ChaseFirst a été inscrit sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers le 24 octobre 2025, dans la catégorie « Crypto-actifs ». Ce signalement officiel confirme ce que nos recherches avaient déjà établi : la plateforme opérait sans aucune autorisation légale pour proposer des services d’investissement en France. Depuis août 2026, le site vitrine www.chasefirst.com ne répond plus. Trois tentatives de connexion consécutives le 15 août 2026 ont toutes retourné une erreur HTTP 525, signe que le serveur d’origine a cessé de communiquer avec Cloudflare. Le domaine résout encore vers les serveurs du CDN, mais aucun contenu n’est servi. Par ailleurs, le portail client de la même opération, my.chasefirst.com, avait déjà fait l’objet d’une documentation complète sur BrokerDefense en novembre 2025.
Sommaire
- Un site vitrine muet depuis l’été 2026
- Un domaine vieux de 25 ans recyclé comme façade frauduleuse
- PSG, LVMH, Bloomberg : une vitrine bâtie sur des mensonges
- Une infrastructure technique soigneusement construite pour paraître légitime
- De l’alerte AMF à la fermeture : une chronologie qui parle d’elle-même
- Ce que les victimes de ChaseFirst doivent savoir maintenant
- ChaseFirst : les questions que se posent les victimes
Un site vitrine muet depuis l’été 2026
L’erreur 525 n’est pas une simple panne technique passagère. Elle signifie que Cloudflare, qui servait de bouclier et de relais pour chasefirst.com, ne parvient plus à établir la moindre connexion sécurisée avec le serveur d’origine. En clair, la machine qui hébergeait le site a été éteinte ou déconnectée. Aucune page d’erreur personnalisée, aucun message de maintenance : le site a disparu sans préavis. C’est un schéma classique dans les arnaques financières en ligne. Une fois les fonds collectés et les victimes suffisamment nombreuses, l’infrastructure est abandonnée.
Notre premier article sur ChaseFirst datait du 13 août 2025. La plateforme avait alors été analysée sous l’angle de sa vitrine commerciale. Moins de trois mois plus tard, l’AMF publiait son alerte. Moins d’un an après, le site fermait. Cette chronologie rapide illustre la durée de vie typique de ce type d’opération frauduleuse, comparable à celle d’Alphaairobot.com ou d’ECXTRADE, deux autres plateformes blacklistées par l’AMF que nous avons documentées.
Un domaine vieux de 25 ans recyclé comme façade frauduleuse
Le domaine chasefirst.com a été enregistré le 5 juillet 2001. Il avait donc 24 ans lorsque la plateforme ChaseFirst y a installé sa vitrine. Cette ancienneté n’est pas anodine : un nom de domaine créé en 2001 inspire davantage confiance qu’un domaine fraîchement acheté. Les opérateurs de la fraude l’ont probablement acquis précisément pour cette raison. Le dossier d’enregistrement a été modifié pour la dernière fois le 6 juillet 2026, soit un mois avant la fermeture du site. L’expiration est prévue pour le 5 juillet 2027 chez le registrar NameSilo.
L’identité du propriétaire est masquée derrière le service PrivacyGuardian.org. Les données d’enregistrement du domaine ne révèlent qu’un identifiant anonyme (User #a9612f98) et une adresse e-mail de proxy. Les serveurs de noms actifs sont ceux de Cloudflare : johnny.ns.cloudflare.com et linda.ns.cloudflare.com. Ce dispositif combinait donc l’anonymat du registrant et la protection du CDN, rendant toute identification directe impossible sans procédure judiciaire. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
PSG, LVMH, Bloomberg : une vitrine bâtie sur des mensonges
La page d’accueil de chasefirst.com promettait de « libérer le potentiel de vos investissements ». Des statistiques impressionnantes étaient affichées en grand : 24 000 transactions actives, 42 millions d’euros de volume mensuel, un rendement moyen de 13,2 %. Aucune de ces données n’était vérifiable. Des témoignages signés Michel Roux, Sophie Legard et Thomas Dubois vantaient les performances de la plateforme. Ces profils n’ont aucune existence identifiable en dehors du site lui-même.
Plus grave encore, ChaseFirst revendiquait des partenariats avec le Paris Saint-Germain, LVMH et Bloomberg. Aucun de ces groupes n’a jamais confirmé une telle relation. Deux adresses physiques figuraient en pied de page : 16 Rue Bender, 1229 Luxembourg, et 123 Bird Street, EC1A 9NN, Londres. Notre analyse n’a permis d’identifier aucun siège social réel à ces adresses. Le seul contact proposé était l’adresse e-mail [email protected], désormais inaccessible comme le reste du site.
Une infrastructure technique soigneusement construite pour paraître légitime
Le site vitrine tournait sous WordPress, avec des versions successives observées : d’abord la 5.3, puis la 6.4. Le page builder WPBakery (Visual Composer) structurait les pages. Les plugins Yoast SEO, Contact Form 7, WP Rocket et Jetpack étaient actifs. Google Analytics et Google AdSense étaient intégrés, ce qui suggère une volonté d’optimiser le référencement et, peut-être, de monétiser le trafic. Le thème utilisé était GeneratePress.
L’hébergement a varié au fil du temps. Nos recherches ont identifié des passages successifs sur Amazon AWS EC2 (région Mumbai), DigitalOcean, puis un serveur Apache/LiteSpeed sous Ubuntu avec PHP 7 et le panneau de contrôle ZesleCP. Les DNS ont transité par GoDaddy, Namecheap et Hostinger avant d’arriver sur Cloudflare. Les certificats SSL observés provenaient de Let’s Encrypt et de Sectigo. La messagerie était gérée via Titan (mx1.titan.email et mx2.titan.email), avec un enregistrement SPF titan.email. L’adresse IP la plus récente relevée est 34.111.179.208. Cette mobilité d’infrastructure complique le travail des enquêteurs, mais elle laisse des traces exploitables.
Si vous avez déposé des fonds sur ChaseFirst et souhaitez comprendre vos options, notre équipe peut analyser votre dossier. Contactez-nous directement via BrokerDefense : chaque situation est examinée individuellement avant toute démarche.
Pour les victimes qui envisagent une action pénale, notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre selon votre pays de résidence. Un dépôt de plainte auprès du procureur compétent reste la voie la plus solide pour engager une procédure formelle.
Pour aller plus loin sur les recours possibles face à une fraude de ce type, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, spécialisé dans les litiges financiers, explique dans la vidéo ci-dessous les mécanismes juridiques disponibles pour les victimes de plateformes frauduleuses.
De l’alerte AMF à la fermeture : une chronologie qui parle d’elle-même
La séquence des événements autour de ChaseFirst est instructive. Le domaine chasefirst.com existait depuis 2001, mais c’est en 2025 qu’il a été réactivé comme vitrine d’une fausse plateforme de trading crypto. BrokerDefense publiait son premier avis le 13 août 2025. Le 24 octobre 2025, l’AMF inscrivait chasefirst.com sur sa liste noire via l’ABE Infoservice. Le portail client my.chasefirst.com faisait l’objet d’un article dédié sur BrokerDefense le 12 novembre 2025. Puis, en juillet 2026, le dossier d’enregistrement du domaine était modifié une dernière fois. En août 2026, le site cessait de répondre.
Cette chronologie montre que l’alerte réglementaire n’a pas suffi à stopper immédiatement l’opération. Dix mois se sont écoulés entre l’inscription sur la liste noire et la fermeture effective du site. Durant cette période, des victimes ont pu continuer à déposer des fonds. C’est précisément pourquoi les listes noires des régulateurs doivent être consultées systématiquement avant tout investissement en ligne.
Ce que les victimes de ChaseFirst doivent savoir maintenant
ChaseFirst a opéré comme une fausse plateforme de trading crypto, collectant des fonds sous couvert d’une interface professionnelle et de promesses de rendements élevés. Les personnes ayant déposé de l’argent sur cette plateforme se retrouvent face à un site inaccessible et à des interlocuteurs disparus. La situation est sérieuse, mais pas sans issue.
BrokerDefense peut produire un rapport de recherches complet sur ChaseFirst, destiné à accompagner un dépôt de plainte. Le présent article ne s’appuie que sur une fraction des données collectées lors de notre enquête. Ce rapport complet documente l’infrastructure, les adresses IP, les certificats, les hébergeurs successifs et les éléments d’identification disponibles, autant d’éléments concrets pour étayer une procédure judiciaire.
Si vous avez été en contact avec ChaseFirst ou si vous avez effectué des versements sur cette plateforme, faites évaluer votre dossier par notre équipe avant d’entreprendre toute démarche. Une analyse préalable permet d’identifier les recours réellement accessibles selon votre situation et les montants en jeu.
ChaseFirst : les questions que se posent les victimes
Non. Depuis août 2026, le site vitrine www.chasefirst.com renvoie une erreur HTTP 525 : le serveur d’origine ne communique plus avec Cloudflare. Le domaine résout encore vers les serveurs du CDN, mais aucun contenu n’est servi. Trois tentatives de connexion le 15 août 2026 ont toutes échoué de la même manière.
Non. chasefirst.com a été inscrit sur la liste noire de l’AMF le 24 octobre 2025, dans la catégorie « Crypto-actifs ». Aucun agrément, aucune licence d’aucune autorité financière n’a jamais pu être identifié pour cette plateforme, malgré une vitrine soignée et des partenariats prestigieux jamais confirmés (PSG, LVMH, Bloomberg).
Conservez toutes vos preuves : captures d’écran du site, relevés de virements, courriels échangés avec [email protected] et historiques du portail my.chasefirst.com. Contactez votre banque sans délai pour signaler les transactions. Déposez plainte auprès du procureur de la République compétent. Méfiez-vous des intermédiaires qui promettent une récupération rapide des fonds contre paiement, et faites évaluer votre dossier par notre équipe avant toute démarche.
Article réécrit le 15/08/2026



1 Comment
Bonjour,
Je crains fortement d’être une victime de « ChaseFirst ». J’ai investi tout mon argent car un changement de situation familial a engendré pour moi des besoins financiers sur du long terme.
Cela fait un mois et demi que j’ai demandé à récupérer mon argent. Au début on me répondait en m’expliquant que c’était un peu long… mais maintenant plus personne ne me répond, ni par mail, ni par téléphone. Il en va de ma vie familiale avec mes 2 filles et surtout de la vie de ma maman en ehpad depuis 9 mois.
Pourriez-vous me contacter afin de m’apporter de l’aide, je suis complètement démunie.
Cordialement,