Sommaire
- Le régulateur français a classé ce nom sous « Usurpation »
- Le nom d’une banque luxembourgeoise agréée, repris sans autorisation
- Un accès réservé à ceux qui avaient reçu leurs identifiants
- En 2026, plus aucune requête ne fait répondre ce nom
- Conserver les échanges, puis engager les recours
- Les questions qui nous sont adressées au sujet de Bkt-inter.eu
Le régulateur français a classé ce nom sous « Usurpation »
Avant même que BrokerDefense ne publie son premier article consacré à bkt-inter.eu, l’Autorité des marchés financiers avait déjà tranché. Le 11 février 2021, l’autorité a porté ce nom sur son fichier officiel des entités non autorisées, avec la qualification « Usurpation ». Notre article d’origine n’a paru que dix-neuf jours plus tard, le 2 mars 2021, et mentionnait l’inscription sans en préciser ni la date ni le libellé exact. Cette mise à jour remédie à cet écart.
La qualification retenue par l’autorité est précise et n’admet aucune ambiguïté : il ne s’agit pas d’une simple mise en garde pour défaut d’agrément, mais d’un constat d’usurpation d’identité d’un acteur financier autorisé. La fiche nominative de l’autorité, consultable directement, rappelle qu’aucun agrément n’a été accordé à cette enseigne pour s’adresser aux épargnants. On peut la consulter sur la fiche de l’AMF dédiée à bkt-inter.eu.
Cinq ans et demi se sont écoulés depuis cette inscription. Ni une levée de la mesure, ni aucune modification du libellé ne sont intervenues dans l’intervalle. Le fichier officiel relevé le 28 septembre 2026 porte toujours cette entrée, à l’identique. La durée de maintien de l’inscription est en elle-même un indicateur : l’autorité n’a reçu aucun élément justifiant de réexaminer la qualification retenue en février 2021.
Les éléments d’enregistrement de ce nom restent réunis dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 02/10/2026
Le nom d’une banque luxembourgeoise agréée, repris sans autorisation
Notre enquête de 2021 avait établi la mécanique du procédé : la vitrine bkt-inter.eu reprenait l’identité d’une banque réellement agréée pour se donner une apparence de légitimité. Ce type de montage repose sur la confusion que les victimes potentielles peuvent faire entre un nom connu et un interlocuteur qu’elles n’ont pas sollicité.
En janvier 2021, la Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeois avait mis en garde contre des personnes prétendant agir pour le compte de la banque luxembourgeoise agréée Keytrade Bank Luxembourg S.A., en proposant des produits financiers par téléphone ou par courriel. Cette alerte, publiée quelques semaines avant l’inscription de l’AMF, confirmait que l’usurpation était déjà active et signalée de part et d’autre de la frontière franco-luxembourgeoise.
Il convient de l’affirmer sans équivoque : Keytrade Bank Luxembourg S.A. est un établissement réel et régulé, dont l’identité a été reprise sans aucune autorisation de sa part. Cette banque est la victime du procédé décrit ici. Aucun document officiel ne la rattache à la vitrine bkt-inter.eu, et rien dans les sources à notre disposition ne permet de lui imputer la moindre responsabilité dans les agissements constatés.
Un accès réservé à ceux qui avaient reçu leurs identifiants
L’une des caractéristiques relevées lors de notre enquête de 2021 distinguait cette vitrine de nombreux sites frauduleux ordinaires : elle n’était pas librement consultable. Seules les personnes ayant préalablement reçu des identifiants pouvaient atteindre l’espace de connexion ; le visiteur non invité se heurtait à une page sans contenu utilisable.
Ce fonctionnement à accès réservé répond à une logique de dissimulation délibérée. En se soustrayant à la consultation publique, la vitrine complique la détection par les autorités et par les services de veille. Un site consultable par tous peut être signalé par n’importe quel internaute ; un site accessible uniquement sur invitation ne donne prise aux vérifications qu’au moment où une victime potentielle, déjà en contact avec les exploitants, accepte de communiquer ses données.
À ce verrou technique s’ajoutait un verrou d’identification : au moment de notre enquête, les éléments d’enregistrement du nom de domaine étaient entièrement masqués. Aucune identité d’exploitant, aucune adresse, aucune coordonnée n’était lisible publiquement. L’opacité était donc organisée à deux niveaux distincts, celui de l’accès au contenu et celui de la traçabilité administrative du nom.
En 2026, plus aucune requête ne fait répondre ce nom
Nos vérifications conduites le 2 octobre 2026 établissent que bkt-inter.eu ne répond plus à aucune sollicitation, que ce soit ni dans sa forme de base, ni avec le préfixe www. Aucun enregistrement d’adresse, de courrier, de serveur de noms ou d’alias ne subsiste pour ce nom : l’infrastructure technique qui le soutenait a disparu sans laisser de relais actif.
Le registre du .eu, interrogé directement le même jour, ne rend plus aucune fiche pour ce nom. Il n’est plus enregistré. Cette absence de fiche au registre de rattachement est distincte d’un simple silence technique : elle signifie que le nom n’existe plus en tant qu’objet administratif au sein de l’espace des noms en .eu.
Nos relevés n’ont trouvé aucun certificat récent associé à ce nom, et aucune copie consultable de la vitrine n’est conservée dans les collections publiques. Il ne reste donc rien à observer de ce qu’elle contenait. Pour toute personne cherchant à identifier un interlocuteur ou à retrouver une trace exploitable, ce canal est définitivement fermé : personne ne peut être joint par ce biais, et aucun contenu ne subsiste pour en attester la nature exacte.
Conserver les échanges, puis engager les recours
Pour toute personne ayant versé des fonds en lien avec cette enseigne, la première priorité est de rassembler l’ensemble des pièces disponibles : courriels échangés avec les interlocuteurs qui se réclamaient de la vitrine, relevés bancaires où figurent les mouvements sortants, coordonnées du compte destinataire des virements, captures d’écran et tout document reliant un versement à l’enseigne bkt-inter.eu. Ces éléments forment le socle de tout recours ultérieur et leur valeur diminue à mesure que le temps passe.
Le rôle de la banque qui a exécuté les transferts mérite d’être examiné. Un établissement de paiement ou un établissement bancaire qui a laissé partir des fonds vers un compte signalé peut voir sa vigilance mise en cause, selon les circonstances et les montants en jeu. Cette piste est distincte de la procédure pénale, mais elle peut être poursuivie parallèlement.
D’autres vitrines bâties sur le même procédé d’usurpation ont fait l’objet de dossiers distincts chez BrokerDefense. Bdlcic.com constitue un autre exemple de vitrine construite sur l’identité d’une banque réelle, elle aussi classée « Usurpation » par l’autorité puis privée de tout enregistrement. De même, Lse-asset.com appartient à la même vague de février 2021, avec un accès lui aussi réservé sur invitation, et il ne subsiste plus d’enregistrement pour ce nom non plus.
Pour savoir si un nom a fait l’objet d’une qualification officielle, l’inventaire des entités non autorisées tenu par l’AMF reste le point de départ. Sur le plan pénal, déposer une plainte formelle permet d’ouvrir une enquête, de figer des éléments de preuve et d’accéder, le cas échéant, à des mécanismes d’indemnisation que la seule voie civile n’offre pas toujours ; notre page consacrée à la procédure pénale pour les victimes de fraude financière détaille les étapes à suivre.
Un jugement d’escroquerie rendu par le tribunal de Troyes a donné lieu à une victoire judiciaire pour des victimes de fraude financière et à leur indemnisation, une affaire commentée par Maître Goce Novakov, avocat dont l’exercice relève du ressort de Paris, et qui est étrangère au nom traité dans le présent article. L’entretien filmé revient sur les conditions de ce jugement et sur ce qu’il a permis d’obtenir concrètement pour les parties civiles.
Les questions qui nous sont adressées au sujet de Bkt-inter.eu
La qualification « Usurpation » est appliquée lorsqu’un acteur non autorisé se présente sous l’identité d’un établissement financier réellement agréé, en cherchant à tirer parti de la notoriété et de la crédibilité de cet établissement. Dans le cas de bkt-inter.eu, des personnes proposaient des produits financiers en se réclamant d’une banque luxembourgeoise agréée, ce qui a conduit l’autorité à retenir ce libellé précis dès le 11 février 2021, inscription qui n’a jamais été levée depuis.
La banque dont l’identité a été utilisée sans autorisation est Keytrade Bank Luxembourg S.A., un établissement luxembourgeois réel et régulé. Elle est la victime du procédé d’usurpation, et non son auteur. La Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeois l’avait elle-même signalé dès janvier 2021 en alertant sur des personnes prétendant agir en son nom. Aucun document officiel ne relie cet établissement à la vitrine bkt-inter.eu.
Tout document retraçant la relation avec les interlocuteurs de cette enseigne doit être conservé sans délai : messages électroniques reçus ou envoyés, relevés bancaires indiquant les montants et dates des transferts, coordonnées du compte vers lequel les fonds ont été dirigés, et toute capture d’écran réalisée à l’époque. Ces éléments constituent le fondement des recours possibles, qu’ils soient menés sur le plan pénal ou devant les juridictions civiles.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 02/10/2026


