Azaliumbit arnaque : Cloudflare classe la plateforme crypto en phishing présumé

Azaliumbit.com ne sert plus aucun contenu. Cloudflare, le réseau de diffusion qui protégeait la plateforme de trading crypto, a durci son blocage : le 13 août 2026, le domaine affiche la mention « Suspected Phishing » et le CDN refuse de délivrer la moindre page. Une escalade qui confirme, deux mois et demi après notre enquête du 29 avril 2026, la nature frauduleuse du « robot de trading à intelligence artificielle ».

Le durcissement du blocage Cloudflare : de « site trompeur » à « phishing présumé »

Deux jours après que notre enquête sur le réseau AzaliumBit a établi le lien entre azaliumbit.com et son domaine jumeau, documenté dans l’article Bitazalium (AzaliumBit) : les deux domaines de l’arnaque crypto, Cloudflare a franchi un cap supplémentaire. Le 11 août 2026, le CDN affichait « Suspected Misleading Website » sur azaliumbit.com. Le 13 août 2026, la qualification a changé : la page de blocage porte désormais la mention « Suspected Phishing ». En quarante-huit heures, le réseau de diffusion qui protégeait la plateforme l’a reclassée comme site de phishing présumé.

Cloudflare ne prend pas ce type de décision à la légère. Derrière cette escalade se trouvent des signalements accumulés, des analyses internes et, très probablement, des alertes transmises par des organisations spécialisées dans la lutte contre la fraude en ligne. Le CDN refuse désormais de servir le moindre contenu. Concrètement, toute tentative d’accès à azaliumbit.com retourne un HTTP 403 accompagné de la page d’erreur Cloudflare, identifiable à son style cf.errors.css et à son identifiant de requête cf-ray. Le domaine résout toujours, les adresses IP 172.67.131.100 et 104.21.3.251 répondent, mais le CDN bloque l’accès en amont. Cette décision valide, sur le fond, ce que BrokerDefense avait établi dès le 29 avril 2026.

Dernière mise à jour : 13/08/2026

Un domaine modifié au registre la veille de notre vérification

Les données d’enregistrement du domaine révèlent une intervention humaine délibérée. Azaliumbit.com a été créé le 15 août 2024 chez le registrar Sav.com, LLC. Son expiration est fixée au 15 août 2027. Or, le registre Verisign enregistre une modification datée du 12 août 2026, soit la veille exacte de notre vérification du 13 août.

Cette modification porte sur les serveurs de noms. Le 11 août, le domaine pointait vers MEERA.NS.CLOUDFLARE.COM et STAN.NS.CLOUDFLARE.COM. Le 13 août, les serveurs déclarés sont RAYNE.NS.CLOUDFLARE.COM et SEAN.NS.CLOUDFLARE.COM. Ce changement, effectué après la fermeture du site le 5 août 2026, suggère que quelqu’un a encore la main sur le domaine et agit. Par ailleurs, le statut « client transfer prohibited » verrouille tout transfert vers un autre registrar. Le DNSSEC n’est pas signé. Ces éléments combinés dessinent un domaine maintenu actif, probablement en vue d’une réutilisation ou d’un effacement de traces. La fiche WHOIS complète sur DomainTools permet de suivre l’historique de ces modifications.

Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris dont vous pouvez consulter le profil sur la page Me Goce Novakov, a obtenu devant le Tribunal Judiciaire de Créteil la condamnation d’une banque pour manquement à son devoir de vigilance dans une affaire d’escroquerie aux faux investissements. Les victimes ont été intégralement indemnisées. Cette décision illustre concrètement les recours disponibles lorsque des virements bancaires ont alimenté une arnaque.

Le robot de trading « IA » : 67 % de rendements, 10 300 investisseurs et une fausse urgence

Lors de notre enquête initiale du 29 avril 2026, azaliumbit.com se présentait comme un « bot IA de confiance utilisé par plus de 10 300 investisseurs ». La promesse centrale : des rendements constants supérieurs à 67 %. Aucune plateforme régulée ne peut garantir de tels chiffres. Aucune.

Pour accélérer les inscriptions, le site affichait une bannière d’urgence : « Warning: Due to extremely high media demand, we will close registration as of 29/04/2026 ». Cette date correspondait exactement au jour de notre vérification. Ce type de fausse urgence est un classique des arnaques en ligne : il court-circuite le jugement critique et pousse à agir sans réfléchir. Parmi les témoignages mis en avant, celui d’un certain « Joey », livreur à Cebu City, qui aurait transformé 14 000 pesos philippins en 1 200 000 pesos en une semaine, soit un gain de 8 500 % en sept jours. Aucune vérification n’est possible sur ce profil, et pour cause : il est fabriqué.

Une vitrine sans identité : drapeaux, employés prétendus et clause de risque contradictoire

Les mentions légales d’azaliumbit.com se résumaient à une seule ligne : « azaliumbit.com » comme opérateur. Aucune raison sociale, aucune adresse physique, aucun numéro d’enregistrement. Le site affichait pourtant des drapeaux de Hong Kong, des Seychelles, du Royaume-Uni et de la Suisse, suggérant une présence internationale. Aucune adresse précise n’accompagnait ces visuels. De même, la mention « 5,5k+ team members » prétendait à plus de 5 500 employés pour une plateforme inconnue de tous les régulateurs.

Ni l’AMF, ni la FCA, ni la CySEC ne figuraient dans les mentions réglementaires. En revanche, le site comportait un disclaimer contradictoire avertissant que « trading cryptocurrencies involves significant risks » et que les utilisateurs pouvaient « lose all of their invested capital ». Cette clause, noyée dans les conditions générales, contredisait frontalement les promesses de 67 % affichées en page d’accueil. Par ailleurs, le site était décliné en plus de vingt langues, dont le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le néerlandais, le japonais, le chinois, le suédois, le norvégien et le slovène : vingt-quatre déclinaisons linguistiques archivées dans notre dossier de preuves, signe d’un ciblage massif et organisé. L’évaluation ScamDoc de azaliumbit.com documente également les signalements reçus sur cette plateforme.

L’armature technique d’un collecteur de données

Derrière la façade du robot de trading, l’infrastructure technique révèle une autre réalité. Le site tournait sous WordPress, avec un endpoint wp-admin visible. Les pages /register, /api et /dashboard retournaient des erreurs 404 : le back-office était soit incomplet, soit factice. Cela signifie qu’aucune exécution réelle d’ordres de trading n’était techniquement possible depuis ces interfaces.

Le formulaire d’inscription collectait prénom, nom, adresse email, numéro de téléphone et mot de passe. Deux champs cachés, XaBTC1 et rTAXeVzzr1, transmettaient des données supplémentaires à l’insu de l’utilisateur. Quatre scripts de suivi étaient actifs simultanément : Google Analytics, Microsoft Clarity, Visual Website Optimizer et Convert Experiments. Ces outils permettaient d’analyser le comportement des visiteurs et d’optimiser les taux de conversion, autrement dit de maximiser le nombre de personnes qui finissaient par déposer des fonds. Dès lors, la plateforme fonctionnait moins comme un outil de trading que comme un collecteur de données personnelles et financières. Le lien avec bitazalium.com, créé le 6 février 2026 chez MainReg Inc. et partageant l’IP 194.5.98.55 avec une vingtaine de domaines en .at, confirme l’existence d’une fabrique de sites frauduleux organisée, telle que documentée dans notre enquête sur le réseau AzaliumBit. D’autres plateformes construites sur le même modèle, comme Switchx23 ou Luxenoraofficial, ont suivi un parcours similaire avant d’être bloquées.

Pourquoi Cloudflare bloque-t-il azaliumbit.com ?

Depuis le 13 août 2026, toute tentative d’accès à azaliumbit.com renvoie un code HTTP 403 avec la page « Suspected Phishing | Cloudflare ». Le CDN, qui assurait jusque-là la protection technique de la plateforme, la qualifie désormais de site de phishing présumé et refuse de servir le moindre contenu. Le domaine résout toujours au niveau DNS, mais plus aucune page ne s’affiche : le blocage est une décision active de Cloudflare, pas une panne technique.

J’ai déposé des fonds sur AzaliumBit, que faire ?

Ne versez plus aucun fonds, ni vers azaliumbit.com, ni vers bitazalium.com, ni vers un intermédiaire qui prétendrait récupérer vos cryptomonnaies contre un paiement préalable. Conservez toutes les preuves : captures d’écran, historiques de transactions en cryptomonnaies, emails et échanges. Signalez la plateforme à Pharos et à l’AMF si vous êtes en France, puis déposez plainte auprès du procureur de la République. BrokerDefense peut établir un rapport de recherches complet pour appuyer votre dossier.

Azaliumbit.com et bitazalium.com sont-ils la même arnaque ?

Oui. AzaliumBit opérait sous les deux noms de domaine, qui renvoyaient vers la même interface et le même formulaire d’inscription. azaliumbit.com a été enregistré en août 2024, bitazalium.com en février 2026. Les deux domaines sont désormais bloqués par Cloudflare et ne servent plus aucun contenu, comme documenté dans notre article consacré au réseau Bitazalium (AzaliumBit).

Les démarches pour les victimes d’azaliumbit.com

Des personnes ont déposé des fonds sur azaliumbit.com, notamment en cryptomonnaies, sur la foi des promesses du robot de trading. La plateforme n’avait aucune identité juridique vérifiable et aucune régulation. Deux domaines ont servi à collecter ces dépôts : azaliumbit.com et bitazalium.com. Toute démarche de récupération doit tenir compte de cette dualité.

La première précaution concerne les faux intermédiaires de récupération. Depuis la fermeture du site, des individus se présentent parfois comme des spécialistes capables de récupérer les fonds perdus, moyennant paiement préalable. Il s’agit d’une arnaque secondaire. Aucun paiement ne doit être effectué à ce type d’intermédiaire. En revanche, un dépôt de plainte auprès du procureur de la République compétent constitue la voie légale appropriée. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre, les pièces à réunir et les juridictions à saisir.

Si des virements bancaires ont transité vers cette plateforme, la responsabilité de l’établissement bancaire peut être engagée pour manquement à son devoir de vigilance, comme l’illustre la décision obtenue par Me Goce Novakov au Tribunal Judiciaire de Créteil. Cette piste mérite d’être explorée avec un avocat spécialisé.

BrokerDefense peut établir un rapport de recherches complet sur azaliumbit.com et le réseau bitazalium.com, destiné à accompagner un dépôt de plainte. Ce document rassemble les données d’enregistrement, les captures d’écran archivées, les éléments techniques et la chronologie des événements, du lancement du site en août 2024 jusqu’au blocage Cloudflare du 13 août 2026.

Azaliumbit.com a cessé de servir tout contenu depuis le 5 août 2026. Cloudflare, le CDN qui assurait sa diffusion, le qualifie désormais de site de phishing présumé. Des victimes ont confié des fonds à une plateforme sans identité légale, sans régulation et sans back-office fonctionnel. La modification du registre le 12 août 2026 indique que les opérateurs restent actifs. Toute personne ayant effectué des dépôts sur azaliumbit.com ou bitazalium.com a intérêt à documenter sa situation sans attendre. BrokerDefense peut réaliser une évaluation préalable de votre dossier et produire le rapport de recherches nécessaire à vos démarches.

Article réécrit le 13/08/2026

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