Sommaire
- Une déclinaison française inscrite le 27 juillet 2021
- Aujourd’hui, une redirection vers une fiche d’acquisition
- Un exploitant sans visage, sans siège, sans numéro
- Le chiffre affiché et le témoignage mis en avant
- Trois pièces visuelles conservées depuis juillet 2021
- Quels recours pour une victime de cette enseigne
- Ce qu’il faut retenir du dossier alpsmarkets.com
Une déclinaison française inscrite le 27 juillet 2021
Le 27 juillet 2021, l’Autorité des marchés financiers portait « www.alpsmarkets.com/fr » sur son inventaire public des acteurs non autorisés. L’entrée désignait la mouture du site réservée aux épargnants de France, sous le libellé « Forex », celui du courtage sur devises. Cette inscription est nominative, publique, et portée par une autorité dont les décisions s’imposent à quiconque souhaite solliciter le public français pour des placements.
Notre propre enquête avait paru le 28 juillet 2021, soit le lendemain de cette décision. Cinq ans plus tard, l’édition de cet inventaire que nous avons ouverte le 28 septembre 2026 reprend l’entrée à l’identique, sans la moindre modification. Rien ne l’a rapportée depuis. Cette mesure reste donc le point d’appui principal du dossier : elle est officielle, elle désigne une adresse précise, et elle garde toute sa portée. Pour qui cherche à évaluer la portée d’une telle décision, il suffit de parcourir les avertissements que publie l’Autorité des marchés financiers pour mesurer la constance avec laquelle ce régulateur maintient ses entrées lorsque la situation qui les a motivées demeure inchangée.
Pour situer ce dossier dans son contexte, on peut le rapprocher d’une vitrine de septembre 2026 dont les accréditations affichées ne renvoyaient à aucun document valable : dans les deux cas, la mise en garde officielle constitue le premier élément vérifiable dont dispose un épargnant avant tout engagement.
Dernière mise à jour : 01/10/2026
Aujourd’hui, une redirection vers une fiche d’acquisition
Notre contrôle du 1er octobre 2026 établit que le nom alpsmarkets.com subsiste, sans porter le moindre service de trading. Le dossier du registre du .com restitue une fiche vivante : l’ouverture du dossier remonte au 8 octobre 2020, la dernière modification inscrite est datée du 9 octobre 2025, et la tranche en cours court jusqu’au 8 octobre 2026. Un verrou posé du côté du dépositaire empêche le nom d’être repris par un prestataire concurrent, signe que sa gestion n’est pas abandonnée mais confiée à un intermédiaire.
Ce dépositaire appartient à l’infrastructure d’une place de reprise de noms de domaine, identifiable sous le numéro de dépositaire 1441. Le nom est ainsi passé dans le giron d’un intermédiaire qui le propose à l’acquisition. Quelle que soit la forme interrogée, que l’on saisisse le nom seul ou sa variante avec les trois « w », sur le port non sécurisé comme sur le port sécurisé, la réponse servie est une redirection vers une fiche de reprise proposant ce nom à l’achat. Aucune page de plateforme n’est servie. Les deux adresses machines publiées par le nom répondent de la même manière.
Le reste de la zone présente un comportement révélateur : des sous-domaines tirés au hasard renvoient vers les mêmes adresses, ce qui trahit une gestion de masse et non un catalogue de services structurés. Aucune adresse de messagerie n’est attachée au nom, et l’enregistrement déclaré en fin de zone se borne à un refus de tout courrier entrant. Les copies publiques de pages web conservées pour ce nom montrent une vitrine servie le 16 juin 2021, puis un renvoi dès le 5 juillet 2021, suivi de pages de quelques centaines d’octets en novembre 2021 et en août 2022 : la présentation réelle avait donc cessé d’être servie dans les semaines qui ont suivi l’inscription du régulateur.
Nos recherches rejoignent ici celles que nous avions conduites sur un autre nom de juillet 2021, retenu par le même régulateur sous la même qualification : dans les deux dossiers, la vitrine avait disparu rapidement après l’inscription, laissant derrière elle un nom de domaine sans contenu exploitable.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Un exploitant sans visage, sans siège, sans numéro
La vitrine alpsmarkets.com, telle qu’elle se présentait en 2021, ne communiquait à aucun endroit un élément permettant d’identifier son exploitant. Ni siège social, ni numéro d’immatriculation, ni rattachement à une autorité de contrôle étrangère qui aurait pu en attester la légitimité : le silence était total sur tous ces points.
Les conditions de service constituaient le document le plus long de la vitrine. Elles occupaient plusieurs pages, mais restaient vides sur la question de l’identité. La clause consacrée à la loi applicable ne désignait aucun droit national : elle se bornait à renvoyer le lecteur à sa propre responsabilité de vérifier la conformité de son usage au droit de son pays de résidence. Ce type de rédaction est caractéristique d’une structure qui cherche à décourager tout recours sans pour autant désigner un for compétent.
Un intermédiaire qui propose des placements en Forex et ne donne rien à vérifier place l’épargnant dans l’impossibilité de contrôler quoi que ce soit avant d’engager ses fonds. L’inscription de l’AMF du 27 juillet 2021 venait précisément combler ce vide : elle désignait publiquement ce que l’opérateur refusait de déclarer lui-même, à savoir qu’il agissait sans habilitation sur le territoire français.
Ce schéma n’est pas propre à ce dossier. Il est récurrent dans les dossiers de Forex non autorisés : l’opacité sur l’identité de l’exploitant est à la fois un signal d’alerte et un obstacle pratique pour les victimes qui cherchent ensuite à récupérer leurs fonds. L’absence de siège localisable, d’interlocuteur nominatif et de numéro de régulation transforme chaque tentative de recours en obstacle supplémentaire.
Le chiffre affiché et le témoignage mis en avant
La page de présentation d’alpsmarkets.com articulait son argumentaire autour de deux accroches en 2021. La première avançait un chiffre : la plateforme déclarait avoir aidé plus de 200 000 traders à gagner de l’argent. La seconde s’adressait aux débutants avec la promesse de les transformer en « vedettes du trading ». Ces deux formules avaient pour effet de minimiser la perception du risque avant même qu’un visiteur ait pu examiner les conditions du service.
Aucune des deux n’était accompagnée de la moindre mise en garde sur les risques du marché des changes. Or, la réglementation européenne impose précisément aux prestataires autorisés d’indiquer, sur toute communication commerciale portant sur le Forex, la proportion de comptes de clients particuliers qui perdent de l’argent. L’absence totale de cet avertissement, sur une page dont c’était précisément l’objet de convaincre de s’inscrire, constitue un écart flagrant avec les pratiques des acteurs régulés.
Le chiffre de 200 000 traders n’était étayé par aucune source, aucune période de référence, aucune définition du mot « aidé ». Il fonctionnait comme une preuve sociale artificielle, destinée à réduire la résistance d’un visiteur hésitant. Le témoignage d’un client, recueilli à l’époque de notre enquête et conservé avec notre dossier, racontait l’envers de ces promesses : un compte ouvert, des fonds versés, et une impossibilité croissante de récupérer quoi que ce soit, entretenue par des interlocuteurs successifs qui réclamaient à chaque fois un nouveau virement pour débloquer la situation.
Ce schéma, fondé sur l’accumulation de demandes de fonds après un premier dépôt, est l’un des mécanismes les mieux documentés dans les dossiers de plateformes Forex non autorisées. Il n’est pas propre à alpsmarkets.com, mais le témoignage de 2021 en donne une illustration concrète, ancrée dans ce dossier précis.
Trois pièces visuelles conservées depuis juillet 2021
Notre dossier de juillet 2021 a gardé trois clichés du site, pris à l’époque où la plateforme était encore accessible. Ce sont aujourd’hui les seules pièces visuelles disponibles pour ce dossier, la présentation réelle ayant cessé d’être servie dans les semaines qui ont suivi l’inscription du régulateur. Elles sont reproduites ci-dessous dans leur état d’origine.



Ces trois pièces documentent des aspects complémentaires de la vitrine : les conditions générales que l’opérateur opposait à ses clients sans se nommer lui-même, la page de présentation qui promettait des gains sans mentionner les risques, et la parole d’un client dont l’expérience contredisait point par point les engagements commerciaux. Ensemble, elles forment le socle factuel de ce dossier pour la période où alpsmarkets.com était encore accessible.
Quels recours pour une victime de cette enseigne
Si vous avez effectué des virements vers alpsmarkets.com en 2021, ou si vous avez été sollicité par des interlocuteurs se réclamant de cette enseigne, commencez par réunir ce que vous détenez : relevés bancaires couvrant la période des virements, échanges avec les personnes qui se présentaient comme gestionnaires de compte, captures des pages de la plateforme que vous avez pu conserver. Ces éléments sont indispensables pour toute démarche ultérieure, qu’elle soit administrative ou judiciaire. L’inscription de l’AMF du 27 juillet 2021 sous le libellé Forex constitue elle-même une pièce que vous pouvez produire pour établir que l’enseigne opérait sans autorisation.
Les faits doivent être signalés au régulateur, et une plainte pénale doit être déposée. Notre dossier sur la plainte pénale récapitule la démarche et nomme les autorités à saisir. Il est également utile d’interroger la banque qui a exécuté les paiements sur les recours possibles à son niveau : dans certains dossiers, la banque peut se voir reprocher un défaut de surveillance.
Sur ce dernier point, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite à l’ordre des avocats de Paris, revient dans l’entretien ci-dessous sur une victoire judiciaire obtenue dans un dossier d’escroquerie : elle y présente un jugement ayant reconnu le droit à indemnisation des victimes, ainsi que la condamnation d’une banque pour avoir failli à son obligation de surveillance. Cet entretien illustre concrètement ce que peut produire une procédure bien construite dans un dossier de ce type.
Ce qu’il faut retenir du dossier alpsmarkets.com
Le dossier alpsmarkets.com tient en quelques faits stables, vérifiables et indépendants les uns des autres. L’AMF a inscrit « www.alpsmarkets.com/fr » à son inventaire des acteurs non autorisés le 27 juillet 2021, sous le libellé Forex. Cette entrée n’a jamais été rapportée : elle figure à l’identique dans l’édition consultée le 28 septembre 2026. Le nom existe toujours mais ne porte plus aucun service : il redirige vers une fiche de reprise proposant ce nom à l’achat, sans qu’aucune page de plateforme ne soit servie. La vitrine de 2021 ne permettait d’identifier ni siège, ni numéro d’immatriculation, ni autorité de contrôle. Les promesses commerciales qu’elle portait, dont le chiffre de 200 000 traders prétendument aidés, n’étaient accompagnées d’aucune mise en garde sur les risques du marché des changes.
Ces éléments forment un faisceau cohérent. Aucun d’eux, pris isolément, ne suffit à qualifier définitivement la nature de l’enseigne. Réunis, ils expliquent pourquoi l’inscription du régulateur a été posée et maintenue. Pour tout épargnant qui retrouve une trace de cette enseigne dans ses relevés ou dans ses échanges de 2021, ils constituent le premier ensemble de repères à partir duquel bâtir un dossier.
Faire le point sur votre dossier avec BrokerDefense aide à distinguer ce qui peut encore servir, à hiérarchiser les démarches, et à voir si les virements passés par alpsmarkets.com ouvrent droit à une procédure.
Non. Notre contrôle du 1er octobre 2026 indique que le nom alpsmarkets.com n’abrite plus aucune activité de courtage. Sous toutes ses formes, il mène à une page où ce nom est proposé à l’acquisition. La plateforme, elle, n’est plus servie. La vitrine active en 2021 a cessé d’être accessible dans les semaines qui ont suivi l’inscription de l’AMF du 27 juillet 2021 sous le libellé Forex.
La récupération de fonds versés à une plateforme Forex non autorisée, comme alpsmarkets.com, dépend des pièces disponibles et des circuits de paiement utilisés. Les étapes prioritaires sont : rassembler les relevés bancaires couvrant la période des virements, conserver tous les échanges avec les interlocuteurs de l’enseigne, et déposer plainte. L’inscription de l’AMF du 27 juillet 2021 constitue une pièce utilisable pour établir que l’enseigne opérait sans autorisation. Un premier examen du dossier avec BrokerDefense permet d’évaluer ce qui reste exploitable.
L’Autorité des marchés financiers a inscrit « www.alpsmarkets.com/fr » à son inventaire des acteurs non autorisés le 27 juillet 2021, sous le libellé Forex, parce que ce site s’adressait au public français pour du courtage sur devises sans détenir l’habilitation correspondante. La vitrine ne mentionnait aucun siège, aucun numéro d’immatriculation et aucun rattachement à une autorité de contrôle. Cette entrée n’a jamais été rapportée depuis et figure à l’identique dans l’édition de l’inventaire consultée le 28 septembre 2026.
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Article réécrit le 01/10/2026



2 Comments
Je confirme l’exactitude de leur process , arnaque de haut vol , une mise en scéne parfaite et du personnel qualifié !