Sommaire
- Plus rien dans le fichier des .com ne porte ce nom
- Février 2021 : le libellé Crypto-actifs retenu par le régulateur
- Des certificats émis jusqu’en octobre 2024 pour quatre noms de service
- La navigation sécurisée de Google avait signalé le domaine
- Deux noms d’une même vague, deux dossiers séparés
- Ce qui peut encore être réclamé sur des fonds versés en 2021
- Les réponses aux questions les plus courantes
Plus rien dans le fichier des .com ne porte ce nom
Le registre des noms en .com, interrogé le 21 septembre 2026, ne rend plus aucune ligne pour coinrevolut.com. Pour s’assurer que ce silence n’était pas imputable à une défaillance technique momentanée, un contrôle témoin a été effectué dans la même passe : un nom du .com toujours détenu par son propriétaire rendait une fiche complète, avec toutes les informations attendues. Le silence de coinrevolut.com est donc propre à ce nom.
Ce silence se prolonge à tous les niveaux techniques : le nom ne répond à aucune interrogation. Il ne renvoie aucune adresse, aucune entrée de messagerie, aucun serveur de noms, aucun enregistrement de texte. Le nom est privé de toute réponse, quelle que soit la nature de la requête formulée.
Ce nom n’est pourtant pas nouveau. Il avait été enregistré le 17 avril 2019 pour une durée d’un an, puis renouvelé le 17 mars 2020 pour une échéance fixée au 17 avril 2021. C’est donc un nom qui a connu une existence réelle, avec des titulaires successivement identifiés, avant de disparaître du fichier.
Pour l’enregistrement du domaine lui-même, une seule piste subsiste dans ce que ces relevés conservent : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 21/09/2026
Février 2021 : le libellé Crypto-actifs retenu par le régulateur
Le 18 février 2021, l’Autorité des marchés financiers a inscrit sur sa liste noire le libellé exact « www.coinrevolut.com », sous la qualification « Crypto-actifs ». Depuis cette date, aucune levée n’est intervenue. Le fichier publié par le régulateur le 11 septembre 2026 porte encore cette ligne, identique à celle qui y figure depuis plus de cinq ans.
Le texte publié avec cette fiche rappelle, en substance, que cet acteur n’a jamais reçu d’autorisation pour proposer de tels placements en France. La fiche associe le libellé à la date du 18 février 2021 et maintient la mention de liste noire sans changement.
Que le nom ait quitté le fichier des .com ne modifie en rien la position du régulateur. Une inscription sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers ne suit pas le sort technique du nom : elle documente les faits tels qu’ils étaient établis au moment de la mise en garde, et elle demeure publiée aussi longtemps que le régulateur ne décide pas de la retirer. Ici, aucun retrait n’a eu lieu. Les personnes qui souhaitent consulter l’ensemble des éléments portés par le régulateur trouveront l’inscription telle que le régulateur la publie.
Des certificats émis jusqu’en octobre 2024 pour quatre noms de service
Les journaux publics de certificats recensent 46 attestations rattachées à coinrevolut.com, réparties sur neuf noms de service : le nom seul, sa forme préfixée en www, et les sous-domaines crm, platform, reserve et sales. La première de ces attestations date du 29 avril 2019, soit douze jours seulement après l’enregistrement du nom. Dès l’origine, l’infrastructure était donc pensée avec plusieurs points d’accès distincts.
Les émissions se sont ensuite succédé par vagues régulières, bien après que le régulateur eut prononcé sa mise en garde en février 2021. Le 11 octobre 2024, quatre noms de service ont reçu chacun une attestation dans la même journée, émises sous Let’s Encrypt R10 et Google Trust Services WR1. Trois jours plus tard, le 14 octobre 2024, une attestation couvrant l’ensemble des sous-domaines a été émise sous Sectigo pour une durée d’un an, jusqu’au 14 octobre 2025. Aucune émission ne figure au-delà de cette date dans nos relevés.
Ce calendrier d’émissions dit quelque chose d’essentiel sur la durée réelle d’exploitation de cette infrastructure. Le nom a été maintenu techniquement actif pendant plus de trois ans et demi après la mise en garde du régulateur. Les vagues d’octobre 2024 confirment que des certificats valides étaient encore produits pour plusieurs sous-domaines à cette date, ce qui suppose une gestion délibérée de l’infrastructure, et non un abandon passif. Le silence qui suit octobre 2025 coïncide avec l’expiration de la dernière attestation connue.
La navigation sécurisée de Google avait signalé le domaine
En 2021, au moment où le dossier a été documenté pour la première fois, la navigation sécurisée du moteur de recherche signalait la forme préfixée en www de coinrevolut.com comme une tentative d’hameçonnage. La page était présentée comme dangereuse, avec un avertissement destiné à empêcher les internautes d’y accéder. L’image conservée de cet avertissement figure ci-dessous.

Un service public de conservation des pages a constitué 50 relevés de ce nom. Le premier date du 23 février 2021, soit quelques jours après la mise en garde du régulateur. Le dernier relevé où la page répondait encore avec un code normal date du 4 janvier 2022. Un relevé plus tardif, du 14 février 2023, ne rend plus qu’une redirection. Entre ces deux dates, l’accès à la page s’était donc progressivement dégradé, jusqu’à ce que le nom soit privé de toute réponse utile.
Deux noms d’une même vague, deux dossiers séparés
Le 18 février 2021, deux autres libellés ont été inscrits à la même date que coinrevolut.com sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers. L’un d’eux, www.ldc-crypto.com, a fait l’objet d’un examen indépendant, accessible depuis un autre libellé de la même journée, documenté quelques jours plus tôt. L’autre, crypto-btc.co.uk, renvoie à un contexte différent, dont le schéma rappelle une plateforme de cryptomonnaies dont il ne restait déjà plus rien à l’époque de sa documentation.
Une date d’inscription commune dans le fichier du régulateur ne prouve ni un exploitant commun à ces trois libellés, ni une filiation entre eux. Le régulateur publie ses mises en garde au fil de ses contrôles, et plusieurs noms sans lien entre eux peuvent se retrouver inscrits le même jour sans que cela implique la moindre relation. Chaque dossier doit être examiné séparément, sur la base des éléments qui lui sont propres.
Ce qui peut encore être réclamé sur des fonds versés en 2021
Lorsque des fonds ont été virés vers une plateforme inscrite sur la liste noire du régulateur, plusieurs démarches restent envisageables, même des années après les faits. La prescription n’est pas acquise dans tous les cas, et la disparition technique du nom ne fait pas obstacle à l’engagement d’une procédure. Notre dossier consacré à la procédure de plainte et les pièces à produire décrit les formalités à accomplir auprès du procureur de la République.
Les personnes concernées peuvent également consulter le tableau public des mises en garde du régulateur français, qui recense les libellés visés et fournit des orientations aux épargnants concernés.
Dans l’entretien qui suit, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate plaidant au barreau de Paris, revient sur la responsabilité de la banque et sur l’indemnisation obtenue par une victime d’arnaque.
Les réponses aux questions les plus courantes
La disparition d’un nom du registre des .com ne clôt pas les droits des personnes lésées. Dans le cas de coinrevolut.com, l’inscription prise le 18 février 2021 par le régulateur français demeure publiée telle quelle, ce qui constitue un élément de preuve utilisable dans une procédure. Les relevés conservés par un service public, qui documentent la page jusqu’au 4 janvier 2022, peuvent également servir à établir l’existence et la durée de l’exploitation.
Non. Une inscription portée par le régulateur documente une situation établie à une date donnée, et elle est maintenue tant qu’aucune décision ne vient la retirer. Pour coinrevolut.com, la ligne du 18 février 2021 est toujours portée par le fichier le plus récent publié, ce qui la rend vérifiable par quiconque cherche à comprendre la nature de cette plateforme.
Plusieurs voies restent ouvertes. Il est possible de déposer une plainte en s’appuyant notamment sur la fiche de coinrevolut.com publiée par l’Autorité des marchés financiers, qui atteste l’absence de tout agrément pour s’adresser au public français. Le rôle de la banque qui a laissé passer ces virements mérite aussi d’être regardé de près, sur le terrain du devoir de vigilance. BrokerDefense propose une évaluation préalable gratuite pour identifier les démarches adaptées à chaque situation.
En 2021, la promesse de Coinrevolut.com tenait en une phrase : une cryptomonnaie adossée à l’un des plus grands moteurs de recherche. Cet argument de légitimité visait des personnes peu familières des marchés financiers. Ces personnes se sont retrouvées sans interlocuteur identifiable, face à un nom qui ne répond plus et à des fonds dont la récupération suppose d’engager des démarches qu’elles n’ont pas toujours les moyens de conduire seules. BrokerDefense propose une évaluation préalable pour examiner les éléments disponibles et orienter chaque situation vers la démarche la plus appropriée.
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Article réécrit le 21/09/2026


