Espacedblc.com arnaque : un faux espace client signalé par l’AMF

Le nom espacedblc.com figure sur les listes de l’Autorité des marchés financiers sous le libellé « Usurpation », une inscription datée du 12 décembre 2025 que nos vérifications du 12 septembre 2026 ont confirmée en direct. Ce domaine se présentait comme l’espace client de la fintech britannique Deblock pour recueillir des identifiants et des mots de passe. La page de connexion qui servait à cette collecte ne délivre plus aucun contenu, alors que le nom reste enregistré jusqu’en mars 2027.

Espacedblc.com signalé pour usurpation : ce que l’AMF a retenu, ce que le site est devenu

Lorsque l’AMF inscrit un nom sur sa liste noire, elle en précise le libellé. Pour espacedblc.com, ce libellé est « Usurpation », et la date portée sur la fiche est le 12 décembre 2025. À cette époque, le faux espace client avait déjà été documenté en activité : nos relevés d’archivage couvrent la période du 10 mars au 11 juillet 2025, et le certificat relevé lors de notre enquête d’avril 2026 avait été émis le 6 mars 2026.

Cette inscription, toujours consultable, n’apparaissait pas dans notre enquête d’avril 2026. La mise à jour du 12 septembre 2026 intègre ce classement. Un sort comparable a été documenté pour un autre nom signalé par l’AMF avant de disparaître.

L’inscription figure sur la fiche que l’AMF consacre à ce nom, avec le libellé « Usurpation » et la date du 12 décembre 2025.

Le domaine est en outre référencé par un service de signalement : la fiche ScamDoc d’Espacedblc.com lui attribue un indice de confiance très faible, fixé à 1 %.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Dernière mise à jour : 12/09/2026

Le serveur accepte la connexion mais ne délivre rien : état du nom en septembre 2026

Le relevé du 12 septembre 2026 est sans ambiguïté : la racine https://espacedblc.com/ répond avec un code 200, mais le corps de la réponse est vide, zéro octet livré. Les chemins qui portaient la mécanique du faux espace client, notamment /login et /login.php, renvoient une erreur 404 accompagnée de la page « Not Found » standard d’Apache. Il en va de même pour /robots.txt, /sitemap.xml et /index.php.

Le certificat présenté par le serveur a changé de nature : auto-signé, portant un nom générique de serveur, et expiré au moment de notre vérification, il ne permet aucune validation de l’identité du site. En avril 2026, le certificat Let’s Encrypt encore actif donnait une apparence de légitimité à la page de connexion. Cette substitution confirme que la vitrine n’est plus entretenue à des fins de collecte.

Le cas de accsmanager.com, domaine muet exploité par de faux conseillers, présente la même dissociation entre l’apparence d’un service et l’absence de tout interlocuteur.

Deblock : la marque imitée et une échéance d’enregistrement qui court jusqu’en 2027

Deblock est une fintech britannique dont l’interface et la terminologie ont été reprises pour habiller le faux espace client. Le nom espacedblc.com est une contraction lisible de « espace » et de « dblc », abréviation courante de la marque. Cette construction visait à tromper des utilisateurs cherchant à accéder à leur compte sur le service légitime.

Les registres britanniques des sociétés ne font apparaître aucune entité portant ce nom, et l’autorité chypriote ne le mentionne pas davantage. Le titulaire du domaine a en outre fait appel à un service de confidentialité : son identité n’apparaît pas dans la fiche d’enregistrement publique.

Le nom a été créé le 10 mars 2025, avec une échéance fixée au 10 mars 2027. La dernière modification de la fiche d’enregistrement date du 13 mars 2026. Le bureau d’enregistrement est PDR Ltd. (PublicDomainRegistry.com), et le statut du nom est verrouillé au transfert (clientTransferProhibited). Les serveurs de noms appartiennent à la famille OrderBox.

Chez QuadraNet, sous Apache : la mécanique d’une page de connexion factice

L’infrastructure relevée pointe vers une adresse IP, 104.238.57.132, hébergée chez QuadraNet aux États-Unis. Le serveur est Apache, sans protection de type Cloudflare interposée entre le visiteur et la machine. Cette configuration, courante dans les vitrines de collecte d’identifiants, facilite les relevés techniques tout en offrant suffisamment de ressources pour servir des pages légères.

La page de connexion reconstituée à partir de nos captures affichait le titre « ESPACE CLIENT », deux champs nommés « Identifiant » et « Votre mot de passe », une case « Rester connecté » et un bouton « Se connecter ». Le formulaire était traité en POST, sans attribut « action » défini. Les ressources chargées comprenaient jQuery 1.11.1 (version de 2014), Bootstrap 3, un greffon de validation de formulaire, une police web servie par Google Fonts et des ressources JavaScript via jsDelivr et BootstrapCDN. Le logo chargé depuis /uploads/logo/logo_dark_1.png imitait visuellement l’identité de Deblock.

Une page d’erreur 404 distincte, servie depuis index.html, contenait plusieurs fautes caractéristiques : « Sorry but we couldnt find this page », « This page you are looking for does not exsist », « Return back ». Ces approximations trahissent une construction rapide, peu soucieuse de la cohérence orthographique.

Les journaux publics de certificats recensent une vingtaine de certificats émis pour ce nom, avec plusieurs autorités de certification qui se sont succédé. Trente-quatre relevés d’archivage ont été enregistrés entre le 10 mars 2025 et le 11 juillet 2025, ce qui borne la fenêtre d’activité documentée de la vitrine. Nos relevés de navigation recensent cinq analyses du domaine, la dernière datant du 21 décembre 2025.

Espacedblc.com : ce qu’il faut rassembler quand des identifiants ont été saisis

Si des identifiants ou un mot de passe ont été saisis sur espacedblc.com, la priorité immédiate est de changer ce mot de passe sur le service imité, c’est-à-dire Deblock, et sur tout autre compte où le même couple identifiant-mot de passe était utilisé. L’activation de la double authentification, là où elle est disponible, limite l’exposition en cas de réutilisation des données collectées.

La conservation des preuves conditionne la suite. Il s’agit de réunir les captures d’écran des pages consultées sur le faux espace client, les courriels ou messages qui ont conduit à espacedblc.com, les relevés de connexion disponibles auprès du service légitime Deblock, et tout échange ultérieur avec des tiers qui auraient pu se manifester après la saisie des identifiants. La page de collecte n’existant plus, ces éléments constituent souvent les seules traces exploitables.

Les étapes d’un dépôt de plainte sont exposées par BrokerDefense, avec la liste des pièces à réunir et des interlocuteurs compétents.

L’entretien filmé reproduit ci-après s’ouvre sur un jugement d’escroquerie rendu au tribunal judiciaire de Créteil. Maître Goce Novakov en déroule les étapes. Maître Goce Novakov, dont le cabinet siège au barreau de Paris, compte aussi parmi les partenaires de BrokerDefense. Il y précise ce qu’une victime peut attendre d’une procédure lorsque l’exploitant de la vitrine mise en cause n’a jamais été nommé.

Espacedblc.com : trois réponses aux personnes qui y ont laissé leurs identifiants

Le site espacedblc.com est-il encore accessible aujourd’hui ?

Non. La racine du domaine accepte la connexion mais ne renvoie aucune page, et les adresses qui portaient le formulaire de connexion répondent désormais par une erreur 404. Le nom reste enregistré jusqu’en mars 2027, mais plus aucun contenu de la vitrine n’est servi.

Un régulateur a-t-il signalé le nom espacedblc.com ?

Oui. Le nom apparaît sur la liste noire publiée par l’AMF sous le libellé « Usurpation », avec une inscription datée du 12 décembre 2025.

Que faire si j’ai saisi mes identifiants sur espacedblc.com ?

Changez sans attendre le mot de passe du service imité et de tout autre compte où le même couple identifiant-mot de passe était utilisé, activez la double authentification, surveillez vos comptes et conservez toutes les traces des échanges. Une évaluation préalable par BrokerDefense permet d’identifier les éléments encore exploitables.

Un nom entretenu au plan technique, des voies de droit encore ouvertes

Espacedblc.com est payé et enregistré jusqu’au 10 mars 2027. Le verrouillage au transfert (clientTransferProhibited) est actif, et la fiche d’enregistrement a fait l’objet d’une modification en mars 2026, soit plusieurs mois après la fermeture apparente de la vitrine. Ces éléments indiquent que le nom n’a pas été abandonné : il est maintenu, même si le faux espace client Deblock n’y est plus servi.

Cette situation n’éteint pas les recours. Le dépôt d’une plainte pénale pour escroquerie ou usurpation d’identité reste ouvert dès lors que des identifiants ont été saisis sur la page de collecte, même si cette page a depuis disparu. Les captures d’écran réalisées lors de notre enquête d’avril 2026, les relevés d’archivage documentant l’activité de la vitrine entre mars et juillet 2025, et l’inscription de l’AMF datée du 12 décembre 2025 constituent des éléments susceptibles d’être versés à un dossier. L’anonymat du titulaire, garanti par un service de confidentialité, complique l’identification de l’exploitant, mais ne rend pas la procédure impossible, comme l’illustre l’entretien reproduit dans la section précédente.

Le régulateur a inscrit ce nom pour usurpation. La vitrine a cessé de fonctionner. Le domaine, lui, court encore. Ces trois faits, pris ensemble, décrivent une situation dans laquelle la vigilance des personnes concernées reste la première ligne de protection.

Article réécrit le 12/09/2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser