Trade360 avis : la vitrine chypriote ne répond plus

La vitrine trade360.com ne répond plus, le nom reste déposé

Nos relevés du 20 septembre 2026 n’obtiennent aucune réponse sur les ports web de trade360.com : ni depuis nos sondes, ni depuis une consultation externe, l’adresse ne sert plus aucune page. Le nom de domaine, lui, est toujours déposé, enregistré depuis le 25 septembre 2004, et sa période d’enregistrement en cours court jusqu’au 25 septembre 2026. Ce contraste entre un nom entretenu et une vitrine muette est le premier fait établi à la date de cette mise à jour.

Ce que le registre porte, relevé ce même jour : le dépositaire est GoDaddy.com, LLC, le dernier changement enregistré date du 26 septembre 2025, et le nom est soumis aux verrous habituels de ce dépositaire, qui interdisent le transfert, le renouvellement, la mise à jour et la suppression tant qu’il ne les lève pas lui-même. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Au niveau des serveurs de noms, nos vérifications du 20 septembre 2026 montrent que ce sont ceux du dépositaire qui sont déclarés : ns45.domaincontrol.com et ns46.domaincontrol.com. Une adresse IPv4 est publiée pour le nom, à savoir 91.238.237.11, portée par un hébergeur établi en Belgique, mais l’hôte correspondant ne répond pas davantage. Les enregistrements de messagerie, quant à eux, pointent vers un service de filtrage des courriers entrants.

Des consultations techniques publiques antérieures permettent de situer le moment où la vitrine a cessé de répondre. Des relevés de mars 2022 et de septembre 2023 confirment que des pages étaient alors servies, et une page était encore accessible le 6 février 2024, sous le titre « Forex Broker | Online Trading Platform | Trade360 », distribuée par un serveur nginx. Des sous-domaines tels que lp.trade360.com et trading.trade360.com ont eux aussi répondu entre 2019 et 2023. Les tentatives du 27 avril 2024 et du 25 septembre 2025 n’ont plus rien obtenu : la vitrine est restée muette à partir de cette période.

Cette mise à jour prolonge notre revue du 20 mai 2021 consacrée à cette même plateforme et à cette même adresse, qui établissait déjà les conditions dans lesquelles elle opérait. Les autres dossiers cités dans cet article ont été instruits séparément, et rien dans nos relevés ne rattache ces situations les unes aux autres.

Dernière mise à jour : 20/09/2026

Crowd Tech Ltd et la licence chypriote 202/13

Notre revue de mai 2021 établissait que la plateforme Trade360 appartenait à la société Crowd Tech Ltd, enregistrée sous le numéro 297365, et que cette société avait reçu de l’autorité de régulation chypriote la licence numéro 202/13, délivrée le 14 juin 2013. L’adresse exploitée était www.trade360.com. Le registre public des sociétés d’investissement tenu par la Commission chypriote des marchés financiers permet de rechercher ce type d’agrément.

Cet encadrement réglementaire couvre la commercialisation des produits et l’information délivrée au client : un courtier placé sous une telle licence est tenu de respecter des règles sur la présentation des risques et sur les conditions d’accès aux produits. Ce qu’il ne couvre pas, en revanche, c’est le risque de perte lui-même, qui reste entier. Un courtier peut donc être en règle sur le plan réglementaire et voir ses clients perdre la totalité de leurs fonds.

Nous n’avons pas pu vérifier le statut actuel de cette licence : nous écrivons qu’elle a été délivrée à cette date, sans affirmer qu’elle serait aujourd’hui active ou qu’elle aurait fait l’objet d’une décision de retrait. La vérification de ce point relève du registre chypriote, que toute personne peut consulter directement.

Le témoignage de 2021 : un épargnant de 80 ans et un accord à 15 %

Le 31 mai 2021, le site de presse Warning Trading, consacré aux victimes d’escroqueries financières, diffusait un entretien avec un homme de 80 ans qui décrivait sa mésaventure sur la plateforme Trade360. Notre article du 8 juillet 2021 relatait cet entretien. La victime, dont le témoignage reste anonyme dans cette mise à jour comme dans l’article d’origine, indiquait avoir perdu plusieurs centaines de milliers d’euros sur cette plateforme, avant d’accepter un accord portant sur 15 % de la somme qu’il avait investie.

Le mécanisme décrit dans cet entretien suit un schéma que l’on retrouve dans ce type de situation : des gains s’affichent sur l’interface, un premier retrait partiel est accordé pour installer la confiance, puis le client est incité à remettre de l’argent afin de ne pas perdre le capital déjà engagé. Cette logique maintient l’épargnant dans une relation où chaque nouveau versement est présenté comme la condition pour préserver ce qui précède.

La somme évoquée dans ce témoignage, plusieurs centaines de milliers d’euros, illustre jusqu’où peut aller l’exposition d’un particulier dans ce type de produit. L’accord à 15 % signifie concrètement que l’épargnant a renoncé à plus de huit dixièmes de ce qu’il avait versé pour solder la situation.

Un modèle où le courtier gagne quand le client perd

La structure économique de ce type de plateforme crée un conflit d’intérêts structurel : le courtier se rémunère sur l’activité de son client et sur les positions perdantes, de sorte qu’il n’a aucun intérêt direct à le voir dégager des bénéfices. Notre revue de mai 2021 relevait que la plateforme affichait alors que 65,55 % de ses clients perdaient leur investissement. Ce chiffre, publié par la plateforme elle-même conformément aux obligations réglementaires, éclaire la réalité de l’exposition moyenne.

Une étude de l’Autorité des marchés financiers publiée en 2014 établissait que neuf particuliers sur dix perdent leur argent sur le Forex et les produits à effet de levier de type CFD. Ce constat, qui porte sur l’ensemble du secteur, donne la mesure du risque réel auquel s’expose un épargnant qui ouvre un compte sur ce type de plateforme. Notre revue de juin 2021 consacrée à BDSwiss, un autre courtier opérant sous licence chypriote sur le même modèle, documente les mêmes mécanismes dans un dossier distinct.

Notre contrôle du 20 septembre 2026 portait sur les six fichiers de listes publiés par l’Autorité des marchés financiers, relus ce jour-là : aucune entrée ne porte le nom Trade360 ni celui de la société Crowd Tech Ltd. Ne pas y figurer ne signifie pas pour autant que l’opérateur soit au-dessus de tout soupçon, mais ce repère mérite d’être vérifié avant d’ouvrir un compte. Ces avertissements sont consultables par tous sur le site de l’Autorité des marchés financiers ; comparer ensuite le numéro de licence annoncé au registre du régulateur qui l’a délivré se fait sans intermédiaire.

Boîte aux lettres à Limassol et avocats en première ligne

L’enquête d’origine de juillet 2021 relevait que l’adresse postale annoncée à Chypre par la société correspondait à la boîte aux lettres d’un cabinet d’avocats installé à Limassol. Aucun nom de cabinet ne peut être cité ici, faute d’établissement suffisant. Ce qui était documenté, en revanche, c’est la fonction de cet intermédiaire : toute réclamation ou tout courrier adressé à la plateforme transitait d’abord par ces avocats, qui constituaient un écran entre la société et ses clients.

Cette organisation rendait toute démarche directe plus difficile pour un client qui cherchait à contester une opération ou à obtenir un remboursement. Elle n’implique pas en soi d’infraction : recourir à un cabinet d’avocats pour gérer la correspondance commerciale est une pratique courante. Ce qu’elle révèle, c’est la distance effective entre la plateforme et ses utilisateurs. Notre revue de juin 2021 sur Vantage FX examine les mêmes produits à effet de levier et les pertes qu’ils provoquent dans un dossier traité séparément.

Ni Crowd Tech Ltd ni aucune autre société citée dans cet article ne se voit attribuer, par ce que nous rapportons, la commission d’une infraction ou d’une condamnation. Le dossier de 2021 portait sur le témoignage d’un client et sur le cadre dans lequel cette plateforme opérait : c’est à cette limite que notre travail s’arrête.

Les démarches d’un épargnant qui a versé des fonds à un courtier étranger

Lorsqu’un particulier a versé des fonds sur une plateforme de ce type, les pièces les plus utiles sont celles qui documentent chaque mouvement de bout en bout : les relevés de compte faisant apparaître les débits, les ordres de virement passés auprès de son établissement, les avis d’opération correspondants, les courriels échangés avec l’interlocuteur de la plateforme et les conditions générales qui lui ont été transmises à l’ouverture du compte. Le libellé et les coordonnées portés sur l’ordre de virement désignent la banque qui a encaissé les fonds.

Le silence d’une vitrine ne fait pas disparaître ces pièces. Que trade360.com ne serve plus aucune page ne modifie en rien la valeur des relevés et des courriels conservés par l’épargnant. Ce sont ces documents qui fondent un signalement auprès de l’Autorité des marchés financiers et, le cas échéant, une réclamation auprès de la banque qui a laissé partir ces virements sans alerter.

Une plainte pénale peut être envisagée sur la base de ces mêmes pièces. Comprendre comment porter plainte dans un dossier de fraude financière permet d’identifier les étapes et les autorités compétentes selon la nature des faits et le lieu de résidence de la victime.

La suite judiciaire d’un dossier de ce genre dépend souvent de la banque : Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont Paris est la ville du barreau, expose dans un entretien filmé la décision qui a sanctionné une banque pour n’avoir pas exercé la vigilance qui lui incombait sur des opérations de virement, et les dommages-intérêts alloués à une personne trompée par un faux investissement.

Vos questions sur Trade360, et nos réponses

La plateforme trade360.com répond-elle encore en 2026 ?

Nos relevés du 20 septembre 2026 n’ont obtenu aucune réponse sur les ports web de trade360.com. La dernière page connue date du 6 février 2024 ; les tentatives du 27 avril 2024 et du 25 septembre 2025 sont restées sans résultat. Le nom de domaine est toujours déposé, avec une période d’enregistrement courant jusqu’au 25 septembre 2026, mais la vitrine elle-même ne sert plus aucune page.

Sous quel cadre réglementaire la société Crowd Tech Ltd exerçait-elle ?

Notre revue de mai 2021 établissait que Crowd Tech Ltd, enregistrée sous le numéro 297365, avait reçu de l’autorité chypriote la licence numéro 202/13, délivrée le 14 juin 2013. Cet encadrement porte sur la commercialisation et l’information du client, pas sur le risque de perte. Nous n’avons pas pu vérifier le statut actuel de cette licence et nous n’affirmons pas qu’elle serait aujourd’hui active ou retirée.

Quelles pièces conservent leur utilité après des versements effectués sur Trade360 ?

Les relevés de compte faisant apparaître les débits, les ordres de virement passés, les avis d’opération correspondants, les courriels échangés avec l’interlocuteur de la plateforme et les conditions générales transmises à l’ouverture du compte restent des pièces exploitables. Elles désignent la banque qui a encaissé les fonds et constituent la base d’un signalement ou d’une réclamation, indépendamment du silence actuel de la vitrine.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 20/09/2026

2 Comments

  1. Bonjour
    J’ai subi l’année dernière pendant plusieurs mois les pressions de trade 360 et notamment de M, Cardini et j’ai perdu environ 80000€
    Je suis conscient de ma responsabilité mais je pense avoir été abusé et je voudrais récupérer au moins la moitié de ce que j’ai perdu

  2. Laligant dit :

    Je suis prise au milieu du piège mais je crois qu’il est possible de m’en sortir .
    j’ai perdu déjà plus d’1 million d’euros quand mon gestionnaire de compte était alors Philippe Cardin (il était à Berlin suivant ses dires). Je ne peux pas vous appeler car depuis 6 mois je vis en Thailande.
    Aujourd’hui je suis avec un autre gestionnaire de compte qui est à Chypre (Paul Becker). Il restait 58 000$ sur mon compte de trading et 273 000$ qui étaient bloqués car il s’agissaient de bonus qui devaient être transformés en argent sonnant et trébuchant si je les transformais en opérations sur le marché.

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