Sommaire
- Un portail fermé depuis deux ans, et plus aucune fiche à son nom
- La page de connexion saisie dans un constat de juin 2023
- Burlington pour le titulaire, les Pays-Bas pour le serveur
- Douze mois d’enregistrement, du 21 mars 2023 au 21 mars 2024
- Deux autres dossiers bâtis sur un accès délivré sur invitation
- Les pièces qui gardent leur valeur après la fermeture du portail
- app-big.com : les questions restées sans réponse sur ce portail
Un portail fermé depuis deux ans, et plus aucune fiche à son nom
Le 15 septembre 2026, le nom app-big.com ne résout plus sous aucune de ses formes : ni en racine, ni précédé de www, ni sur le sous-domaine web qui hébergeait autrefois le portail. Ce constat de non-résolution aurait pu s’expliquer par une panne ou une suspension temporaire, mais l’interrogation du fichier des enregistrements ne restitue plus la moindre ligne à ce nom. Il ne s’agit donc pas d’un problème de serveur : le nom lui-même a quitté le registre des noms en .com. Pour s’assurer que l’annuaire fonctionnait normalement ce jour-là, nos vérifications ont été conduites en parallèle sur un autre nom du même fichier, qui y figurait sans anomalie. L’absence constatée est bien celle d’app-big.com, et non un dysfonctionnement de l’infrastructure d’interrogation.
La conséquence directe est qu’il n’existe plus aujourd’hui aucun exploitant identifiable rattaché à ce nom : ni titulaire, ni bureau d’enregistrement actif, ni serveur, ni adresse de contact d’aucune sorte. Ce qui subsiste encore dans ce dossier ne provient que de deux sources : notre propre constat de juin 2023, conduit selon la norme AFNOR Z67-147, et quelques pages conservées par des copies publiques archivées avant l’expiration du nom.
Les six fichiers de listes que l’AMF publie ne comportent aucune mention de ce nom, page récapitulative comprise. Rien, dans ce silence des listes, ne vaut certificat de régularité : il indique uniquement qu’aucune autorité n’a reconnu cette entité jusqu’ici.
Les éléments d’enregistrement encore consultables pour ce nom sont réunis dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 15/09/2026
La page de connexion saisie dans un constat de juin 2023
Le 26 juin 2023, un constat dressé suivant la norme AFNOR Z67-147 a figé l’état exact de l’adresse https://web.app-big.com/login. La capture a été conduite de 15 h 17 à 15 h 28, soit 642 secondes d’enregistrement continu, sous navigateur Chromium 110. Elle a été horodatée par empreinte dans une chaîne publique et par horodatage qualifié au sens du règlement eIDAS. Le constat comporte trois captures d’écran, le journal du réseau, une copie de la source de la page et un relevé d’enregistrement du domaine.
La page saisie ce jour-là pesait 2 794 octets, ce qui correspond à un contenu réduit au strict minimum. Son titre de navigateur était vide. L’écran ne présentait qu’un seul bloc blanc centré, posé sur une image de fond, avec l’intitulé « Connexion à votre compte ». Deux champs étaient proposés, libellés « Login » et « Password », accompagnés d’une case « Rester connecté » et d’un lien « Mot de passe oublié ? ». Le formulaire postait vers /login_check et embarquait un jeton anti-falsification.
Cette page ne comportait aucun nom commercial, aucun logo, aucune mention légale, aucun numéro d’identification, aucune adresse physique ou électronique. Elle n’énonçait ni produit, ni société, ni service d’aucune nature. Quiconque arrivait à cette adresse sans y avoir été conduit par un tiers ne pouvait rien apprendre sur l’entité qui exploitait le portail. Le recrutement proactif par téléphone et par courriel, documenté dans l’article d’origine, était donc le seul canal par lequel les identifiants parvenaient aux personnes visées.
Burlington pour le titulaire, les Pays-Bas pour le serveur
Au moment du constat, le titulaire du nom était masqué derrière Privacy Protect LLC, dont l’adresse déclarée est 10 Corporate Drive, Burlington, Massachusetts, États-Unis. Ce service de protection de la vie privée est fourni via PrivacyProtect.org. Aucune information sur la personne ou la structure ayant réellement commandé l’enregistrement n’était accessible publiquement.
L’infrastructure technique présentait un second niveau d’éloignement. Le nom pointait vers l’adresse IP 89.249.49.186, dont le nom inversé est 186-49-249-89.koddos.net. Cette adresse est localisée aux Pays-Bas. Le prestataire koddos se présente comme spécialisé dans l’hébergement résistant aux demandes de retrait. Le relevé de réseau inclus dans le constat montre que la trace s’arrête au point d’échange d’Amsterdam, côté prestataire, sans qu’il soit possible d’aller plus loin depuis l’extérieur.
Le socle technique relevé lors de nos recherches du 25 juillet 2023 complète ce tableau : le site fonctionnait sous PHP 7, avec un serveur web LiteSpeed. La mise en page reposait sur Bootstrap 5.2, chargé depuis une bibliothèque publique en réseau de diffusion de contenu. Deux feuilles de style maison, nommées forms.css et checks.css, complétaient l’ensemble. L’encodage était UTF-8, le balisage HTML5, et une balise d’adaptation mobile était présente, de même que des contrôles d’intégrité sur les ressources externes.
Ce socle décrit un assemblage banal de composants libres, monté sans la moindre personnalisation d’identité. Rien dans ces choix techniques ne distingue ce portail d’un projet de développement ordinaire : c’est précisément ce caractère générique qui rendait toute identification impossible à partir du seul contenu visible.
Douze mois d’enregistrement, du 21 mars 2023 au 21 mars 2024
Le nom app-big.com a été créé le 21 mars 2023, avec une échéance fixée au 21 mars 2024, soit une durée d’enregistrement de douze mois. Le bureau d’enregistrement était PDR Ltd., connu sous la marque PublicDomainRegistry.com et portant l’identifiant IANA 303, par l’intermédiaire du revendeur BITDOMAIN.BIZ. Le statut de blocage du transfert était activé au moment du relevé, ce qui empêchait tout déplacement du nom vers un autre bureau d’enregistrement sans démarche préalable.
Trois sous-domaines avaient été relevés à l’époque : web, qui hébergeait le portail d’accès, stocks et mail. Les serveurs de noms utilisés étaient ns17.nlkoddos.com et ns18.nlkoddos.com, cohérents avec l’hébergement koddos décrit dans la section précédente.
Après l’échéance de mars 2024, les copies publiques archivées montrent que l’adresse n’a plus servi qu’à renvoyer vers une page d’attente, sans contenu opérationnel. Les copies de mars 2025 en témoignent. Rien n’a été conservé au-delà. Ce que cette chronologie établit clairement, c’est que le portail a cessé d’être opérationnel bien avant que le nom disparaisse du registre. Ce qu’elle ne permet pas d’établir, c’est l’identité des personnes qui l’ont exploité, ni la destination des fonds éventuellement collectés : aucune de ces informations ne figure dans les sources disponibles.
Deux autres dossiers bâtis sur un accès délivré sur invitation
La même architecture d’accès se lit dans deux dossiers voisins, publiés cette semaine. Le dossier lenava-pro.com, publié la veille sur https://www.brokerdefense.net/2026/09/14/lenava-pro-arnaque-portail-client/, documente une configuration comparable : la vitrine s’est éteinte alors que l’espace client restait un temps accessible. Le dossier webtrader.degiropartners.io, également publié la veille sur https://www.brokerdefense.net/2026/09/14/webtrader-degiropartners-io-arnaque/, présente quant à lui un nom gelé par son bureau d’enregistrement, autre forme de fermeture soudaine qui prive les personnes lésées de tout point d’appui visible.
Obtenir réparation dans ce type d’affaire suppose de comprendre les voies judiciaires disponibles et leurs conditions de succès. Maître Goce Novakov, avocat dont l’inscription professionnelle relève de Paris, commente une décision rendue à Créteil, où une victime d’escroquerie a obtenu gain de cause, et précise ce que ce jugement apporte concrètement aux personnes trompées.
Les pièces qui gardent leur valeur après la fermeture du portail
Lorsqu’un portail de ce type disparaît sans laisser de vitrine ni de mentions légales, les pièces utiles ne se trouvent pas sur le site lui-même : elles sont entre les mains des personnes qui ont été contactées. Les échanges de courriels et de messages ayant servi à remettre les identifiants de connexion constituent des preuves directes du recrutement proactif documenté dans ce dossier. Ils doivent être conservés intégralement, sans suppression ni modification.
Les ordres de virement et les relevés de compte associés permettent d’identifier l’établissement qui a reçu les fonds. C’est souvent la seule piste concrète qui subsiste une fois le domaine disparu. Ces documents doivent être rassemblés dans leur version originale, avec leurs horodatages et leurs références de transaction.
Toute capture d’écran réalisée à l’époque de l’utilisation du portail, même partielle, peut compléter utilement le dossier, en particulier si elle montre des soldes affichés, des ordres passés ou des messages reçus depuis l’interface. Ces éléments peuvent être versés à une procédure pénale. La saisine du juge pénal, et les pièces qu’elle suppose, sont exposées sur notre page consacrée à la plainte.
app-big.com : les questions restées sans réponse sur ce portail
Non. L’adresse https://web.app-big.com/login ne présentait qu’un formulaire de connexion protégé par identifiant et mot de passe. Aucun contenu n’était visible sans ces identifiants, et aucun moyen de s’inscrire librement n’était proposé sur la page. L’accès était donc réservé aux personnes à qui des identifiants avaient été remis, ce qui correspond au recrutement proactif par téléphone et par courriel documenté dans ce dossier.
Le nom avait été enregistré pour une durée de douze mois, du 21 mars 2023 au 21 mars 2024. Après cette échéance, il n’a pas été renouvelé. L’interrogation du fichier des enregistrements menée le 15 septembre 2026 ne livre plus aucune ligne à ce nom : il n’y figure plus. Aucun exploitant n’est donc identifiable aujourd’hui par cette voie, et il ne reste aucun titulaire, aucun bureau d’enregistrement actif ni aucun serveur rattaché à ce nom.
La fermeture du portail ne fait pas disparaître les preuves détenues par les personnes contactées. Les courriels et messages ayant servi à remettre les identifiants, les ordres de virement, les relevés de compte et toute capture d’écran réalisée pendant l’utilisation du portail conservent leur valeur dans une procédure pénale. Il convient de rassembler ces pièces sans les modifier et de consulter notre page consacrée à la procédure pénale pour connaître les démarches adaptées à cette situation.
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Article réécrit le 15/09/2026


