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La mise en garde belge du 18 janvier 2021
Publiée le 18 janvier 2021, la mise en garde de l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) visait une société se présentant sous le nom de Finev Finance, qui proposait aux consommateurs belges des crédits sans y être autorisée. Le texte conservé de cet avertissement indique que cette société n’était ni agréée comme prêteur, ni inscrite comme intermédiaire de crédit en Belgique, et que les crédits annoncés étaient, selon les informations dont disposait le régulateur, purement frauduleux.
Le procédé y est décrit pas à pas. Lorsqu’un consommateur souhaitait donner suite à une proposition de crédit, il lui était demandé de verser des sommes destinées à couvrir toutes sortes de frais liés au crédit, présentés comme des frais de dossier ou comme une prime d’assurance. Une fois le paiement effectué, le crédit n’était jamais débloqué et les montants versés devenaient pratiquement impossibles à récupérer. L’avertissement précise encore que cette société faisait usage des logos d’établissements de crédit agréés, un détail qui explique la confiance accordée par les personnes démarchées.
Le régulateur rattachait alors cette activité au nom de domaine www.finev-financial.com, avec une adresse déclarée à Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, une adresse de courriel [email protected] et un numéro de téléphone français. C’est ce même nom que l’enquête publiée ici en avril 2021 citait en lien, au moment de vérifier la date de création du site. La mise en garde recommandait de ne donner suite à aucune proposition émanant de cette société et de n’effectuer aucun paiement en sa faveur.
Dernière mise à jour : 21/09/2026
Décembre 2021 : la même enseigne passée au marché néerlandais
Les copies de pages conservées par un service public permettent de suivre l’enseigne après l’avertissement belge. La plus lisible, relevée le 29 décembre 2021, ne présente plus du tout la même vitrine : le site est rédigé en néerlandais, il se décrit comme le numéro un du marché néerlandais du financement et de la restructuration de prêts, et il promet une offre gratuite, une réponse sous vingt-quatre heures ainsi qu’un accompagnement des emprunteurs, particuliers comme commerçants.
Les mentions de contact ont elles aussi changé de pays. Là où la mise en garde de janvier 2021 désignait une adresse française, la page de décembre 2021 affiche une adresse aux Pays-Bas, à Rijswijk, accompagnée d’un numéro de téléphone néerlandais et de la même adresse de courriel en finev-financial.com. Le pied de page porte la mention de droits 2018, et le corps du texte revendique plus de vingt années d’expérience dans le secteur. Notre enquête d’avril 2021 situait pour sa part la création du nom à l’été 2020, ce qui rendait déjà difficile de concilier cette ancienneté affichée avec la jeunesse du domaine.
Cette bascule n’est pas une reconstruction de notre part : elle se lit dans les pages telles qu’elles ont été servies. En quelques mois, la même marque est passée d’une cible belge avec des coordonnées françaises à une cible néerlandaise avec des coordonnées néerlandaises, sans jamais produire le moindre élément d’identification de la société qui exploitait la vitrine. Le schéma du crédit annoncé puis conditionné à un versement préalable a depuis été retrouvé sur d’autres dossiers, notamment geld-groupdienst.com, où une identité belge était usurpée pour démarcher des emprunteurs.
Registre et résolution : deux constats distincts
Interrogés le 21 septembre 2026, les deux noms n’existent plus. L’annuaire des noms en .com ne renvoie aucune fiche pour finev-finance.com, pas plus que pour finev-financial.com. La résolution de ces deux noms ne renvoie plus rien du tout, ni pour le web ni pour la messagerie. Il ne reste donc aucune vitrine à consulter, et plus aucune adresse à laquelle écrire.
Ce constat doit être lu séparément de la question des copies de pages. Pour finev-financial.com, plusieurs relevés servis entre mai 2021 et janvier 2022 restent consultables, dont celui de décembre 2021 détaillé plus haut. Pour finev-finance.com, aucune copie de page conservée ne subsiste : ce nom, celui que porte le titre de cet article depuis sa première publication, n’a laissé derrière lui que les traces de son enregistrement passé. Deux noms d’une syllabe d’écart, deux histoires de conservation différentes, et aujourd’hui un seul et même vide dans l’annuaire.
La mise en garde elle-même n’est plus servie à son adresse d’origine sur le site du régulateur belge, et une recherche effectuée sur ce site le 21 septembre 2026 ne la fait plus apparaître, alors que d’autres avertissements de la même période y restent consultables. Cela ne retire rien à ce que l’avertissement décrivait : sa version conservée reste lisible, et c’est elle qui établit le mode opératoire retenu ici.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Après le versement, les pièces qui comptent
Dans ce type de dossier, la difficulté ne vient pas du montant versé mais de ce qui peut être prouvé. Le point de départ est le relevé bancaire, qui identifie le bénéficiaire du virement, sa date et son montant. Viennent ensuite les échanges avec l’interlocuteur qui a présenté l’offre : courriels, messages de messagerie instantanée, SMS, en précisant le canal utilisé, car c’est souvent lui qui rattache un versement à un démarchage précis. Les documents de dossier remis lors de la demande de crédit, même partiels, complètent l’ensemble.
Ces pièces servent deux objectifs distincts. Elles permettent d’abord de faire constater l’existence des versements et l’absence de contrepartie, ensuite d’interpeller la banque qui a exécuté le virement sur les conditions dans lesquelles l’opération a été acceptée. L’arrêt des deux vitrines ne rend pas ces précautions inutiles : les comptes employés par les interlocuteurs finiront eux aussi par fermer, et ce qui n’aura pas été conservé le sera difficilement plus tard.
Notre page consacrée au dépôt d’une plainte devant le juge pénal détaille la chronologie d’une procédure et ce qu’un dossier doit contenir pour être exploitable. Le régulateur belge tient par ailleurs la liste des entreprises irrégulièrement actives en Belgique, qu’il reste utile de consulter avant de donner suite à une offre de crédit. Sur le même sujet, notre dossier sur Pretalia montre comment un prêteur fictif se retrouve fiché par une autorité de marché sans que la vitrine cesse pour autant de fonctionner.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’inscription figure au barreau de Paris, décrit dans l’entretien qui suit la manière dont les auteurs d’escroqueries financières répondent de leurs actes devant la justice, et ce qu’une victime peut en attendre.
Frais versés sans crédit : ce que l’on nous demande
Non. Interrogés le 21 septembre 2026, ni finev-finance.com ni finev-financial.com ne figurent dans l’annuaire des noms en .com, et aucun des deux ne se résout : il n’y a plus de site à visiter ni d’adresse de courriel à joindre. Aucune société portant ce nom n’a par ailleurs été retrouvée dans le registre britannique des sociétés. La marque n’est donc plus exploitée sous cette forme, ce qui ne signifie pas que les démarches des personnes ayant versé des fonds soient devenues sans objet.
C’est la signature du procédé décrit par le régulateur belge en janvier 2021. Un prêteur qui facture des frais de dossier ou une prime d’assurance le fait habituellement sur les fonds prêtés, jamais sur le compte de l’emprunteur avant le versement. Lorsque le paiement est exigé d’abord, le crédit annoncé ne suit en général jamais, et les sommes versées deviennent très difficiles à récupérer. Un interlocuteur qui réclame une somme conditionne l’accès à un financement qui n’a aucune existence vérifiable.
Il faut commencer par rassembler les preuves du ou des versements : relevés bancaires, échanges avec l’interlocuteur, documents de dossier. Ces éléments permettent de reconstituer le démarchage et de l’opposer à la banque qui a exécuté le virement, sur le terrain de son obligation de vigilance. L’arrêt du site ne rend aucune de ces étapes facultative, et il les rend même plus pressantes.
Les personnes qui ont versé des frais de dossier à la suite d’une proposition de crédit reçue par courriel, par messagerie ou par un formulaire en ligne peuvent demander un premier examen de leur dossier à BrokerDefense, avant d’engager la moindre démarche. La mise en garde du régulateur belge, la bascule des coordonnées vers les Pays-Bas en 2021 et la disparition des deux noms donnent à ce dossier un cadre précis, sur lequel un examen préalable peut s’appuyer.
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Article réécrit le 21/09/2026


