Transfer-w.com arnaque : l’inscription de 2021 survit au nom

Une inscription de 2021 que le nom n’a pas emportée avec lui

Le 4 août 2021, soit treize jours après la publication de notre premier article, les autorités françaises de supervision bancaire et des marchés financiers ont inscrit au répertoire commun une ligne visant transfer-w.com. Cette ligne reste portée par le répertoire interrogé le 11 octobre 2026, alors que l’enregistrement du nom a lui-même cessé d’exister. Le contraste est saisissant : la trace réglementaire persiste quand l’infrastructure a entièrement disparu.

Nos vérifications du 11 octobre 2026 établissent une absence totale de résolution, aussi bien sur le nom nu que sur le sous-domaine www. Le nom ne renvoie vers aucune machine, aucune zone de noms et aucune boîte de réception. Le fichier des enregistrements en .com ne contient plus rien pour ce nom : aucun titulaire, aucun bureau d’enregistrement, aucune zone de noms n’y apparaît, tout simplement parce que le nom n’est plus enregistré.

Les journaux publics de certificats ne contiennent aucune entrée pour transfer-w.com, ce qui confirme que le site n’a jamais opéré en HTTPS. Aucune copie publique n’a été conservée par les services qui archivent des instantanés de pages : le site n’a jamais répondu à ces services, cohérence parfaite avec le fait qu’aucune vitrine commerciale n’y a jamais été construite et que le domaine était inaccessible dès le 16 juin 2021, soit quelques jours après sa mise en service.

La ligne inscrite au répertoire le 4 août 2021 comporte une particularité notable : la cellule « Dénomination » est vide. Les autorités n’ont pas visé une enseigne ni une société, mais une boîte de réception, libellée « pré[email protected] ». La ligne porte la qualification « Usurpation Professionnel ». S’y ajoute le libellé « Crédits livrets paiements assurances ». Ce qui demeure dans le répertoire, c’est donc l’empreinte d’une adresse de messagerie, sans aucune personne morale en face.

Pour éprouver par vous-même cette absence d’enregistrement, la fiche WHOIS complète sur DomainTools reste consultable.

Dernière mise à jour : 11/10/2026

Wise, un établissement réel dont le nom était détourné

Wise, anciennement connu sous le nom TransferWise, est un établissement de paiement réel, régulé au Royaume-Uni, qui propose des services de transfert de fonds et de comptes multidevises à des millions d’utilisateurs en Europe et dans le monde. Cet établissement n’entretient aucun lien, direct ou indirect, avec transfer-w.com, et n’a jamais mandaté ni reconnu la personne qui se présentait sous le nom de Cécile Richard.

La proximité entre « transfer-w » et « TransferWise » n’était pas fortuite : elle constituait le cœur du procédé. En reprenant une syllabe du nom de l’établissement britannique, l’opérateur du domaine cherchait à faire croire à un rattachement institutionnel qui n’existait pas. Une simple adresse électronique adossée à ce nom suffisait à faire croire à une communication officielle émanant d’un interlocuteur interne à l’établissement.

Ce type de mécanique, consistant à usurper l’identité d’une néobanque connue à travers un faux conseiller opérant depuis un domaine ad hoc, est documenté dans d’autres dossiers BrokerDefense. Nous avons notamment décrit la fausse vitrine de N26, montée sur consultinvest26.com et publiée le 14 novembre 2021, ainsi que, deux jours plus tard, un cas similaire dont deux adresses de 2021 toujours fichées continuent de figurer au répertoire des autorités, autour du domaine neon-contact.com.

Le prétendu livret d’épargne et la fausse conseillère

Le produit mis en avant à l’époque portait le nom de « livret d’épargne Actif ». Il était présenté comme plus avantageux que le livret A réglementé, sans qu’aucune base légale ni aucun enregistrement auprès des autorités compétentes ne vienne étayer cette promesse. Les simulations transmises aux épargnants reprenaient des éléments visuels associés à la banque Wise, renforçant l’apparence de légitimité.

L’interlocutrice affichée se présentait sous le nom de Cécile Richard et prétendait être conseillère au sein de cet établissement. Elle écrivait aux épargnants depuis une adresse électronique adossée au nom transfer-w.com. Aucun document transmis dans ce cadre ne correspondait à un produit enregistré ni à un mandat accordé par un établissement réel.

Le domaine n’a jamais hébergé de page d’accueil ni d’interface de souscription. La structure était réduite à son strict minimum opérationnel : une adresse de messagerie suffisait pour conduire le démarchage et transmettre des documents fabriqués.

Les constats techniques arrêtés en octobre 2026

Les sondes du 11 octobre 2026 montrent que transfer-w.com ne répond plus, que son enregistrement a cessé, qu’aucun certificat n’a jamais été délivré pour ce nom et qu’aucune copie de page n’a été conservée. Le tableau est celui d’un nom qui a cessé d’exister en tant qu’infrastructure, sans laisser la moindre trace technique exploitable.

Au répertoire commun des autorités françaises de supervision bancaire et des marchés financiers, la recherche sur le fragment « transfer-w » restitue un unique résultat : la ligne du 4 août 2021, qualifiée « Usurpation Professionnel » ainsi que « Crédits livrets paiements assurances », identifiée par une seule boîte de réception bâtie sur ce domaine, la cellule « Dénomination » restant vide. Ce résultat est accessible depuis la page listes noires des autorités.

Un balayage plus large sur le radical « transfer » fait apparaître sept lignes au total dans ce répertoire : transferwire-services.com (TRANSFER WIRE, 5 juin 2025), transferwire-service.com (TRANSFER WIRE, 17 février 2025), transfercash1.com (TRANSFERCASH / TRANSFER CASH BANK, 17 décembre 2024), une adresse Gmail référencée le 24 mai 2024, ubs-etransfert.online (17 octobre 2023), transfert-online.fr (CREDIT FINANCES, 26 juillet 2022), et la ligne de 2021 qui concerne ce dossier. Le seul point commun de ces sept lignes est le mot qu’elles contiennent : rien dans nos vérifications ne permet de leur attribuer un même exploitant.

Enfin, transfer-w.com ne figure dans aucun des fichiers de spécialité de l’autorité des marchés financiers consacrés aux produits dérivés sur crypto-actifs, aux crypto-actifs, au forex, aux biens divers, aux autres actifs ou aux options binaires. L’inscription de 2021 vit au répertoire commun de portée bancaire, pas dans ces fichiers de spécialité. Les constats du 11 octobre 2026 établissent la permanence de la trace réglementaire ; ils ne permettent pas de localiser un opérateur actif ni de reconstituer une infrastructure. Pour un suivi régulier de ces listes, l’Autorité des marchés financiers tient par ailleurs une page de synthèse accessible au public.

Les recours praticables quand le site n’existe plus

Que le nom ne figure plus au fichier des enregistrements ne supprime pas les recours. Les messages signés Cécile Richard, les simulations du prétendu livret d’épargne Actif et toute pièce envoyée depuis une adresse @transfer-w.com gardent leur valeur devant un juge, à condition d’avoir été gardés dans leur forme d’origine, en-têtes compris.

Les extraits de compte et les confirmations de virement passés après ce démarchage désignent la banque où l’argent a abouti. On peut rechercher la responsabilité de cette banque, en particulier si les circonstances de l’opération trahissent un défaut de contrôle. Cet angle demeure praticable quel que soit le sort du nom.

La recherche de l’intermédiaire ayant opéré sous le nom de Cécile Richard reste également possible : une adresse de messagerie inscrite au répertoire des autorités, combinée aux métadonnées des courriels reçus, peut orienter une enquête judiciaire vers des éléments d’identification concrets.

Sur la question de savoir si la banque ayant reçu les fonds peut être tenue de les rembourser, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’exercice se déroule à Paris, expose, au fil d’une intervention filmée, les conditions dans lesquelles la responsabilité d’un établissement bancaire peut être engagée à la suite d’une arnaque au faux conseiller, et précise quels arguments tendent à obtenir un remboursement.

Constituer un dossier solide avant de saisir un juge

Toute démarche dans ce dossier repose d’abord sur la qualité des pièces réunies. Les courriels reçus depuis une adresse construite sur transfer-w.com et signés Cécile Richard doivent être exportés avec leurs en-têtes techniques complets, qui permettent de retracer le serveur expéditeur réel. Les simulations du prétendu livret d’épargne Actif, qu’elles aient été transmises en pièce jointe ou dans le corps du message, constituent la preuve matérielle du produit fabriqué.

Les relevés de virement et les justificatifs de tout mouvement de fonds effectué à la suite de ce démarchage doivent être joints à tout dossier déposé. Ces documents établissent le lien entre le discours de la prétendue conseillère et un préjudice financier quantifiable, ce qui conditionne la recevabilité d’une constitution de partie civile.

Une fois ces éléments réunis, notre guide pour saisir le juge pénal et bâtir un dossier de plainte solide décrit la manière de présenter les faits devant le ministère public ou le juge d’instruction, en tenant compte des particularités des affaires d’usurpation d’identité bancaire.

Ce que les internautes demandent sur transfer-w.com

Transfer-w.com a disparu du fichier des enregistrements : l’inscription au répertoire des autorités a-t-elle encore une valeur ?

Oui. L’inscription du 4 août 2021, toujours portée au répertoire commun consulté le 11 octobre 2026, produit ses effets indépendamment du sort du domaine. Elle atteste que les autorités françaises de supervision bancaire et des marchés financiers ont formellement qualifié d’« Usurpation Professionnel » l’activité conduite depuis l’adresse associée à transfer-w.com. Cette inscription constitue un élément de preuve utilisable dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Cécile Richard était-elle une vraie conseillère de la banque Wise ?

Non. La banque Wise, établissement de paiement réel régulé au Royaume-Uni, n’a aucun lien avec transfer-w.com ni avec la personne se présentant sous ce nom. Le choix du domaine transfer-w.com visait à exploiter la proximité phonétique avec le nom TransferWise pour simuler une appartenance institutionnelle qui n’existait pas.

Des sommes ont été envoyées après un message venu d’une adresse @transfer-w.com : comment réagir ?

Garder intacts les messages d’origine, en-têtes compris, les simulations du prétendu livret d’épargne Actif et les justificatifs de chaque paiement. Réunis, ces éléments désignent la banque où l’argent a abouti et ouvrent la voie à une action contre elle. Une plainte pour escroquerie et usurpation d’identité demeure envisageable, même si ce nom n’existe plus.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 11/10/2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser