Le nom robofund.net, que l’Autorité des marchés financiers avait inscrit sur sa liste noire dès le 29 novembre 2024, a depuis disparu jusqu’à sa racine : en septembre 2026, le registre des domaines en .net ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom, qui ne résout plus dans le DNS et est redevenu disponible pour un éventuel ré-enregistrement. Ce double effacement, d’abord par le régulateur puis par le registre, donne une mesure de ce qu’était la vitrine dénoncée par BrokerDefense le 8 décembre 2024.
Sommaire
- Robofund.net : de la liste noire de l’AMF à l’effacement du registre
- La plateforme de trading dénoncée par l’enquête de décembre 2024
- Une vitrine germanophone aux allures de grand courtier international
- Un bonus de dépôt et un accompagnement personnalisé pour mettre en confiance
- Des vitrines frauduleuses documentées autour de la même date
- Investisseurs de Robofund : les recours après la disparition de la plateforme
- Robofund : les questions des épargnants
Robofund.net : de la liste noire de l’AMF à l’effacement du registre
Lors des vérifications conduites le 6 septembre 2026, deux constats se cumulent. D’une part, le nom robofund.net ne résout plus dans le DNS : ni le domaine nu ni le préfixe www ne renvoient la moindre adresse IP, et aucune réponse HTTP ne peut être obtenue. D’autre part, l’interrogation publique du registre des domaines en .net ne renvoie strictement plus aucune fiche pour ce nom : aucune date d’expiration, aucune donnée d’enregistrement ne subsiste. Le nom a été supprimé du registre et est redevenu disponible pour un éventuel ré-enregistrement. Il ne s’agit pas d’une simple suspension ou d’un hébergement coupé : la vitrine a connu une disparition complète.
Cette disparition fait écho à un signal bien antérieur. Le nom robofund.net avait été inscrit le 29 novembre 2024 sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF, soit neuf jours avant la publication du dossier BrokerDefense du 8 décembre 2024. Cette antériorité n’apparaissait pas dans l’article d’origine. L’inscription était toujours présente dans la liste consultée en septembre 2026. Les traces archivées consultables de la vitrine s’arrêtent en octobre 2024, ce qui coïncide avec la période entourant cette inscription ; il convient toutefois de ne pas en tirer de conclusions définitives sur la date exacte à laquelle le site a cessé de répondre. Le nom robofund.net laisse par ailleurs des traces archivées bien plus anciennes, la plus ancienne remontant à 2014, sans qu’aucun lien vérifiable ne puisse être établi entre ces occurrences anciennes et la vitrine constatée en 2024.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 06/09/2026
La plateforme de trading dénoncée par l’enquête de décembre 2024
L’enquête publiée le 8 décembre 2024 décrivait une vitrine se présentant comme une plateforme de trading « de haut niveau », promettant un accès aux marchés mondiaux : Forex, actions, cryptomonnaies, énergies et métaux. Les arguments commerciaux mis en avant étaient au demeurant classiques dans ce type de montage : spreads affichés à partir de 0 pips, retraits présentés comme rapides, assistance annoncée comme disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept.
Le dossier de décembre 2024 relevait pourtant une absence totale de régulation : la vitrine ne mentionnait ni organisme de supervision ni numéro d’enregistrement, ce qui rendait impossible toute vérification de la réalité des instruments proposés. L’enquête soulignait également que l’assistance vantée servait le plus souvent à inciter les investisseurs à ajouter des fonds plutôt qu’à les accompagner dans leurs opérations. Le verdict du dossier était sans ambiguïté : plateforme frauduleuse, à ne pas alimenter, avec un risque fort que les sommes déposées ne soient jamais récupérables.
Une vitrine germanophone aux allures de grand courtier international
Les copies archivées de la vitrine, datées d’octobre 2024, révèlent une présentation entièrement rédigée en allemand. Le site se présentait comme l’un des « principaux brokers Forex » et affirmait être habilité à accueillir des traders dans le monde entier, sans jamais produire la moindre autorisation à l’appui de cette affirmation. Le slogan invitait à négocier « toutes les classes d’actifs du monde avec RoboFund », dans une formulation empruntant délibérément les codes des grands courtiers régulés.
Le catalogue mis en avant était volontairement large : paires Forex classiques, métaux précieux tels que l’or et l’argent, indices boursiers dont le US30 et l’IBEX35, cryptomonnaies (bitcoin, Ethereum, Ripple), énergies pétrolières américaine et britannique, et actions de sociétés connues comme Tesla ou Meta. La vitrine revendiquait plus de trois cents instruments négociables et promettait une exécution ultra-rapide. Des pages de type réglementaire étaient présentes (déclaration des risques, politique anti-blanchiment, processus de vérification d’identité, conditions générales, gestion des plaintes), mais aucune autorité de contrôle n’y était mentionnée, aucun numéro d’enregistrement ne figurait, et aucune société identifiable ne se trouvait derrière ces documents. Cette apparence de sérieux institutionnel n’était adossée à aucune réalité vérifiable.
Un bonus de dépôt et un accompagnement personnalisé pour mettre en confiance
Parmi les ressorts de l’appât, les copies archivées d’octobre 2024 font apparaître deux éléments récurrents dans les vitrines frauduleuses de ce type. En premier lieu, un bonus de dépôt était proposé, mécanisme classiquement utilisé pour inciter à verser une première somme et à augmenter rapidement l’exposition. En second lieu, la vitrine mettait en avant la figure d’un « gestionnaire de compte personnel » censé accompagner chaque investisseur de façon individualisée, complété par une promesse de coaching dispensé par de prétendus traders experts.
Les comptes pouvaient être libellés en dollars américains, en euros ou en livres sterling, ce qui permettait à la vitrine de cibler des épargnants dans plusieurs zones géographiques. Les retraits étaient présentés comme ultra-rapides, argument destiné à lever les réticences face à une plateforme inconnue. L’ensemble de ces promesses formait un environnement de confiance artificielle : un interlocuteur dédié, des marchés mondiaux accessibles, des retraits sans délai et un bonus à l’entrée. Aucun de ces éléments n’était adossé à une infrastructure de trading réelle ni à une quelconque supervision réglementaire.
Des vitrines frauduleuses documentées autour de la même date
Robofund.net n’était pas isolé dans le paysage des fausses plateformes actives à la fin de l’année 2024. Le 8 décembre 2024, jour même de la publication du dossier Robofund, BrokerDefense documentait également Enyo-france.com, une fausse bourse présentée comme accessible « à prix cassé », dont le nom a depuis été effacé du registre des domaines en .com (dossier mis à jour en septembre 2026). Le lendemain, le 9 décembre 2024, c’est AisavingsExperts qui faisait l’objet d’un dossier, fausse plateforme se présentant comme experte en placement, dont le nom a lui aussi été supprimé du registre des .com (dossier également mis à jour en septembre 2026). Ces disparitions simultanées, survenues à quelques mois d’intervalle pour des vitrines documentées dans la même semaine, illustrent la volatilité caractéristique de ce type de montage.
Investisseurs de Robofund : les recours après la disparition de la plateforme
La disparition complète d’une vitrine (site muet, nom effacé du registre, exploitant non identifiable) ne prive pas pour autant les personnes lésées de tout recours. La première étape consiste à rassembler l’intégralité des échanges avec la plateforme : courriels, captures d’écran, relevés de transactions, justificatifs de virements. Ces éléments constituent la base de toute démarche ultérieure.
Il est également utile de signaler les opérations à l’établissement bancaire qui a exécuté les virements : la responsabilité de cet établissement peut être recherchée en cas de manquement à son devoir de vigilance. Par ailleurs, le nom robofund.net figure toujours sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF, ce qui constitue un élément factuel solide à produire dans tout dossier. Les voies judiciaires (plainte pénale, action civile) restent ouvertes même lorsque l’opérateur ne peut être localisé ; notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les modalités concrètes de ces démarches.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Lorsqu’une plateforme a disparu jusqu’à son nom de domaine, les personnes qui ont versé des fonds se retrouvent sans interlocuteur direct et peuvent avoir le sentiment que toute voie de recours est close. Ce n’est pas le cas : dépôt de plainte, action en justice, examen des responsabilités des établissements ayant exécuté les virements, négociation précontentieuse ou protocole transactionnel sont autant de pistes que Maître Caroline Willm, avocate au barreau de Paris spécialisée dans la défense des victimes d’escroqueries financières, expose dans la vidéo ci-après, en abordant aussi bien les recours pénaux que civils et les conditions d’une éventuelle indemnisation.
Robofund : les questions des épargnants
Non. Le site robofund.net ne répond plus et le nom a été effacé du registre des domaines en .net : l’interrogation du registre ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom, qui ne résout plus dans le DNS. Le nom est redevenu disponible pour un éventuel ré-enregistrement.
Rien ne l’indiquait. La vitrine ne mentionnait ni régulateur ni numéro d’enregistrement, et le nom robofund.net a été inscrit le 29 novembre 2024 sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF. Cette inscription était toujours présente dans la liste consultée lors de nos vérifications de septembre 2026.
Il faut agir rapidement : rassembler l’ensemble des échanges avec la plateforme et les justificatifs de versement, signaler les transactions à la banque qui a exécuté les virements (sa responsabilité peut être recherchée pour manquement à son devoir de vigilance), puis engager les démarches auprès des autorités compétentes, notamment par le dépôt d’une plainte. Notre service d’aide aux victimes peut vous orienter dans ces recours.
Robofund.net a connu le sort que les autorités et les vérifications de terrain réservent aux vitrines frauduleuses les plus fragiles : inscrit sur la liste noire de l’AMF dès novembre 2024, le nom a depuis été supprimé du registre des domaines en .net, effaçant jusqu’aux dernières traces publiques de l’opérateur. Les épargnants qui ont eu affaire à cette plateforme disposent néanmoins de recours concrets, à condition d’agir sans attendre et de constituer un dossier solide dès à présent.
Article réécrit le 06/09/2026


