Sommaire
- Un nom retiré des lignes du fichier des .net
- Fausses identités et échéance de 2018 : ce que la copie de janvier 2021 conserve
- Le compteur de paiement de l’époque, et treize mois de vie pour ce nom
- Ni autorisation, ni société déclarée au nom de cette adresse
- Les voies de droit survivent à la disparition du nom
- Reconstituer les versements pour porter plainte
- FAQ : le compteur de paiement, le fichier des .net et la suite
Un nom retiré des lignes du fichier des .net
Le 22 septembre 2026, le fichier des enregistrements des .net ne contient aucune ligne pour bitcointraderapps.net : ni titulaire, ni bureau d’enregistrement, ni serveur de noms. Pour s’assurer que l’absence porte sur ce nom et non sur l’outil de consultation, un contrôle positif a été conduit ce même jour sur un autre nom enregistré du même fichier, dont la fiche complète a été rendue dans la même passe. L’absence est donc propre à bitcointraderapps.net.
Nos vérifications techniques ne relèvent aucune résolution pour cette adresse, ni sur le nom lui-même, ni sur sa déclinaison en www. Il n’existe ni adresse IP, ni serveur de noms, ni enregistrement de messagerie. Les journaux publics de certificats ne portent aucun certificat TLS émis pour ce nom.
Onze relevés de la page ont été conservés, entre le 10 janvier 2021 et le 25 décembre 2021. Un relevé tiers datant du 14 novembre 2020 montre que le nom était alors servi derrière un réseau de diffusion de contenu. La fenêtre d’activité documentée est donc étroite : près de deux mois séparent le relevé de novembre 2020 de la première copie conservée, et moins d’un an sépare celle-ci du dernier instantané.
Il ne subsiste ni titulaire, ni bureau d’enregistrement, ni serveur, ni adresse de contact. Aucun exploitant ne peut être rattaché à la vitrine à partir des éléments d’enregistrement. Ce constat vaut également pour les dossiers voisins que nos équipes ont instruits : bitcoin-formation.club, une enseigne de formation au bitcoin clonée presque à l’identique depuis cette vitrine, dont le nom est sorti du fichier des .club le 21 août 2026, et macjonax.com, un dossier voisin publié trois jours après le nôtre, présentant les mêmes absences de garanties.
Pour ce nom, la trace d’enregistrement qui subsiste tient en une page unique : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 22/09/2026
Fausses identités et échéance de 2018 : ce que la copie de janvier 2021 conserve
La copie du 10 janvier 2021 documente un montage élaboré. Au cœur de la page, une configuration de tunnel de conversion est embarquée directement dans le code : elle associe une cinquantaine de couples prénom/nom à des photos issues de banques d’images. Ces profils sont présentés comme des utilisateurs ayant bénéficié du système, alors qu’il s’agit d’identités composites destinées à simuler une communauté de gagnants.
Cette même configuration intègre des réglages de pays et de devise, ce qui permet d’adapter l’affichage à la provenance supposée du visiteur. La mécanique produit, à la demande, les témoignages signés d’initiales et de villes américaines qui garnissent la page. Ces témoignages ne renvoient à aucune personne identifiable et constituent ce que l’enquête d’origine désigne comme de faux témoignages de prétendus gagnants.
L’enseigne BitcoinTrader revendiquait une précision de 99,4 % pour son système de trading et se prévalait d’un prix prétendument décerné par une organisation nommée US Trading Association. Aucune source indépendante ne permet de vérifier l’existence de ce prix ni les conditions dans lesquelles il aurait été attribué. La mention de cette organisation sert à donner une apparence de légitimité institutionnelle à un dispositif qui n’en dispose d’aucune.
Le compte à rebours affiché sur la page annonçait la fermeture des inscriptions au 5 juillet 2018. Cette date, antérieure de près de trois ans à la copie du 10 janvier 2021, révèle que le compteur était figé ou recyclé sans lien avec la réalité. Son seul rôle était de créer un sentiment d’urgence artificielle chez le visiteur, en lui laissant croire que les places disponibles allaient s’épuiser. Le plan de page annonçait pourtant des sections dédiées aux conditions, à la confidentialité, à un avertissement sur les revenus et à une politique anti-pourriel : les onglets correspondants ramenaient simplement en haut de page, sans aucun contenu.
Le compteur de paiement de l’époque, et treize mois de vie pour ce nom
L’enquête d’origine publiée le 8 janvier 2021 établissait que les versements n’étaient pas encaissés par la vitrine elle-même, mais par un compteur tiers distinct. Ce dispositif permettait de dissocier le flux financier de la page visible, rendant plus difficile la reconstitution du circuit par les victimes ou les autorités. Ce compteur tiers a lui aussi cessé son activité : son nom redirige aujourd’hui vers une place de marché de noms de domaine qui le propose à l’achat.
La chronologie de bitcointraderapps.net est courte. Le relevé tiers du 14 novembre 2020 montre le nom servi derrière un réseau de diffusion de contenu, ce qui correspond à la phase d’activité de la vitrine. La copie du 10 janvier 2021 capture le montage en plein fonctionnement, avec l’enseigne BitcoinTrader affichée et le tunnel de conversion opérationnel. À l’automne 2021, la copie conservée ne montre plus aucun contenu de trading : à la place figure une page d’attente publicitaire, avec la bannière d’un bureau d’enregistrement grand public signalant un enregistrement récent.
La dernière copie conservée date du 25 décembre 2021. Depuis lors, aucune ligne n’apparaît au fichier des .net, aucune résolution technique n’est active et aucun certificat TLS n’a été relevé. Entre le relevé de novembre 2020 et la dernière copie de décembre 2021, la durée d’existence documentée n’excède pas treize mois, dont une partie en page d’attente publicitaire sans lien avec le trading.
Cette brièveté est caractéristique du mode opératoire : le dispositif est monté, exploite la promesse de gains rapides, disparaît avant que les recours n’aboutissent. Le fait que le compteur tiers lui-même ne soit plus opérationnel renforce la difficulté à identifier les bénéficiaires finaux des sommes versées.
Ni autorisation, ni société déclarée au nom de cette adresse
Nos recherches du 22 septembre 2026 ont porté sur trois registres distincts. Les listes que l’AMF tient à sa disposition des épargnants ont été relues ce jour, page récapitulative comprise : aucune entrée ne figure à ce nom. La liste noire du régulateur chypriote ne comporte pas davantage de mention de bitcointraderapps.net ou de l’enseigne BitcoinTrader. Enfin, le registre des sociétés du Royaume-Uni ne rattache aucune société à ce nom.
Ces constats doivent être interprétés avec précision. L’absence d’inscription sur une liste noire ne constitue pas une attestation de régularité : elle signifie qu’aucune autorité de régulation ne s’est prononcée publiquement sur cette entité, que ce soit pour lui reconnaître une autorisation ou pour prononcer une mise en garde. Une entité peut être absente de ces listes parce qu’elle n’a pas été signalée, parce qu’elle a cessé ses activités avant d’être instruite, ou parce qu’elle opérait sous une qualification qui n’a pas déclenché de procédure.
Dans le cas de bitcointraderapps.net, l’absence de siège social déclaré, l’absence de mentions légales et l’impossibilité de rattacher le nom à une société enregistrée rendent impossible toute vérification d’un libellé d’autorisation. La vitrine ne permettait à aucun visiteur de savoir qui la détenait, dans quel pays, sous quelle supervision. C’est précisément cette opacité structurelle que nos vérifications documentent, indépendamment du silence des registres.
Les voies de droit survivent à la disparition du nom
La sortie de bitcointraderapps.net du fichier des .net ne clôt pas les possibilités de recours pour les personnes qui ont effectué des versements en réponse à la promesse de 250 € transformés en 500 à 600 € en un mois. La disparition d’un nom de domaine ne supprime pas les traces financières qu’une transaction laisse dans les systèmes bancaires.
Le premier axe de reconstitution porte sur l’intermédiaire qui a traité le paiement. Le compteur tiers identifié par l’enquête d’origine était distinct de la vitrine : entre ce compteur et l’établissement financier qui a effectivement reçu les fonds, il existe au moins un acteur dont la responsabilité peut être engagée. Identifier cet acteur suppose de remonter les relevés de compte jusqu’à l’IBAN ou le compte bénéficiaire figurant sur l’ordre de virement.
Les courriels échangés avec les prétendus gestionnaires, les justificatifs de virement adressés par la banque et les extraits de compte forment un ensemble probant. Même lorsque la vitrine a cessé toute activité, la responsabilité de l’établissement qui a reçu les fonds peut être mise en cause, notamment si les signaux d’alerte relatifs à cette activité étaient accessibles au moment des versements. Conserver ces documents dans leur intégralité, sans modification, est la condition première de toute démarche.
Maître Denitza Gueorguieva, avocate dont le barreau d’appartenance est celui de Lyon, a accordé un entretien à BrokerDefense dans lequel elle détaille les litiges et les recours bancaires, la responsabilité de la banque engagée dans ce type de montage et les moyens d’action concrets dont disposent les victimes pour faire valoir leurs droits.
Reconstituer les versements pour porter plainte
La première démarche consiste à réunir les justificatifs de virement correspondant aux 250 € demandés par la vitrine, ainsi que les extraits de compte où apparaissent les débits successifs. Ces documents doivent être mis en regard des copies conservées de la page, qui permettent de dater précisément la période d’activité et de rattacher les versements à la promesse affichée par l’enseigne BitcoinTrader.
Les échanges écrits avec l’enseigne, qu’il s’agisse de courriels, de messages sur une messagerie instantanée ou de formulaires de contact, constituent des pièces complémentaires indispensables. Même les onglets « Disclaimer » et « Private policy » qui ramenaient en haut de page sans aucun contenu sont des éléments documentant l’absence délibérée de mentions légales : une capture d’écran datée de ces onglets vides appuie utilement le dossier.
Une fois ces éléments rassemblés, le dépôt de plainte peut être préparé. La manière de présenter les faits pour que le dossier soit orienté correctement dès le premier dépôt conditionne la suite de la procédure : une plainte mal qualifiée ou incomplète ralentit l’instruction et affaiblit la position de la victime face aux établissements financiers qui pourraient être mis en cause.
Identifier précisément le circuit financier, de l’ordre de virement initial jusqu’à l’établissement bénéficiaire final, reste l’axe central de toute démarche pénale ou civile dans ce type de dossier. C’est sur ce circuit que BrokerDefense concentre son accompagnement préalable.
FAQ : le compteur de paiement, le fichier des .net et la suite
Oui. Le nom du compteur tiers identifié par l’enquête d’origine redirige aujourd’hui vers une place de marché de noms de domaine qui le propose à l’achat. Le point d’encaissement par lequel passaient les versements ne répond plus, ce qui renforce la difficulté à identifier directement les bénéficiaires finaux des sommes versées. Cela ne supprime pas pour autant les traces bancaires : les ordres de virement exécutés restent dans les systèmes des établissements financiers et constituent des pièces récupérables.
Cela signifie que le nom ne possède plus ni titulaire déclaré, ni bureau d’enregistrement, ni serveur de noms actif. Aucune résolution technique n’existe, ni pour l’adresse principale, ni pour celle commençant par www. Le nom ne peut donc plus héberger de contenu, ni recevoir de courriers électroniques. Pour les victimes, cela confirme que la vitrine a définitivement cessé, mais leurs droits à agir contre les acteurs du circuit financier restent entiers.
Les copies conservées entre le 10 janvier 2021 et le 25 décembre 2021 documentent la configuration du tunnel de conversion embarquée dans la page, avec ses cinquante couples prénom/nom associés à des photos de banque d’images, ainsi que le compte à rebours figé sur une échéance de 2018. Ces éléments illustrent le caractère délibérément trompeur du montage. Présentées à l’appui d’une plainte, ces copies datées permettent d’établir que la mise en scène des prétendus gagnants n’était pas accidentelle mais constitutive du dispositif.
Bitcointraderapps.net a fonctionné en promettant à ses visiteurs de transformer 250 € en 500 à 600 € en un mois, en faisant transiter les versements par un compteur tiers distinct de la vitrine, sans jamais indiquer de siège social ni de mentions légales permettant d’identifier un responsable. Ce schéma place les victimes dans une situation où la reconstitution du circuit financier est indispensable avant toute démarche. Une évaluation préalable menée par BrokerDefense établit les pièces encore détenues, le chemin qu’ont suivi les fonds et les recours qui demeurent ouverts.
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Article réécrit le 22/09/2026


