Btc-swing.com arnaque : l’AMF porte encore ce nom depuis 2021

La ligne du relevé de l’AMF, portée depuis le 7 avril 2021

Le 7 avril 2021, le régulateur français des marchés financiers a enregistré dans son relevé des sites non autorisés le libellé exact www.btcswing.com, sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs » : c’est cette écriture, sans tiret et précédée du préfixe www, qui figure dans la fiche nominative publiée par l’AMF, dont l’intitulé associe ce libellé exact à la mention de liste noire.

Le fichier de listes publié par l’AMF le 10 septembre 2026 porte encore cette ligne, sans modification ni retrait. Cinq ans se sont écoulés depuis la date retenue par le régulateur, le 7 avril 2021, et l’entrée demeure intacte dans le relevé officiel.

Notre article consacré à la plateforme a été publié le 17 avril 2021, soit dix jours après cette inscription. À l’époque, la rédaction évoquait « une liste noire » sans en préciser le nom. Ces deux dates sont rappelées ici telles quelles, sans qu’il soit possible de conclure à un lien de cause à effet entre l’une et l’autre.

Il convient de noter que le libellé retenu par le régulateur est www.btcswing.com, sans tiret, alors que le titre de notre article d’origine était orthographié avec un tiret. Cette divergence d’écriture est un constat, rien de plus : elle n’établit pas l’identité de l’exploitant visé.

Une inscription sur ce relevé n’est pas une décision de justice : il s’agit d’un avertissement administratif. Par ailleurs, ces relevés paraissent par lots, et leur classement y suit l’ordre alphabétique : la proximité de deux entrées n’y indique aucun lien entre les noms concernés.

Dernière mise à jour : 21/09/2026

Devant nos captures d’avril 2021, une vitrine sans la moindre mention légale

Les deux captures conservées par notre rédaction en avril 2021, la page d’accueil de la plateforme et le bas de page, constituent aujourd’hui les seules images qui subsistent de ce site. Elles montrent une vitrine proposant un service de trading sur bitcoin, dépourvue de la moindre mention légale et de toute politique de confidentialité.

Aucun renseignement sur la société à laquelle aurait appartenu la plateforme n’était accessible à l’époque. Le bas de page, presque entièrement vide, ne portait qu’une mise en garde laconique sur les risques associés au trading, sans autre contenu identifiable.

Le bas de page de Btc-swing.com : un désert.
Capture conservée par notre rédaction en avril 2021 : le bas de page de la vitrine, réduit à une mise en garde laconique.

Le titulaire du domaine était masqué au registre à l’époque de nos premières vérifications. Cette absence totale d’identification constitue en elle-même un signal fort : sans mentions légales, sans société nommée, sans politique de confidentialité, il n’existe rien à opposer au régulateur, rien à citer devant un juge, rien à vérifier par un tiers. Une seule mécanique est à l’œuvre, celle de collecter des fonds sans laisser de trace institutionnelle.

Ces constats sont ceux de notre première enquête et ne peuvent être re-vérifiés aujourd’hui, la vitrine ayant cessé de répondre. Ils sont présentés ici tels qu’ils ont été établis en avril 2021, sur la base de l’examen direct de la plateforme alors encore active.

Deux écritures pour une marque, et une seule encore au registre

Nos vérifications du 21 septembre 2026 établissent une situation clairement différenciée selon l’écriture du nom. Le nom avec tiret, btc-swing.com, celui qui figure dans notre article d’origine, a perdu toute existence dans le système de noms : l’adressage, la délégation de domaine et le service de messagerie ne rendent plus rien pour lui.

Interrogé directement, le registre des .com ne rend aucune fiche pour btc-swing.com. Afin de s’assurer que l’absence de résultat ne reflétait pas un dysfonctionnement du registre, nos recherches ont inclus, dans la même passe, une requête sur un autre nom enregistré en .com : la fiche complète de ce second nom est revenue sans difficulté, confirmant que le registre répondait normalement. Le nom btc-swing.com est donc bien sorti du registre.

La situation du nom sans tiret, btcswing.com, est distincte. Ce nom reste enregistré à ce jour et résout vers deux adresses de machines louées à un fournisseur de services d’hébergement en nuage. Toutefois, aucune connexion n’aboutit sur ces adresses : le délai de connexion est systématiquement dépassé. Le nom est donc conservé, mais toute exploitation a cessé.

Cette dissymétrie entre les deux écritures est un fait technique, sans qu’il soit possible d’en déduire une intention particulière de la part de quiconque. Elle signifie simplement que l’écriture sans tiret reste sous contrôle d’un titulaire, tandis que celle avec tiret a disparu du registre sans laisser de fiche.

Pour l’historique complet des enregistrements, nos lecteurs peuvent consulter la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Jamais le moindre certificat journalisé, et deux dossiers de la même période

Nos relevés techniques sur le nom avec tiret sont restés entièrement vides. Les journaux publics de certificats ne contiennent aucun certificat journalisé pour btc-swing.com. Aucune copie publique du site n’a été conservée dans les archives accessibles à nos recherches. Aucun sous-domaine, aucune adresse passée, aucun domaine voisin et aucune trace de messagerie ancienne n’ont été retrouvés pour ce nom.

Le registre des sociétés britanniques ne rend, pour sa part, aucune entrée correspondant à la racine de la marque. Les avertissements publiés par le régulateur chypriote ne contiennent eux non plus aucune mention de cette marque. Le relevé français, lui, porte bien l’entrée décrite en première section, et c’est la seule trace institutionnelle identifiée à ce jour.

Notre dossier consacré à Btcbrokerz.com portait sur un nom lui aussi inscrit au même fichier de listes du régulateur, et qui a quitté depuis le registre des .com. Dans les mêmes semaines, notre enquête sur Bitsamo.net documentait une autre vitrine de la même période, publiée six jours après le présent article.

Les pièces bancaires, seul point d’appui qui subsiste

La disparition de la vitrine ne referme pas toutes les voies. Les relevés bancaires retraçant les sommes envoyées à la suite d’un démarchage lié à cette plateforme restent des pièces exploitables, tout comme les confirmations d’ordre de virement qui précisent l’intermédiaire ayant reçu les fonds.

L’identification de cet intermédiaire est un point d’appui central : l’établissement qui tenait le compte et a laissé passer les ordres sans relever les signaux d’alerte disponibles peut voir sa responsabilité engagée. Cette voie a déjà abouti à des indemnisations dans des dossiers comparables.

Les échanges écrits conservés avec les interlocuteurs de la plateforme, qu’il s’agisse de messages reçus lors du démarchage initial, de formulaires d’inscription renseignés ou de toute correspondance ultérieure, renforcent le dossier en attestant de la réalité du contact et de la nature des engagements présentés.

Dans l’échange qui suit, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate du ressort de la cour d’appel de Paris, décrypte l’issue favorable d’une affaire d’escroquerie : une banque y est condamnée pour la faiblesse de sa surveillance, les victimes obtiennent une indemnisation, et l’entretien revient sur les enseignements d’un jugement rendu au tribunal du Mans.

Confier le dossier à un juge, relevés bancaires en main

Lorsque des fonds ont été envoyés à la suite d’un démarchage lié à btc-swing.com ou à l’écriture sans tiret, la première démarche utile consiste à rassembler l’ensemble des pièces bancaires avant tout autre contact : relevés, avis d’opéré, confirmations de virement, échanges écrits avec les interlocuteurs de la plateforme.

Le dépôt d’une plainte pénale est la voie la plus directe pour obtenir l’ouverture d’une enquête officielle. Notre guide détaillé sur la procédure pour porter plainte dans un dossier d’escroquerie financière explique les étapes à suivre et les éléments indispensables à fournir.

Sur le plan réglementaire, l’AMF met à disposition des épargnants une documentation complète sur les listes de sites non autorisés et les démarches de protection, accessible depuis son espace dédié.

La responsabilité de l’établissement bancaire teneur de compte mérite d’être examinée systématiquement : si des virements successifs ont été exécutés vers un intermédiaire non autorisé sans que la banque n’émette d’alerte, cette absence de vigilance peut constituer un fondement à une action en indemnisation, parallèlement à la plainte pénale.

Ce que les internautes nous demandent sur cette marque

Le site btc-swing.com a disparu : mes chances d’être indemnisé ont-elles aussi disparu ?

Non. La disparition de la vitrine ne supprime pas les traces laissées dans vos relevés bancaires ni dans vos échanges écrits avec les interlocuteurs de la plateforme. Ces pièces désignent la banque bénéficiaire des virements et permettent d’engager, selon les cas, une action pénale ou une procédure civile contre l’établissement qui les a exécutés sans alerter son client.

L’AMF a inscrit www.btcswing.com sans tiret : est-ce bien le même site que btc-swing.com ?

Le relevé du régulateur porte le libellé www.btcswing.com, écrit sans tiret, sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs », à la date du 7 avril 2021. Notre article d’origine visait l’écriture avec tiret. Il n’est pas possible de conclure avec certitude à l’identité de l’exploitant à partir de la seule différence d’orthographe : les deux faits sont établis tels quels, et c’est la fiche nominative de l’écriture sans tiret qui est accessible sur le site du régulateur.

Pourquoi le nom sans tiret reste-t-il enregistré, alors qu’aucune connexion n’aboutit ?

Nos vérifications du 21 septembre 2026 montrent que le nom btcswing.com résout encore vers deux adresses de machines louées à un fournisseur de services d’hébergement, mais qu’aucune connexion n’aboutit sur ces adresses. Le nom est donc conservé par un titulaire alors que toute exploitation a cessé. Cette situation est purement technique et ne permet pas de connaître les intentions du titulaire actuel.

Cinq ans après son inscription au relevé de l’AMF, la marque btc-swing.com et son écriture sans tiret, btcswing.com, ne servent plus rien. Si vous avez envoyé des fonds à la suite d’un démarchage se réclamant de cette plateforme, BrokerDefense peut examiner les éléments de votre dossier pour vous aider à évaluer les démarches les plus adaptées.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 21/09/2026

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