Landing.marketstm.com arnaque : deux pages visées par l’AMF

L’Autorité des marchés financiers n’a pas visé le nom principal : elle a porté sur son relevé des sites non autorisés deux pages de la même série, landing.marketstm.com/fr/mtm7_the_bitcoin_revolution_fr et landing.marketstm.com/fr/mtm7_btc_safe_b2go_fr, toutes deux à la date du 4 mars 2021, sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Le relevé publié le 28 septembre 2026 les porte encore. Une inscription sur ce relevé signifie que l’autorité a constaté que ces adresses proposaient des produits dérivés sur crypto-actifs sans y avoir été autorisées. Cette présence n’équivaut pas à un jugement : elle atteste qu’à la date retenue, le régulateur a estimé que ces pages sortaient du cadre qu’il autorise. Le régulateur consacre à chacune de ces deux lignes la fiche ouverte pour la première de ces deux pages et celle ouverte pour la seconde ; les deux fiches ont été ouvertes avec succès le 29 septembre 2026 et leur intitulé reprend le libellé exact de la ligne concernée.

Notre dossier du 11 mars 2021 annonçait déjà l’inscription du 4 mars 2021, mais il ne portait que sur la première des deux pages et renvoyait vers une adresse de recherche erronée du site du régulateur. La seconde page faisait l’objet d’un dossier séparé. Le lot du 4 mars 2021 comporte, sur l’ensemble du relevé, cinq lignes : les deux pages étudiées ici, www.dalsari.com, fr.bitcoin-now.tiptopko48.com, et une ligne supplémentaire qui ne correspond pas à une adresse de site : elle prend la forme d’un identifiant de messagerie bâti sur un gabarit prénom puis nom. Ce rapprochement mérite d’être signalé, mais une même date d’inscription ne démontre pas qu’un même exploitant se trouve derrière ces lignes : l’autorité publie ses relevés par lots, et plusieurs opérateurs distincts peuvent y figurer à la même date. Retrouvez notre dossier du 12 mars 2021 sur l’autre page de la même série, ainsi que notre dossier du 20 décembre 2020 sur bitcoinrevolution.org, dont le relevé porte une ligne au 14 décembre 2020 sous la même qualification : les deux pages étudiées aujourd’hui prolongent la même enseigne. Les deux pages répondent toujours aujourd’hui.

Dernière mise à jour : 29/09/2026

Deux pages d’une même série visées le 4 mars 2021

Dans l’édition consultée le 29 septembre 2026, le document que l’Autorité des marchés financiers publie au titre des sites non autorisés comporte deux lignes construites sur le même nom de domaine : landing.marketstm.com/fr/mtm7_the_bitcoin_revolution_fr et landing.marketstm.com/fr/mtm7_btc_safe_b2go_fr. Toutes deux portent la date du 4 mars 2021 et la rubrique « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Le document de liste par qualification publié le 28 septembre 2026 comporte encore ces deux lignes, à la même date, sous le même libellé. Cinq ans et demi se sont écoulés depuis l’inscription initiale ; les deux adresses continuent de répondre.

Notre dossier de mars 2021 couvrait la première de ces deux adresses et signalait l’inscription à chaud, quelques jours après qu’elle fut portée au relevé. Il ne mentionnait pas la seconde page, qui a pourtant été visée dans le même lot et à la même date. Le relevé du 4 mars 2021 rassemble au total cinq entrées distinctes. Que plusieurs noms aient été inscrits le même jour ne permet pas de conclure qu’ils relèvent d’un même opérateur : le régulateur publie ses mises en garde de façon groupée, et les exploitants concernés peuvent être indépendants les uns des autres. C’est une limite qu’il convient de poser clairement avant d’aller plus loin dans la description de ce que ces pages affichent.

Ce que les deux chemins rendent toujours

Interrogée le 29 septembre 2026, la première adresse, landing.marketstm.com/fr/mtm7_the_bitcoin_revolution_fr, a rendu une réponse favorable sous la forme d’un document de 121 975 octets. La seconde adresse, landing.marketstm.com/fr/mtm7_btc_safe_b2go_fr, sert ce même jour un document de 16 206 octets. Les deux pages sont donc toujours servies à cette date, sans modification apparente de leur structure principale.

La première page porte encore un avertissement qui annonce la fin des inscriptions « à partir du 02/10/2018 », soit une date vieille de plusieurs années au moment de la vérification. Elle affiche un bandeau de gains attribués à des prénoms, sans que ces prénoms soient repris ici. Elle présente également une section de questions et réponses dans laquelle il est affirmé que les membres du dispositif « génèrent habituellement un profit minimum de $ 1,300 par jour ». Aucun élément sur la page n’explique comment ce chiffre a été calculé ni sur quelle base il repose.

La racine de l’adresse, c’est-à-dire le chemin situé à landing.marketstm.com sans sous-chemin précisé, sert un document rédigé en chinois. Ce document reprend le même formulaire que les deux pages étudiées, le même vocabulaire de partenaires de change, et affiche un compteur présentant le nombre de personnes qui auraient rejoint le dispositif. Les copies publiques conservées montrent que la première page était déjà servie le 14 juin 2020, soit plusieurs mois avant notre dossier de mars 2021, et qu’elle l’était encore le 15 août 2022. L’adresse a donc été active sur une durée documentée d’au moins deux ans, et elle répond toujours à la date de cette mise à jour.

Un formulaire qui transmet les coordonnées à des courtiers tiers

Les deux pages présentent le même formulaire de collecte de données. Ce formulaire comporte quinze champs de saisie et adresse ses données à un script hébergé dans le thème du site. Le visiteur qui remplit ce formulaire fournit donc ses coordonnées à un traitement placé du côté du serveur qui héberge les pages, sans intermédiaire visible côté client.

Le texte qui accompagne ce formulaire indique que les données personnelles sont recueillies par « MTM », qui s’en déclare responsable au titre du Règlement général sur la protection des données. Ce même texte précise que le visiteur accepte que ses données soient partagées avec des courtiers financiers tiers et des sociétés affiliées. Pour une personne qui a rempli ce formulaire, cela signifie que ses coordonnées ont pu être transmises à des tiers dont l’identité n’est pas précisée dans la page elle-même, et que ces tiers exercent une activité de courtage financier ou sont présentés comme affiliés à l’entité qui gère les pages. La mention du Règlement général sur la protection des données confère à ce partage une apparence de cadre légal, mais elle ne renseigne pas sur l’identité réelle des destinataires ni sur l’usage qu’ils font des données transmises.

Une personne qui a rempli ce formulaire et qui a ensuite été contactée par des interlocuteurs se présentant comme des conseillers financiers doit tenir compte du fait que ces contacts peuvent être issus du partage de ses coordonnées annoncé dans le texte accompagnant le formulaire. Ce lien entre la page de collecte et les contacts ultérieurs est utile à conserver par écrit pour toute démarche ultérieure.

La fabrique commune, déclarée en clair dans le code

Les deux pages déclarent, dans leur code, les mêmes variables internes : une marque nommée « mtm-7 », un nom commercial « MTM », un groupe de marque blanche désigné par le terme « whiteLabel_apptrader », et un serveur de ressources nommé cms-res.com. Elles partagent le même gabarit de thème de gestionnaire de contenu, appelé « lps-cms », le même formulaire et le même serveur d’actifs. Ce serveur d’actifs est distinct du nom de domaine étudié, ce qui signifie que les ressources affichées par les pages sont chargées depuis une infrastructure séparée de landing.marketstm.com.

La seconde page décline la même structure sous un habillage différent, avec les mots « BTC Go Pay » et la mention d’un fondateur, sans que l’identité de ce fondateur soit davantage précisée dans la page. Le code des deux pages fait appel à une bibliothèque de composition et de contrôle de formulaires. Il inclut également un marqueur de suivi d’affiliation appelé depuis le nom tag.followdigits.com ; ce marqueur n’a pas pu être joint lors du relevé du 29 septembre 2026.

Ces éléments communs établissent que les deux pages sont produites à partir du même gabarit et du même outillage technique, et qu’elles partagent la même infrastructure de collecte de données. Ils n’établissent pas, à eux seuls, qui exploite ces pages ni qui reçoit les données collectées : les variables déclarées dans le code donnent des noms internes, pas des identités juridiques vérifiables. Le marqueur d’affiliation injoignable ne permet pas non plus de remonter à un réseau de distribution précis à la date de cette mise à jour.

Autour du nom de tête : registre, certificat et mode de diffusion

Le nom principal, marketstm.com, se présente sous l’intitulé « MTM » suivi des mots « Markets Trade Media ». La page qui lui est associée décrit un réseau publicitaire qui met en relation annonceurs, éditeurs et apporteurs d’affaires, avec des campagnes facturées à l’action, au prospect, au clic, à l’affichage et à l’installation, ainsi que des volets de diffusion sur téléphone mobile, par courriel et sur les réseaux sociaux. C’est sous cette structure que les pages d’atterrissage étudiées sont servies : elles constituent donc des pages produites dans le cadre d’un réseau de diffusion publicitaire à la performance, dont les pages d’atterrissage sont l’un des formats.

La fiche de registre du nom principal a été relue le 29 septembre 2026. L’inscription en vigueur y débute le 25 juin 2015 ; son terme est arrêté au 25 juin 2027. La dernière modification du dossier date du 26 juin 2025. Le bureau d’enregistrement est Wild West Domains. Quatre clauses de verrouillage encadrent les opérations possibles sur le nom, ce qui limite les transferts et modifications sans démarche spécifique. Deux serveurs de noms sont déclarés : clark.ns.cloudflare.com et jessica.ns.cloudflare.com. Les éléments d’identification du titulaire ne sont pas communiqués dans ce dossier. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le certificat de sécurité servi porte le nom principal marketstm.com. Il est émis par l’autorité Google Trust Services, sous l’émetteur WE1, et sa validité court du 5 septembre 2026 au 4 décembre 2026. Le nom est servi à travers le réseau de diffusion et de résolution Cloudflare, qui masque l’hébergement réel : il n’est donc pas possible de déterminer sur quelle infrastructure physique les pages sont hébergées à partir des informations publiquement accessibles.

Le relevé technique du 29 septembre 2026 sur cette adresse recense, sur l’ensemble de l’histoire du nom, cent dix-sept technologies réparties en vingt-trois familles : un gestionnaire de contenu WordPress accompagné d’un module multilingue, un thème de pages d’atterrissage, un outil de construction de pages, des services de mesure d’audience et de publicité, dont une régie publicitaire et une balise de suivi sociale, et un hébergement en amont chez des prestataires serveurs et de diffusion. Ces totaux portent sur l’ensemble de l’histoire du nom, pas sur son état au jour de la consultation : un outil peut avoir été utilisé à un moment donné puis abandonné, et ce relevé cumulatif ne reflète pas nécessairement la configuration actuelle des pages.

Ce qu’une personne ayant versé des fonds peut encore entreprendre

La première démarche utile est de rassembler et de conserver les éléments en votre possession : extraits de compte où figurent les sommes parties, confirmations d’ordre de paiement, correspondance échangée avec les interlocuteurs qui s’annonçaient comme conseillers ou gestionnaires de compte, copies d’écran des pages qui affichaient un solde ou des gains. C’est de cet ensemble que dépend la suite ; sans lui, les recours deviennent nettement plus difficiles à engager.

Ensuite, il convient de saisir l’établissement qui a exécuté les paiements. La démarche diffère selon le moyen utilisé. Un paiement par carte bancaire ouvre la voie à une demande de rétrofacturation auprès de la banque émettrice, sous réserve des délais propres à chaque réseau de carte. Un virement bancaire est en général irrévocable une fois exécuté, mais la banque peut être informée par écrit afin de tracer les opérations dans le dossier du client ; dans certains cas, notamment lorsque le virement a été effectué à la demande d’un tiers se présentant faussement comme un conseiller, d’autres voies peuvent être examinées avec un professionnel du droit.

Les faits peuvent également être signalés au régulateur. Les deux pages sont déjà portées sur le relevé public des mises en garde du régulateur depuis le 4 mars 2021 ; signaler de nouveaux éléments permet d’alimenter le suivi du dossier par l’autorité. Une plainte pénale peut également être envisagée, notamment si les interlocuteurs ont exercé des pressions pour obtenir des versements supplémentaires ou ont présenté de faux documents.

L’entretien qui suit porte sur un dossier sans lien avec les pages décrites dans cet article. Maître Anne Bernard-Dussaulx, inscrite au barreau de Paris, y expose une affaire d’escroquerie née d’un placement fictif, l’issue gagnée par les parties civiles, l’arrêt de cassation qui a suivi, et la réparation finalement allouée. Le dossier qu’elle évoque est distinct ; le raisonnement juridique qu’elle présente éclaire cependant les voies de recours comparables à celles que peut envisager une personne ayant versé des fonds à la suite d’une sollicitation par une page de ce type.

Pour comprendre comment se dépose une plainte devant le juge pénal et ce qu’elle implique concrètement, consultez notre page consacrée à la manière dont se dépose une plainte devant le juge pénal.

Questions sur les deux pages visées

L’AMF a visé deux adresses précises plutôt que le nom marketstm.com lui-même : qu’est-ce que cela change pour quelqu’un qui a rempli le formulaire ?

Le régulateur a inscrit les deux chemins exacts, landing.marketstm.com/fr/mtm7_the_bitcoin_revolution_fr et landing.marketstm.com/fr/mtm7_btc_safe_b2go_fr, et non le nom principal marketstm.com. Cette distinction a une conséquence pratique : le nom de tête n’est pas lui-même sous le coup d’une mise en garde, ce qui signifie qu’une personne qui recherchait marketstm.com dans le relevé ne trouverait rien. Pour une personne qui a rempli le formulaire sur l’une de ces deux pages, cela ne change pas la nature de ce qu’elle a fait : ses coordonnées ont été transmises dans le cadre d’une page que le régulateur a qualifiée de non autorisée à proposer des produits dérivés sur crypto-actifs. La mise en garde vise bien la page sur laquelle le formulaire était présenté, et c’est cette page qui a recueilli ses données personnelles et les a adressées à des courtiers tiers selon les termes affichés par le site lui-même.

J’ai laissé mes coordonnées sur cette page et elle affiche toujours la même promesse de gains : que dois-je faire maintenant ?

Le fait que la page soit toujours servie et qu’elle affiche encore la promesse d’un profit minimum quotidien signifie que d’autres personnes continuent de remplir ce même formulaire. Pour une personne qui l’a déjà fait, la priorité est de comprendre à qui ses données ont été transmises. Le texte de la page indique que les données sont partagées avec des courtiers financiers tiers et des sociétés affiliées, sans nommer ces destinataires. Si des interlocuteurs ont pris contact après la soumission du formulaire en se présentant comme des conseillers financiers, leurs messages et leurs coordonnées doivent être conservés. Si des fonds ont été demandés ou transférés à la suite de ces contacts, les preuves de ces opérations doivent également être rassemblées sans délai. La page étant inscrite sur le relevé des sites non autorisés depuis mars 2021, les faits peuvent être signalés au régulateur pour alimenter son suivi.

Quels justificatifs remettre à l’établissement qui a reçu les paiements, et pour quel résultat attendu ?

La démarche auprès de l’établissement qui a exécuté les paiements dépend du moyen utilisé. Si les fonds ont été envoyés par carte bancaire, la banque peut être saisie d’une demande de rétrofacturation, mais cette procédure est soumise à des délais stricts, généralement inférieurs à cent vingt jours à compter de la date de l’opération selon le réseau de carte. Il convient donc d’agir vite et de présenter à la banque la capture d’écran de la page, la fiche du régulateur correspondant à cette adresse, et toute trace des contacts qui ont suivi le remplissage du formulaire. Si les fonds ont été envoyés par virement, la situation est plus complexe : le virement est en principe irrévocable, mais la banque doit être informée par écrit pour que les opérations soient tracées dans le dossier. Dans les deux cas, il est raisonnable d’attendre une réponse formelle de la banque, qui peut déboucher sur un remboursement partiel ou total dans le cas d’un paiement par carte, ou sur un refus motivé dans le cas d’un virement. Un professionnel du droit peut aider à évaluer les voies complémentaires, notamment si les interlocuteurs ont eu recours à des pressions ou à de faux documents.

Les personnes arrivees sur landing.marketstm.com par la promesse d’un profit quotidien présentée sous l’enseigne Bitcoin Revolution ont rempli un formulaire de quinze champs sur une page que l’Autorité des marchés financiers a qualifiée de non autorisée dès mars 2021, et qui affiche toujours, cinq ans et demi plus tard, un avertissement daté de 2018 et une promesse chiffrée en dollars. Certaines ont ensuite été contactées par des interlocuteurs se présentant comme des conseillers et ont versé des fonds, sans pouvoir identifier aujourd’hui une société dotée d’une adresse physique, d’un numéro d’immatriculation ou d’un représentant légal joignable. BrokerDefense examine chaque situation individuellement avant de proposer une orientation.

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Article réécrit le 29/09/2026

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