Sommaire
- L’inscription du 4 mars 2021 vise cette adresse précise
- La page exige un dépôt pour activer son logiciel annoncé gratuit
- Le formulaire, la marque interne et le traceur d’affiliation
- Une marque recollée sur le gabarit depuis mars 2022
- Après le formulaire : ce qui peut encore être engagé
- L’adresse, la fiche et le formulaire : questions reçues
L’inscription du 4 mars 2021 vise cette adresse précise
L’Autorité des marchés financiers a porté sur son relevé, à la date du 4 mars 2021, une ligne dont le libellé est exactement « landing.marketstm.com/fr/mtm7_btc_safe_b2go_fr », rangée sous l’intitulé Produits dérivés sur crypto-actifs. La fiche nominative publiée par l’Autorité des marchés financiers pour cette adresse rappelle, en substance, que cet acteur ne dispose d’aucune autorisation de ce régulateur pour proposer au public français des services ou des placements financiers. Cette fiche répondait encore le 30 septembre 2026 : l’inscription n’a jamais été levée.
Ce point mérite d’être précisé pour toute personne qui rechercherait uniquement le nom de tête marketstm.com sans retrouver de mise en garde à son sujet. Le régulateur a visé l’adresse complète, sous-domaine et chemin inclus, et non le seul nom d’enseigne. Une recherche portant sur marketstm.com ne ferait donc pas remonter directement cette fiche. Notre dossier de mars 2021 avait déjà signalé ce décalage : l’entrée de liste porte le chemin précis, non l’enseigne parente.
Le régulateur a visé le même jour une seconde adresse de la même série. Mais rien, dans une date partagée, n’implique un exploitant commun aux deux pages : ces relevés sont diffusés par vagues, et des opérateurs sans lien entre eux peuvent y être repris le même jour. Nos dossiers voisins traitent ces deux cas séparément. Pour la page jumelle étudiée le 11 mars 2021, voir notre notre analyse du 11 mars 2021 sur la page jumelle de la même série. Pour l’enseigne dont cette série prolonge la mécanique, voir notre dossier de décembre 2020 sur bitcoinrevolution.org.
Cinq ans et demi après cette inscription, la page continue d’être servie et aucun retrait de la fiche n’est intervenu. C’est ce double constat, inscription toujours active et page toujours accessible, qui justifie la présente mise à jour.
Dernière mise à jour : 30/09/2026
La page exige un dépôt pour activer son logiciel annoncé gratuit
Le 30 septembre 2026, la page répond et livre un document d’un peu plus de seize kilo-octets, servi à travers le réseau de diffusion Cloudflare. Son titre principal est « Commencez à faire des profits en seulement 3 étapes ! ». Les trois étapes sont intitulées « Créer votre compte », « Activer votre compte » et « Commencez à réaliser des profits ». Un menu à quatre entrées structure la page : « À propos de BTC Go Pay », « Comment gagner de l’argent ? », « Nos clients prospères » et « Notre fondateur et PDG ».
Les formulations relevées ce jour exposent le mécanisme avec une clarté qui mérite d’être citée mot pour mot. La page annonce : « Vous voulez VRAIMENT gagner de l’argent ? Cette solution peut vous apporter des profits élevés ». Elle précise qu’« un conseiller spécial en investissement sera désigné pour vous ». Elle ajoute : « Il vous suffit de déposer une petite somme pour utiliser ce logiciel absolument gratuit ». Ce qui est présenté comme un logiciel sans frais ne s’active donc qu’en versant de l’argent, et ce versement se fait auprès de partenaires de change que la page mentionne sans les identifier par leur raison sociale ni leur agrément.
La page ne comporte aucune mention d’une société exploitante, aucun siège social, aucun numéro d’enregistrement. Elle intègre sa propre vidéo de promotion, hébergée sur YouTube et appelée directement par son code, mais cette vidéo ne renseigne sur aucune entité identifiée. La promesse de profit et la désignation d’un conseiller flottent ainsi sans aucun cadre juridique visible pour le visiteur.
Le formulaire, la marque interne et le traceur d’affiliation
Le formulaire de la page comporte une quinzaine de champs. Les données saisies partent vers un programme placé dans le thème du site, au chemin /wp-content/themes/lps-cms/form/action_soft.php. Plusieurs champs sont invisibles pour le visiteur et portent respectivement un identifiant de campagne, un identifiant d’affiliation, un identifiant de suivi, un sous-suivi, ainsi qu’une valeur de marque interne « mtm-7 ». Ces champs cachés constituent la signature technique d’un dispositif de collecte orienté vers la performance publicitaire : chaque soumission du formulaire arrive horodatée et traçable par source.
Le texte de consentement placé sous le formulaire désigne « MTM » comme responsable du traitement, en renvoi au règlement européen sur la protection des données. Le visiteur y accepte que ses informations soient transmises à des intermédiaires de courtage et à leurs entités rattachées. La page appelle par ailleurs un script de suivi d’affiliation hébergé à l’adresse tag.followdigits.com, sous le chemin 2c7209c15312/watch.js. L’identité des destinataires de ces données n’est précisée nulle part dans le document servi.
L’ensemble forme, sans que cela constitue une preuve en soi, une chaîne d’apport de prospects : la page n’est pas un service d’investissement proposé directement, c’est un support de collecte dont le produit, les coordonnées du visiteur, est revendu à des partenaires non nommés. Pour une personne ayant rempli ce formulaire, ce partage annoncé signifie concrètement que ses coordonnées ont pu circuler hors de la page dès la soumission, vers des destinataires dont l’identité n’est pas établie par les éléments disponibles.
Une marque recollée sur le gabarit depuis mars 2022
Le nom de tête marketstm.com se présente sous l’intitulé « MTM » et les mots « Markets Trade Media », et décrit un réseau publicitaire à la performance, dont les campagnes sont facturées à l’action, au prospect, au clic ou à l’affichage. C’est dans cette structure que la page d’atterrissage étudiée est servie, ce qui explique qu’elle porte une marque et un gabarit distincts de son objet apparent : elle est conçue pour collecter des prospects, pas pour délivrer un service.
Plusieurs indices relevés le 30 septembre 2026 indiquent que la marque affichée a été appliquée sur un gabarit préexistant. L’entrée de menu « À propos de BTC Go Pay » se termine, dans le code, par la mention « (actuel) » réservée aux lecteurs d’écran, signe d’un gabarit de navigation générique dans lequel la marque a été insérée. La section qui présente le fondateur porte l’identifiant technique « template-section », confirmant qu’elle appartient à un modèle de page d’atterrissage réutilisable. L’en-tête de dernière modification du document est daté au 10 mars 2022, soit environ un an après notre dossier de mars 2021 : c’est à cette date que ce recollage a vraisemblablement eu lieu.
Ce qui a disparu entre notre dossier et le document servi ce jour mérite d’être noté comme un constat de relevé. Le fondateur que notre dossier de mars 2021 mettait en avant, présenté comme dirigeant d’une société sans existence vérifiable qui lui était associée, ne figure plus dans le document servi le 30 septembre 2026. La promesse de plus de dix millions d’euros engrangés en cinq mois, que notre dossier relevait alors, n’y apparaît pas davantage. Aucune trace de ce nom de fondateur ni de cette promesse chiffrée n’a été retrouvée dans le code ou le texte visible de la page à cette date. Ce constat ne permet pas d’en déduire une intention particulière, il enregistre seulement ce que le document contient et ce qu’il ne contient plus.
Le certificat présenté à la connexion est établi au nom de marketstm.com. Il émane de Google Trust Services, sous l’autorité WE1, couvre le nom principal comme l’ensemble de ses sous-domaines, et sa période de validité court du 5 septembre au 4 décembre 2026. L’identité du titulaire du nom n’est pas communiquée publiquement dans les informations accessibles. Les données d’enregistrement du nom peuvent être consultées sur la fiche d’enregistrement de marketstm.com.
Restent donc établis le fait que la page est servie, que son inscription au relevé du régulateur tient depuis le 4 mars 2021 et que son habillage a été refait aux alentours de mars 2022. Ce que ces éléments n’établissent pas, c’est l’identité de l’exploitant actuel de la page.
Après le formulaire : ce qui peut encore être engagé
Pour une personne qui a laissé ses coordonnées sur cette page puis versé des fonds en croyant investir, la première démarche consiste à rassembler les éléments écrits : les échanges avec l’interlocuteur qui s’est présenté comme conseiller, les confirmations d’ordre reçues, et les relevés où figure l’identité du destinataire des versements. Ce dernier point est déterminant pour la suite, car la qualité de l’interlocuteur bancaire et les motifs de contestation dépendent du nom inscrit sur les virements ou les débits par carte.
Interroger la banque qui a exécuté les opérations est une étape distincte selon le moyen utilisé. Le paiement par carte et le virement n’ouvrent pas les mêmes délais, ne reposent pas sur les mêmes motifs de contestation et ne s’adressent pas aux mêmes interlocuteurs au sein de l’établissement. Signaler les faits au régulateur dont la page porte déjà l’inscription depuis le 4 mars 2021 permet d’alimenter le suivi de ce dossier. Envisager une plainte pénale est pertinent, notamment si l’interlocuteur a exercé une pression pour obtenir des versements supplémentaires ou a produit de faux documents pour justifier un blocage des fonds.
Maître Michel Orsini, avocat du barreau de Paris, intervient dans l’entretien vidéo ci-dessous sur l’escroquerie financière et la question de la responsabilité : il aborde le traçage des flux financiers issus d’une fausse plateforme d’investissement en crypto-actifs, les méthodes de recherche des responsables, la constitution du préjudice et les voies envisageables pour en obtenir réparation.
Notre page consacrée aux voies pénales et au dépôt de plainte détaille les étapes procédurales. L’Autorité récapitule par ailleurs tous les acteurs qu’elle a visés sur la page publique de ses avertissements.
L’adresse, la fiche et le formulaire : questions reçues
La fiche publiée par l’Autorité des marchés financiers porte le libellé exact « landing.marketstm.com/fr/mtm7_btc_safe_b2go_fr », c’est-à-dire l’adresse complète incluant le sous-domaine et le chemin. Elle ne vise pas le nom de tête marketstm.com dans son ensemble. Une personne qui recherche uniquement ce nom principal ne fera pas remonter directement cette fiche, ce qui crée un angle mort pour qui ne connaît pas l’adresse précise visée par le régulateur.
La structure dans laquelle cette page est servie, présentée sous le nom « MTM » et les mots « Markets Trade Media », fonctionne comme un réseau publicitaire à la performance. La page n’a pas vocation à présenter un service d’investissement directement exploité : elle collecte des prospects et les transmet à des partenaires tiers non nommés. L’absence de société, de siège et de numéro d’enregistrement est cohérente avec cette logique de collecte, mais elle prive le visiteur de tout recours direct contre un exploitant identifié.
Commencez par rassembler tous les échanges écrits avec la personne qui s’est présentée comme conseiller, ainsi que les relevés où figure le nom du destinataire des versements. Contactez la banque ayant exécuté les opérations en précisant le moyen utilisé, car les démarches diffèrent selon qu’il s’agit d’un paiement par carte ou d’un virement. Signalez les faits au régulateur, dont la fiche vise cette adresse depuis le 4 mars 2021. Si des pressions ont été exercées pour obtenir des versements supplémentaires, envisagez une plainte pénale. Aucune récupération de fonds ne peut être garantie à l’avance.
Cette page vise des lecteurs qui ont découvert l’adresse landing.marketstm.com après avoir laissé leurs coordonnées, puis versé des fonds en croyant investir, alors que le régulateur vise précisément cette adresse depuis le 4 mars 2021, sans que la ligne ait été retirée depuis. Si vous vous trouvez dans cette situation, notre service peut procéder à une évaluation préalable de votre dossier.
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Article réécrit le 30/09/2026


