurer la victime en faisant intervenir un prétendu collègue, soit pour brouiller les pistes en cas de vérification. BrokerDefense a documenté ce cas dès le 10 août 2021 ; cette mise à jour du 1er septembre 2026 confirme que le procédé reste d’actualité cinq ans après les premières alertes.
Le domaine des courriels frauduleux a disparu
Les courriels frauduleux provenaient du domaine seb-asa.com, conçu pour imiter visuellement une adresse officielle de la banque SEB. BrokerDefense a vérifié ce domaine le 1er septembre 2026 : il ne renvoie plus aucune page et l’infrastructure associée au faux conseiller a entièrement disparu. Ce phénomène est courant dans ce type d’escroquerie : une fois les victimes identifiées et les fonds détournés, les opérateurs ferment le dispositif et effacent leurs traces numériques.
La disparition du domaine ne signifie pas que le risque est écarté. Les mêmes individus peuvent réapparaître sous de nouveaux pseudonymes, avec de nouveaux domaines et de nouvelles banques usurpées. Le procédé rappelle d’autres cas documentés par BrokerDefense, comme soge-marche.com, le site qui usurpait Société Générale, ou encore ifiied.com, la fausse banque sans existence légale : dans chacun de ces cas, une identité bancaire réelle ou fabriquée servait de façade pour capter l’épargne de particuliers.
Après un contact avec un faux conseiller : les bons réflexes
Si vous avez reçu un courriel d’un prétendu conseiller de la banque SEB, si on vous a proposé l’offre « SEB Premium » à 3 % garanti, ou si vous avez déjà confié des fonds sur la foi de cette présentation, plusieurs démarches s’imposent sans délai.
En premier lieu, ne donnez suite à aucune nouvelle sollicitation provenant de la même adresse courriel ou du même numéro de téléphone. Rassemblez l’ensemble des éléments en votre possession : courriels reçus, captures d’écran des échanges, relevés de virements, tout document transmis par le faux conseiller. Ces pièces constituent la base de tout recours ultérieur.
Signalez les faits sur la plateforme Signal-Arnaques et déposez un signalement sur Pharos (le portail officiel de signalement du ministère de l’Intérieur). Sur le plan judiciaire, le dépôt de plainte est une étape déterminante : consultez notre page dédiée à la procédure pénale et au dépôt de plainte pour comprendre les démarches à suivre et les éléments à réunir. Rapprochez-vous également de votre banque pour signaler tout virement effectué vers les comptes indiqués par le faux conseiller.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, répond aux questions des victimes d’arnaque financière : responsabilité de la banque, devoir de vigilance, banque condamnée, recours bancaire, virement frauduleux, virement anormal, indemnisation des victimes et récupération des pertes. Retrouvez sa page dédiée sur notre site : Maître Anne Bernard-Dussaulx.
FAQ : Antoine Faure et la banque SEB sont-ils une arnaque ?
Oui, la banque SEB (Skandinaviska Enskilda Banken) est un établissement bancaire réel, fondé en Suède et présent dans plusieurs pays européens, dont la Lettonie, l’Estonie, l’Allemagne et le Luxembourg. Son existence légale et sa notoriété sont incontestables. En revanche, elle ne dispose pas des autorisations pour proposer ses services aux épargnants français et ne démarche pas les particuliers en France par courriel. Tout contact non sollicité se réclamant de la banque SEB à destination d’un épargnant français doit être considéré comme suspect.
Plusieurs indices permettent d’identifier un faux conseiller bancaire. Le contact est non sollicité et arrive par courriel ou par téléphone. L’offre proposée affiche un taux garanti anormalement attractif, comme les 3 % annoncés sous le nom « SEB Premium ». Le conseiller crée une pression temporelle en affirmant que l’offre va disparaître. L’adresse courriel utilisée imite un domaine officiel sans en être un (par exemple seb-asa.com au lieu du domaine réel de la banque). Enfin, la banque concernée n’est pas habilitée à opérer auprès des épargnants français, ce que l’on peut vérifier sur le registre REGAFI ou via les mises en garde de l’AMF.
Agissez rapidement. Rassemblez toutes les preuves disponibles : courriels échangés, documents reçus, captures d’écran, relevés de virements. Signalez les faits sur Signal-Arnaques et sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur. Informez votre propre banque des virements effectués afin qu’elle puisse, le cas échéant, engager une procédure de rappel de fonds. Déposez plainte auprès des autorités judiciaires compétentes. Consultez un avocat spécialisé en droit bancaire pour évaluer les recours possibles, notamment en matière de responsabilité de l’établissement ayant laissé passer le virement.
L’affaire du faux conseiller « Antoine Faure » illustre un mode opératoire précis : usurper l’identité d’une banque réelle et reconnue, la banque SEB en l’occurrence, pour convaincre des épargnants français de confier leurs fonds sur la foi d’une offre fictive baptisée « SEB Premium ». Les fonds ainsi versés n’ont pas été restitués. Cinq ans après les premières alertes, le domaine frauduleux a disparu, mais le risque de voir réapparaître des variantes de ce schéma demeure entier. Avant tout placement, vérifiez systématiquement l’habilitation de l’interlocuteur à opérer en France, méfiez-vous des taux garantis présentés comme exceptionnels, et soumettez toute offre non sollicitée à l’évaluation de BrokerDefense : c’est le meilleur moyen de ne pas confier son épargne à un escroc.
Article réécrit le 01/09/2026


