BDSwiss avis : ce que change le retrait de la licence 199/13

La licence chypriote 199/13, qui constituait le fondement réglementaire européen de BDSwiss, a été suspendue en octobre 2024 puis retirée par une décision adoptée le 17 mars 2025 : l’entité qui la détenait est aujourd’hui enregistrée sous le nom Viverno Markets Ltd, avec la mention « Withdrawn » dans le registre public de la CySEC.

Cet article reprend et actualise notre enquête publiée en juin 2021 sur la plateforme BDSwiss. Les éléments présentés ci-dessous distinguent soigneusement ce que notre enquête d’origine rapportait et ce que les vérifications conduites en septembre 2026 permettent d’établir.

La licence 199/13 : suspendue en octobre 2024, retirée en mars 2025

La licence numéro 199/13 était, au moment de notre enquête de juin 2021, la pièce centrale de l’enregistrement européen de BDSwiss. Elle avait été délivrée le 31 mai 2013 à l’entité alors dénommée BDSwiss Holding PLC, immatriculée sous le numéro de société 300153 et dont le siège était indiqué à Hyper Tower, 5e étage, 11 Apostolou Andrea Street, 4007 Mesa Yeitonia, Limassol, Chypre.

La situation a considérablement évolué depuis lors. La fiche correspondante dans le registre public de la CySEC est désormais établie au nom de Viverno Markets Ltd. La rubrique « Previous Name » indique la succession suivante : BDSwiss Holding Ltd, Keplero Holdings Ltd, BDSwiss Holding Plc. Les domaines approuvés rattachés à cette fiche se limitent à www.viverno.com, et non plus à des adresses associées à la marque BDSwiss.

Deux décisions formelles ont marqué la fin de cette licence. La décision 98085, intitulée « Suspension of CIF licence », a été adoptée et annoncée le 24 octobre 2024. Quelques mois plus tard, la décision 99655, intitulée « Withdrawal of CIF license », a été adoptée le 17 mars 2025 et annoncée le 9 mai 2025. Ces deux fiches mentionnent qu’un recours a été enregistré, ce qui signifie que la procédure judiciaire n’était pas close lorsque nous avons consulté ces fiches. Le retrait d’une licence par un régulateur est une mesure administrative sévère, mais il ne vaut pas condamnation pénale et ne préjuge pas de l’issue d’un éventuel recours.

Dernière mise à jour : 20/09/2026

Déposé en avril 2013 et reconduit jusqu’en mars 2027

Le nom de domaine bdswiss.com a été enregistré le 9 avril 2013, soit quelques semaines avant la délivrance de la licence chypriote. Son enregistrement a été reconduit et l’échéance en cours est fixée au 17 mars 2027. Le statut porte la mention « client transfer prohibited », une mention qui indique que le titulaire n’autorise pas le déplacement du nom vers un autre prestataire. Les serveurs de noms sont ceux de Cloudflare (jule.ns.cloudflare.com et west.ns.cloudflare.com), et la dernière modification de la fiche d’enregistrement date du 1er juillet 2024.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

En septembre 2026, les adresses www.bdswiss.com et bdswiss.com ne servent plus de page de présentation commerciale. Elles renvoient de façon permanente (code HTTP 301) vers dashboard.bdswiss.com, qui héberge un portail d’accès client dont le titre de page porte la mention « Account Portal », lui-même protégé derrière Cloudflare. Un visiteur qui n’est pas déjà titulaire d’un compte ne trouvera donc aucune documentation publique à la racine du domaine principal.

De Chypre à Maurice : la branche que notre enquête signalait déjà

Notre enquête de juin 2021 relevait déjà l’existence d’une branche mauricienne opérant sous la marque BDS Markets, déclarée auprès de la Financial Services Commission de Maurice sous la licence C116016172. Nous notions alors que la communication de la plateforme restait discrète sur cette implantation, au profit de la mise en avant de l’enregistrement chypriote.

La configuration technique du portail aujourd’hui accessible à dashboard.bdswiss.com confirme que cette entité mauricienne occupe désormais une place centrale. Les réglages embarqués dans la page désignent explicitement un identifiant de configuration « bdSwissMauritius », affichent le logo « BDS Markets » et renvoient vers des conditions générales hébergées sur le sous-domaine mau.bdswiss.com. Le même code prévoit de rediriger les visiteurs de l’Union européenne vers dashboard-eu.bdswiss.com, ce qui suggère une segmentation géographique du trafic.

Ce type de montage, qui articule une entité régulée dans l’Union européenne et une entité offshore, n’est pas propre à ce dossier. BrokerDefense a documenté des configurations comparables dans d’autres dossiers chypriotes, comme celui de Trade360, qui illustre les risques concrets associés à ce type de structure pour les investisseurs résidant dans l’Union. Il convient cependant de distinguer la structuration juridique d’une activité, qui peut être parfaitement légale, de comportements frauduleux : nos relevés ne permettent pas d’attribuer à cette plateforme des faits de fraude caractérisés.

Ce que le retrait d’une licence ne règle pas : le risque du levier

La disparition d’un agrément réglementaire est une information importante, mais elle ne doit pas faire oublier que les risques inhérents au trading à effet de levier existaient bien avant et indépendamment de tout problème de régulation. Lorsqu’un investisseur négocie des instruments financiers avec levier, les pertes peuvent dépasser le capital initialement déposé et intervenir très rapidement, quelle que soit la réputation de l’intermédiaire.

Notre enquête d’origine rapportait deux éléments qui méritent d’être rappelés dans ce contexte. D’une part, le conseil de la CySEC avait rendu, le 19 décembre 2017, une décision condamnant la société au paiement de 150 000 euros pour manquement aux conditions de sa licence et à son obligation d’agir de manière juste envers ses clients. D’autre part, notre enquête relevait des frais d’inactivité de 10 % du solde par mois, avec un minimum facturé de 25 euros, ainsi que l’impossibilité d’ouvrir un compte de démonstration sans passer préalablement par un gestionnaire de compte. Ces deux éléments, pris ensemble, dessinaient un environnement commercial dont certaines pratiques avaient déjà attiré l’attention du régulateur.

Il est essentiel de formuler clairement les limites de notre analyse : un retrait de licence constitue une sanction administrative, pas une condamnation pénale. Nos vérifications ne permettent pas d’établir que cette plateforme a organisé une escroquerie, et il serait inexact de l’affirmer. En revanche, toute personne ayant effectué des versements sur cette plateforme a intérêt à examiner ses droits avec attention, notamment si elle n’a pas pu récupérer ses fonds.

Vérifier un courtier dans les registres avant de déposer des fonds

Le dossier BDSwiss illustre l’utilité des vérifications élémentaires qu’un investisseur peut conduire lui-même, avant tout dépôt de fonds, sans recourir à des outils techniques complexes. Ces vérifications ne garantissent pas l’absence de tout risque, mais elles permettent d’identifier des signaux d’alerte qui auraient dû conduire à la prudence.

  • Interroger le registre du régulateur concerné : vérifier que la licence est toujours active, que le nom de domaine figure bien parmi les domaines approuvés de l’entité, et relever l’historique des sanctions éventuelles. Dans le cas présent, le domaine bdswiss.com ne figure plus parmi les domaines approuvés rattachés à la licence 199/13.
  • Contrôler l’ancienneté et le statut de l’enregistrement du domaine : un domaine enregistré depuis longtemps et dont le titulaire est identifiable est un signal plus rassurant qu’un domaine récent ou dont les informations sont masquées. Cela ne suffit pas, mais c’est un élément parmi d’autres.
  • Vérifier que le nom ne figure pas sur les listes de mises en garde publiées par les autorités de son pays de résidence, par exemple l’Autorité des marchés financiers en France, dont les alertes sont accessibles au public.

Nous avons également consulté, en septembre 2026, les publications de l’Autorité des marchés financiers françaises consacrées aux sites non autorisés : ce nom n’y figure pas. Cette vérification décrit l’état des documents consultés à cette date, et rien de plus.

À titre de comparaison, un courtier dont l’enregistrement reste actif et dont les domaines approuvés correspondent à son activité commerciale principale offre un point de départ plus solide pour toute vérification : c’est le cas, par exemple, de Pepperstone, que nous avons également analysé sur BrokerDefense.

Si vous avez déjà effectué des versements et que vous rencontrez des difficultés pour récupérer vos fonds, BrokerDefense met à votre disposition des informations sur la marche à suivre pour déposer plainte et sur les recours envisageables selon votre situation.

Avocate inscrite au barreau de Paris, Maître Anne Bernard-Dussaulx expose dans la séquence qui suit deux décisions de justice : l’une oblige une banque à indemniser intégralement des victimes de plateforme de trading, l’autre prononce la condamnation d’une banque étrangère ayant facilité des mouvements de fonds litigieux. Ces décisions illustrent concrètement les voies de recours qui peuvent s’ouvrir à des investisseurs lésés.

Vos questions sur BDSwiss après le retrait de la licence

Que dit aujourd’hui le registre de la CySEC sur la licence 199/13 ?

La fiche correspondant à la licence 199/13 est désormais enregistrée au nom de Viverno Markets Ltd et porte la mention « Withdrawn ». La suspension a été prononcée le 24 octobre 2024 et le retrait formellement adopté le 17 mars 2025, avec une annonce publiée le 9 mai 2025. Les deux décisions mentionnent qu’un recours a été enregistré, ce qui signifie que la procédure n’est pas nécessairement clôturée.

Le domaine bdswiss.com est-il toujours en service ?

Le domaine bdswiss.com reste enregistré jusqu’au 17 mars 2027 et répond à des requêtes, mais il redirige désormais de façon permanente vers dashboard.bdswiss.com, un portail d’accès réservé aux titulaires de compte. Aucune page de présentation commerciale n’est accessible à la racine du domaine, et les réglages de ce portail désignent une entité mauricienne opérant sous la marque BDS Markets.

Un versement effectué sur cette plateforme ouvre-t-il un recours ?

Le retrait d’une licence réglementaire ne ferme pas à lui seul les voies de recours civiles ou pénales ouvertes à un investisseur qui n’a pas pu récupérer ses fonds. La nature du recours envisageable dépend des circonstances précises de chaque situation : montant concerné, pays de résidence, entité avec laquelle le contrat a été conclu. Il est conseillé de consulter un professionnel du droit pour évaluer les options disponibles.

Le dossier BDSwiss concentre plusieurs des signaux d’alerte que BrokerDefense documente régulièrement : une licence européenne aujourd’hui retirée, une entité renommée dont les domaines approuvés ne correspondent plus à la marque commerciale initiale, et une bascule vers une entité mauricienne déjà identifiée dans notre enquête de 2021. Ces éléments, pris ensemble, justifient une vigilance accrue de la part de toute personne ayant eu un lien contractuel avec cette plateforme. Nos vérifications de septembre 2026 ne permettent pas de conclure à une fraude caractérisée, mais elles confirment que la situation réglementaire a changé de façon substantielle depuis notre première publication. Toute personne concernée a intérêt à documenter soigneusement ses échanges et ses transactions. BrokerDefense peut dresser un état des lieux du dossier avant qu’une démarche soit engagée.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 20/09/2026

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