cryptobullbear.com a rejoint les listes du régulateur français le 10 septembre 2026, sous la mention « Crypto-actifs ». Quatre jours plus tard, la vitrine répond toujours et continue de proposer ses prestations à quinze dollars.
CryptoBullBear se présente comme un cabinet de conseil en cryptomonnaies établi à San Diego et animé par une équipe d’experts en finance et en blockchain. L’enquête conduite le 14 septembre 2026 établit que cette enseigne ne dispose d’aucune autorisation pour s’adresser aux épargnants français, que les spécialistes qu’elle met en avant portent les fonctions d’une brigade de cuisine, et que son unique point de contact est une boîte de messagerie gratuite. Le nom, déposé le 2 octobre 2025 chez Hostinger, n’est rattaché à aucun titulaire identifiable. La note publique attachée à cette adresse plafonne à un pour cent.
Sommaire
- Crypto-actifs : ce nom figure au fichier du régulateur depuis le 10 septembre
- Quinze dollars pour un audit, une formation ou la gestion d’un portefeuille
- Des experts en blockchain présentés avec les fonctions d’une brigade de cuisine
- Un numéro de la série réservée à la fiction et une adresse à San Diego
- Derrière l’adresse, un enregistrement d’octobre 2025 sans titulaire nommé
- Les documents à réunir après un paiement fait à cette enseigne
- Trois questions sur Cryptobullbear
- Une adresse inscrite reste ouverte aux visiteurs
Crypto-actifs : ce nom figure au fichier du régulateur depuis le 10 septembre
Sur la page consacrée à ce nom, la phrase est sans détour : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. » Datée du 10 septembre 2026, cette mention relève du fichier consacré aux crypto-actifs. Elle vise le nom de domaine lui-même, et non une entité : aucune société ne répond de cette vitrine, aucun dirigeant n’est nommé, aucun siège social n’est publié.
L’effet de cette publication est immédiat pour les épargnants. À compter du 10 septembre 2026, cryptobullbear.com appartient aux adresses que le régulateur français signale comme non habilitées, alors que le site poursuit son activité sans rien changer à sa présentation. Deux dossiers voisins, traités par nos équipes, éclairent la suite : corpagenesis-fr.net et quantiumax.one, rangés dans le même fichier, ont continué de fonctionner après leur inscription.
Dernière mise à jour : 14/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par cryptobullbear.com, réalisée le 14 septembre 2026. Y figurent la page d’accroche, sa page de services facturés quinze dollars et ses témoignages signés du libellé de gabarit : de quoi reconnaître l’écran, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Quinze dollars pour un audit, une formation ou la gestion d’un portefeuille
La page intitulée « Menu » aligne une trentaine d’entrées, du conseil personnalisé à l’audit de portefeuille en passant par les formations, les webinaires, les partenariats, la newsletter et l’accès à un forum. Chaque ligne porte le même montant : quinze dollars. La page d’accueil reprend huit de ces prestations, également à quinze dollars, en incluant la « Gestion de Portefeuille » et les « Investissements Directs ».
Un tel barème ne correspond à aucune réalité économique. Une revue complète d’un portefeuille, une session de formation et une consultation stratégique n’engagent ni le même temps de travail ni les mêmes compétences, et un prestataire sérieux les facture à des niveaux distincts. Ici, aucune grille dégressive, aucun devis, aucun périmètre de mission, aucune condition de facturation ne sont publiés. La vitrine promet par ailleurs de « maximiser vos retours sur investissement », une formulation qu’aucun professionnel habilité ne peut sérieusement employer.
Des experts en blockchain présentés avec les fonctions d’une brigade de cuisine
La page « À propos » annonce une équipe d’experts en finance et en blockchain, puis déroule six portraits. Jack Harlow, Marcus Haymen et Sophia Herbert y sont « Chef senior », Martin Stew « Chef de cuisine », Henry Frank « Chef junior » et Andrew Leroy « Plongeur ». Ces intitulés appartiennent au vocabulaire d’une brigade de restauration, pas à celui d’un cabinet de conseil en actifs numériques.
La page d’accueil comporte deux avis de clients, signés Sophie Dubois et Lucas Martin, que suit la même ligne : « Poste, nom de l’entreprise ». Le libellé du modèle d’origine n’a jamais été remplacé par une fonction ni par une raison sociale. Aucun des noms cités ne renvoie à une société enregistrée, à une inscription professionnelle ou à une compétence vérifiable. Le site se dit pourtant fondé par des experts intervenant auprès d’entrepreneurs pour placer leur argent.
Un numéro de la série réservée à la fiction et une adresse à San Diego
La page « Contact » donne une adresse de bureau : 2360 Hood Avenue, San Diego, Californie 92123. Le numéro de téléphone annoncé, le 202-555-0188, appartient à la série 555-0100 à 555-0199 que le plan de numérotation nord-américain réserve aux usages de fiction : aucune ligne réelle ne peut être jointe à ce numéro. L’adresse électronique est une boîte gratuite, [email protected], et les horaires s’étendent du mardi au dimanche, de midi à minuit.
Aucune mention légale, aucun numéro d’immatriculation, aucun nom de société, aucun responsable de publication n’apparaît sur les six pages relevées. Une enseigne qui annonce des conseils sur les crypto-actifs et la gestion de portefeuilles ne se laisse donc joindre que par une messagerie grand public, sur un numéro qui n’existe pas.
Derrière l’adresse, un enregistrement d’octobre 2025 sans titulaire nommé
Les données publiques du registre situent la création du nom au 2 octobre 2025, pour une échéance fixée au 2 octobre 2027, avec une dernière modification enregistrée le 5 septembre 2026. L’enregistrement passe par HOSTINGER operations, UAB, et le nom porte une interdiction de transfert, verrou administratif courant. Aucun titulaire n’y est nommé : l’identité de l’exploitant n’apparaît nulle part. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Les deux serveurs de noms rattachés au domaine sont ceux que ce prestataire attribue par défaut à ses enregistrements. Un pour cent seulement : la note attachée à l’adresse, relevée le 14 septembre 2026, plafonne à un pour cent de confiance, l’un des plus bas niveaux de ce barème.
L’hébergement est assuré par Hostinger, dont le serveur de diffusion et le réseau de distribution répondent aux requêtes, comme l’indiquent les en-têtes techniques du site. Le logiciel de publication est WordPress 6.8.8, exécuté par PHP 8.2.33, sur le thème Astra complété par une suite de blocs de mise en page. Les bibliothèques embarquées sont jQuery 3.7.1, sa couche de migration, Slick JS pour les carrousels et imagesLoaded pour le chargement différé des images, tandis que les polices sont servies par Google Fonts.
Le balisage de données s’appuie sur un schéma Organization au format JSON-LD, une boîte de recherche de liens internes et une liaison à la cartographie de Google ; un module de discussion en ligne et un identifiant de console de référencement complètent l’ensemble, et l’adresse est joignable en IPv6. Le certificat qui sécurise le site est un Let’s Encrypt émis le 29 juillet 2026 et valable jusqu’au 27 octobre 2026, délivré pour le nom et sa déclinaison en www. Nos relevés techniques font remonter l’empreinte de cette vitrine à octobre 2025, avec des mises à jour d’extensions suivies jusqu’à la fin du mois d’août 2026.
Un dernier détail a son intérêt. Lorsque la vitrine est interrogée par un instrument de mesure plutôt que par un navigateur, elle renvoie d’abord une page intermédiaire intitulée « Checking your browser before accessing », mise en place par l’hébergeur. Cette barrière ne gêne pas la consultation ordinaire, mais elle complique l’examen systématique des pages et masque le contenu aux outils qui tentent d’en dresser un relevé.
Les documents à réunir après un paiement fait à cette enseigne
Pour une personne qui a réglé une prestation ou versé des fonds après un échange avec cryptobullbear.com, l’essentiel se joue sur des pièces encore disponibles : les relevés de compte, sur lesquels chaque virement apparaît avec le nom de celui qui l’a encaissé, les ordres de virement archivés par l’établissement bancaire, les captures d’écran des pages de services et des formulaires remplis, et l’intégralité des messages échangés, quel que soit le canal utilisé. La grille à quinze dollars peut sembler modeste, mais les demandes qui suivent ne le sont jamais : une somme réclamée pour libérer un retrait change la nature du dossier.
Il faut cesser tout versement dès qu’un complément est présenté comme la condition d’un déblocage. La marche à suivre pour déposer plainte commence par la conservation de ces pièces. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont les affaires se plaident à Paris, expose dans l’entretien qui suit la condamnation d’une banque aux côtés des auteurs d’une escroquerie, et ce que cette responsabilité ouvre concrètement pour les personnes trompées.
Trois questions sur Cryptobullbear
La vérification tient en une recherche dans les documents que publie le régulateur français : ses fichiers de mises en garde recensent, nom par nom, les adresses qui n’ont reçu aucune habilitation pour démarcher des épargnants dans l’Hexagone. cryptobullbear.com y figure depuis le 10 septembre 2026. Une vitrine peut reprendre les codes d’un cabinet de conseil, afficher des tarifs, des témoignages et une adresse, sans détenir le moindre agrément : c’est la présence du nom dans ces fichiers, et non l’apparence des pages, qui tranche.
Les sommes versées ont laissé une trace chez votre banque comme chez celui qui les a encaissées, et cette trace reste exploitable même si la vitrine répond encore. Il faut réunir sans attendre les relevés de compte, les ordres de virement conservés par l’établissement et l’ensemble des échanges écrits, puis faire consigner par écrit ce qui a été demandé puis réglé. Une demande d’indemnisation peut ensuite être portée devant le juge, sur le fondement des manquements commis au moment où les paiements ont été exécutés.
Parce que la vitrine a été montée sur un modèle, et que ce modèle n’a pas été nettoyé. Les six profils de la page « À propos » arborent les intitulés d’une brigade de cuisine, et les deux avis de la page d’accueil gardent la formule « Poste, nom de l’entreprise » telle qu’elle figure dans le gabarit d’origine. Ces détails ne suffisent pas à qualifier une fraude, mais ils montrent qu’aucun travail éditorial n’a été conduit sur les contenus publiés.
Une adresse inscrite reste ouverte aux visiteurs
cryptobullbear.com continue de répondre, de vendre des prestations à quinze dollars et d’inviter les visiteurs à prendre contact. Rien n’indique qu’un client ait obtenu ce qu’il venait chercher, et aucune société ne répond de l’activité décrite sur ces pages. Les personnes qui ont versé de l’argent à cette enseigne se trouvent dans une situation connue : la vitrine demeure accessible, mais l’exploitant reste hors de portée du visiteur. C’est le moment de constituer le dossier, pièce par pièce, avant que les pages ne changent ou ne disparaissent. BrokerDefense propose un premier examen du dossier, sans frais ni engagement.
Les avertissements que publie le site de l’AMF restent consultables librement, nom par nom, avant toute décision de placement.


