equity-cap.com arnaque : six noms fichés le même jour

L’Autorité des marchés financiers a inscrit six noms à son fichier des intermédiaires dépourvus d’habilitation le 28 septembre 2026, tous sous le même libellé « Forex ». Equity Cap, l’enseigne qui exploite equity-cap.com, fait partie de cette liste. La vitrine continue pourtant de fonctionner : formulaire d’inscription, page de vérification d’identité et rubrique de moyens de paiement restent accessibles. Notre relevé a été effectué le 29 septembre 2026.

Six noms du Forex portés au fichier le même jour

La page de l’autorité affiche, pour la date du 28 septembre 2026, six entrées signalées comme nouvelles : equity-cap.com, vuxocap-vip.io, pro-trx.com, tnlinvesting.co, imperial-finance.ltd et www.invexxia.com. Chacune porte la même qualification, « Forex ». La liste est consultable directement chez l’Autorité des marchés financiers.

La portée de l’inscription mérite d’être posée avec précision. Figurer à cet inventaire n’interrompt rien par elle-même : le régulateur constate qu’aucune habilitation ne couvre ce nom pour s’adresser aux épargnants français. Au moment de notre relevé, equity-cap.com servait toujours une vitrine complète en français, avec son formulaire d’inscription, son espace de connexion et sa grille de moyens de paiement.

Le lot de six se lit mieux en le rapprochant de nos dossiers. Deux de ces noms ont déjà été instruits ici : pro-trx.com, puis tnlinvesting.co. Trois autres, vuxocap-vip.io, imperial-finance.ltd et www.invexxia.com, ont fait l’objet d’articles publiés entre juin et septembre. Le régulateur n’indique pas que ces six noms appartiennent au même opérateur, et rien dans nos relevés ne l’établit : le seul point commun que nous ayons mesuré est la date de publication et le libellé retenu.

Dernière mise à jour : 29/09/2026

📄 Document

Voici une capture d’écran de equity-cap.com, relevée le 29 septembre 2026 : la bannière de la marque, la liste des instruments et deux boutons d’ouverture de compte y sont visibles, de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la page d'accueil de equity-cap.com

Vitrine de courtage sans aucune identité d’entreprise

La page d’accueil annonce « Tradez le Forex avec Précision et Excellence » et promet un accès aux marchés mondiaux, une exécution rapide et une technologie présentée comme institutionnelle. Plus bas, la vitrine énumère ses instruments : devises, cryptomonnaies, fonds négociés en bourse et indices, auxquels s’ajoute un encart « CFD Markets (Live) » alimenté par un module de cotation en direct. Trois compteurs résument l’offre : un support présenté comme disponible en continu, cent opportunités de trading et cent pour cent de sécurité des transactions.

Ce que la vitrine ne dit pas pèse davantage. Nous avons parcouru l’ensemble de ses pages, l’accueil, la politique de vérification d’identité, la politique de confidentialité, l’avertissement sur les risques et les deux rubriques thématiques. Aucune ne nomme la société qui exploite le site. Aucune ne donne d’adresse, de numéro d’immatriculation, de licence, ni de régulateur de rattachement. Le pied de page ne renvoie qu’à cinq documents, tous techniques, et il n’existe aucune page de mentions légales. Pour une activité qui se présente comme un courtier, c’est l’inverse de l’usage : l’identification de l’exploitant est la première mention qu’on y trouve d’ordinaire.

Les trois compteurs disent à leur manière la même chose. Un support « 24 » sans horaires ni langue, « 100 » opportunités de trading alors que la grille du menu en compte quatre, et « 100 » pour cent de sécurité sans qu’aucun mécanisme, aucun fonds de garantie et aucun assureur ne soient nommés. Ces chiffres ne mesurent rien : ils remplissent une case du gabarit.

Dépôt du nom en novembre 2025, résolution par un service gratuit

Le dossier public du nom indique une création le 24 novembre 2025 à 15 h 49 UTC, pour une échéance fixée au 24 novembre 2026. Son état est actif, sa dernière écriture remonte au 18 août 2026, le bureau d’enregistrement déclaré s’appelle NETIM SAS, et la zone repose sur les cinq serveurs de noms de la résolution Hurricane Electric. Cette prestation d’entrée de gamme n’implique aucune infrastructure propre, et le dépositaire n’apparaît pas dans la partie publique du dossier.

L’enregistrement porte en revanche une configuration de messagerie complète : un enregistrement de courrier sur le nom lui-même, une règle d’envoi restrictive, une politique de quarantaine pour les messages non authentifiés et une clé de signature. Autrement dit, le nom est outillé pour écrire. Le site, pourtant, ne publie aucune adresse de contact : le visiteur n’a qu’un formulaire, avec des champs nom, courriel, téléphone et message.

Le registre public garde la trace de ces opérations, et la lecture complète en est accessible : consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Vingt-cinq pour cent de confiance seulement : c’est la note qu’un service tiers d’évaluation de réputation attribue à ce nom, qui le range parmi les adresses les moins bien notées. Consulter cette évaluation sur la fiche d’analyse de confiance de ce nom.

Hébergement et certificat de chiffrement

Le nom aboutit à une adresse unique, sans réseau de diffusion devant elle. Aucune couche de protection d’un grand fournisseur n’intercepte les requêtes : c’est le serveur lui-même qui répond, avec un en-tête de sécurité qui impose le chiffrement pour un an. Cette adresse appartient à un bloc attribué à une société d’hébergement allemande et déclarée, dans le registre du réseau, sous une localisation britannique. Elle ne porte aucun nom d’hôte inverse, ce qui empêche de relier le serveur à d’autres sites par ce moyen.

Le certificat de chiffrement présenté est un certificat standardisé, délivré le 19 août 2026 par une autorité qui émet sans frais, et valable jusqu’au 17 novembre 2026. Il ne couvre qu’un seul nom : le domaine de la vitrine. C’est un point utile, car un opérateur qui exploite plusieurs enseignes sur un même serveur utilise fréquemment un certificat unique couvrant l’ensemble de ses noms, ou des certificats émis le même jour pour plusieurs d’entre eux. Ici, rien de tel : le nom est isolé, y compris sur la couche de chiffrement.

Des pages écrites pour un autre marché

Deux rubriques détonent dans l’ensemble. La première porte le titre « SMSF » et décrit, sur plusieurs écrans, les fonds de pension autogérés australiens : acte de fiducie, administrateur, compte bancaire dédié, achat d’actifs numériques au nom du fonds, principe de finalité exclusive. La seconde, intitulée « Trading d’arbitrage », explique comment tirer parti des écarts de prix d’une cryptomonnaie entre plusieurs plateformes. Ni l’une ni l’autre ne se rattache au courtage de particuliers annoncé en page d’accueil, et la première décrit un dispositif entièrement régi par la réglementation australienne.

Un détail de la page d’accueil emprunte au même registre. Parmi les questions présentées comme fréquentes figure une interrogation sur l’apport de l’intelligence artificielle pour une entreprise, avec une réponse sur l’optimisation de l’analyse de données. Aucun visiteur d’une plateforme de trading CFD ne pose cette question : elle vient du bloc livré avec le thème.

Ce thème, justement, a laissé une trace visible. Le lien du logo dans le menu latéral de navigation pointe vers l’adresse de démonstration d’un kit de mise en page commercial, une vitrine de démonstration baptisée « StocKrypt » et vendue par un prestataire tiers. Un acheteur de ce kit dispose normalement du gabarit, pas de son adresse de démonstration : ce lien resté en place indique que la vitrine a été montée sans reprendre ce paramètre. Le même défaut se lit dans un titre de section, qui affiche « Courtier CFD ret Forex de premier plan pour traders professionnels » : le mot « ret » n’a pas de sens, et le titre n’a pas été relu.

Pièces à rassembler après un versement

Trois éléments décident de la suite lorsqu’un versement a déjà été remis à un interlocuteur qui présentait Equity Cap. Le premier est le mode de paiement : un ordre passé par la banque laisse une trace dans un relevé, alors qu’un transfert d’actifs numériques n’en laisse presque aucune. Le deuxième tient à la correspondance : messages de sollicitation, échanges sur les modalités et relances successives. Le troisième est le discours tenu au moment du versement, avec ses promesses d’accès et son compteur de sécurité jamais défini.

Tant qu’un examen n’a pas eu lieu, mieux vaut suspendre tout nouvel envoi d’argent et ne plus envoyer de justificatif d’identité à un interlocuteur qui invoque cette plateforme. Ce qu’il faut conserver est simple : copies d’écran du site et de l’espace client, messages, courriels, justificatifs de paiement et coordonnées du démarcheur. Ces éléments pèsent aussi bien devant la banque que devant un juge. Le cheminement d’une plainte au pénal est décrit sur cette page.

Le volet bancaire de ces dossiers, celui qui décide souvent de ce qu’une victime peut encore obtenir, est traité dans l’entretien ci-dessous par Maître Denitza Gueorguieva, avocate exerçant sous le barreau de Lyon.

Les questions qui reviennent sur equity-cap.com

Equity Cap est-il autorisé à démarcher des épargnants en France ?

Non. Le nom equity-cap.com est inscrit, depuis le 28 septembre 2026, à l’inventaire des acteurs sans habilitation tenu par le régulateur français, sous la qualification « Forex ». Aucune page du site ne renvoie à un agrément, à une décision ou à un numéro d’autorisation, et l’enseigne revendiquée n’apparaît dans aucun registre de régulateur que nous ayons consulté.

Que garantit le compteur de sécurité affiché sur la page d’accueil ?

Rien de vérifiable. Les trois compteurs de la vitrine annoncent un support disponible en continu, cent opportunités de trading et cent pour cent de sécurité des transactions, sans nommer le moindre mécanisme : ni fonds de garantie, ni assureur, ni adhérent à un dispositif d’indemnisation. Un affichage de sécurité sans mécanisme identifié relève de l’argument de vente, pas de la protection.

Peut-on récupérer un versement effectué auprès de cette enseigne ?

La réponse dépend du canal employé et de la date. Le justificatif vient en tête : un virement laisse une ligne dans un historique bancaire, un envoi d’actifs numériques guère davantage qu’une adresse de destination. La conversation écrite avec celui qui a vanté la plateforme compte tout autant que le reçu, sans qu’aucun résultat puisse être promis.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Rien, dans ce dossier, ne tient lieu de promesse de rendement chiffrée : c’est le vide d’identité qui le caractérise. Aucune société, aucune adresse, aucun agrément sur l’ensemble de ses pages, un nom inscrit au fichier du régulateur français dans un lot de six, et une vitrine qui continue de recruter. Les personnes qui ont ouvert un compte auprès de cette enseigne, parfois à la suite d’un démarchage direct, se retrouvent face à une identité introuvable et à un espace client hébergé à part du site vitrine. Faire évaluer son dossier sans attendre, pièces de paiement et échanges à l’appui, demeure la démarche la plus utile.

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