Sommaire
- Cloudflare bloque azaliumbit.com et le qualifie de « site suspecté d’être trompeur »
- Deux domaines toujours enregistrés, désormais inertes
- Ce qu’AzaliumBit promettait à ses victimes
- Une fabrique de sites : l’IP 194.5.98.55 et ses vingt voisins en .at
- Bitazalium.com et azaliumbit.com : une seule et même plateforme sous deux noms
- Démarches pour les personnes ayant investi sur AzaliumBit
Cloudflare bloque azaliumbit.com et le qualifie de « site suspecté d’être trompeur »
Le 11 août 2026, nos vérifications ont confirmé un fait rare dans l’écosystème des plateformes frauduleuses : Cloudflare, le réseau de diffusion de contenu qui assurait jusqu’ici la protection technique d’AzaliumBit, a retourné ses propres outils contre la plateforme. Quiconque tente d’accéder à azaliumbit.com se heurte désormais à un écran rouge portant la mention explicite « Suspected Misleading Website » — Cloudflare qualifie lui-même le site de trompeur et refuse de servir le moindre contenu. Ce n’est pas un simple timeout ni une panne d’hébergeur : c’est une décision active de l’infrastructure technique.
Le domaine principal bitazalium.com n’est pas épargné. Il renvoie lui aussi un code HTTP 403, accompagné du message « Attention Required! » propre aux blocages Cloudflare. Les deux adresses résolvent encore au niveau DNS — bitazalium.com pointe vers 194.5.98.55, azaliumbit.com vers 104.21.3.251, une IP appartenant au réseau Cloudflare — mais aucune page ne s’affiche. Le CDN a tranché : la plateforme AzaliumBit n’existe plus que comme coquille enregistrée, inaccessible et condamnée.
Ce type de blocage par Cloudflare est significatif. L’entreprise ne prend pas ce genre de décision à la légère : elle s’appuie sur des signalements accumulés, des analyses internes et, souvent, des alertes provenant de régulateurs ou d’organisations de lutte contre la fraude. Que le CDN lui-même ait estampillé azaliumbit.com de « site suspecté d’être trompeur » constitue une validation technique de ce que notre enquête initiale du 10 juin 2026 avait établi sur le fond.
Dernière mise à jour : 11/08/2026
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Deux domaines toujours enregistrés, désormais inertes
Malgré leur inaccessibilité totale, les deux domaines restent formellement actifs au registre. Nos investigations RDAP du 11 août 2026 révèlent les détails suivants.
Pour bitazalium.com : le domaine a été créé le 6 février 2026 auprès du registrar MainReg Inc., avec une expiration fixée au 6 février 2027. Son statut est « active » et ses serveurs de noms sont NS01.ROLVENTO.COM et NS02.ROLVENTO.COM. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Pour azaliumbit.com : enregistré le 15 août 2024 chez Sav.com, LLC, ce domaine est prévu pour expirer le 15 août 2027. Son statut est « client transfer prohibited » — ce qui empêche tout transfert vers un autre registrar. Détail troublant : le domaine a été modifié au registre le 7 août 2026, soit deux jours seulement après la détection de la disparition de la plateforme, survenue le 5 août 2026. Ses serveurs de noms sont MEERA.NS.CLOUDFLARE.COM et STAN.NS.CLOUDFLARE.COM, ce qui confirme que la plateforme utilisait Cloudflare comme bouclier technique jusqu’au bout.
La modification d’azaliumbit.com au registre quelques jours après la fermeture effective du site suggère une intervention humaine délibérée, probablement pour effacer des traces ou préparer une réutilisation du domaine. Les opérateurs n’ont pas simplement abandonné leurs outils : ils ont pris soin de les ranger.
Ce qu’AzaliumBit promettait à ses victimes
Notre enquête publiée le 10 juin 2026 avait documenté en détail le discours commercial d’AzaliumBit. La plateforme se présentait comme un conseiller en investissement spécialisé dans les cryptomonnaies, fort de « 7 ans d’expérience » et d’algorithmes présentés comme quantiques. Les chiffres avancés étaient conçus pour impressionner : un « profit moyen de 152 % » et une « efficacité algorithmique de 91 % ». Ces promesses de rendements extravagants, jamais étayées par aucun document réglementaire, constituaient le coeur du dispositif de séduction.
La plateforme figurait au registre IOSCO I-SCAN, le système international de surveillance des alertes émises par les régulateurs. Ni l’AMF, ni l’ABE, ni le CySEC ne reconnaissaient AzaliumBit dans leurs listes d’entités autorisées. L’évaluation ScamDoc de bitazalium.com documente également les signalements accumulés contre cette plateforme.
Pour asseoir une apparence de légitimité, le site affichait des témoignages de clients aux noms génériques — Alex Morgan, Jordan Lee, Taylor Smith — et ciblait explicitement le marché singapourien. Une clause de désassociation, formulée de manière inhabituelle, précisait que la plateforme « n’est pas affiliée, associée, autorisée, ni approuvée par Jonathan Eyal, Ho Ching ou Aria Tremblay » : une tentative transparente de se distancer de personnalités publiques dont les noms avaient peut-être été utilisés dans des campagnes de recrutement parallèles.
AzaliumBit n’est pas un cas isolé. Des plateformes construites sur le même modèle ont été documentées dans des enquêtes récentes, notamment Switchx23 et Luxenoraofficial, signalée internationalement, qui partagent des caractéristiques techniques et rhétoriques similaires.
Une fabrique de sites : l’IP 194.5.98.55 et ses vingt voisins en .at
L’analyse technique conduite lors de l’enquête initiale avait mis en lumière un élément structurel révélateur. L’adresse IP 194.5.98.55, sur laquelle bitazalium.com était hébergé, ne servait pas un seul site frauduleux mais une vingtaine de domaines aux noms construits sur le même patron : accutradergenius.at, arbitrox.at, beastfintrox.at, bitcoinbuyer.at, btcluminis.at, austriqunt.at, bexlorit.at, binterex.at, bitkros.at, bivoltisai.at, botaravex.at, brinveldor.at, carbonextgen.at, et d’autres encore. La concentration de domaines en .at — extension autrichienne — sur un seul serveur dessine le contour d’une infrastructure industrielle de production de sites frauduleux.
Le serveur tournait sous OpenResty, une distribution Nginx orientée performances, couramment utilisée pour gérer de nombreux domaines simultanément depuis une seule machine. Le certificat SSL de bitazalium.com était un certificat wildcard Let’s Encrypt (*.bitazalium.com), émis le 7 juin 2026 et valable jusqu’au 5 septembre 2026. Il n’a jamais été renouvelé : la plateforme a cessé d’exister avant même l’expiration de son propre certificat.
Nos outils techniques avaient également identifié des mécanismes de traçage sophistiqués intégrés aux pages du site : un script de fingerprinting (fp.js) et des champs cachés portant les paramètres camp et campfb, typiques des campagnes publicitaires ciblées sur les réseaux sociaux. Le formulaire d’inscription, identique sur l’ensemble des domaines de la même infrastructure, pointait vers l’endpoint /api/v1/sign-up — une architecture mutualisée qui confirme que ces sites n’étaient pas des créations indépendantes mais des déclinaisons d’un même kit frauduleux.
Bitazalium.com et azaliumbit.com : une seule et même plateforme sous deux noms
L’existence de deux domaines distincts pour une même entité n’est pas anodine. AzaliumBit opérait sous bitazalium.com et azaliumbit.com de manière complémentaire, les deux adresses renvoyant vers la même interface, les mêmes promesses et le même formulaire d’inscription. Cette duplication est une technique classique : si l’un des domaines est signalé ou bloqué, l’autre peut continuer à fonctionner et à attirer de nouvelles victimes.
Les dates d’enregistrement révèlent une chronologie intéressante. Azaliumbit.com existe depuis août 2024, soit près de dix-huit mois avant bitazalium.com, créé en février 2026. Ce dernier a vraisemblablement été ouvert pour relancer ou élargir l’opération, peut-être après que le premier domaine avait commencé à accumuler des signalements. Notre enquête d’avril 2026 avait d’ailleurs déjà documenté le premier volet de cette opération : Azaliumbit avis : arnaque au robot trading crypto à fuir.
Aujourd’hui, les deux domaines sont bloqués par Cloudflare, chacun avec un message différent mais également définitif. La plateforme AzaliumBit, sous quelque nom qu’elle se soit présentée, a cessé d’exister en tant que service accessible. Ce qui subsiste, ce sont les enregistrements de domaine — et les dossiers des victimes.
Démarches pour les personnes ayant investi sur AzaliumBit
Si vous avez effectué des dépôts en cryptomonnaies sur AzaliumBit, que ce soit via bitazalium.com ou azaliumbit.com, plusieurs actions s’imposent sans délai.
- Ne versez plus aucun fonds vers ces plateformes, ni vers aucun intermédiaire qui prétendrait vous aider à récupérer vos cryptomonnaies en échange d’un paiement préalable : ce type de sollicitation est une arnaque secondaire fréquente ciblant les victimes déjà lésées.
- Coupez tout contact avec les opérateurs d’AzaliumBit. Bloquez les numéros de téléphone, adresses e-mail et comptes sur les réseaux sociaux par lesquels ils vous ont approché, sans répondre à leurs relances éventuelles.
- Conservez l’intégralité des preuves liées à votre utilisation de la plateforme : captures d’écran des pages bitazalium.com et azaliumbit.com, historiques de transactions en cryptomonnaies, relevés de portefeuille, échanges par e-mail ou messagerie, et tout document remis lors de l’inscription.
- Signalez la plateforme auprès des autorités compétentes dans votre pays de résidence. En France, cela passe par Pharos (signalement en ligne de contenus illicites) et par l’AMF via son portail Épargne Info Service.
- Déposez une plainte pénale. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre pour constituer un dossier solide, notamment dans les affaires impliquant des dépôts en cryptomonnaies sur des plateformes non régulées.
- Contactez BrokerDefense pour la constitution de votre dossier. Nos équipes accompagnent les victimes d’AzaliumBit dans le recensement des preuves et l’orientation vers les recours adaptés à leur situation.
La fermeture technique d’AzaliumBit ne signifie pas la fin des recours. Les domaines bitazalium.com et azaliumbit.com restent enregistrés, les traces numériques existent, et les dépôts en cryptomonnaies laissent des empreintes sur la blockchain. Avant d’engager toute démarche, faites évaluer votre dossier par BrokerDefense : une analyse préalable permet d’identifier les leviers réellement disponibles selon le montant investi, le canal utilisé et la nature des preuves en votre possession.
Depuis le 11 août 2026, les deux domaines utilisés par la plateforme AzaliumBit renvoient une erreur 403. azaliumbit.com affiche la mention « Suspected Misleading Website », c’est-à-dire site suspecté d’être trompeur, directement décidée par Cloudflare. bitazalium.com affiche « Attention Required ». Le CDN a cessé de servir le contenu des deux adresses, qui résolvent pourtant encore au niveau DNS.
Ne versez plus aucun fonds et méfiez-vous des faux intermédiaires qui promettent de récupérer vos cryptomonnaies contre un paiement préalable. Bloquez les contacts des opérateurs, conservez vos captures d’écran, vos historiques de transactions et vos échanges. Signalez la plateforme à Pharos et à l’AMF si vous êtes en France, puis déposez plainte. BrokerDefense peut vous aider à constituer votre dossier.
Oui. AzaliumBit opérait sous les deux noms de domaine, qui renvoyaient vers la même interface et le même formulaire d’inscription. azaliumbit.com a été enregistré en août 2024, bitazalium.com en février 2026. Les deux adresses sont désormais bloquées par Cloudflare et ne servent plus aucun contenu.
Article réécrit le 11/08/2026


