Sommaire
- Un sous-domaine nommé dans un lot du 7 avril 2021
- EasyBK Online, la marque d’une banque autrichienne reprise sur un portail privé
- Le sous-domaine et l’apex ne résolvent plus, le registre ne rend plus de fiche
- Décembre 2021 : le même nom servait une boutique lituanienne
- Ce que les versements permettent encore de documenter
- Porter le dossier devant le juge, relevés et échanges à l’appui
- Trois questions revenues sur ce dossier
Un sous-domaine nommé dans un lot du 7 avril 2021
Le libellé market.ebk-france.com, sous-domaine distinct du nom parent ebk-france.com, figure au relevé des sites non autorisés du régulateur français, sous la qualification « Usurpation », le 7 avril 2021. Cette ligne est portée, sans modification ni retrait, par le relevé arrêté au 11 septembre 2026 : cinq ans se sont écoulés et l’entrée demeure. Notre propre article consacré à ce portail est paru le 13 avril 2021, six jours après cette inscription. Ces deux dates sont distinctes et indépendantes l’une de l’autre.
L’inscription porte sur le sous-domaine market.ebk-france.com lui-même, et non sur le nom parent ebk-france.com. La fiche nominative du régulateur porte ce libellé, rangé sous la qualification « Usurpation ».
Une inscription au relevé des sites non autorisés ne vaut pas décision de justice : elle constitue une mise en garde à l’égard des épargnants, publiée par le régulateur dans le cadre de son rôle de protection du public. Le régulateur publie ses listes par lots : le lot du 7 avril 2021 comporte d’autres libellés, notamment www.ccs-patrimoine.com et contango-trading.acces-securise.com, inscrits à la même date. Leur présence dans le même lot ne permet pas de conclure à l’existence d’un réseau, d’une filiation ou d’un exploitant commun. Notre dossier sur CCS-Patrimoine.com, paru en avril 2021, est consacré à cet autre libellé du même lot.
Dernière mise à jour : 21/09/2026
EasyBK Online, la marque d’une banque autrichienne reprise sur un portail privé
Une copie conservée datée du 2 avril 2021 documente l’état du portail accessible à l’adresse du sous-domaine à cette époque. La page portait pour titre « EasyBK Online » et se réduisait à un formulaire réduit à deux champs, l’identifiant et le mot de passe, accompagné d’une case « Se souvenir de moi », d’un bouton de connexion et de deux renvois seulement : « Pas encore inscrit ? » et « Mot de passe oublié ? ». L’arrière-plan était une image sans rapport avec une activité de marché financier.

Cette conception délibérément dépouillée n’est pas anodine : en l’absence de catalogue, de tarif, de mention légale et de nom de société, le portail ne donnait prise à aucune vérification externe. Aucune autorité n’aurait eu de prise sur un tel dispositif : pas une mention à reprendre dans une réclamation, pas une société à retrouver dans un registre. L’accès lui-même était restreint : selon notre article de 2021, les identifiants n’étaient délivrés qu’à la poignée de personnes en relation directe avec un interlocuteur se présentant sous une identité d’emprunt. L’identité du titulaire demeurait masquée dans le fichier du domaine. Aucun agrément ne couvrait l’activité proposée.
Le titre de la page, « EasyBK Online », reprenait visuellement le nom d’Easybank, une banque autrichienne réelle que cet interlocuteur invoquait pour crédibiliser sa démarche. En 2021, il proposait ainsi des actions d’une plateforme de location entre particuliers au prix de 119 €, en se réclamant de cette institution. La confusion entre un nom de marque bancaire établi et un portail privé sans aucune assise légale est l’un des ressorts caractéristiques de ce type de montage.
Cinq ans plus tard, le nom d’Easybank a de nouveau été repris dans un contexte frauduleux : notre dossier consacré à Wettex Bank, publié en septembre 2026, documente une fausse banque qui n’avait pas retiré ce nom de ses pages légales. Aucun lien d’exploitation entre ce dossier de 2026 et le portail market.ebk-france.com n’est établi : il s’agit de deux affaires distinctes dans lesquelles le même nom de banque a été utilisé à des fins de crédibilisation.
Le sous-domaine et l’apex ne résolvent plus, le registre ne rend plus de fiche
Nos vérifications du 21 septembre 2026 établissent que le sous-domaine market.ebk-france.com ne résout plus, pour aucun type d’enregistrement : ni adresse de machine, ni adresse longue, ni alias, ni zone, ni serveur de noms, ni service de messagerie. Le nom parent ebk-france.com et sa variante www se trouvent dans le même état : aucun enregistrement d’aucun type ne répond.
Du côté du fichier des enregistrements en .com, aucune fiche n’est revenue pour ebk-france.com, alors que deux autres noms en .com contrôlés dans la même passe ont chacun retourné une fiche complète. Le nom a donc quitté toute inscription active dans le registre de référence de l’extension.
L’historique des certificats de sécurité confirme ce constat : nos relevés techniques font apparaître quatre certificats journalisés pour ebk-france.com, tous émis par l’autorité de certification du panneau d’hébergement mutualisé, à deux dates distinctes : le 19 janvier 2021 et le 5 avril 2021. Aucun certificat n’a été émis après avril 2021, et aucun certificat n’est journalisé au nom du sous-domaine market.ebk-france.com. L’exploitation du portail s’est interrompue dans les semaines qui ont suivi la parution de notre enquête.
Pour aller plus loin sur l’historique d’enregistrement du nom, vous pouvez consulter la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Décembre 2021 : le même nom servait une boutique lituanienne
Une copie conservée datée du 27 décembre 2021 montre qu’à cette date, ebk-france.com servait la page d’accueil d’une boutique lituanienne de produits naturels, rédigée en langue lituanienne, sans aucun rapport avec le « market » d’investissement décrit dans notre article d’avril 2021. Deux conclusions seulement s’imposent : le nom a changé d’usage après l’interruption de l’exploitation du portail, et rien ne relie les personnes qui ont utilisé ce nom successivement à ces deux fins différentes.
Ce changement d’usage illustre un phénomène courant : un nom de domaine libéré ou réaffecté peut être repris à des fins totalement étrangères à celles de son exploitant précédent. Il serait inexact d’y voir une continuation quelconque de l’activité dénoncée. La boutique lituanienne de produits naturels n’est mentionnée ici qu’à titre de repère chronologique, sans que son identité soit pertinente pour le présent dossier.
Notre enquête du 14 avril 2021 sur Bit-robot, parue le lendemain de la nôtre, renvoyait à la même mécanique que celle observée sur market.ebk-france.com : accès restreint, interlocuteur opaque et absence de toute base légale vérifiable.
Ce que les versements permettent encore de documenter
La disparition du portail ne clôt pas les recours possibles. Les relevés bancaires retraçant les versements exécutés à la suite du démarchage constituent la première pièce à conserver et à faire valoir : ils établissent les montants, les dates et les comptes destinataires. Les confirmations d’ordre de virement désignent la banque destinataire et permettent d’interroger, le cas échéant, la responsabilité de celle qui a tenu le compte.
Les échanges écrits avec l’interlocuteur se présentant sous une identité d’emprunt, les identifiants reçus pour accéder au portail, et tout document remis au cours de la relation constituent autant de pièces susceptibles d’étayer une démarche amiable ou judiciaire. Ces éléments ne perdent pas leur valeur probante du seul fait que le sous-domaine ne répond plus.
La voie pénale, ses conditions et la façon de constituer le dossier sont exposées dans la marche à suivre pour porter plainte.
Devant le tribunal judiciaire de Créteil, une banque a été condamnée pour avoir failli dans la vigilance que la loi lui impose, et les victimes d’une escroquerie ont été indemnisées : Maître Goce Novakov , avocat dont le barreau est celui de Paris, revient sur cette décision et ses enseignements pratiques pour les épargnants qui cherchent à récupérer des fonds transférés vers des portails de ce type.
Porter le dossier devant le juge, relevés et échanges à l’appui
Le relevé du régulateur range market.ebk-france.com sous la qualification « Usurpation » : cette pièce peut être versée au dossier à l’appui d’une plainte pénale. Elle documente l’exploitation d’un nom évoquant une institution bancaire réelle à des fins non autorisées, et constitue un élément de contexte utile pour caractériser l’intention frauduleuse.
Une plainte auprès du parquet peut être déposée par toute personne ayant remis des fonds à la suite d’un démarchage conduit via ce portail. Il convient de réunir l’ensemble des échanges écrits avec l’interlocuteur, les pièces bancaires attestant des versements, et les identifiants reçus pour accéder à l’espace de connexion privé. Ces documents permettent d’identifier les flux et de situer les responsabilités.
La responsabilité de l’établissement teneur de compte ayant exécuté les virements peut être examinée séparément, au regard des obligations de contrôle qui lui incombaient. Une action civile peut être engagée parallèlement à la plainte pénale. Le régulateur français met à disposition des épargnants des ressources d’information sur le site de l’AMF.
Trois questions revenues sur ce dossier
Le régulateur inscrit le libellé exact du site signalé. Ici, le portail de connexion était accessible sous le sous-domaine market.ebk-france.com, et c’est ce libellé qui a été retenu sous la qualification « Usurpation » le 7 avril 2021. Le nom parent ebk-france.com ne fait pas l’objet d’une entrée distincte dans le relevé.
Non. La disparition du portail ne fait pas obstacle à une plainte pénale. Les relevés bancaires retraçant les versements, les confirmations d’ordre de virement, les échanges écrits avec l’interlocuteur et les identifiants reçus restent des pièces valides. L’inscription du régulateur, toujours portée par le relevé publié en septembre 2026, peut également être produite à l’appui du dossier.
Aucun lien établi. Une copie conservée du 27 décembre 2021 montre qu’ebk-france.com servait à cette date la page d’accueil d’une boutique lituanienne de produits naturels, en langue lituanienne, sans aucun rapport avec le portail d’investissement de 2021. Le nom a changé d’usage après l’interruption de l’exploitation, et rien ne relie les personnes qui l’ont utilisé successivement.
Market.ebk-france.com et le nom parent ebk-france.com ne répondent plus et ne font plus l’objet d’aucune fiche dans le registre des .com, mais l’inscription du régulateur demeure. Si vous avez remis des fonds à la suite d’un démarchage conduit via ce portail ou via un interlocuteur s’en réclamant, BrokerDefense propose un examen préalable des pièces réunies, afin d’éclairer les voies encore ouvertes.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 21/09/2026



2 Comments
Je me suis fait arnaquer aussi
W L
Action rbnb…. proposée au départ sur une publicité sur Facebook … on coche et on est recontacté. Étant partenaire Rbnb j’ai voulu acheter et me suis fait arnaquer….