Sommaire
- Un signalement officiel qui a devancé notre propre enquête
- Deux adresses aux États-Unis, dont une incohérente
- Interrogé ce jour, l’annuaire des .com ne rend plus aucune ligne
- Le nom a de nouveau servi une page entre 2025 et 2026
- Rassembler les pièces bancaires pour étayer un dossier
- Du côté bancaire, la piste du compte destinataire
- Ce qui peut encore être tenté, six ans après les versements
Un signalement officiel qui a devancé notre propre enquête
Quatre jours avant la parution de notre premier dossier consacré à ce nom, l’Autorité des marchés financiers avait déjà ajouté b2trades.com à son tableau des avertissements. La ligne porte la date du 13 novembre 2020 et la mention « Forex ». Elle y figurait toujours, sans la moindre retouche, dans l’état que nous avons examiné à la fin septembre 2026 : aucune levée, aucune correction, aucune nuance apportée en près de six ans.
Cet ordre des faits mérite d’être relevé, car il inverse la chronologie habituelle. Ici, ce n’est pas une enquête de presse qui a attiré l’attention du gendarme des marchés : l’avertissement officiel préexistait à nos propres publications, et il a survécu à la disparition technique du nom. Ce signalement demeure donc aujourd’hui le seul document public qui rattache encore b2trades.com à quelque chose de vérifiable.
Ce tableau demeure public : il se consulte à l’adresse où le régulateur regroupe, sous la forme de listes noires et mises en garde, les avertissements adressés aux épargnants.
Dernière mise à jour : 23/09/2026
Deux adresses aux États-Unis, dont une incohérente
Les copies conservées de la vitrine, prises entre août 2020 et février 2021, permettent de reconstituer ce que b2trades.com montrait alors à ses visiteurs. Le site s’annonçait comme un courtier international, sous un titre mêlant forex, options binaires et placements en bitcoins, et proposait sept langues d’affichage, de l’anglais au portugais en passant par l’arabe et le français.
La rubrique de contact réservait une première surprise : deux adresses postales y cohabitaient, « 2230 Second Street, Fort Myers, FL 33901 » et « 26 Neille Street Maple Shade NY 28202 ». La seconde accole une localité du New Jersey à un code postal qui correspond à Charlotte, en Caroline du Nord. Un courtier qui revendique une implantation américaine n’aligne pas deux adresses incompatibles sur une même page.
La suite du bloc était plus parlante encore : le numéro annoncé n’était joignable que pour les « membres VIP », tandis qu’une messagerie et un chat promettaient une prise en charge permanente. Nulle part n’apparaissaient un nom de dirigeant, une raison sociale ou un numéro d’agrément, y compris dans les rubriques « Our team » et « Why we are different » que le menu mettait en avant.
Les compteurs de la page d’accueil affichaient enfin des statistiques entièrement vides : zéro compte, zéro serveur, zéro transaction et zéro profit. Une plateforme qui revendique des milliers d’investisseurs n’arbore pas des indicateurs à zéro sur sa propre vitrine.
Interrogé ce jour, l’annuaire des .com ne rend plus aucune ligne
L’annuaire des noms en .com a été interrogé dans le cadre de cette mise à jour. Il ne restitue plus rien pour b2trades.com, ni pour la variante préfixée par www. Aucune résolution n’aboutit plus : pas la moindre adresse, pas de serveurs de noms, pas de boîte de messagerie rattachée à ce domaine.
Ce mutisme ne tient pas à nos instruments de vérification. Le même service, sollicité le même jour pour un autre nom enregistré dans la même extension, répond sans difficulté. C’est bien le nom lui-même qui a quitté le fichier des enregistrements.
Nos recherches n’ont pas davantage trouvé de société liée à ce nom au registre britannique des sociétés, à l’état de nos vérifications, ni aucune trace sur la liste noire chypriote. Ces constats valent pour la journée du 23 septembre 2026 et ne préjugent pas d’enregistrements antérieurs que nous n’aurions pas consultés.
L’historique d’enregistrement de ce nom demeure consultable par la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Le nom a de nouveau servi une page entre 2025 et 2026
La disparition du nom n’a pas été linéaire. Les copies publiques conservées montrent d’abord une première trace en octobre 2016, sous la forme d’une page presque vide de quelques centaines d’octets. Les vraies pages n’apparaissent qu’en août 2020, avec des documents de 25 000 à 26 000 octets, servis jusqu’en février 2021. En novembre 2021 puis en août 2022, les relevés ne restituent plus qu’une page d’erreur. En août 2023, une redirection.
Puis le nom est revenu. Des relevés de surveillance datés des 31 octobre 2025, 18 février 2026 et 17 mars 2026 montrent b2trades.com servant de nouveau une page, intitulée « B2-B2trades », portée par un serveur LiteSpeed et une adresse d’hébergement américaine. Un certificat délivré le 15 mars 2026 par l’autorité Let’s Encrypt accompagnait cette dernière période. Le même relevé de mars montre qu’un autre nom, successtrades247.com, renvoyait alors vers cette adresse. Rien, dans les documents consultés, n’établit qui se trouvait derrière cette reprise, ni si elle relevait des auteurs de la vitrine de 2020.
La fin de l’année 2020 a par ailleurs produit une série d’avertissements rapprochés dans le même tableau. Notre dossier consacré à goldwinmarket.com porte sur un nom inscrit quelques jours plus tard, et celui consacré à mycoinology.com décrit une inscription datée du 23 novembre 2020. Le seul point commun que nous ayons établi entre ces lignes tient à leur proximité de dates et à la mention retenue : aucune exploitation commune n’est démontrée par les pièces examinées.
Rassembler les pièces bancaires pour étayer un dossier
Le départ de ce nom des fichiers d’enregistrement, comme l’arrêt de la vitrine, ne ferme aucune des voies ouvertes à ceux qui ont envoyé de l’argent sur cette plateforme. Le socle reste documentaire, et il est encore reconstituable.
Les relevés de compte constituent la première pièce : ils portent les dates, les montants et les références des virements adressés à la contrepartie. Les confirmations d’ordre remises par la banque au moment des opérations les complètent utilement. Les messages échangés avec la plateforme, courriels, conversations ou captures, permettent de retracer la manière dont la relation s’est nouée. Les clichés de la page datant de 2020, notamment ceux pris entre août 2020 et février 2021, attestent de ce qui était alors offert aux visiteurs.
Notre page consacrée au dépôt de plainte récapitule la chronologie de la procédure et les justificatifs à produire sur le plan pénal. Sur le terrain civil, la piste développée dans la section suivante reste ouverte.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’ordre a son siège à Paris, décrit dans la séquence ci-dessous les défenses mobilisables après un faux investissement : recours amiable, protocole transactionnel, action civile et procédure pénale.
Du côté bancaire, la piste du compte destinataire
Lorsqu’une plateforme se présentant comme un courtier international encaisse des versements sans apparaître dans un registre d’agrément, la question de savoir quel établissement lui a ouvert un compte mérite d’être posée directement. Ce compte a été ouvert à une entité absente de tout registre français ou britannique que nous ayons pu consulter, à l’état de nos vérifications de septembre 2026.
Avant d’ouvrir un compte à un client professionnel, un établissement doit savoir à qui il a affaire, s’assurer que cette entité existe juridiquement et comprendre ce qu’elle fait réellement. Quand ces vérifications font défaut, ou qu’elles laissent passer un montage pourtant visible, l’établissement peut voir sa responsabilité engagée.
Retracer le trajet des fonds, du compte du payeur jusqu’au compte destinataire, suppose de réunir les pièces bancaires disponibles. C’est le point de départ de toute action organisée dans cette direction, et cette démarche n’exclut pas la procédure pénale : les deux peuvent être conduites en parallèle.
Ce qui peut encore être tenté, six ans après les versements
L’avertissement du 13 novembre 2020 n’a jamais été retiré du tableau des mises en garde, à l’état de la liste à la fin septembre 2026. Cette persistance a une conséquence concrète : la base documentaire officielle qui rattache b2trades.com à une plateforme déconseillée est intacte, et elle peut être opposée telle quelle.
Il en va de même des pièces que les personnes concernées ont gardées chez elles. Des extraits bancaires de 2020 restent parfaitement exploitables six ans plus tard, de même que les confirmations d’ordre et les échanges conservés avec l’interlocuteur. L’ancienneté des faits ne suffit pas à rendre ces documents inutiles, en particulier à l’égard de l’établissement qui a encaissé les virements.
Un examen du dossier permet d’établir ce que chacun a conservé, ce qui lui fait défaut, et la voie la plus adaptée à sa situation.
Oui. Le nom apparaît encore, à la fin septembre 2026, dans le tableau des avertissements de l’Autorité des marchés financiers, avec la mention « Forex » et une première inscription au 13 novembre 2020. Rien ne l’a retirée depuis, en près de six ans.
Le départ du nom hors du fichier des enregistrements ne clôture aucune démarche. Les relevés de compte, les confirmations d’ordre de virement, les messages échangés avec l’interlocuteur, ainsi que les copies conservées de la vitrine, gardent toute leur valeur, y compris pour interroger la banque qui a reçu les fonds.
Des relevés des 31 octobre 2025, 18 février 2026 et 17 mars 2026 montrent le nom servant de nouveau une page intitulée « B2-B2trades », derrière un hébergement américain et un certificat délivré le 15 mars 2026. Aucune pièce consultée n’établit qui a procédé à cette reprise.
Les copies de 2020 montrent deux adresses postales sur la même page, dont une qui associe une localité du New Jersey à un code postal de Caroline du Nord. Ajoutées à un numéro joignable seulement pour les « membres VIP » et à des compteurs affichés à zéro, ces incohérences dessinaient une vitrine sans assise vérifiable.
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Article réécrit le 23/09/2026


