Sommaire
- bridgemarks.cc suspendu le 22 septembre, la plateforme toujours servie
- Trois noms, deux suspensions, une seule adresse encore desservie
- Ce que la plateforme de trading continue de servir, et jusqu’à quand
- Une « prop firm primée depuis 2020 » absente des registres de sociétés
- Fonds versés sur cette plateforme : les pièces à rassembler sans attendre
- bridgemarks.cc : les questions qui reviennent après la suspension
- Ce qu’un nom suspendu laisse intact pour les personnes qui ont payé
bridgemarks.cc suspendu le 22 septembre, la plateforme toujours servie
Le contraste est saisissant. D’un côté, le dossier du nom bridgemarks.cc a été modifié au registre le 22 septembre 2026 à 10 h 37 UTC et basculé dans le statut de suspension prononcé par le bureau d’enregistrement. Interrogé à plusieurs reprises le 27 septembre 2026 sur plusieurs résolveurs publics, ce nom ne renvoie plus aucune adresse d’acheminement : ni bridgemarks.cc, ni sa forme préfixée par www. Pour quiconque tente d’y accéder depuis un navigateur, il n’y a plus rien. De l’autre côté, l’adresse que la vitrine utilisait pour l’ensemble de ses boutons d’action, webtrader.bridgemarks.online, répond encore. Nos vérifications du 27 septembre 2026 le confirment sans ambiguïté : cette adresse est desservie, elle sert une page d’application complète, et elle dialogue avec le poste du visiteur. La conséquence concrète est immédiate : la machine qui reçoit les versements, qui gère les ouvertures de compte, les dépôts et les retraits, n’a pas été touchée par la suspension du nom de façade. La vitrine est muette ; la caisse, elle, répond.
Notre premier article sur ce dossier est paru le 4 septembre 2026, à une époque où la vitrine était encore accessible et où nous relevions déjà que le sous-domaine de service était le vrai point d’entrée des fonds. Cette mise à jour documente ce qui a changé depuis, et ce qui n’a pas changé. Deux autres dossiers de la même série, consacrée à des marques financières jetables posées sur des gabarits préfabriqués, ont été publiés dans la même période : celui de venturofx.com et celui de invexxia.com, sans qu’aucun lien d’exploitation entre ces entités ne puisse être affirmé à ce stade.
Dernière mise à jour : 27/09/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de bridgemarks.cc. Retrouvez l’apparence originale de cette plateforme de trading même si le site venait à fermer : utile pour identifier la vitrine, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Trois noms, deux suspensions, une seule adresse encore desservie
L’état civil des trois noms associés à cette opération, tel que nos relevés du 27 septembre 2026 permettent de le restituer, révèle une architecture à plusieurs vitesses. Le nom bridgemarks.cc a été créé le 28 mai 2026 à 18 h 05 UTC, avec une échéance fixée au 28 mai 2027. La dernière modification de son dossier au registre est celle du 22 septembre 2026 à 10 h 37 UTC, date à laquelle le bureau d’enregistrement a prononcé une suspension accompagnée d’un blocage simultané de la suppression, du renouvellement, du transfert et de toute mise à jour. Les deux serveurs de noms associés à ce nom appartiennent eux-mêmes à un service de noms de domaines suspendu. Le bureau d’enregistrement est PDR Ltd, qui opère sous la marque PublicDomainRegistry.
Le nom bridgemarks.online présente un profil différent. Il a été créé six minutes avant bridgemarks.cc, le même 28 mai 2026, à 17 h 59 UTC, avec la même échéance au 28 mai 2027. La dernière modification de son dossier remonte au 2 juin 2026, soit quelques jours après la création, et son statut est un simple blocage du transfert, sans suspension. Ses deux serveurs de noms sont confiés à un grand réseau de diffusion de contenu. C’est le même bureau d’enregistrement, PDR Ltd. C’est précisément ce nom qui héberge le sous-domaine webtrader.bridgemarks.online, lequel répond encore parce que le nom parent n’est pas suspendu. Le nom bridgemarks.info, quant à lui, a été créé le 1er mai 2026, avec une échéance au 1er mai 2027 et une dernière modification du dossier le 12 août 2026. Il est suspendu par son bureau d’enregistrement, NameSilo, avec un blocage du transfert, et ses trois serveurs de noms appartiennent à un service d’hébergement de messagerie. Nos vérifications du 27 septembre 2026 confirment qu’il ne renvoie plus aucune adresse.
La distinction de fond mérite d’être posée clairement. L’inscription d’un nom au registre et sa desserte dans le système de noms ne disent pas la même chose. Un nom suspendu reste inscrit, avec ses dates, son titulaire au registre, son bureau d’enregistrement : il n’a pas disparu, il est seulement rendu inopérant sur le réseau. C’est pourquoi les fiches de registre restent lisibles et consultables longtemps après que le nom a cessé de mener quelque part. Et c’est pourquoi la suspension de bridgemarks.cc n’a aucun effet sur webtrader.bridgemarks.online, qui dépend d’un nom distinct, non suspendu.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Ce que la plateforme de trading continue de servir, et jusqu’à quand
Nos relevés du 27 septembre 2026 sur l’adresse webtrader.bridgemarks.online sont précis. La requête initiale reçoit un code 200 et renvoie une page de quelques centaines d’octets, qui charge à son tour un programme applicatif de quelques dizaines de kilo-octets ainsi qu’une feuille de style. Cette page est identique qu’on accède à la racine du sous-domaine, à la page d’ouverture de compte ou à la page de connexion : c’est un gabarit d’application web monopage, qui charge l’ensemble de ses fonctions en une seule requête initiale. Le programme ainsi chargé contient des références explicites au dépôt, au retrait et à l’ouverture de compte. C’est l’espace client, celui où les personnes ayant versé des fonds se connectaient pour consulter leurs positions supposées.
Un élément supplémentaire mérite d’être souligné. Nos vérifications ont porté sur le service de cotation de la plateforme, interrogé sur le chemin de calcul des derniers prix. Ce service répond lui aussi en code 200 et renvoie près de 68 kilo-octets de données de marché structurées, portant sur près de cinq cents instruments. Les horodatages de ce flux ne sont pas arrêtés à la dernière séance : ils s’échelonnent sur les journées précédentes et atteignent l’heure même de notre relevé, le 27 septembre 2026 à 5 h 12 UTC. Le service n’est donc pas un vestige laissé en l’état : il était alimenté et répondait à la seconde où nous l’avons interrogé, un dimanche matin de fermeture des marchés. Par ailleurs, la page renvoie à chaque visiteur sa propre adresse réseau dans un champ caché : c’est la signature d’un service qui dialogue activement avec le poste du visiteur, qui l’identifie et l’enregistre. Ce qui subsiste n’est pas un vestige figé ni une coquille vide. C’est la partie opérationnelle du dispositif, celle qui encaisse les versements et qui, le 27 septembre 2026, était encore en état de le faire.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate du barreau de Paris, explique dans l’entretien ci-dessous la responsabilité que peut voir engagée la banque qui a reçu les fonds des victimes d’escroquerie financière : elle détaille le devoir de vigilance des établissements bénéficiaires des virements, les conditions dans lesquelles leur condamnation solidaire peut être obtenue, et la jurisprudence dégagée notamment par une affaire jugée au tribunal de Clermont-Ferrand.
Une « prop firm primée depuis 2020 » absente des registres de sociétés
La capture de la vitrine conservée dans notre dossier, prise le 4 septembre 2026, documente avec précision les marqueurs de respectabilité mis en avant. La page d’accueil affichait la mention « depuis 2020 » et trois trophées d’un palmarès intitulé « EXCELLENCE AWARDS » : « Best Trading Education Program 2024 », « Most Trusted Prop Firm 2022 » et « Top Prop Forex Firm of the Year 2020-2026 ». Elle annonçait 1,4 milliard de dollars de transactions exécutées l’année précédente et une note de 4,9 sur cinq attribuée à deux mille membres, présentée comme vérifiée par un moteur de recherche. Des articles de blog affichaient une date du 25 février 2014, soit six ans avant la date de création que la marque revendiquait pour elle-même, et douze ans avant la création réelle des noms de domaine. Ces incohérences chronologiques étaient déjà relevées dans notre premier article.
Les conditions générales présentaient « Bridge Marks Limited » comme un prestataire de services sous licence. L’adresse opérationnelle y figurait à l’état d’exemple : « office 000, 8888, City, Country ». Aucun numéro d’immatriculation, aucun registre de commerce, aucun numéro de licence n’étaient indiqués. Nos vérifications du 27 septembre 2026 n’ont retrouvé, dans le registre des sociétés britannique, aucune entité portant cette marque. Le nom ne figure pas dans le fichier des mises en garde du régulateur français, qui compte à ce jour 3 460 entrées, ni sur la liste du régulateur chypriote. La plateforme indépendante ScamDoc avait attribué à la page dédiée à bridgemarks.cc un indice de confiance de 25 %, qualifié de faible, dès le 29 mai 2026, soit le lendemain de la création du nom. L’adresse de contact annoncée sur la vitrine, [email protected], pointe vers un nom suspendu depuis le 12 août 2026 : elle est muette depuis cette date. L’apparence de « prop firm » primée et établie de longue date était déjà démentie, à la date même de sa mise en service, par l’état civil des noms sur lesquels elle reposait.
Fonds versés sur cette plateforme : les pièces à rassembler sans attendre
Un versement effectué après un échange sur WhatsApp ou après avoir rempli le formulaire d’ouverture de compte laisse des traces exploitables, même lorsque la vitrine a disparu. Les relevés de carte bancaire, les confirmations de virement, les justificatifs de paiement en bitcoins, les écrans de l’espace client et les identifiants remis même s’ils ne fonctionnent plus constituent autant de pièces que les autorités et les avocats pourront utiliser. Il faut les rassembler sans attendre, avant que les accès ne soient coupés ou que les relevés ne soient archivés par la banque.
Deux points sont propres à ce dossier et méritent d’être soulignés. D’abord, tous les boutons de la vitrine menaient à l’adresse webtrader.bridgemarks.online : les pièces à constituer doivent donc viser cette adresse de service, et non le seul nom bridgemarks.cc qui est aujourd’hui suspendu. C’est sous webtrader.bridgemarks.online que les paiements ont été acheminés, que les comptes ont été ouverts, et que les fonds ont transité. Ensuite, l’adresse [email protected] est muette depuis le 12 août 2026 : il ne faut plus attendre de réponse de cette messagerie, et l’absence de réponse ne doit pas être interprétée comme un signal d’attente.
Une plainte pour escroquerie peut être déposée auprès du procureur de la République compétent ou par le portail de signalement. Pour les virements, le numéro du compte bénéficiaire doit être noté avec précision, car la banque qui a reçu les fonds peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance, comme l’illustre l’entretien avec Maître Anne Bernard-Dussaulx présenté ci-dessus : la jurisprudence récente montre que les établissements bénéficiaires de virements frauduleux peuvent être condamnés solidairement lorsqu’ils n’ont pas exercé les contrôles attendus. Pour les paiements par carte, contester les opérations auprès de sa banque dans les délais légaux, qui varient selon l’établissement et le type de carte, est une démarche à engager immédiatement. Pour les paiements en bitcoins, conserver l’adresse de réception et l’identifiant de transaction permettra à un analyste de chaîne de reconstituer les flux. Pour en savoir plus sur les poursuites pénales ouvertes aux victimes d’escroquerie, notre page dédiée détaille les options disponibles.
bridgemarks.cc : les questions qui reviennent après la suspension
Depuis la suspension du nom, des demandes nous parviennent de manière récurrente. Voici ce que nos relevés permettent d’établir.
La suspension d’un nom par son bureau d’enregistrement ne supprime pas l’inscription au registre. Le nom bridgemarks.cc reste enregistré jusqu’au 28 mai 2027 et ses données restent lisibles dans la base du registre. Ce que la suspension fait, c’est bloquer toute opération sur le dossier et retirer les serveurs de noms actifs, de sorte que le nom ne mène plus nulle part sur le réseau. L’inscription et la desserte sont deux choses distinctes : la première persiste, la seconde a cessé le 22 septembre 2026.
La plateforme de négociation était hébergée sur un sous-domaine d’un nom différent, webtrader.bridgemarks.online, dont le nom parent n’est pas suspendu. Tous les boutons de la vitrine renvoyaient vers cette adresse, et c’est elle qui recevait les versements et gérait les comptes. La suspension de bridgemarks.cc n’a donc aucun effet sur ce sous-domaine, qui répond encore au 27 septembre 2026 et continue de servir une page d’application complète avec un flux de cotations dont les horodatages atteignent l’heure même de notre relevé. Les paiements que vous avez effectués ont transité par ce sous-domaine et non par le nom de la vitrine.
Quelle que soit la méthode de paiement utilisée, la première étape est de rassembler toutes les pièces disponibles : relevés bancaires, confirmations de virement avec le numéro du compte bénéficiaire, justificatifs de transaction en bitcoins, captures de l’espace client et échanges écrits avec les opérateurs. Pour les paiements par carte, la contestation auprès de la banque émettrice doit être engagée dans les délais légaux. Pour les virements, la responsabilité de la banque bénéficiaire peut être invoquée si elle n’a pas exercé son devoir de vigilance. Une plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République ou par le portail de signalement compétent peut être déposée sur la base de ces pièces, indépendamment de la suspension du nom de la vitrine.
Ce qu’un nom suspendu laisse intact pour les personnes qui ont payé
La suspension de bridgemarks.cc le 22 septembre 2026 a mis fin à la vitrine publique de l’opération. Les traces qu’elle a laissées subsistent. Les pièces de paiement existent : relevés de carte, confirmations de virement, reçus de transaction en bitcoins. Les échanges écrits existent : messages sur WhatsApp, courriers électroniques, formulaires remplis. Les écrans de l’espace client existent, ou peuvent être retrouvés si l’accès n’a pas encore été coupé. Et l’adresse de service webtrader.bridgemarks.online, elle, répond encore au 27 septembre 2026 : elle est accessible, elle sert un espace client fonctionnel, et elle permet encore de documenter ce qui a été mis en place.
Il faut insister sur la distinction fondamentale que ce dossier illustre : la suspension d’un nom public et l’arrêt de l’exploitation sont deux événements différents, et le second n’est pas constaté au 27 septembre 2026. Le nom bridgemarks.cc est suspendu depuis le 22 septembre. La plateforme qui encaissait les fonds n’est pas arrêtée. Cette asymétrie est précisément ce qui rend la situation dangereuse pour les personnes qui n’auraient pas encore agi.
La vérification de l’autorisation réelle d’un intermédiaire financier auprès d’un régulateur européen, avant tout versement, est le seul contrôle qui protège. Un nom de domaine récent, une vitrine élaborée, des trophées et des chiffres impressionnants ne constituent pas une autorisation. Notre service d’évaluation préalable des plateformes de trading permet d’effectuer cette vérification avant d’engager des fonds.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 27/09/2026


