Swissmarketfx.com arnaque : inscrit par l’AMF, sorti du registre

Le nom www.swissmarketfx.com figure, depuis le 20 avril 2022, sur la liste des sites non autorisés que publie l’Autorité des marchés financiers, sous la qualification « Forex ». L’enquête que nous avions consacrée à cette adresse en décembre 2021 ne pouvait pas en faire état : elle précède cette inscription de quatre mois. Aujourd’hui, la résolution du nom échoue et le registre .com ne restitue plus aucun dossier.

Dernière mise à jour : 19/09/2026

L’AMF a inscrit ce nom, quatre mois après notre article

Le relevé que nous avons établi le 19 septembre 2026 ne laisse aucune place au doute : le libellé www.swissmarketfx.com, préfixe compris, est porté par la liste des sites non autorisés dans la rubrique consacrée au Forex, avec une date d’inscription au 20 avril 2022. Cette entrée figurait encore dans le fichier que le régulateur a publié le 4 septembre 2026. Elle n’a donc jamais été levée depuis.

La fiche nominative que l’Autorité consacre à ce nom reste consultable librement : la fiche www.swissmarketfx.com reprend le libellé exact et la date retenue par le régulateur. Pour un épargnant qui hésite encore devant une proposition de placement, c’est le contrôle le plus rapide qui existe, et il ne demande aucun compte ni aucune inscription.

Le fichier qui porte ce libellé rassemble des dizaines d’adresses sans lien entre elles, et nous en avons suivi plusieurs au fil des années. Foxane, retenue douze jours plus tôt sous la même qualification, a connu une fin comparable : ses deux adresses ont cessé de répondre, et le dossier que nous lui avons consacré en 2023 concluait déjà à l’absence de tout interlocuteur identifiable.

Le nom n’était pas isolé dans le paysage des enseignes à habillage helvétique. En novembre 2023, nous avons publié un dossier entier consacré à fx-swissmarket.com, construit sur les trois mêmes mots dans un ordre différent, dont la vitrine de courtage a été servie jusqu’à l’automne 2023 avant que le nom ne quitte à son tour le fichier du registre. Le rapprochement entre les deux dossiers n’est pas anecdotique : il décrit une manière de fabriquer une enseigne à partir de trois mots interchangeables, sans qu’aucune existence sociale ne soit jamais vérifiable.

Notre publication de décembre 2021 et l’inscription du régulateur sont séparées de quatre mois. Ce décalage ne dit rien d’un éventuel lien de cause à effet, les vérifications d’une autorité suivant leur propre calendrier, et notre article ne prétend à aucun rôle dans cette décision. Il indique seulement que les réserves que nous exprimions alors n’avaient rien de théorique.

Deux graphies d’un même nom, deux parcours séparés

Les deux adresses ont été enregistrées à un mois d’intervalle au printemps 2021. Le dossier conservé pour fx-swissmarket.com porte une création au 2 avril 2021, chez un registrar américain de premier rang, avec un service de confidentialité domicilié à Reykjavik et des serveurs de noms rattachés à l’hébergeur du même groupe. L’échéance y était fixée au 2 avril 2024, le verrou de transfert était actif et la signature DNSSEC absente. Aucun nom de personne physique n’apparaissait à quelque niveau que ce soit.

Pour swissmarketfx.com, notre enquête de décembre 2021 avait consigné un enregistrement d’un an seulement, une création au 1er mars 2021, un titulaire masqué et un serveur annoncé aux États-Unis. Ces éléments n’ont pas pu être revérifiés depuis, le nom ayant quitté le registre sans laisser de trace exploitable.

Deux graphies bâties sur les mêmes mots, enregistrées à un mois d’écart, ne suffisent pas à démontrer qu’un même opérateur les exploitait : nous ne l’affirmons pas. Ce qui est établi, c’est la récurrence d’un habillage suisse sur des noms courts et interchangeables, et le fait que les deux adresses aient été abandonnées sans qu’un exploitant identifiable apparaisse jamais. C’est aussi la raison pour laquelle la filiation entre les deux dossiers est signalée ici comme une piste de lecture, jamais comme une preuve d’identité d’exploitant.

Le rapprochement a une conséquence pratique pour les personnes concernées : une recherche menée à partir du seul nom qu’elles ont en mémoire peut les conduire vers la mauvaise adresse, et donc vers le mauvais dossier. Les deux écritures renvoient aujourd’hui au même vide, et aucune ne permet plus de retrouver l’interlocuteur qui a encaissé les fonds.

Ce que le registre .com renvoie depuis ce mois de septembre

Interrogé le 19 septembre 2026, le registre .com ne délivre plus aucun dossier pour ce nom : la requête répond « No match for SWISSMARKETFX.COM ». La résolution échoue sur la forme nue comme sur la forme avec préfixe, et la base publique de l’opérateur du registre ne renvoie rien non plus. Le nom n’existe plus au fichier des enregistrements, ce qui clôt la question de son titulaire : il n’y a plus de titulaire du tout.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

La situation est identique pour fx-swissmarket.com, dont la requête ne renvoie pas davantage de dossier. Aucune des deux écritures ne peut donc plus servir de point d’appui pour identifier un prestataire, une société de gestion ou un quelconque intermédiaire déclaré. Cette disparition au fichier n’annule en revanche rien des mouvements bancaires passés : c’est là que se trouvent encore les traces utiles.

Seize certificats, dont trois émis après l’arrêt de la plateforme

L’inventaire des certificats de sécurité délivrés pour ce nom, reconstitué le 19 septembre 2026, comporte seize entrées. La première est un certificat générique couvrant l’ensemble des sous-domaines, délivré le 13 avril 2021 pour une validité d’un an. Une seconde série apparaît à partir du 3 octobre 2021 : elle porte le nom du service de protection de sites le plus répandu chez les plateformes de courtage, celui qui s’interpose entre le visiteur et le serveur d’origine.

La fin de cette séquence est plus instructive que son début. Un certificat émis le 3 août 2023 pour le nom nu est resté valide jusqu’au 1er novembre 2023, et un certificat de protection a couru jusqu’au 2 août 2024. Le nom a donc continué d’être couvert plus d’un an après son inscription sur la liste du régulateur, et plus de dix-huit mois après la publication de notre première enquête. Un exploitant qui abandonne réellement une adresse cesse en général de renouveler ce type de couverture ; ici, la mécanique a tourné jusque tard.

La présence d’un bouclier de protection mutualisé explique l’impossibilité, dès cette époque, d’atteindre l’hébergement d’origine : tout ce que l’on pouvait observer passait par un intermédiaire qui masquait l’adresse réelle du serveur. Elle ne signifie pas pour autant que l’exploitation financière était encore active : un nom peut rester couvert par des certificats longtemps après que la dernière page de courtage a cessé d’être servie, et c’est précisément ce que montrent les copies publiques conservées.

Une plateforme de courtage, une page d’attente, puis une coquille sans rapport

Les copies publiques les plus anciennes de l’adresse remontent à l’automne 2021. Le 22 septembre 2021, la page intitulée « Account types, spreads, platform » présentait les conditions de trading, un formulaire de connexion et une interface déclinée en anglais, en polonais, en tchèque et en slovène. C’est la seule période où le nom a servi une activité de courtage réelle, avec un espace client et des documents contractuels.

L’année suivante change complètement de nature. Les relevés de décembre 2021 ne montrent plus que des redirections. Le 27 juin 2022, l’adresse sert une page de démonstration générique, du type de celles que les hébergeurs grand public installent par défaut, avec un texte de bienvenue sans rapport avec la finance. Le 11 juillet 2022, c’est une page de présentation d’un service d’envoi de courriers électroniques qui occupe le nom, activité sans aucun lien avec le courtage.

Trois usages successifs d’une même adresse en moins d’un an : une plateforme de trading, une page d’attente, puis une coquille technique. Le relevé d’analyse d’URL le plus tardif que nous ayons retrouvé est daté du 3 octobre 2022, et il n’existe plus aucune copie postérieure montrant une activité financière sous ce nom. Pour une victime, cela signifie que la vitrine à laquelle elle a eu affaire n’est plus reconstituable à partir de l’adresse elle-même ; les pièces qu’elle a conservées prennent donc toute leur valeur.

Rassembler les justificatifs d’un versement avant de saisir un conseil

Pour une personne qui a viré des fonds sur cette plateforme avant sa disparition, le premier travail ne se fait pas sur le site mais dans ses propres archives. Trois séries de documents comptent : les relevés du compte bancaire utilisé, où figurent les virements sortants et l’identité des comptes bénéficiaires ; les confirmations de dépôt et les historiques de conversation, notamment ceux du module de discussion intégré à la vitrine ; enfin les messages reçus des adresses bâties sur le nom, qu’ils proviennent du service d’assistance ou du service commercial.

Le même exercice vaut pour les échanges téléphoniques : plusieurs dossiers comparables ont montré que la personne au bout du fil se présente sous un prénom et un statut jamais vérifiables, et que le numéro change à chaque appel. Noter les dates, les heures et le contenu de ces conversations, avant que la mémoire ne les recompose, fait partie des réflexes utiles.

Ces pièces déterminent ce qui reste ouvert. La plainte pénale en fait partie : elle n’est pas conditionnée à l’existence actuelle du site, puisque les faits de démarchage, de remise de fonds et d’absence de restitution ont précédé l’arrêt de la vitrine. Notre dossier sur le dépôt d’une plainte pénale en détaille les étapes, les juridictions concernées et les documents attendus.

Sur les recours ouverts aux personnes trompées, l’éclairage d’une praticienne est souvent plus parlant qu’un texte de procédure. Maître Anne Bernard-Dussaulx, du barreau de Paris, revient dans l’entretien reproduit ci-dessous sur le spoofing et sur l’arnaque au faux conseiller bancaire. Ces deux mécanismes ont ceci de commun avec le dossier swissmarketfx.com qu’ils privent la victime de tout interlocuteur identifiable, et que la conservation des preuves y devient déterminante.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Les précisions que l’on nous réclame sur ce dossier

Swissmarketfx.com a-t-il encore une existence aujourd’hui ?

Non. La résolution du nom échoue sur la forme nue comme sur la forme avec préfixe, et le fichier des noms en .com ne délivre plus aucun dossier au 19 septembre 2026. L’adresse qui figurait dans les échanges, les confirmations de dépôt et les relevés de compte ne mène donc plus nulle part, et aucun titulaire ne peut plus être identifié à partir d’elle. Cette disparition au fichier ne fait pas disparaître les traces bancaires, qui restent consultables auprès de votre établissement.

Ce nom figure-t-il sur une liste de mise en garde d’un régulateur ?

Oui, et ce point mérite d’être relevé : c’est la forme www.swissmarketfx.com que le régulateur français a retenue, avec la qualification « Forex » et une date d’inscription au 20 avril 2022. L’entrée était toujours portée par le fichier publié le 4 septembre 2026, soit plus de quatre ans après. Notre propre enquête, publiée en décembre 2021, ne pouvait pas mentionner cette inscription : elle lui est antérieure de quatre mois.

Les deux noms swissmarketfx.com et fx-swissmarket.com appartiennent-ils au même opérateur ?

Nous ne l’affirmons pas, et aucune pièce du dossier ne le démontre. Les deux enseignes reposent sur les trois mêmes mots dans un ordre différent, elles ont été enregistrées à un mois d’écart au printemps 2021, et toutes deux ont fini par quitter le registre. Ce faisceau justifie de traiter les deux dossiers ensemble lorsque l’on cherche à retrouver un interlocuteur, mais il ne constitue pas une preuve d’exploitant commun.

Des fonds ont été versés avant la disparition de la vitrine : par où commencer ?

Commencez par rassembler les relevés bancaires du compte utilisé, les confirmations de dépôt et les échanges écrits, puis interrogez votre banque sur les comptes bénéficiaires qui ont reçu les virements. Ces éléments permettent de reconstituer le circuit des fonds indépendamment de l’état actuel du site, et ils conditionnent toute démarche ultérieure. Une plainte pénale reste ouverte même si l’adresse a cessé d’exister.

Les épargnants démarchés sous couvert de swissmarketfx.com, qui ont déposé des sommes croissantes au fil de résultats affichés à l’écran et jamais versés, puis qui ont découvert que l’adresse de leur interlocuteur ne menait plus nulle part, se trouvent dans une situation documentée depuis longtemps : le nom du débiteur s’est volatilisé avant que la moindre demande de retrait n’aboutisse. Cette disparition ne referme pas le dossier, elle en déplace le centre de gravité, des pages du site vers les traces bancaires. Rassembler ces traces et les faire évaluer est la première étape utile, et c’est ce que BrokerDefense propose d’examiner avec vous.

Article réécrit le 19/09/2026

4 Comments

  1. David dit :

    Site d’escroquerie a fuire

  2. DODO dit :

    comment faire pour récupérer son argent si on leur en a envoyé?

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