Virpoint arnaque : la vitrine fermée, le portail reste actif

Le site virpoint.com ne répond plus depuis le 23 août 2026 : la vitrine du courtier dénoncé par BrokerDefense au début de l’été ne sert plus qu’une page d’erreur. Derrière cette disparition apparente se cache pourtant une réalité plus préoccupante : le portail de trading, accessible à l’adresse trade.virpoint.com, continue de fonctionner normalement et d’afficher les comptes des personnes inscrites. Le domaine reste quant à lui enregistré et payé jusqu’en 2031.

BrokerDefense avait publié le 2 juin 2026 une première enquête documentant les nombreux signaux d’alerte de cette plateforme CFD multiactifs : ancienneté revendiquée falsifiée, identité légale introuvable, dirigeants affichés sous forme de codes illisibles, numéros de téléphone VoIP sans bureau physique vérifiable. La mise à jour du 23 août 2026 confirme que la fermeture de la page d’accueil ne signifie pas la fermeture de l’arnaque.

Pour toute personne ayant déposé des fonds sur cette plateforme, la situation appelle une réaction rapide : le portail de trading reste accessible, ce qui signifie que les opérateurs continuent d’interagir avec leurs cibles. Les démarches à engager sont détaillées dans le verdict en fin d’article.

Virpoint.com ne répond plus : la vitrine s’est éteinte en août 2026

Le 23 août 2026, une tentative d’accès à virpoint.com aboutit à une erreur 404 servie par l’infrastructure Framer, l’outil de création de sites sur lequel la vitrine avait été construite. La même erreur est retournée que l’on accède au site via www.virpoint.com ou via le protocole HTTP non sécurisé : aucune des variantes de l’adresse ne répond. Le contenu publicitaire présenté jusqu’alors, les promesses de trading de précision, de sécurité de niveau bancaire et d’opérations transparentes, a tout simplement disparu.

Pourtant, le domaine virpoint.com n’a pas été abandonné. Il est toujours enregistré chez NameCheap, Inc., avec une expiration fixée au 10 mars 2031, soit six ans encore de validité. Les serveurs DNS pointent vers l’infrastructure Cloudflare (magdalena.ns.cloudflare.com et ram.ns.cloudflare.com) et le statut clientTransferProhibited empêche tout transfert non autorisé du domaine vers un autre registrar. Quelqu’un continue donc de payer et de gérer activement ce nom de domaine.

Un détail technique renforce ce constat : un certificat SSL Let’s Encrypt a été émis pour virpoint.com le 19 août 2026, soit quatre jours seulement avant que la page d’erreur ne soit constatée. On ne renouvelle pas un certificat SSL pour un domaine que l’on abandonne. Ce renouvellement suggère une action délibérée : retirer la vitrine tout en maintenant une infrastructure active en coulisses.

L’analyse de virpoint.com est disponible sur ScamDoc. Vous pouvez consulter la fiche ScamDoc de virpoint.com pour accéder au détail des critères d’évaluation.

Dernière mise à jour : 23/08/2026

📄 Nouveau

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de ce site frauduleux, réalisée avant sa fermeture. Retrouvez son apparence originale même après sa disparition : utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

trade.virpoint.com : la plateforme de trading tourne toujours

Alors que la vitrine publicitaire principale a disparu, le sous-domaine trade.virpoint.com renvoyait une réponse HTTP 200 le 23 août 2026 : la plateforme de trading est pleinement opérationnelle. Le serveur est nginx, et l’application repose sur le framework Nuxt.js, une technologie JavaScript moderne permettant de créer des interfaces de trading réactives. La bibliothèque socket.io est intégrée, ce qui permet des échanges de données en temps réel entre le navigateur de l’utilisateur et les serveurs de la plateforme, une caractéristique typique des interfaces de trading affichant des cours prétendument en direct.

Le titre de la page reste « VirPoint – The Power of Precision Trading ». La favicon du site a été modifiée le 14 août 2026, preuve que des interventions techniques ont eu lieu sur cette interface quelques jours seulement avant la fermeture de la vitrine principale. Le certificat SSL de trade.virpoint.com a été émis par Let’s Encrypt le 31 juillet 2026 et reste valable jusqu’au 29 octobre 2026 : la plateforme dispose d’une connexion sécurisée active pour encore plusieurs mois.

Ce schéma de disparition partielle constitue en lui-même un signal d’alerte majeur. Une plateforme de courtage légitime qui met fin à ses activités informe ses clients, leur restitue leurs fonds et coupe l’accès aux comptes. Elle ne se contente pas de retirer sa page d’accueil tout en laissant le portail client fonctionner. Maintenir le portail de trading en ligne alors que la vitrine a été effacée permet au contraire de continuer à interagir avec les victimes déjà enrôlées, de leur opposer des conditions de retrait impossibles à remplir et, in fine, de prolonger l’extraction de fonds.

Un domaine créé en mars 2025, une ancienneté revendiquée depuis 2020

Le domaine virpoint.com a été enregistré le 10 mars 2025 auprès du registrar NameCheap, Inc. Les serveurs DNS sont ceux de Cloudflare (magdalena.ns.cloudflare.com et ram.ns.cloudflare.com), une configuration courante pour masquer l’adresse IP réelle du serveur d’hébergement et compliquer les investigations techniques. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

L’historique technique du domaine est révélateur. En mai 2025, virpoint.com affichait encore une page de parking Sedo avec des publicités, signe qu’aucun projet réel n’était en place deux mois après l’enregistrement. Ce n’est qu’à partir d’août 2025 que le site Framer présentant la plateforme de courtage est apparu. La durée de construction effective de la vitrine se compte donc en semaines, et non en années.

Or la page « À propos » du site affirmait que VirPoint existait « since 2020 », soit cinq ans avant la date réelle de création du domaine. Il n’existe aucune trace d’un site VirPoint antérieur à mars 2025, aucune archive cohérente, aucun document correspondant à cette période revendiquée. Cette fabrication d’ancienneté est une technique classique dans les arnaques aux faux courtiers : elle vise à rassurer les prospects en leur faisant croire qu’ils ont affaire à un acteur établi et éprouvé, alors que le site n’a que quelques mois d’existence.

Une société offshore introuvable et des dirigeants en codes

Le pied de page du site virpoint.com mentionnait une société prétendument enregistrée aux Îles Marshall. Cette juridiction insulaire du Pacifique ne dispose d’aucun régulateur financier reconnu au niveau international et est régulièrement utilisée par des opérateurs frauduleux pour créer une apparence de légitimité juridique sans aucune contrainte réglementaire effective. Aucune société portant le nom VirPoint ne figure au registre national des entreprises français, et une vérification auprès du registre britannique Companies House n’a révélé aucune entité correspondante.

La section « leadership » de la page « À propos » présentait, à la place des noms des dirigeants, des suites de lettres capitales sans signification apparente : VPSEZUC, VLVVNJF et d’autres codes du même type. Il ne s’agit pas d’un problème d’affichage passager : ces codes figuraient dans le code source de la page et correspondaient vraisemblablement à des champs de données non renseignés ou délibérément vidés pour éviter toute identification des personnes physiques responsables de la plateforme.

Le site affichait par ailleurs un badge « GDPR Compliant » en pied de page. Ce badge ne repose sur aucune certification officielle : n’importe qui peut afficher une telle mention sans satisfaire à la moindre exigence du règlement européen sur la protection des données. Aucun agrément délivré par l’AMF (Autorité des marchés financiers), la FCA (Financial Conduct Authority britannique) ou CySEC (régulateur chypriote) n’a jamais été trouvé pour cette entité. Une plateforme CFD proposant des actions, du forex, des matières premières et des actifs numériques à des résidents européens est pourtant tenue de disposer d’un tel agrément pour opérer légalement.

Des numéros de complaisance et des badges de confiance sans source

La page de contact du site affichait quatre numéros de téléphone couvrant plusieurs pays : un numéro néerlandais (+31 858 887 447) de type VoIP, un numéro danois (+45 924 520 74) opéré par Compatel, un numéro australien (+61 489 940 725) attribué à Pivotel Satellite (téléphonie mobile satellitaire), et un numéro britannique (+44 203 868 6876) de type ligne fixe. Aucun de ces numéros ne peut être associé à un bureau physique vérifiable. La présence d’un numéro satellitaire australien aux côtés d’un numéro VoIP néerlandais dans la liste de contact d’un prétendu courtier enregistré aux Îles Marshall traduit l’absence totale d’implantation géographique réelle.

Le site mettait en avant un badge « As featured on Reuters » sans fournir le moindre lien vers un article, une dépêche ou une mention vérifiable dans les archives de l’agence de presse. Une note « Excellent » assortie d’étoiles était également affichée, sans qu’aucune source, aucune plateforme d’avis et aucun organisme indépendant ne soit cité. La plateforme proposait par ailleurs des fonds d’investissement (Growth Funds, Income Funds, Balanced Funds) accompagnés de documents présentés comme des KIID (documents d’informations clés pour l’investisseur), mais sans qu’aucun émetteur identifiable et régulé ne soit mentionné dans ces documents.

Ce mode de disparition partielle rappelle Rodaxo.ai, plateforme de trading dont le domaine a fini par être gelé en août 2026, et Finnsmotion, dont le site de trading a cessé de répondre le même mois. Dans les deux cas, comme ici, la disparition progressive de la présence publique d’une plateforme frauduleuse ne s’accompagne pas nécessairement de la restitution des fonds aux victimes.

Verdict : fermer une vitrine ne ferme pas une arnaque

La fermeture de virpoint.com ne met pas fin à l’arnaque. Le portail trade.virpoint.com reste actif, et des fonds ont pu être déposés en ligne via cet espace client par des personnes recrutées notamment par téléphone, au moyen des numéros VoIP et du numéro satellitaire affichés sur le site. Les opérateurs à l’origine de cette plateforme continuent potentiellement d’avoir accès aux comptes de leurs cibles et de pouvoir leur adresser des demandes de dépôts supplémentaires.

Si vous avez déposé des fonds sur VirPoint, voici les démarches à engager sans attendre. Premièrement, ne procédez à aucun nouveau virement vers ce portail, quelle que soit la justification avancée par les opérateurs (frais de déblocage, impôts, bonus à valider). Deuxièmement, conservez l’intégralité des preuves à votre disposition : captures d’écran du portail trade.virpoint.com affichant votre solde, relevés bancaires retraçant les virements effectués, historique de tous les échanges par téléphone, messagerie ou e-mail avec les opérateurs de la plateforme.

Troisièmement, signalez les faits à l’AMF via son portail de signalement Épargne Info Service. Quatrièmement, déposez plainte auprès des services de police ou de gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République compétent. Cinquièmement, contactez votre banque ou votre établissement de paiement pour explorer les possibilités d’opposition sur les virements récents ou de procédure de chargeback si un paiement par carte bancaire a été effectué. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes.

Pour comprendre les recours ouverts aux victimes d’arnaques aux cryptomonnaies et de faux investissements, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, répond aux questions des victimes dans la vidéo ci-dessous.

FAQ

Le portail trade.virpoint.com fonctionne-t-il encore ?

Oui : au 23 août 2026, le sous-domaine trade.virpoint.com renvoie une réponse HTTP 200 et la plateforme de trading reste accessible aux personnes déjà inscrites. L’application Nuxt.js est opérationnelle, la connexion est sécurisée par un certificat SSL valable jusqu’au 29 octobre 2026, et les échanges de données en temps réel via socket.io fonctionnent. La vitrine publicitaire principale a disparu, mais le portail client, lui, tourne toujours.

Virpoint existait-il vraiment depuis 2020 comme le site l’affirmait ?

Non. Le domaine virpoint.com a été enregistré le 10 mars 2025, et en mai 2025 il affichait encore une simple page de parking publicitaire Sedo. Le site Framer présentant la plateforme de courtage n’a été mis en ligne qu’à partir d’août 2025. La mention « since 2020 » figurant sur la page « À propos » est contredite par les données d’enregistrement du domaine et par l’absence de toute archive antérieure à 2025.

Que faire si j’ai déjà déposé des fonds sur VirPoint ?

N’effectuez aucun nouveau virement vers le portail trade.virpoint.com, quelle que soit la raison invoquée par les opérateurs. Rassemblez immédiatement toutes les preuves disponibles : captures d’écran de votre espace client, relevés bancaires, échanges écrits et enregistrements téléphoniques. Signalez les faits à l’AMF, déposez plainte auprès des autorités compétentes et contactez votre banque pour explorer les voies de remboursement disponibles, notamment le chargeback en cas de paiement par carte.

La situation de virpoint.com illustre un mécanisme bien rodé : une plateforme en ligne attire des investisseurs via une vitrine soignée, collecte des fonds sur un portail de trading distinct, puis efface sa présence publique tout en laissant le portail actif pour continuer d’interagir avec les personnes déjà enrôlées. Les opérateurs de virpoint.com contactaient leurs cibles par téléphone, depuis des numéros VoIP ou satellitaires sans localisation physique identifiable, et les fonds ont transité par l’espace client accessible à l’adresse trade.virpoint.com, qui reste en ligne à ce jour. Avant de confier le moindre capital à une plateforme de trading en ligne, BrokerDefense vous propose une évaluation préalable gratuite : vérifier l’existence réelle d’un agrément, l’ancienneté réelle d’un domaine et la traçabilité des personnes qui se présentent comme dirigeants permet d’éviter de se retrouver dans la situation de ceux qui cherchent aujourd’hui à récupérer leurs fonds déposés sur VirPoint.

Article réécrit le 23/08/2026

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