Le 5 novembre 2026, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers a inscrit le domaine financialmarketing-csa.com sur sa liste d’alertes, en indiquant qu’il n’a aucun lien avec la société du même nom inscrite au registre du commerce de Genève. La vitrine, de son côté, se présente comme un gestionnaire de fonds soumis à la surveillance luxembourgeoise depuis le 10 mai 2004 et donne une adresse à Zoug.
Sommaire
- La FINMA sépare la vitrine de la société genevoise
- Zoug au bas de page, Genève au registre
- Une licence de gestionnaire de fonds datée de 2004, sans numéro d’agrément
- Les conditions d’utilisation gardent l’emblème d’une autre banque
- Un formulaire qui confirme un envoi sans rien expédier
- Deux noms achetés à la même seconde en décembre 2025
- Les pièces à réunir si un versement est parti
- Ce que cette vitrine ne peut pas expliquer
- Questions fréquentes sur financialmarketing-csa.com
La FINMA sépare la vitrine de la société genevoise
L’avis publié par la FINMA porte la date du 5 novembre 2026, la veille de cette enquête. Il range financialmarketing-csa.com dans les adresses « sans inscription au registre du commerce » et précise, en quatre langues, que le site n’a pas de lien avec Financial and Marketing Consultants SA, à Genève, dont il cite le numéro d’identification des entreprises, CHE-100.079.522.
La fiche d’alerte est courte et c’est ce qui la rend utile. Aucun siège n’y est retenu pour le domaine, aucune adresse non plus : l’autorité n’a relevé qu’un nom d’hôte et une date. Autrement dit, l’entité qui exploite la page n’a produit devant le régulateur ni raison sociale vérifiable, ni bureau, ni représentant. Le site, lui, affiche les trois.
Une liste d’alertes de la FINMA n’est pas un jugement et ne dit pas qui se cache derrière un nom de domaine. Elle constate une chose précise : à la date du 5 novembre 2026, aucune entreprise surveillée ne répondait de cette adresse. C’est le point de départ de tout le reste, parce que la vitrine se réclame d’une autorisation qui, elle, suppose une société identifiée, un agrément numéroté et un superviseur capable de la nommer.
Dernière mise à jour : 6 novembre 2026
📄 Document
Le fichier joint reproduit l’accueil servi par financialmarketing-csa.com le 6 novembre 2026. On y lit le bandeau « Financial and Marketing Consultants SA », la phrase « Financially savvy solutions designed to support you at every life stage », puis la série des quatre intitulés de prestations avant le pied de page qui donne l’adresse de Zoug. Ces trois repères permettent de rattacher à cette page précise la capture qu’un démarcheur a pu envoyer.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Zoug au bas de page, Genève au registre
La société dont la vitrine reprend le nom existe. Le registre du commerce suisse la décrit comme une société anonyme de siège genevois, immatriculée sous CHE-100.079.522, domiciliée chemin du Petit-Saconnex 30-32, à Genève, et toujours active. Sa dernière inscription publiée date du 17 mai 2023 et porte sur le changement d’organe de révision, ce qui suppose une vie sociale réelle, des comptes et un réviseur.
Son but statutaire, tel que publié, couvre l’administration, le placement, les recherches et analyses de marché, les prestations économiques et financières, ainsi que les opérations immobilières, l’achat, la vente, le courtage et la gestion. C’est un objet large, celui d’une société de services et de conseil. Il ne mentionne ni la gestion collective, ni la distribution de parts de fonds, ni la conservation d’actifs pour des tiers.
Le site, pour sa part, situe son bureau à Gotthardstrasse 26, 6300 Zoug. Cette adresse n’apparaît nulle part dans la fiche de la société genevoise, et aucune inscription au registre ne l’y rattache. Un lecteur qui vérifie le nom tombe donc sur une société réelle ; s’il vérifie l’adresse, il tombe sur autre chose, sans que rien ne signale le changement de plan. La société de Genève est ici la partie lésée : rien dans ce qui suit ne lui est reproché.
Le domaine, lui, a été enregistré le 12 décembre 2025 à 12 h 36 et 36 secondes UTC, pour une échéance au 12 décembre 2026. Le bureau d’enregistrement est Namecheap, les serveurs de noms sont ceux de Cloudflare et le statut affiché est le verrou de transfert habituel. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine : le titulaire y est masqué, comme sur la majorité des noms récents.
Une licence de gestionnaire de fonds datée de 2004, sans numéro d’agrément
La page « Management Companies » affirme que « Financial and Marketing Consultants SA S.A. is regulated as a Management Company by the CSSF for UCITS (Chapter 15-license) since 10 May 2004 », et évoque une licence de gestionnaire de fonds alternatifs susceptible d’être étendue à d’autres classes d’actifs. Une seconde phrase indique que le gestionnaire européen du groupe serait agréé depuis mars 2023.
Trois éléments manquent à l’appel. Aucun numéro d’agrément CSSF n’est cité. Aucun numéro d’immatriculation luxembourgeois, du type RCS, n’apparaît. Aucune adresse au Luxembourg n’est donnée, alors que la page parle d’une société de gestion luxembourgeoise, d’un « Super ManCo » pour la distribution paneuropéenne et de structures en UCITS comme en FCP. La seule adresse du site reste celle de Zoug.
La formule « SA S.A. » trahit par ailleurs un montage de texte : la même page écrit une raison sociale suivie immédiatement de sa propre abréviation. Sur la page des services, l’intitulé « ManCo Sarvices » conserve une faute de frappe dans le titre d’une rubrique présentée comme le cœur de métier. Un gestionnaire de fonds agréé depuis 2004 ne publie pas sa documentation réglementaire avec ces traces.
Reste l’écart de dates, qui n’a pas besoin de commentaire : vingt-deux années d’activité régulée revendiquées d’un côté, un nom de domaine acheté en décembre 2025 de l’autre, et un certificat de chiffrement émis le 7 octobre 2026 seulement. L’ancienneté affichée n’existe nulle part ailleurs que dans les phrases du site.
Les conditions d’utilisation gardent l’emblème d’une autre banque
Les pages juridiques sont les plus instructives. Les conditions d’utilisation réservent les droits sur les marques du site et précisent que « the key symbol and Financial and Marketing Consultants SA are among the registered and unregistered trademarks ». Un emblème en forme de clé n’apparaît pourtant sur aucune page : le logo du site est un simple intitulé écrit en caractères d’imprimerie.
La politique de confidentialité renvoie à une « Section 10 » qui traiterait des entités néerlandaises du groupe, et à une liste des pays où ces entités opèrent, sans que le site ne nomme un seul pays ni une seule filiale. La politique relative aux témoins de connexion parle d’une société « (Switzerland) AG », mélangeant la forme suisse et la forme allemande, puis d’un « Market Intelligence Team (Switzerland) » qui n’apparaît nulle part ailleurs, et d’une entité « International » dont le nom est resté en suspens.
La page de présentation ajoute un paragraphe recopié deux fois de suite, mot pour mot, dans le même bloc, et une phrase qui tranche avec le reste : « Aladdin unifies us, creating a common language for us to interpret the world, the markets, and our clients’ needs ». Aladdin est la plateforme de gestion des risques d’un groupe américain de gestion d’actifs ; elle n’a aucun rapport avec une fiduciaire genevoise ni avec un gestionnaire de fonds zougois.
Ces traces disent quelque chose de précis : la vitrine a été assemblée à partir de documents appartenant à d’autres maisons, dont les noms ont été remplacés sans que les phrases de bord soient nettoyées. Un tel montage ne demande ni agrément, ni équipe, ni fonds sous gestion. Il demande un modèle de page et une après-midi de travail.
Un formulaire qui confirme un envoi sans rien expédier
La page de contact propose quatre champs et un bouton. Le formulaire pointe vers l’adresse interne « /en/contact_send » avec la méthode GET, et un script annule l’envoi avant qu’il ne parte : la page se contente de naviguer vers cette adresse. Le message, le nom et l’adresse de courriel saisis ne sont transmis à aucun serveur. La page atteinte affiche invariablement « Thanks, we’ll reach out to you shortly », quel que soit le contenu du formulaire.
L’adresse de contact réelle est [email protected], protégée par le masquage des adresses de Cloudflare. Elle pointe vers un autre domaine que celui du site, enregistré le même jour et à la même seconde que le .com, le 12 décembre 2025 à 12 h 36 et 36 secondes UTC. Ce domaine .info résout vers 192.64.119.101, une adresse d’attente de bureau d’enregistrement, et ne sert aucune page : la connexion chiffrée échoue. Le domaine principal, lui, ne publie aucun enregistrement de messagerie, ce qui interdit d’y recevoir du courrier.
Le numéro de téléphone du pied de page s’affiche sous la forme suivante : « +447 », puis quatre astérisques, puis « 9821 ». Ce n’est pas une occultation choisie par nos soins : la page source contient bien ces astérisques à la place de quatre chiffres. Un cabinet qui revendique vingt-deux ans d’activité ne laisse pas un numéro à trous sur toutes ses pages.
ScamDoc note financialmarketing-csa.com à 25 % de confiance, un niveau qu’il qualifie de faible ; sa première analyse remonte au 11 juin 2026 et ses données publiques ne retiennent aucun titulaire identifiable. La fiche ScamDoc de financialmarketing-csa.com ne relève par ailleurs aucun avis d’internaute à ce jour.
Deux noms achetés à la même seconde en décembre 2025
Le socle technique est celui d’une application légère derrière un réseau de diffusion. Le domaine répond en HTTP/2 derrière Cloudflare, avec un serveur applicatif Node.js qui s’annonce comme Express, un cookie de langue nommé « __platform », et une arborescence de fichiers statiques rangée sous « /static/financialmarketing-csa/ ». Le certificat est un certificat générique de Let’s Encrypt, émis le 7 octobre 2026, valable jusqu’au 5 janvier 2027, et couvrant le domaine comme ses sous-domaines.
Le reste est un assemblage de bibliothèques frontales : jQuery 3.6, Bootstrap, un carrousel Owl, une fenêtre Magnific, un compteur animé Odometer, un moteur de parallaxe, une bibliothèque d’apparition au défilement, le tout servi depuis Google Fonts. Notre analyse technique relève quarante-trois composants répartis en quinze familles, dont aucune ne relève de la gestion d’actifs : pas de portail client, pas de tableau de bord, pas de signature électronique, pas de dispositif d’entrée en relation.
Les adresses qui, sur un site de gestion, mèneraient à un espace personnel renvoient toutes la même page d’erreur : « /login », « /portal » et « /dashboard » répondent avec le titre « Page Not Found ». Le plan du site et le fichier d’exclusion des robots n’existent pas davantage, et les préfixes de langue française et allemande renvoient vers l’anglais. Un site de sept pages, sans espace client, ne distribue pas de parts de fonds.
Les pièces à réunir si un versement est parti
Avant toute démarche, il faut figer ce qui reste consultable : la page qui a servi de support, la date de la conversation, le nom du démarcheur et le canal qu’il a utilisé. Lorsque l’échange s’est poursuivi par messagerie, l’historique complet vaut mieux que des captures partielles, et il faut conserver les coordonnées bancaires communiquées telles quelles, y compris le nom du bénéficiaire, souvent différent de celui du site.
Viennent ensuite les pièces bancaires : ordres de virement, relevés faisant apparaître le débit, référence de l’opération, et pour les paiements par carte, les justificatifs d’autorisation. Ces documents déterminent la procédure qui reste ouverte, civile ou pénale, et le délai dans lequel la contester. Le cadre est rappelé sur la page consacrée au dépôt d’une plainte pénale, qui décrit la constitution du dossier et la façon dont un versement se rattache à une interface.
Sur ce type de dossier, une plainte se heurte souvent à une difficulté pratique : le nom de la société existe réellement, et l’enquête doit d’abord établir que le compte du site n’est pas celui de l’entreprise. C’est exactement le point que l’avis de la FINMA tranche, en écrivant que l’exploitation du domaine est sans rapport avec la société genevoise. Un dossier de plainte gagne donc à joindre cet avis, la fiche de registre de la société réelle et la preuve de la divergence d’adresse.
Dans une affaire voisine, une vitrine suisse reprenait l’identité complète d’une société inscrite en affichant son numéro d’identification ; le raisonnement suivi alors s’applique ici, à la différence que le site de Zoug ne cite aucun numéro suisse et préfère une licence étrangère. Un autre dossier récent montre comment un régulateur luxembourgeois nomme lui-même un domaine qui se réclame de ses agréments : la vérification se fait auprès du superviseur cité, jamais auprès de la page qui s’en prévaut.
Le point de départ d’une réclamation reste l’examen du dossier par une équipe habituée à ces montages. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient dans l’entretien ci-dessous sur un dossier où la plainte a conduit à l’arrestation puis à l’incarcération de l’auteur, et sur ce que les victimes avaient conservé pour y parvenir. Sa fiche est consultable sur la page de présentation du cabinet.
Ce que cette vitrine ne peut pas expliquer
Une société de gestion se reconnaît à des choses vérifiables : un agrément numéroté, un superviseur qui la nomme, un rapport annuel, des dirigeants identifiables, un dépositaire, un audit. financialmarketing-csa.com n’offre aucun de ces éléments. Elle offre un nom réel, une adresse qui ne correspond pas, une licence de 2004 sans titulaire, un formulaire qui ne transmet rien et une boîte de réception qui n’existe pas.
Le décalage entre ce qu’une telle page promet et ce qu’elle permet de vérifier est, dans notre expérience, le meilleur indicateur disponible avant tout versement. Un particulier qui cherche à placer une somme n’a pas besoin de comprendre le montage : il lui suffit de demander le numéro d’agrément et le nom du superviseur, puis de vérifier ces deux informations auprès du régulateur cité. Ici, la vérification s’arrête à la première question.
Questions fréquentes sur financialmarketing-csa.com
Non. L’adresse figure sur la liste d’alertes de la FINMA depuis le 5 novembre 2026, dans la rubrique des sites sans inscription au registre du commerce. Aucune autorisation de gestion de fortune ou de gestion collective ne lui est reconnue, et la société suisse dont elle reprend le nom est présentée par le régulateur comme une entité distincte, sans lien avec le domaine.
Il rend la vérification possible. Jusqu’à cette date, un investisseur ne pouvait opposer au site qu’une impression ou une intuition. L’avis établit publiquement que le domaine n’est pas exploité par la société genevoise du même nom et qu’aucune entité surveillée ne répond de son activité, ce qui suffit à écarter la vitrine comme interlocuteur financier.
Non. Elle est inscrite au registre du commerce suisse sous CHE-100.079.522, son siège est à Genève et son activité est celle d’une société de services et de conseil. Le site utilise son nom en y associant une adresse à Zoug et une licence luxembourgeoise qu’elle ne détient pas. Elle doit être considérée comme victime de l’emprunt de son identité.
Réunir sans attendre la preuve de la page consultée, l’historique des échanges, les coordonnées bancaires du bénéficiaire et les relevés montrant le débit, puis signaler l’opération à sa banque. Le dossier gagne à inclure l’avis du 5 novembre 2026 et la fiche de registre de la société genevoise, qui établissent la dissociation entre le site et l’entreprise réelle.
Les personnes qui ont suivi une proposition venue de financialmarketing-csa.com, ou d’une page qui en reprend la présentation, peuvent soumettre leur situation à notre service d’aide aux victimes en passant par la demande d’assistance : les pièces citées plus haut y sont examinées avant toute décision de procédure.


