BTYEX arnaque : btyex.co visé par une mise en garde belge

L’enseigne BTYEX promettait l’accès à plusieurs marchés depuis l’adresse btyex.co : ni société, ni siège, ni autorité de tutelle n’y étaient désignés.

Le nom, créé le 28 mars 2023 pour une durée d’un an, a été repris le 6 septembre 2023 dans l’avertissement par lequel l’autorité belge des services et des marchés financiers déconseille nommément plusieurs plateformes de trading frauduleuses. Cet avertissement est postérieur de cinq semaines à notre article du 29 juillet 2023, qui décrivait la vitrine sans pouvoir la nommer. Aucune fiche ne correspond plus aujourd’hui à cette adresse dans le registre du .co, et les trois pages conservées par notre constat du 27 juillet 2023 restent la seule trace exploitable de ce dossier.

Le 6 septembre 2023, la FSMA rangeait btyex.co parmi les plateformes frauduleuses

Cinq semaines après notre article du 29 juillet 2023, l’autorité belge des services et des marchés financiers a publié l’avertissement publié par la FSMA du 6 septembre 2023, intitulé « Attention à ces nouvelles plateformes de trading frauduleuses ». La liste annexée range l’enseigne BTYEX et l’adresse https://btyex.co/ parmi les plateformes frauduleuses de trading en ligne. Notre article d’origine ne citait aucun domaine : c’est cette mise à jour qui attribue pour la première fois l’enseigne BTYEX à l’adresse btyex.co, et l’avertissement belge constitue le fait le plus solide de l’ensemble du dossier, daté, public et vérifiable.

La page de l’autorité décrit avec précision le mécanisme observé. Tout commence par de fausses publicités diffusées sur les réseaux sociaux ou les plateformes vidéo, mettant en scène une personne connue qui présente une méthode d’enrichissement rapide. Un appel téléphonique suit rapidement après le clic. Des groupes de messagerie entretiennent ensuite l’illusion, relayés par un programme d’affiliation aux caractéristiques d’une chaîne de recommandation. Lorsque la victime est suffisamment engagée, les escrocs exercent des pressions pour prendre le contrôle à distance de son ordinateur afin d’exécuter des virements. Des versements supplémentaires sont ensuite réclamés, présentés comme indispensables pour libérer les fonds prétendument bloqués. Certaines de ces plateformes vont jusqu’à prétendre être régulées auprès d’une autorité de tutelle fictive.

Les données d’enregistrement relevées le 27 juillet 2023 indiquaient une création du nom le 28 mars 2023, avec une échéance fixée au 28 mars 2024 et une dernière modification du fichier d’enregistrement datée du 20 avril 2023. Le bureau d’enregistrement était Key-Systems GmbH, portant l’identifiant IANA 269, joignable pour les signalements à l’adresse [email protected] et au numéro de plainte +49 68 94 93 96 85. L’organisme déclaré au titre du titulaire était FAST-IT Cyprus, avec le pays CY, le reste de l’identité étant masqué. Aucune signature de sécurité n’était attachée au registre, et le statut du nom était « ok ». Les serveurs de noms, eux, étaient charles.ns.cloudflare.com et brenna.ns.cloudflare.com. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Au 15 septembre 2026, aucune fiche ne correspond plus à ce nom dans le registre du .co. L’interrogation directe du service d’annuaire retourne une réponse « aucun objet trouvé », tandis qu’une vérification de comparaison, menée le même jour sur un nom voisin relevant du même registre, a bien rendu une fiche : cette absence est donc un résultat et non une anomalie technique. Aucune donnée de nommage ne répond, ni pour l’adresse principale ni pour le préfixe www, et aucune requête HTTP n’aboutit. Le nom ne figure plus au registre et la vitrine ne répond plus.

Dernière mise à jour : 15/09/2026

L’échéance de mars 2024 n’a pas été honorée, et le nom a quitté le registre

Enregistré le 28 mars 2023, le nom btyex.co portait une échéance au 28 mars 2024. La dernière modification du fichier d’enregistrement, relevée le 27 juillet 2023, remontait au 20 avril 2023, soit moins d’un mois après la création. Les médias téléversés sur le site n’étaient accessibles que dans un dossier daté d’avril 2023, contemporain de cette ouverture : la vitrine avait donc été montée et mise en ligne en l’espace de quelques semaines.

Des copies publiques conservées retracent la vie du nom. Les premières, datées du 2 juillet 2023, montrent une page en réponse positive de 8 698 puis 8 721 octets. La copie du 27 juillet 2023, jour de notre constat, atteint 13 915 octets. Le 31 octobre 2023, la forme www redirige vers l’adresse principale. Puis le silence s’installe, jusqu’à une copie du 11 avril 2026 qui révèle une page de 1 036 octets ne contenant plus qu’un script de mesure du navigateur et une redirection vers une adresse paramétrée par un identifiant de visite et l’empreinte ainsi obtenue, avec un lien de secours pour les navigateurs sans script. Bien après l’échéance de 2024, le nom avait donc été repris pour servir un dispositif de mesure et de renvoi, sans aucun rapport avec l’activité de courtage décrite par la vitrine.

Au 15 septembre 2026, le nom ne figure plus au registre, la vitrine ne répond plus et aucune requête n’aboutit, ni vers l’adresse principale ni vers la forme www.

Il convient de ne pas confondre plusieurs formes voisines. Notre rapport de 2023 mentionnait également la forme www.btyex.com : celle-ci correspond aujourd’hui à un enregistrement distinct, ouvert le 9 avril 2026 avec une échéance au 9 avril 2027, qui ne sert qu’une page d’erreur renvoyée par le serveur. Rien ne permet de rattacher cet enregistrement au dispositif décrit ici, et aucun détenteur ne sera nommé. Quant à la forme btyex.io, elle ne répond pas et n’a jamais été documentée.

La vitrine de 2023 telle que trois pages conservées la restituent

Le constat établi à notre demande le 27 juillet 2023 occupe vingt pages, sous horodatage qualifié et selon le protocole AFNOR Z67-147. Y figurent trois pages conservées et neuf captures d’écran, réparties en quatre vues de la page d’accueil, deux de la page de contact et trois de la page de présentation. S’y ajoutent les copies des codes source, de 83 386, 65 432 et 63 317 octets, et l’adresse technique du serveur au moment de la capture, 172.67.165.129, sur le réseau Cloudflare.

La page d’accueil se présentait comme « un courtage de premier plan dédié à l’excellence et à l’expérience utilisateur » et promettait « un environnement adapté à tous les besoins de négociation ». Les arguments mis en avant comprenaient des dépôts et retraits multiples, des instruments multiples, des exécutions rapides et sûres, une vérification rapide, des outils de négociation optimisés, des exécutions à la vitesse de l’éclair grâce à des serveurs rapides, des fonds présentés comme conservés sur des comptes bancaires ségrégués, des échanges hautement chiffrés et une assistance disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre cinq jours par semaine. La rubrique produits annonçait l’accès aux crypto-actifs, aux indices, aux actions, aux matières premières et aux métaux précieux. Le pied de page reproduisait l’avertissement de risque standard des courtiers sur contrats sur différence, mentionnant que 75 % des comptes d’investisseurs particuliers perdent de l’argent avec l’effet de levier, et renvoyait à des « documents légaux ». Aucune société, aucun siège, aucun numéro d’immatriculation et aucune autorité de tutelle n’apparaissaient sur ces pages.

La page des documents légaux annonçait sept documents : conditions générales, politique de divulgation des risques, politique de connaissance du client, politique de lutte contre le blanchiment, politique de confidentialité, politique de compétence juridictionnelle et politique de retrait. Le texte des conditions générales ne désigne aucune entité : il parle uniquement de « la Société » et du « Client », se réserve le droit de modifier le site sans préavis, s’autorise à interrompre la plateforme le week-end, s’attribue la propriété des améliorations suggérées par l’utilisateur et impose au client de ne pas publier de contenus qualifiés de faux, offensants, diffamatoires, menaçants, obscènes, illégaux, harcelants, abusifs, haineux, raciaux, vulgaires, séditieux ou autrement répréhensibles, clause déjà relevée par notre article de 2023 et confirmée par la copie conservée. La politique de connaissance du client réclame des copies de cartes bancaires recouvertes sur les douze premiers chiffres et un justificatif de domicile ou un relevé bancaire. Ni nom de société, ni siège, ni autorisation d’exercice n’y figurent.

Les contacts affichés se réduisaient à une seule boîte courriel rattachée au domaine, [email protected], écrite en clair sur la page de contact, accompagnée d’un formulaire demandant un nom, un courriel, un objet et un message. Ni adresse postale, ni ligne téléphonique, ni nom de personne ne figuraient sur les pages conservées.

Deux autres adresses du même lot de septembre 2023

L’avertissement belge du 6 septembre 2023 ne se limite pas à BTYEX. BrokerDefense avait documenté un autre nom repris le même jour par la même autorité : l’enseigne Megainvestco, documentée trois jours après notre article. Ce rapprochement traduit une même vague de publication par une même autorité de régulation, sans que cela établisse quoi que ce soit sur un éventuel exploitant commun ou un lien d’exploitation entre les deux adresses.

Un second nom figure dans le même lot de publication : l’enseigne Binetrix, documentée au printemps 2023. Là encore, la coïncidence de date dans l’avertissement de l’autorité belge ne prouve aucun lien entre les dispositifs concernés : trois enseignes distinctes ont simplement été nommées dans un même texte par une même autorité un même jour, ce qui renseigne sur le rythme de travail du régulateur, non sur une organisation partagée.

La responsabilité de la banque, une voie encore explorée en justice

Toute personne ayant effectué des virements vers les coordonnées affichées par la vitrine btyex.co conserve un intérêt concret à rassembler ses preuves, même maintenant que la plateforme ne répond plus. Les relevés de virements, les échanges avec [email protected], les captures d’écran réalisées à l’époque et les copies publiques conservées forment ensemble un dossier mobilisable. L’état de la vitrine, figé le 27 juillet 2023 par un constat horodaté de façon qualifiée, peut être versé à une procédure pour établir ce que la plateforme affichait et ce qu’elle dissimulait.

Une piste complémentaire porte sur l’établissement bancaire qui a ouvert ou alimenté le compte utilisé pour recevoir les fonds. Lorsque cet établissement n’a pas exercé la vigilance attendue à l’égard des opérations suspectes, sa responsabilité peut être recherchée en justice, aux côtés des auteurs directs des faits.

Un entretien éclaire ce point avec précision. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate à Paris, barreau dont elle relève, revient sur une décision de justice qui a condamné, aux côtés des auteurs des faits, l’établissement bancaire ayant ouvert le compte utilisé par les escrocs pour manquement à son devoir de vigilance. Elle explique ce que ce type de décision permet concrètement d’obtenir pour une personne trompée.

Les démarches encore ouvertes pour une personne trompée

La disparition de la vitrine ne clôt aucun droit. Une personne ayant versé des fonds vers les coordonnées de btyex.co doit d’abord réunir l’ensemble des relevés des virements exécutés, les échanges avec [email protected], les captures d’écran réalisées à l’époque et les copies publiques archivées. Ces éléments serviront à interroger l’intermédiaire qui a reçu les fonds et l’établissement qui a exécuté les ordres.

La liste des entreprises irrégulièrement actives en Belgique, tenue par l’autorité belge des services et des marchés financiers, mentionne ce dossier : elle est consultable en ligne. Devant le juge pénal, les poursuites que les personnes trompées peuvent engager demeurent ouvertes, notamment pour les faits d’escroquerie et d’exercice illégal d’activités financières.

Un premier examen du dossier par BrokerDefense permet de savoir quelles pièces tiennent encore.

Questions de lecteurs sur l’abandon de cette adresse

Pourquoi l’article de juillet 2023 ne citait-il pas le nom de domaine btyex.co ?

Notre article du 29 juillet 2023 décrivait la vitrine telle qu’elle s’affichait sans en nommer l’adresse, par choix rédactionnel propre à ce type d’enquête initiale. C’est cette mise à jour, rédigée après identification complète et après la publication de l’avertissement de la FSMA, qui attribue pour la première fois l’enseigne BTYEX à l’adresse btyex.co.

Que change concrètement l’avertissement de la FSMA du 6 septembre 2023 pour quelqu’un qui a versé de l’argent à ce site ?

L’avertissement de l’autorité belge des services et des marchés financiers constitue un document officiel, daté et public, qui qualifie btyex.co de plateforme frauduleuse de trading en ligne. Il peut être produit dans toute procédure amiable ou judiciaire pour établir que la plateforme était signalée comme irrégulière par un régulateur européen, ce qui renforce la caractérisation des faits et l’argumentation sur le défaut de vigilance des intermédiaires financiers impliqués.

À quoi servent encore les relevés bancaires maintenant que btyex.co ne répond plus ?

Les relevés de virements conservent toute leur valeur probante même après la disparition de la vitrine. Ils permettent d’identifier les coordonnées bancaires qui ont reçu les fonds, d’interroger les établissements concernés sur les conditions d’ouverture et de fonctionnement des comptes utilisés, et d’étayer une demande en responsabilité contre les intermédiaires qui auraient dû détecter des opérations suspectes. La vitrine ne répond plus, mais les traces financières, elles, demeurent.

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Article réécrit le 15/09/2026

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