Bitcoin-formation.club arnaque : l’alerte de l’AMF survit au nom

Le registre du .club ne restitue plus de fiche pour bitcoin-formation.club

Le 10 octobre 2026, l’interrogation du registre du domaine de premier niveau .club ne rend plus la moindre fiche au nom bitcoin-formation.club. Le service d’annuaire du registre répond par une absence de résultat, comme si ce nom n’avait jamais été déposé. La résolution connaît le même sort : que l’on essaie la forme nue ou la variante précédée de www, le nom ne désigne plus aucun serveur, n’annonce plus aucun serveur d’adresses et ne comporte plus de boîte de messagerie. Rien ne subsiste.

Chercher aujourd’hui la vitrine à cette adresse ne mène donc nulle part : aucune page ne peut plus être affichée. Le nom, lui, est de nouveau libre : un tiers pourrait le reprendre dès demain et y installer un contenu sans rapport. Cette reprise éventuelle ne remet pas en cause l’historique que nous avons documenté, mais elle expose les lecteurs à une confusion qu’il vaut mieux connaître.

Ce retrait contraste avec la longévité de l’avertissement que l’autorité française a opposé à ce nom : celui-ci demeure intégralement accessible au moment où nous écrivons. Le nom s’est évanoui, la trace officielle tient bon. C’est ce décalage qui justifie la présente mise à jour.

Bitcoin-formation.club était la copie quasi conforme d’une autre vitrine que nous avions analysée deux mois plus tôt : notre dossier consacré à Bitcointraderapps.net décrivait déjà la même mise en page, les mêmes textes d’accroche et le même formulaire de collecte de coordonnées. Les deux sites appartenaient manifestement à la même famille opérationnelle.

Pour vérifier cela de votre côté, la fiche WHOIS complète sur DomainTools reste le point de repère.

Dernière mise à jour : 10/10/2026

Une mise en garde du régulateur datée du 9 mars 2021, toujours publiée

Le 9 mars 2021, l’autorité française qui veille sur les marchés a porté www.bitcoin-formation.club à ses avertissements publics, quatre jours seulement avant la parution de notre première enquête. La mention alors retenue est « produits dérivés sur crypto-actifs », ce qui place la vitrine du côté des services d’investissement proposés sans l’autorisation nécessaire. Au 10 octobre 2026, notre contrôle est sans ambiguïté : cet avertissement n’a pas été retiré et l’avis publié par l’autorité française demeure accessible.

Ce libellé mérite qu’on s’y arrête, car il déplace le sujet : la vitrine ne se bornait pas à proposer une prétendue formation, elle aiguillait les inscrits vers des instruments spéculatifs non encadrés, relevant d’une activité soumise à autorisation. L’étiquette de « formation au trading » servait de seuil de confiance à franchir avant de pousser le visiteur vers des produits à haut risque.

Que l’avertissement ait précédé notre propre publication de quatre jours dit la rapidité avec laquelle ce type de dispositif est repéré par les autorités. Cela dit aussi la solidité des traces institutionnelles : cinq ans après l’arrêt de la vitrine, ce document officiel reste le meilleur moyen d’établir que le nom a existé et qu’il a fait l’objet d’une alerte.

Une vitrine copiée sur Bitcointraderapps.net, jusqu’au compte à rebours

La vitrine se présentait sous l’intitulé « Bitcoin Formation » et promettait l’accès à un « groupe réservé exclusivement aux personnes qui se sont ruées sur les bénéfices incroyables qu’offrent les Bitcoins ». Le registre de cette accroche, à mi-chemin entre l’exclusivité et l’urgence, était caractéristique des dispositifs de captation de coordonnées. Un compte à rebours renforçait la pression : « En raison de la forte demande des médias, nous fermerons l’enregistrement à partir de 26/1/2021, SE DÉPÊCHER ! »

Les affirmations techniques employées pour crédibiliser le prétendu logiciel de trading étaient techniquement absurdes. La vitrine avançait « une performance à la précision chirurgicale », affirmait qu’« aucun autre logiciel de trading n’atteint un niveau de précision de 99,4 % » et prétendait que « le logiciel devance les marchés de 0,01 seconde ». Aucun système de trading existant ne peut satisfaire ces descriptions ; elles relevaient d’un vocabulaire pseudo-scientifique destiné à impressionner des visiteurs non spécialistes.

La page s’appuyait également sur de faux témoignages signés de prénoms et d’initiales, ainsi que sur la mention de personnalités publiques connues, dont les noms étaient utilisés comme caution sans qu’elles aient jamais accordé leur soutien à ce dispositif. Cette pratique, courante dans les vitrines de ce type, vise à transférer la crédibilité d’une figure reconnue vers un service frauduleux.

Aucun formateur n’était nommé, aucune mention légale n’était présente, et tous les onglets du site ramenaient vers la page d’accueil, rendant toute navigation réelle impossible. La structure entière de la page était conçue pour n’offrir qu’un seul point de sortie : le formulaire de collecte de données. La ressemblance avec Bitcointraderapps.net était si précise, dans la mise en page, les visuels, les textes et les témoignages, qu’il ne pouvait s’agir d’une coïncidence.

D’avril 2021 à décembre 2022, une page qui ne change pas

Des copies publiques de la vitrine ont été conservées entre le 12 avril 2021 et le 8 décembre 2022. Nos relevés montrent que le contenu n’évolue pratiquement pas d’une copie à l’autre sur cette période : les mêmes textes, le même formulaire, les mêmes témoignages. La page n’a pas été mise à jour ; elle a simplement été maintenue telle quelle, sans signe d’activité éditoriale.

Cette stabilité du contenu sur environ vingt mois est en elle-même révélatrice. Une formation légitime aurait produit des actualités, des programmes mis à jour, des témoignages datés. L’absence totale d’évolution confirme que la vitrine n’avait pas vocation à délivrer un service : elle était conçue pour être consultée le temps d’une visite, le temps de laisser un nom, une adresse électronique et un numéro de téléphone.

Après décembre 2022, plus aucune copie n’est disponible. Le nom a ensuite disparu du fichier du registre, selon nos vérifications du 10 octobre 2026. Entre la mise en garde du régulateur en mars 2021 et la disparition définitive du nom, la vitrine aura donc coexisté pendant près de deux ans avec une alerte officielle publiée, sans jamais modifier son contenu ni se mettre en conformité.

Versements pour une formation jamais dispensée : les démarches qui restent

La disparition du nom au registre ne clôt rien pour celles et ceux qui ont laissé leurs coordonnées ou envoyé de l’argent. Il faut d’abord réunir sans tarder les justificatifs : confirmations de paiement, relevés bancaires des dates concernées, courriels et SMS reçus après l’inscription. Plus le temps passe, plus ces pièces perdent de leur poids, d’où l’intérêt d’agir vite.

Un signalement reste possible auprès de l’autorité française des marchés, qui met à disposition un formulaire consacré aux escroqueries financières. Il garde son intérêt même sans versement : la simple collecte de coordonnées, assortie d’une acceptation forcée de sollicitations par courriel, SMS et téléphone, peut fonder une plainte auprès de la CNIL, chargée en France de la protection des données personnelles.

Notre dossier sur Daily-investment-deals-now.com documente un autre site de crypto-actifs construit sur le même modèle opérationnel, avec les mêmes ressorts de mise en confiance et la même architecture de collecte de données. Les personnes qui reconnaissent ce schéma dans leur propre expérience trouveront dans ce dossier des éléments de comparaison utiles.

Lorsque des versements ont été faits, notre page dédiée aux poursuites pénales décrit la marche à suivre et les pièces qu’il vaut mieux avoir en main avant de s’adresser à la justice.

Maître Irina Georgieva, avocate au barreau de Sofia, revient, dans une intervention filmée, sur une victoire pré-contentieuse obtenue dans un dossier de cryptomonnaies : elle y décrit les étapes d’une résolution amiable et précise quelles pièces pèsent le plus dans ce type de négociation pour des personnes dont les versements ont été détournés.

Bitcoin-formation.club : les précisions réclamées par nos lecteurs

Pourquoi le nom bitcoin-formation.club ne figure-t-il plus au fichier du registre du .club ?

Le contrôle mené à la date de cette mise à jour est net : le nom n’apparaît plus au registre du .club et ne renvoie vers aucun serveur ni boîte de messagerie. Faute de renouvellement, le titulaire a laissé le nom libre, et celui-ci est désormais reprisable par n’importe qui. L’avertissement de l’autorité française de mars 2021, lui, n’a pas été retiré et demeure accessible.

Que sont devenues les coordonnées laissées sur le formulaire d’inscription ?

Le formulaire de la vitrine collectait le nom, l’adresse électronique et le numéro de téléphone, et imposait l’acceptation de recevoir des sollicitations par courriel, SMS et téléphone. Ces données ont pu être transmises à des tiers ou utilisées pour des démarchages ultérieurs. Les personnes ayant renseigné ce formulaire peuvent saisir la CNIL sur l’usage de leurs coordonnées, même sans versement financier.

Peut-on encore obtenir réparation après la disparition du site ?

La disparition du nom au registre ne supprime pas les recours. Les personnes ayant effectué un versement doivent rassembler leurs justificatifs de paiement, leurs relevés bancaires et leurs échanges écrits, puis envisager un signalement auprès du régulateur français et, si les montants le justifient, une plainte pénale. Notre page dédiée aux poursuites pénales précise la marche à suivre. Une solution amiable reste elle aussi possible, surtout lorsque des pièces solides peuvent être présentées dès le stade pré-contentieux.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 10/10/2026

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