cme-log-to-myaccess.com arnaque : les deux noms rayés du .com

Six semaines plus tard, les deux noms manquent toujours au registre

Le 11 octobre 2026, une interrogation directe de la base du registre .com ne restitue aucune fiche d’enregistrement pour cme-log-to-myaccess.com : le nom ne figure plus rattaché à aucun titulaire identifiable, et nos vérifications ne relèvent pour lui ni adresse associée, ni serveur de noms, ni enregistrement de messagerie, ni enregistrement TXT.

La variante log-to-myaccess.com, utilisée à l’époque conjointement au nom principal, se trouve dans la même situation : la base du registre .com ne restitue elle non plus aucune fiche à son sujet. Les deux noms ont donc quitté le fichier des enregistrements du .com, et ce double retrait est désormais confirmé.

Ce constat du 11 octobre 2026 intervient environ six semaines après celui du 31 août 2026, qui avait déjà établi la même situation. L’intervalle écoulé entre les deux vérifications montre qu’aucun ré-enregistrement n’a eu lieu : les deux noms sont restés absents du fichier sans interruption au cours de cette période.

Un nom laissé vacant de cette manière peut, en principe, tomber entre les mains d’un repreneur qui n’a rien à voir avec ceux qui l’exploitaient. Cette éventualité invite à ne jamais se fier au seul nom de domaine pour apprécier la légitimité d’un portail financier : un même intitulé peut être réutilisé dans un contexte entièrement différent, voire à des fins similaires à celles qui ont conduit à l’alerte initiale de BrokerDefense en 2021.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Dernière mise à jour : 11/10/2026

CM-Equity, la société allemande dont le portail a repris l’enseigne

CM-Equity AG est une société financière allemande dont le site officiel, cm-equity.de, est proposé en anglais et en allemand. Le portail frauduleux, lui, fonctionnait entièrement en français, ce qui indique sans ambiguïté qu’il ciblait des épargnants francophones et non la clientèle habituelle de la société réelle.

Nos vérifications ne rattachent CM-Equity AG à aucun moment de la création ni de l’exploitation du portail cme-log-to-myaccess.com. La société allemande est une victime collatérale de cette usurpation : son nom et son enseigne ont été détournés sans que rien ne permette de lui imputer une quelconque responsabilité dans le fonctionnement du portail.

Cette mécanique, qui emprunte le nom d’un acteur financier établi pour habiller un portail de démarchage, réapparaît dans d’autres dossiers traités par BrokerDefense. L’enquête consacrée à deutschefb.com, qui avait repris l’enseigne d’une autre société financière allemande avant que ce nom ne sorte lui aussi du fichier des .com, illustre la même mécanique d’usurpation. Le dossier mlp-conseil.com documente quant à lui l’imitation de l’enseigne d’un groupe allemand, là encore au moyen d’une vitrine qui a depuis disparu.

Dans chacun de ces cas, la société réelle dont le nom était emprunté n’avait aucun lien avec le portail frauduleux : l’usurpation visait uniquement à conférer une apparence de légitimité au démarchage.

Un écran de connexion privé, seul visage du portail

À l’époque de l’enquête initiale, cme-log-to-myaccess.com ne présentait qu’un écran de connexion. Sans les identifiants préalablement fournis par les opérateurs, il était impossible d’accéder au moindre contenu : ni offre, ni conditions générales, ni mentions légales, ni tarifs n’étaient accessibles au visiteur qui arrivait sur le portail sans y avoir été invité.

Le démarchage se faisait par courriel : les personnes ciblées recevaient d’abord une invitation à ouvrir un compte, puis leurs identifiants personnels, ce qui les plaçait d’emblée en dépendance vis-à-vis de leurs interlocuteurs. Toute la relation se construisait ainsi dans un huis clos que la victime ne pouvait pas quitter sans perdre l’accès à ce qu’elle croyait être son espace de gestion.

Cette architecture volontairement fermée rendait toute vérification extérieure impossible. Un tiers, un proche ou un conseiller souhaitant examiner le portail se heurtait à l’écran de connexion sans pouvoir aller plus loin. La comparaison avec le site officiel de CM-Equity AG, pourtant accessible librement, était de fait découragée : l’internaute n’avait aucun élément visible sur lequel appuyer un doute.

Au moment de l’enquête de 2021, les données d’enregistrement du domaine étaient protégées par un service de confidentialité, si bien que le titulaire réel n’a jamais pu être identifié. Le domaine avait alors environ 139 jours d’existence, ce qui signifie qu’il avait été enregistré au printemps 2021 puis mis en service rapidement pour lancer le démarchage.

Les vérifications conduites en octobre 2026 ne laissent rien subsister

Les constats que nous avons dressés le 11 octobre 2026 sont sans ambiguïté : le nom principal cme-log-to-myaccess.com ne dispose plus d’adresse, de serveur de noms, d’enregistrement de messagerie ni d’enregistrement TXT, et aucune résolution n’est possible. La consultation du registre .com ne restitue aucune fiche, ni pour ce nom ni pour la variante log-to-myaccess.com.

L’examen des journaux publics de certificats ne révèle aucune émission relevée pour ce nom à la date du 11 octobre 2026. Par ailleurs, nos recherches n’ont permis de retrouver aucune copie publique des pages du portail : aucune n’a été conservée dans les sources consultées.

Les listes que les régulateurs consultés mettent à disposition ne comportent aucune ligne pour ce nom. Il serait cependant inexact d’interpréter cette absence comme une attestation de régularité : elle peut refléter un retard de mise à jour ou un dossier qui n’a jamais été signalé aux autorités compétentes.

Notre vérification auprès du registre des sociétés britannique n’a identifié aucune société liée au nom cme-log-to-myaccess. Une revendication d’immatriculation britannique par ce portail aurait donc été dépourvue de tout fondement. Ces constats permettent d’établir que le portail ne dispose plus d’aucune présence technique ni administrative identifiable, mais ils ne constituent pas un jugement définitif ; les personnes trompées conservent, elles, des moyens d’agir.

Ce qu’une action en justice peut encore obtenir

La disparition du portail et de ses noms de domaine ne clôt pas les possibilités d’action. Les pièces bancaires forment le socle de toute démarche : les ordres de virement passés et les confirmations correspondantes permettent d’identifier l’établissement qui a tenu le compte récepteur, puis de rechercher la responsabilité de celui qui a encaissé les fonds.

La question de la responsabilité de l’établissement bancaire ayant accepté les virements mérite d’être posée : un établissement qui ouvre un compte utilisé pour recueillir des fonds issus d’un démarchage frauduleux peut se voir reprocher un manquement à ses obligations de vigilance. Cette piste ne doit pas être écartée, même lorsque les opérateurs du portail restent introuvables.

Les personnes qui ont été démarchées via cme-log-to-myaccess.com et qui ont effectué des versements doivent savoir que la fermeture d’un portail ne suspend pas les délais de prescription : attendre aggrave la situation. Il est utile de rassembler sans délai l’ensemble des éléments disponibles avant d’engager toute démarche.

Lors d’un entretien consacré à une affaire impliquant un faux courtier, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient sur un jugement pour escroquerie qui a permis d’indemniser les victimes, ainsi que sur une banque condamnée pour avoir manqué à ses obligations de surveillance, deux issues qui montrent concrètement ce qu’une action judiciaire bien conduite peut produire.

Rassembler les éléments et saisir les autorités

Les courriels de démarchage reçus sont la première pièce à sauvegarder : ils constituent la preuve du contact initial et peuvent permettre d’identifier les expéditeurs ou les serveurs utilisés. Les captures de l’écran de connexion du portail, si elles ont été réalisées à l’époque, viennent compléter ce premier ensemble.

Les documents transmis lors de l’ouverture de compte, qu’il s’agisse de pièces d’identité, de justificatifs de domicile ou de formulaires remplis à la demande des opérateurs, doivent également être réunis : ils témoignent de la relation contractuelle alléguée et de l’étendue des informations communiquées.

Les faits décrits dans ce dossier relèvent de qualifications pénales précises, notamment l’escroquerie et l’usurpation d’identité d’une société réelle. Ces qualifications ouvrent la voie à un dépôt auprès des services d’enquête compétents ou à une saisine directe du procureur de la République.

Pour comprendre comment formaliser cette démarche et quels éléments y joindre, notre rubrique dédiée à l’action pénale et au dépôt de plainte détaille les points essentiels à connaître avant de se présenter devant les autorités.

FAQ : que reste-t-il de cme-log-to-myaccess.com ?

Le domaine cme-log-to-myaccess.com peut-il être réutilisé par un tiers après sa disparition du fichier des .com ?

Oui. Un nom sorti du fichier des enregistrements du .com peut en principe changer de main, et échoir à un titulaire qui n’a aucun rapport avec ceux qui l’avaient pris. Si ce nom réapparaissait demain sous un autre titulaire, il ne faudrait lui accorder aucune confiance sur la seule base de l’intitulé : un nom de domaine ne vaut jamais preuve d’identité.

CM-Equity AG est-elle impliquée dans le portail frauduleux cme-log-to-myaccess.com ?

Non. CM-Equity AG est une société financière allemande dont le site officiel est cm-equity.de. Aucun élément recueilli lors de l’enquête initiale de 2021 ni lors des vérifications du 11 octobre 2026 ne rattache cette société à la création ou à l’exploitation du portail frauduleux. Son enseigne a été reprise sans son consentement pour tromper des épargnants francophones.

Des recours restent-ils possibles alors que le portail a disparu ?

Oui. La disparition du portail et de ses noms de domaine ne ferme pas la porte aux actions. Les pièces bancaires, ordres de virement compris, servent à identifier l’établissement qui a tenu le compte récepteur et à discuter sa responsabilité. Les courriels de démarchage et les pièces d’ouverture de compte restent mobilisables à l’appui d’une plainte pour escroquerie ou usurpation d’identité. Les délais de prescription courant, mieux vaut agir sans attendre.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 11/10/2026

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