capnixai-aibot.com arnaque : une vitrine norvégienne en prime

Une adresse du site français ouvre une vitrine norvégienne

Le 3 novembre 2026, la page d’accueil de capnixai-aibot.com se présente comme la plateforme française d’un moteur d’analyse de marchés baptisé CapnixAI. Son code porte pourtant une balise de base qui renvoie le navigateur vers un dossier de campagne : //capnixai-aibot.com/landers/yqfx/. Le visiteur croit lire un site installé à la racine ; il lit en réalité un dossier de prospection, choisi pour lui et pour son identifiant de clic.

Une fois ce chemin connu, la vérification tient en une requête. L’adresse capnixai-aibot.com/landers/ ne renvoie pas un index de fichiers : elle affiche une page entière, en norvégien, intitulée « btc +700 lurot, offisiell nettside i Norge 2026 ». La marque, la langue, le numéro de téléphone et l’adresse postale n’ont plus rien de français. Même serveur, même certificat, même journée.

Cette seconde page ne se contente pas d’exister : elle se déclare. Son balisage Schema.org désigne comme organisation https://btc700lurot-ai.com/#organization et fixe la langue du document à « nb ». Le domaine français héberge donc, à une adresse qu’il publie lui-même, la vitrine complète d’une autre enseigne, pointée vers un autre nom de domaine, lui aussi en service. Les deux sont signés par les mêmes témoins de navigation, posés dès la première réponse du serveur.

Les dossiers de cette famille sont suivis depuis la fin octobre. La vitrine frenchlegacyfr.com, examinée le 30 octobre, reposait déjà sur un dossier de campagne et un champ d’identification de clic rempli côté serveur. Ce que capnixai-aibot.com ajoute est d’un autre ordre : l’atelier n’est plus seulement déduit d’un fichier partagé, il est servi en clair, sur le domaine lui-même, dans une autre langue et sous une autre marque.

Dernière mise à jour : 3 novembre 2026

📄 Document

Le fichier joint montre l’accueil de capnixai-aibot.com tel qu’il s’ouvre ce 3 novembre : le bandeau « CapnixAI » avec le compteur de prénoms « EN TEMPS RÉEL », le formulaire à quatre champs puis le mur d’avis à cinq étoiles. Trois repères qui permettent de savoir si une conversation engagée ailleurs parlait bien de cette page.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Ecran d'accueil de capnixai-aibot.com le 3 novembre 2026

Deux dossiers de campagne pour un seul script de réception

Sous /landers/, le site norvégien dispose de ses propres pages : « Om plattformen », « Kontaktside », « Logg inn », « Personvernerklæring » et « Vilkår ». Chacune répond en 200 avec un titre distinct. La page de connexion pèse 22 902 octets et s’intitule « Brukerkonto innlogging | btc +700 lurot ». Le dossier français, lui, tient en six pages de 12 à 22 kilo-octets.

Les deux campagnes se rejoignent sur le point qui compte : le script qui reçoit les coordonnées. Appelé sans données, celui du dossier français rend 519 octets d’avertissements PHP et laisse voir son chemin complet, /app/public/landers/yqfx/send.php, avec les lignes 33 à 39 réservées au prénom, au nom, au courriel et à l’identifiant de clic. Celui du niveau supérieur fait de même : /app/public/landers/send.php, lignes 3 à 24, puis la même réponse {"success":true,"data":"\/"}. Une seule application, un dossier par campagne, un formulaire de collecte à chaque étage.

Le reste de la chaîne est dupliqué à l’identique. Deux compteurs de mesure distincts suivent les deux vitrines : 112490052 pour le dossier français, 111830518 pour le dossier norvégien, chacun avec l’enregistrement des sessions et des clics. La configuration est le même modèle, l’en-tête de réponse porte le même « via: 1.1 Caddy » derrière Cloudflare, et le même script de bandeau d’activité anime les deux pages.

Un détail achève de dater l’ensemble. La page française déclare sur Twitter le compte @bitcoincode, sans aucun rapport avec CapnixAI : la métadonnée a survécu au changement de marque. Sur ce type de dossier, le nom du modèle précédent reste souvent dans le code, comme le laissait voir la vitrine westfieldplatform.shop le 2 novembre.

Les adresses qui ne correspondent à aucun dossier, elles, ne mènent nulle part. /login/, /about/, /contact/, /terms/ et /privacy/ répondent 404 avec un en-tête de redirection vers https://yourdomain.com/ : l’exemple générique livré avec un modèle de serveur, jamais remplacé par le nom réel. Un visiteur qui tape l’adresse à la main atterrit sur une page de registrar, pas sur une plateforme.

À Paris et à Oslo, deux adresses de prestige sans société

La page de contact française donne le +33 691 710 519 et le « 40 Rue du Colisée, 75008 Paris ». La page norvégienne donne le +47 2703 7203 et « Dronning Eufemias gate 16, 0191 Oslo ». Deux adresses choisies pour ce qu’elles évoquent : à quelques centaines de mètres des Champs-Élysées d’un côté, dans le quartier financier de Bjørvika de l’autre. Les deux numéros sont des mobiles.

Aucune des deux pages ne nomme de société. Ni raison sociale, ni forme juridique, ni numéro d’immatriculation, ni mention d’un registre du commerce. Les conditions françaises s’ouvrent, à leur article 1.1, sur « Bienvenue sur CapnixAI (le Site) » et ne donnent qu’une adresse de courriel, masquée dans la page pour échapper aux robots de collecte. Le paragraphe 1.2 est plus gênant encore pour la promesse d’accueil : le site y déclare fournir « des informations sur des plateformes externes permettant de trader ». Ce n’est donc pas lui qui tient les comptes.

Le pied de page norvégien va plus loin. La marque, y lit-on, comme les autres marques présentées sur notre site, ne sert qu’à titre informatif et ne représente aucune société ni prestataire de services déterminé. La formule reconnaît d’elle-même la coexistence de plusieurs enseignes sur une même installation, ce que l’adresse /landers/ venait de montrer.

Le nom déposé le 10 septembre, une seule capture publique

Le registre situe la création de capnixai-aibot.com au 10 septembre 2026 à 9 h 55 UTC, et sa dernière modification le même jour à 10 h 11. L’échéance est fixée au 10 septembre 2027. Le bureau d’enregistrement est Spaceship, la zone est confiée à Cloudflare, et le nom porte la mention « client transfer prohibited ».

Le certificat émis par Let’s Encrypt le 10 septembre à 9 h 16 vaut également pour les sous-domaines, jusqu’au 9 décembre. Il précède donc de quarante minutes l’ouverture visible au registre, ce qui arrive lorsqu’un hébergeur prépare la zone avant l’enregistrement public.

Interrogées, les archives publiques ne conservent qu’une prise de vue : le 11 septembre à 2 h 54, une redirection de 1 163 octets. Rien d’autre. Pour btc700lurot-ai.com, aucune capture n’existe à ce jour. Deux vitrines entretenues pendant deux mois dont il ne reste presque aucune trace consultable, alors que le site se présente comme une plateforme ouverte au public français.

Sur le plan réglementaire, aucune entrée correspondant à « capnixai » ni à « btc700lurot » ne figure dans les six listes publiées par l’AMF que nous avons relues, des options binaires aux cryptoactifs. Une absence ne vaut pas certificat de sérieux : elle signifie seulement qu’aucune mise en garde ne vise encore ces deux noms. Les listes sont consultables sur le site de l’AMF.

L’indice public de ScamDoc, lui, est arrêté à 25 %, avec la mention d’un domaine récent. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine, et la fiche ScamDoc de capnixai-aibot.com pour l’historique des signalements.

400 % de rendement, trois avis signés et un bandeau de prénoms

La promesse est écrite noir sur blanc, dans une section intitulée « Repérez les zones de timing optimal avec CapnixAI AI » : un potentiel de rendement pouvant atteindre 400 %. Plus haut, les retraits sont annoncés « à tout moment », vers une carte bancaire ou un portefeuille de cryptoactifs, « sans attente ». Aucun document du site ne décrit de mécanisme de marché, de contrepartie, ni de mandat de gestion.

Les preuves sociales sont du même gabarit. Trois avis à cinq étoiles, signés Julien Morel, Claire Dubois et Marc Lefèvre, tiennent en une phrase chacun : prise en main simple, assistance réactive, graphiques personnalisables. Le balisage de la page les résume en une note moyenne de 5 sur 5 pour 3 avis, sans renvoyer à aucune plateforme d’évaluation indépendante. Un bandeau « EN TEMPS RÉEL » fait défiler huit prénoms qui viennent de rejoindre la plateforme, Louis, Nicolas, Élodie, Gabriel, Justine, Nathan, Alexandre et Célia, dans un ordre qui se répète à chaque visite.

La page de connexion dit alors l’essentiel, en une phrase : « Si vous disposez déjà d’un compte, connectez-vous directement auprès du prestataire qui vous a été attribué lors de votre inscription avec les identifiants fournis. » Le compte n’est pas chez CapnixAI. Il est chez un prestataire attribué, dont le nom n’apparaît nulle part, et c’est ce prestataire qui reçoit les fonds.

Ce qu’il faut consigner entre l’appel et le premier virement

Le formulaire ne crée aucun compte : quatre champs partent vers le responsable de campagne (prénom, nom, courriel, téléphone), accompagnés du jeton de clic qui a conduit la visite. La suite se joue au téléphone, avec un interlocuteur qui se présente comme le partenaire de la plateforme et ouvre un compte ailleurs. C’est ce moment précis que décrit la vidéo ci-dessous, où Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, expose ce que la banque doit démontrer lorsqu’un virement a été exécuté sous l’emprise d’un tiers.

Concrètement, trois séries de pièces se constituent vite et se perdent aussi vite. L’échange avec le démarcheur, d’abord : capture de l’écran de conversation, numéro appelant, horodatage des appels, courriels reçus avec leurs en-têtes complets. Le parcours sur le site, ensuite : la page de connexion qui renvoie vers un prestataire, le formulaire rempli, le bandeau de prénoms, la promesse de 400 %. Les mouvements d’argent, enfin : relevés bancaires, libellés exacts des virements, coordonnées du bénéficiaire, et la date à laquelle le premier versement a été demandé.

Ces éléments ne servent pas seulement à documenter une plainte : ils déterminent la position de la banque, qui doit pouvoir vérifier l’opération et répondre des moyens qu’elle a mis en œuvre. Le cadre procédural est détaillé sur la page Le pénal et le dépôt de plainte.

Réponses aux questions que le formulaire laisse ouvertes

Le site capnixai-aibot.com est-il une plateforme de trading réelle ?

Non. Ses propres conditions, à l’article 1.2, indiquent qu’il fournit des informations sur des plateformes externes permettant de trader. Sa page de connexion renvoie vers un prestataire attribué lors de l’inscription, dont le nom n’est jamais donné. Aucune société, aucune adresse de siège, aucun numéro d’immatriculation ne figure sur le site.

Pourquoi la même adresse affiche-t-elle une page en norvégien ?

Parce que l’installation héberge plusieurs campagnes. La page française est servie depuis le dossier /landers/yqfx/, et l’adresse /landers/ affiche une vitrine norvégienne complète pour une autre marque, btc +700 lurot, déclarée sous le domaine btc700lurot-ai.com. Les deux pages partagent le même serveur, le même certificat et le même modèle de formulaire.

Que se passe-t-il après avoir laissé son numéro de téléphone ?

Le formulaire transmet vos coordonnées, accompagnées de l’identifiant de clic de votre visite, au responsable de la campagne. Vous êtes ensuite rappelé par un interlocuteur qui se présente comme un partenaire et propose l’ouverture d’un compte auprès d’un prestataire tiers. Chaque appel doit être daté et son numéro conservé.

Peut-on récupérer des fonds versés après un tel appel ?

Chaque situation s’apprécie sur pièces. La rapidité de la réaction, la conservation des échanges et la capacité à identifier le bénéficiaire des virements pèsent lourd. Un virement demandé par un interlocuteur rencontré par téléphone peut être contesté devant la banque, qui doit alors justifier de ses vérifications.

Ce dossier se juge sur ce qu’il montre sans qu’on ait à le lui demander : une balise qui désigne un dossier de campagne, une adresse qui ouvre une vitrine norvégienne, un script de collecte qui affiche son chemin, et une page de connexion qui renvoie vers un prestataire sans nom. Les personnes qui ont laissé leurs coordonnées sur capnixai-aibot.com ont engagé une conversation dont la contrepartie annoncée, un compte et des outils d’analyse, n’apparaît nulle part sur le site.

Pour celles et ceux qui ont déjà viré des fonds après un appel de ce type, la priorité est de reconstituer la chaîne : quel numéro a appelé, quelle page a été consultée, quel bénéficiaire a été crédité, à quelle date. Ces quatre points se figent en quelques jours et se reconstituent difficilement ensuite.

Si vous avez été rappelé après avoir rempli le formulaire de capnixai-aibot.com et versé des fonds sur le compte d’un prestataire présenté comme partenaire, notre service d’aide aux victimes peut examiner votre dossier et les pièces que vous avez conservées.

Contactez notre service d’aide aux victimes

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